Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1961 2/ Tuléar

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Suite d'une lettre de M. MATHEI
Tuléar 7.1.61


Personnellement je pourrai fort bien en transmettre une copie à monsieur Le Ministre BOTOKEKY.
Évidemment, ne connaissant pas le contexte de cette correspondance ce n'est qu'une suggestion.
Vous devez bien penser que cette situation paralyse mon activité.
Je n'ose rien entreprendre de sérieux.
a la suite du cyclone de faible intensité, que nous venons de subir, la cour de la maison centrale étant en partie inondée ainsi que deux dortoirs, j'ai évacué 60 détenus dans les 3 cases construites récemment au champ pénal.
Monsieur Le BIHAN est outré et je le comprends;
vous aurez tous les renseignements par ce même courrier, c'est à dire lundi après-midi.
Mercredi je suis à Morombé (si le temps le permets).
En recevant l'état nominatif des détenus de toutes catégories, du mois de décembre, à Fort-dauphin, j'ai constaté que le sieur MANERA DAVIDSON , condamné à 10 ans de réclusion, libérable en 1965, était toujours dans cette maison d'arrêt, malgré votre lettre formelle, rédigée pendant mon séjour à Tana, entre le 13 et le 16 décembre.
Il est vrai qu'il doit être protégé par le nouveau citoyen malgache Monsieur RA-DOYEN ( chef de district) , et ... Vive l'empereur .... Malgré ceci je me permets de vous suggérer de renouveler votre ordre , surtout si monsieur caïd doit prendre la zone sud.
Je vous prie toujours de croire, monsieur le Directeur, en mon entier et complet dévouement et à mes respectueuse affections.


signé MATHEI






page 121


Le 12 janvier l'inspecteur de Diégo a quelques problèmes avec l'administration provinciale que j'aurai la possibilité de résoudre rapidement et monsieur MONJOL restera sur place.



....

J'ai hésité à vous écrire , mais je décide aujourd'hui de vous mettre au courant de ma situation à Diégo.
En effet, vous avez été très chic de m'accorder votre confiance en me prenant au service pénitentiaire à mon arrivée à Madagascar.
Vohémar
vous m'avez très bien noté par la suite, et maintenant vous voyez que M. ARIDY tient à me remplacer à l'inspection du service pénitentiaire.
Vous devez vous demander quel est le motif de cette mutation.
A mon avis c'est que je me suis montré trop strict dans l'application de notre réglementation.J'ai peut-être eu tort.
En effet j'ai rappelé au chef de district de Vohémar qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de faire assurer la garde de la caisse de l'agent spécial par notre personnel.
J'ai adressé une copie de ma correspondance au secrétaire d'Etat.
Ambanja
Capucins d'Alsace


Plus tard, j'ai du également écrire au Chef de District d'Ambanja qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de mettre des gardes à la disposition du Chef de Canton pour le recouvrement des impôts.
M. ALLAIN est venu  lui-même me demander pourquoi je m'opposais à ce que le District d'Ambanja
utilise parfois des gardes pour le recouvrement des impôts.
 Je lui ai répondu que les instructions que j'avais de mon ministre s'y opposaient. 
Ici même à Diégo, j'insiste lorsque M. ALLAIN me demande au téléphone de fournir une corvée de détenus, pour savoir quel est le service qui remboursera la cession. 
Tout cela ne leur fait pas plaisir.
Enfin j'estime que ce n'est pas grave pour moi, et que vous ne m'en voulez pas de n'avoir pas su satisfaire les deux administrations.
Jusqu’alors  M. SENEZ chef du service provincial des finances, n'est pas au courant qu'on projette de m'affecter à son service.
Je le saurai lorsque M. DOMENGER sera arrivé.




....


Puis les 13,17 et 24 janvier la situation à Nossi-Bé fait l'objet de nombreuses correspondances relative à l'utilisation de la main d'oeuvre pénale :

...
J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Etant fréquemment dérangé par M. H. de LASTELLE , cet éternel mécontent qui se plaint toujours de n'avoir pas suffisamment de détenus pour l'importance de ses propriétés, couvrant, me disait-il, 150 hectares, j'ai cru devoir adresser le 9 janvier, au contrôleur des contributions une demande de renseignements.
Ainsi que vous le constaterez par l'examen de la réponse qui m'a été faite, M. Henri de LASTELLE m'a menti. 


Ile de Nosy-Komba


A la suite de cette vérification  j'ai adressé hier une convocation le priant de faire réintégrer la Maison de Force par quatre de ses détenus que je destine au Service des Eaux et Forêts de Nossy-Komba.
La répartition des détenus étant approximativement d'une unité par 20 hectares, ce planteur devrait donc avoir cinq détenus et non pas onze, alors que bien d'autres n'ont pas cette proportion.
Je m'étais efforcé de lui donner partiellement satisfaction mais devant d'incessantes démarches j'ai dû effectuer un contrôle qui s'avérait nécessaire.
Monsieur est venu me trouver ce matin à ce sujet et a manifesté un vif mécontentement;
Il m'a dit qu'il était victime d'une injustice et qu'il allait se défendre.
Je lui ai dit, en le voyant faire semblant de sortir un crayon de sa poche : "évidemment vous allez écrire, vous en avez d'ailleurs l'habitude" .
Il m'a répondu : " TSIRANANA et PLANCHON cet homme distingué vous pistonnent mais on verra bien".
Je l'ai interrompu par ces mots : "Ah! Ça me fait plaisir d'apprendre cette bonne nouvelle".
Il m'a assis en répliquant : " Oui, ils vous pistonnent, d'ailleurs c'est vous qui me l'avez dit un jour ..."
J'ai cru devoir rétorquer : " Mais  vous déménagez , monsieur".
Puis il est parti.


( fin page 121)


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....
J'ai l'honneur de vous communiquer quelques renseignements complémentaires relatifs au comportement social du planteur au sujet duquel je vous ai écrit ce matin.
Après vous avoir écrit j'ai fouillé dans les archives.
J'y découvert des lettres et rapports mettant en relief quelques unes des actions qu'il a commises alors qu'il assurait les fonctions de gardien-chef à Nossi-Bé.
 Si vous désirez compulser ces pièces vous constaterez que certaines lettres anonymes sont d'une écriture ressemblant à la sienne.
Rien de surprenant quand on connait tant soit peu cet individu sans moralité.
Ce n'est pas beau.
Il ne mérite aucun intérêt;


.... Nossi-Bé le 17 janvier 


...
Du gardien RA_DAVIDSON .....


 Comme ma demande a été refusée par le Directeur de la maison de Force car les pièces dont il est question n'ont pas passé par son intermédiaire, je me vois dans l'obligation de m'adresser directement à vous ....








Nossi-Bé le 24 janvier 1961


J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Ce matin vers 10 heures un planton est venu à mon bureau et m'a dit : 
" Faites attention car Henri de LASTELLE a parlé contre vous hier matin au Ministre ..."  ....
c'est vraisemblable car hier lundi 23 janvier j'ai été appelé au bureau du Chef de District à 15 heures.
J'ai été prié d'attendre monsieur ARIDY.
Quand il est arrivé j'ai vu tout de suite à son regard qu'il était prévenu contre moi.
Lui, habituellement souriant, m'a dit d'un ton sec qu'il était anormal de voir à Nossi-Bé, région touristique, des détenus (pouvant être un danger pour la population) travaillant à peu près librement.
C'est évidemment vrai.
Cette situation dure depuis de nombreuses années et la population en général ne s'en plaint pas.
Il m'a demandé si il y avait des agents de police partout où il y avait des détenus puis est venu brusquement sur le sujet qui devais le préoccuper car je me rendais compte qu'il pensait à autre chose.
-Connaissez vous M. Henri de LASTELLE ?
-Oui Monsieur le Ministre.
-Q'est-ce que vous en pensez ?
-C'est un personnage peu recommandable dont tous mes prédécesseurs ont eu à se plaindre.
-Pourquoi ?
-C'est un éternel mécontent qui réclame toujours des détenus  alors que les autres planteurs ne se plaignent pas car si tous lui ressemblaient la vie ici serait intenable.
-Pourquoi réclame-t-il ainsi ?
-Il croit probablement qu'il a des droits supérieurs.Si je lui ai retiré quatre détenus , c'est parce que je me suis aperçu qu'il m'avait menti en me déclarant posséder 140 ou 150 hectares alors qu'il n'en possède que 96.D'ailleurs il a encore 7 détenus au lieu de 5; Avant mon arrivée il en avait seulement 2.
-Bon, bon, alors ça va comme ça, mais depuis quand êtes vous là ?
'depuis plus de 18 mois Monsieur le Ministre.
Il s'est levé en me tenant le langage suivant : 
" Vous dépendez du Ministre de la justice mais j'ai tout de même mon mot à dire;
-Que voulez vous dire Monsieur le Ministre ?
-Travaillez bien ,travaillez bien !"
Et voilà.
il m'est impossible de continuer à travailler dans de telles conditions. Qu'on s'intéresse aux honnêtes gens me paraît juste mais si on s'intéresse à des demi-fous, où va-t-on ?
Mon successeur serait paraît-il , un nomme PHILIFAFRI ?
parmi vos nombreuses relations, peut-être vous sera-t-il possible de m'apprendre bientôt que vous avez un emploi de suite pour moi, de préférence sur les hauts plateaux ( ma femme est à plat 31,32 degrés dans notre logement) .




..




Monsieur AUDRAIN fut maintenu à Nossi-Bé.


(fin page 122)




Monsieur CADY a remplacé  monsieur MATHEI en qualité d'inspecteur de la région.


Ce dernier est maintenant mon représentant à Morondava .


Le 1er février il me fait part de son installation et attend la visite du président TSIRANANA.


Le 7 février il m'adresse copie d'une lettre très dure qu'il envoie au gardien-chef et le 10 il m'expose ses démêlés avec son remplaçant :






... Morondava le 1er février 1961 :


Monsieur RAKOTOMALALA est arrivé hier, 31 janvier, mais par avion.
Morondava
 Monsieur AMBERT, directeur des finances, s'était opposé à la location de la jeep, cependant promise par le chef du garage provincial.
Femme Merina et route de Morondava


Coïncidence M. AMBERT est un ami du ménage CADY et du dernier bien (qui est si près du  premier mal) de madame CADY parait-il.
Quoiqu'il en soit j'attendais trois employés et je n'en n'ai qu'un.
Je me pers en conjecture sur la manière  dont les autres vont pouvoir rejoindre Morondava d'autant qu'il n'y aura certainement pas un empressement particulier de la part de Tuléar à faire exécuter vos décisions.
MOHAMED SOILILAY , agent au service pénitentiaire, doit arriver le 4 au matin, avec les bagages, à bord du Norvégien III.




































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Le Norvégien III ne prend pas de passagers et c'est uniquement parce que j'ai fait charger sur ce navire 18 tonnes de ciment plus les bagages ( MAHAMOUDOU DAÏMA, MOHAMED SOILILAY et les miens) que par faveur spéciale cet agent a pu s'embarquer.
Je vais me mettre en rapport par un intermédiaire avec monsieur LE BIHAN afin qu'il puisse s'occuper de ces mutations.
.....




Monsieur le Président de la république, accompagné du ministre de l'intérieur , sera à Morondava samedi 4, pour introniser le préfet et un ou deux sous-préfets ( je ne sais au juste) dont l'ancien chef de district Monsieur LAÏLAVA ROBINSON.








.... Morondava le 7 février 1961 :


A monsieur le gardien-chef de la maison d'arrêt de Morondava :


Le vendredi 3 février vous avez assisté avec moi à la séance de mise au point de la réception de Monsieur le Président de la république, tenue par monsieur MIROUZE , au commissariat de la ville.
au cours de cette réunion il a été entendu que les détenus seraient consignés à la prison toute la journée du samedi 4 février et le lundi 6 février jusqu'à 10 heures.
Ma note N° 45-IPMORA , en date du 3 février 1961, dont vous étiez le premier destinataire , vous a confirmé cette mesure de sécurité.
Or, le 4 février 1961, à 21h45, j'ai trouvé dans la rue principale de la ville le détenu SOLO Alfred.
Je l'ai ramené personnellement à la prison et je vous ai fait chercher chez vous pour que vous me donniez toutes explications utiles.
vous m'avez alors montré une lettre manuscrite de monsieur RAKOTOMALALA Gabriel, greffier-comptable à l'inspection comptable de Morondava, par laquelle celui-ci vous demandait de lui envoyer le dit détenu qui lui servait de boy dans ses premiers jours d'installation.
Comme je vous exprimais mon vif mécontentement de cette inobservation de votre part des ordres donnés vous me répondîtes que "comme je voyais monsieur RAKOTOMALALA continuellement avec vous j'ai pensé que je pouvais lui donner satisfaction".
Je vous ai demandé si vous aviez un ordre signé de moi et vous fûtes obligé de me répondre NON.




Tournant votre colère contre le détenu qui n'était pour rien dans cette affaire, puisqu'il était sorti avec votre autorisation, vous avez voulu le faire coucher en cellule ce à quoi je me suis opposé.
Ensuite vous me dîtes : " demain je demanderai une punition pour monsieur RAKOTOMALALA" ce que bien sur, vous vous êtes bien gardé d'exécuter et de répéter à monsieur RAKOTOMALALA par la suite.


(Fin page 123)


En résume vous avez commis une faute grave en n'observant pas l'ordre catégorique qui vous a été donné par ma note N° 45APMONA et, au lieu de reconnaître les faits, qui sont probants, vous épanchez, sur mon compte, votre rancune aux 4 vents de la ville, ce que je ne peux tolérer plus longtemps.
Je vous invite donc à modérer votre colère, et vos propos d'une part,et, d'autre part de me rendre compte, si mes renseignements sont exacts, pour que ce même jour 4 février, autorisé le boy de monsieur le Juge à se rendre à son travail, chez son utilisateur.
Je ne désire en aucune façon monter cet incident ( dont les répercussions auraient pu être graves) en "épingle" mais je désire que vous sachiez que lorsque je donne un ordre, dont je prends la responsabilité, il doit être exécuté.
Je vous ai donné ma confiance et je la garde en espérant qu'à l'avenir je n'aurai qu'à m'en féliciter.




....




Morondava le 10 février 1961


...;
Je vous remercie aussi pour l'autorisation  que vous avez bien voulu me donner de faire fabriquer le mobilier nécessaire à mon logement.
comme vous me l'indiquez la facture sera présentée ...
Avant de répondre à la seconde partie de votre T.L.O. , je désire faire le point de la situation ici, et ce n'est pas brillant.
Ayant débuté à zéro, en dix-huit jours, je ne suis pas encore arrivé à 1 sur 20.
J'ai loué deux cases où beaucoup de travaux sont à faire.
J'ai commandé les meubles indispensables pour le bureau mais la livraison se fait avec une rare parcimonie.
Je possède à l'heure présente une table bureau et j'espère en avoir  une seconde dans le courant de la journée.
MAHAMOUDOU a mis à ma disposition quatre chaises (branlantes) en attendant l'arrivée, je suppose, par le même navire que la jeep, des six achetées.
Évidemment il n'y a pas de classeurs ( ils sont commandés) et les dossiers sont dans les coins des deux pièces occupées.
Le travail s'en ressent et ne peut être sérieux.
Tout  ça était à prévoir, car je le répète et c'est nécessaire, ici,il n'y avait rien tout est dons à organiser et la ville à 5.000 habitants.
En ce qui concerne la seconde partie de votre T.L.O.  vous m'écrivez :
 " monsieur CADY découvre et m'envoie des tas d'affaires que vous aviez laissé dormir à Tuléar".
Par discrétion, pour ne pas me peiner ( je vous remercie de votre délicatesse) vous me citez aucun exemple et me voici bien en peine pour reconnaître mes torts, comme j'ai l'habitude le faire lorsque les faits présentés sont exacts ou pour remettre les choses au point.
Quoi qu'il en soit, je me permets de vous rappeler que depuis la mi-novembre j'étais sur la sellette par les intrigues de M. CADY et qu'il est possible ( sans que cela soit certain  , n'ayant pas d'exemple) que certaines affaires m'aient échappées.
En ce qui concerne les 700.000 francs de factures "en instance" j'ai demandé à M. RAKOTOMALALA de me fournir toutes explications utiles.
Les voici :
" Toutes les factures arrivées après le 20 décembre 1960 devaient être liquidées sur le budget 1961.
Les gardiens-chefs ont été prévenus en temps utile.
Je suis formel, et les employés qui ont travaillé avec moi à Tuléar peuvent l'attester : le 20 décembre à 17 heures il n'y avait aucune facture en instance.
Toutes factures parvenues après cette date ont été classées dans une chemise à part avec l'étiquette " CRÉDIT 1961".
Monsieur CADY sera encore plus éberlué quand je lui enverrai d'autres factures emmenées pour le compte "zone nord" mais dont quelques unes sont antérieures à la date du 29 janvier 1961.


(fin page 124)































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Enfin, pour terminer, venons en à la question du personnel non permanent.
si ce personnel est non permanent c'est qu'il est provisoire.
Les difficultés et la lenteur du recrutement sont les causes principales de cet embauchage à la journée.
Un de ces employés devait faire l'objet d'une demande officielle de recrutement, RABENANDRASANA Jean.
Le maçon, ancien détenu,  et qui de ce fait ne pouvait être recruté, a été employé pour diriger la construction du tout-à-l'égout qui prolonge maintenant le puisard.
Le saviez-vous ?
Si le service pénitentiaire n'est pas "une entreprise de construction" il n'en reste pas moins qu'il doit faire face avec des moyens limités à la conservation des prisons et à leur amélioration ( construction de douches à Morombé, de réservoirs d'eau, de canalisations, etc...) et que dans de rares cas il es moins onéreux d'engager , pour un temps, un ouvrier qualifié que de s'adresser à une entreprise.....
Je signale que le tout-à-l'égout a été fait uniquement par la main d'oeuvre pénale , sous la direction du maçon ANDRE Marcel, et qu'il comporte, outre une canalisation d'environ 100 mètres de longueur, six regards en béton d'un mètre soixante de profondeur.
A Morondava, j'ai découvert un maçon (bon aide) et un menuisier que le gardien-chef ignorait.
je ne suis pas content de monsieur DAVID qui ne gagne ps à être connu.
Sa devise doit être "pas de vagues".
J'ai constaté que la fouille des détenus à l'entrée et à la sortie n'était pas pratiquée; que beaucoup de condamnés ne portaient pas le costume réglementaire.
Il a demandé une permission de trente jours que je vous ai transmis avec avis favorable.
S'il ne revient pas à Morondava, j'en serais pas fâché.
La majorité des détenus étant, ici, employée à l'extérieur le problème des constructions indispensables sont complexes.
je compte beaucoup, dans les trois mois à venir , sur les transferts pour étoffer cette main d'oeuvre.




......




M. LUCAIN , après quelques jours passés à Tananarive est de retour à Nosy-lava et le 9 février il me rend compte de la situation et le 13 il a encore de sérieux ennuis avec les gardiens et les détenus .


... Nosy-Lava le 9 février :


Je vous demande de me faire expédier le plus rapidement possible les graines nécessaires à l'ensemencement de nos jardins.
Il nous faudrait plus spécialement des graines de petsaï, de choux, de poireaux, d'oignons, de carottes, de salade, de persil, de tomates , etc..;,etc...;
pour notre consommation personnelle nous serions heureux de recevoir des graines de radis.


RAMPIRISON continue à faire des siennes.
Je vais aller à Analalava  dès que j'aurai déblayé le travail en retard et je mettrai les choses au point.
Mais je ne pense pas arriver à grand'chose.
A mon avis le mieux serait de le mettre seul responsable de la maison d'arrêt car je crois qu'il court au devant d'un coup dur et je ne tiens pas du tout à y être mêlé, même indirectement.
C'est un trafiquant né et ni vous ni moi ne l'en empêcherons.
De plus j'ai appris qu'il était parent à EUGENE ( qui entre parenthèses est un fieffé filou) .
GOZIE m'a signalé quelques anomalies qui se sont passées pendant mon absence et que je m'efforcerais de tirer au clair.
Voulez vous demander à PIERRE de nous expédier six robinets de 20 comme les trois qu'il nous a déjà fait parvenir.
ce robinets nous servent à soutirer les carburants.
Il nous en faut à l'atelier et sur chaque vedette.
Comme je le craignais, le volant est resté aux transports civils.
C'est révoltant mais je n'u puis absolument rien.
Vous savez pourquoi.
Je vous demande de faire activer si possible la génératrice du 50ch et de nous l'expédier de toute urgence car si un autre moteur tombe en panne nous sommes fichus.


(Fin page 125)



















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Nosy-Lava le 13 février 1961

Cher Monsieur Planchon ;

Je vous envoie par le même courrier le rapport concernant les deux lettres anonymes accusant RAMPIRISON ET MOUTARI des commettre des atrocités sur les personnes des détenus.
Bien que je ne puisse l'avouer officiellement , je crains fort qu'il y ait une certaine part de vérité dans les accusations portées dans ces lettres.
Je vien d'interroger le détenu INITRIKY Wiliam qui pendant quelque temps, travailla comme bureaucrate sous les ordres de RAMPIRISON.
Il affirme avoir assisté à la raclée infligée au dénommé RAMAHOLARY Edouard , l'instituteur dont je vous parle dans mon rapport.
MOUTARI lui aurait vraiment distribué plusieurs coups de cravache, et ces faits se reproduiraient assez souvent.
Le même détenu confirme également ce que j'ai entendu dire plusieurs fois : RAMPIRISON et MOUTARI s'entendent comme larrons en foire et trafiquent constamment.
Le ciment que réclame RAMPIRISON ne servirait pas toujours à la construction de sa case.Je vais faire une enquête à ce sujet.
Il arrive très souvent, paraît-il, que des amis des deux acolytes reçoivent de la main d'oeuvre pénale gratuite.
Ceci m'amène à vous parler d'un fait dont, pour une fois, je suis absolument certain :
Analalava
Type de femme Sakalave
Le détenu TSIAFINDRA qui s'est évadé il y a quelque temps ( et qui a d'ailleurs été repris) ne couchait pas à la prison ,mais chez son employeur, l'adjoint au chef de district, malgré les ordres formels qu'avait reçu RAMPIRISON à ce sujet.
Celui-ci a pourtant suivi de près l'action que j'ai menée pour que M. PRATI ne bénéficie pas d'u régime de faveur et que son détenu rentre coucher en prison chaque soir.Il ne peut donc prétendre ne pas avoir été averti et a agi en toute connaissance de cause. 
TSIAFINDRA dit qu'il n'était pas le seul détenu à coucher chez son employeur ; le boy du Dr PEYTRAL en faisait autant ainsi que plusieurs autres. Je vais essayer d'avoir confirmation de ces dires.
Je vous serais reconnaissant de donner l'entière responsabilité de la Maison d'Arrêt à RAMPIRISON car il m'est matériellement impossible de le surveiller d'ici.
Dès que j'arrive à Analalava en vedette je suis signalé et lorsque j'interroge les détenus , ils sont trop lâches pur me dire la vérité.Je suis absolument convaincu que RAMPIRISON et MOUTARI vont au devant d'un coup dur et je ne voudrais y être mêlé à aucun prix.Laissons donc ces crabes se débrouiller entre eux, le résultat ne  se fera pas attendre.
comme je vous l'ai déjà dit, je préférerais  avoir 15 ou 200 détenus de plus à Nosy-Lava et ne plus avoir à m'occuper d'Analalava.


Signé LUCAIN

(Fin page 126)


***********************
lettre :
 CONFIDENTIEL de RAINAIVO Joseph
Chef de Poste des Services Pénitentiaires
(Dactylographiée par l' émetteur, reproduite in extenso)


************************






Tsaratanana , le 13 février 1961

à Monsieur Le Directeur de l'Administration Pénitentiaire

= TANANARIVE =




Monsieur le Directeur,
Avec un grand regret je vous adresse la présente afin de vous permettre d'étudier et régulariser les effets suivants.
Vu l'article 18 du décret 59-I2I  sur l'emploi du personnel des Etablissements pénitentiaires . Il est utile que je vous expose mes cas si délicats ci-dessous.
1° Je vous demanderai que les agents des Services Pénitentiaires n'assureront plus la garde du Bureau Caisse ( Agent spécial).
( Participation à des différentes tournées) recouvrement des impôts, remettre des plis officiels dans les différents chefs lieux de canton.
Pour la bonne marche de service, je vous demanderai d'adresser à tous les Directeurs des prisons des notes pour notification relative à ces sujets.
Car nous trouvons des grandes difficultés pour disposer nos personnels sur le bon fonctionnement de notre service.
En vous signalant que nous avons : Le Poste de la prison et l’hôpital à garder ( Prison : deux agents et à l’hôpital :  un agent).
3° Aucun article du décret 59-I2I prévoit que les directeurs des prisons bénéficient des cessions pénales à titre gratuit? .
Je vous demande combien de détenus ils en ont droit exactement ? " à leur titre fonctionnel" Directeurs des prisons.
A mon intérêt tous Directeurs devront adresser des demandes à la direction SERVPENIT  pour utiliser des détenus  soient pour les entretiens des bâtiments administratifs.
Ils n'ont droit qu'une équipe des corvées tous les dimanches matins.
Soyez surs Monsieur le Directeur, car c'est pour la première que j'interviens à ceux-ci, pour le bon fonctionnement de l'Etablissement dont j'ai une grande part de responsabilité.
Je vous communique ma présente sans respecter la vie hiérarchique administrative, car je risque d'être rancuné.Par contre je suis dans l'obligation de vous signaler toutes ces ordres contraires et abusives, aussi enfin de me permettre conserver un bon rodage dispositif des agents sous mes ordres.
Peur d'être heurté d'une faute grave envers les disciplines de l'Administration pénitentiaire, je suis permis de vous adresser confidentiellement ma présente.
Ainsi, probablement je souhaiterai un jour votre visite ou inspection inopinée en notre établissement; En cas si ma requête ne sera prise en considération je vous demanderai d'être muté dans un poste plus important dans la province de Fianarantsoa.
dans l'attente de vous lire , je resterai toujours à vos ordres, mes salutations distinguées. 


Votre dévoué


*************
Autre lettre de RANAIVO


Monsieur Le Directeur,

RANAIVOARISON Emile commis-greffier destiné pour notre établissement installé le 9 février 1961 à son poste.
Je vous remercie infiniment d'avoir disposé ce personnel sous mes ordres.
Je vous demanderai selon votre haute générosité de faire sortir s'il vous sera possible ces notes demandées à tous directeurs des prisons, aussitô après la réception de la présente.
En vous signalant que notre directeur possède quatre détenus à sa disposition. C'est pour cette raison que je vous adresse ma présente personnellement et confidentiellement, aussi j'aurais soif de votre inspection inopinée à Tsaratanana pour mettre au point le mécanisme du fonctionnement de notre établissement, surtout pour examiner notre pauvre situation du point de vue bâtiments ( bureaux, logement des agents).
Le gardien-chef est logé dans une seule pièce de 4 m2.
Pour l'amélioration de cette situation, votre visite sera indispensable M. le Directeur ou bien vous enverrez M; M'inspecteur Provincial de Majunga.
j'ai l'honneur de vous rappeler ma demande concernant la bicyclette de notre établissement , laquelle vous aviez déjà notifié à l'occasion de mon passage à Tananarive. Je ne sais pas s'il s'agit d'établir une demande de projet à ce sujet.
En vous remerciant de la confiance que avez bien voulu me témoigner jusqu'ici, je vous prie d'agréer M. le Directeur mes respectueuses salutations et ma très haute considération.
Votre dévoué
Signé par tampon RANAIVO Joseph


Le pauvre Gardien-chef
Subordonné des ordres contraires




******


(fin page 128)
































1961 7/ Tenue des gardiens

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.... Nosy-lava le 1er mars.


Monsieur LUCAIN ne me signale que peu de soucis à la maison de force et m'adresse une lettre du gardien-chef d'Analalava relative aux tenues vestimentaires du personnel qui laissent à désirer et devraient être améliorées.
Cette question sera réglée par une lettre du  mars de monsieur LUCAIN au gardien chef et me demande le même jour des mutations du personnel d'Analalava.


..........


Nosy-lava le 1er mars 1961


...J'ai été très étonné de recevoir l'avis de mutation du gardien REMOSA l'affectant dans la province de Tuléar .
Ma lettre N° 10MF/CF  a donc été inutile.
Je ne crois pas que vous vous rendiez compte des répercussions que de tels faits peuvent avoir sur l'esprit du personnel en général.
Enfin, sans doute avez vous des motifs supérieurs qui m'échappent et je m'efforcerai à l'avenir de ne pas être plus royaliste que le roi.
Il n'y a plus aucune raison  pour qu'ISMAËL KASSIM n'obtienne pas satisfaction.
sa veulerie et son incapacité totale le mettent sur le même niveau que son collègue REMOSA.
Je m'attends donc à ce que sa demande soit prise en considération et suivra à la lettre. J'avoue que je ne comprends pas.


... Je vous rappelle que lors de mon passage à Tananarive vous m'avez laissé espérer l'héritage de la voiture que le juge a mise au rencart depuis de nombreux mois et qui ne doit pas s'arranger sous les intempéries;
JACQUI se fait fort de la remettre en état  à peu de frais et je vous assure qu'elle nous rendrait service. Revoyez la question S.V.P.
Bientôt je vous annoncerais officiellement l'achèvement d'un barrage sur la rivière de Nosy-Lava.
Alors que jusqu'à maintenant toute l'eau  douce qui tombait à la saison des pluies partait à lamer, notre rivière atteint actuellement deux mètres cinquante de profondeur. Cela nous aidera à la saison sèche.






........




Le gardien-chef d'Analalava à Monsieur le Directeur de la maison de Force de Nosy-Lava.

Afin de nous permettre de suivre rigoureusement la réglementation en vigueur citée dans la récente circulaire, j'ai l'honneur de vous adresser la présente à l'effet de vous exposer ce qui suit :
1° 
Les agents de police placés sous mes ordres se plaignent souvent de ce qu'ils ne sont pas en possession d'une tenue correcte et réglementaire, l'ancien effet d'habillement reçu depuis étant désormais en état tout à fait non présentable.
2° 
Quant aux agents relevant directement du service pénitentiaire, ils en sont bénéficiaires, mais n'ont rçu chacun qu'une culotte kaki, une chemise, une paire de chaussures te un bas sport.
En tout état de cause chaque agent devrait avoir au moins deux complets  , ceci pour le mettre en disposition d'avoir toujours un équipement convenable, en cas de nécessité de service, quand l'autre tenue se trouve en l'état d'être lavée.
de plus, pour la raison sus-citée, Analalava étant considérée comme ville de mouvements, ou bien des fois des autorités supérieures passent et peuvent mener une visite à la prison il arrive avec regret que tout agent de service  ne soit pas en mesure de porter la tenue tant désirée.


Je tiens à vous signaler qu'un parfait état n'aura pas lieu tant que les démarches effectuées n'aboutissent pas à de bons résultats.
En conséquence, pour tous ces faits précités, je vous sollicite de bien vouloir étudier et prendre toutes dispositions nécessaires afin que tout le personnel puisse être doté d'un effet d'habillement , tout complet.


( Fin page 129)


Nosy-lava , le 7 mars 1961
Maison de Force
de
Nosy-Lava


Le directeur de la Maison de Force
à Monsieur le gardien-chef
d'Analalava

J'ai bien reçu les trois lettres des agents SAADI M'SILIE,MOUTARI Ferdinand, et ESOLOPO, adressées sous mon couvert à monsieur le Directeur de la Sécurité nationale, afin de lui réclamer des effets d'habillement prétendant que je leur ai affirmé qu'ils ne toucheraient rien du service pénitentiaire.
Je m'inscris en faux contre une telle assertion car la réponse qu'on me prête est erronée et les auteurs des trois lettres précitées le savent pertinemment.
La réponse que j'ai faite aux agents SAADI M'SILIE et ESOLOPO est la suivante :
"Je n'ai aucune instruction  concernant votre cas et n'ai pas pour l'instant de tenue à vous donner, mais je vais demander à Monsieur le Directeur de l'administration pénitentiaire comment solutionner cette question"
Ma lettre datée du 8.2.1961 portait le ° I6I/MF et indiquait les effets qui m'étaient nécessaires.
Le 14 février, c'est à dire 6 jours après l'expédition de ma lettre,  je recevais de M. PLANCHON le T.L.O. N° 1224-JU/SAF dont voici la teneur :
"Ref votre lettre I6I/Mf du 8.2.1961


Vous fait expédier par prochain camion via Majunga la commande contenue dans la précitée :
8 paires de chaussures
8 tenues kaki
8 chemise manches longues kaki
8 chemisettes kaki
8 shorts kaki
8 casquettes gabardine kaki


Ces effets sont destinés à l'habillement des agents de la sécurité mis à votre disposition;
Veillez m'en accuser réception.


Pour le Garde des Sceaux Ministre de la Justice
Le Chef du Service de l'Administration Pénitentiaire

signé M PLANCHON
"

(fin page 130)


Comme vous le voyez, nous sommes loin de ce qu'assurent vos agents dont la mauvaise foi est évidente.
Je vous demande de faire preuve à l'avenir de plus de circonspection avant de me transmettre de telles inepties.
M. RAKOTOMANGA , greffier-comptable  m'assure avoir fait à l'agent MOUTARI la même réponse que celle  que j'ai faite aux deux autres quémandeurs.
Vous m'affirmez par ailleurs que les gardiens du service pénitentiaire affectés à Analalava n'ont reçu chacun qu'une culotte kaki , une chemise kaki, une paire de chaussures et une paire de bas sports.
Je me demande quel intérêt vous avez à écrire de tels mensonges car vous n'êtes pas sans savoir que ce que vous affirmez est absolument faux.
Vos agents ont touché les mêmes articles que leurs camarades de Nosy-Lava  et votre façon de les poser en victime est ridicule.
Afin de vous rafraîchir la mémoire,  je vous ai fait établir un relevé que je certifie exact et que vous pourrez vérifier si le coeur vous en dit, de tous les effets d'habillement perçus par votre personnel ainsi que la date de chaque distribution.
......




Vous trouverez ci-jointes trois lettres émanant de trois agents de la sûreté actuellement affectés à Analalava et qui m'ont été transmises par RAMPIRISON.
Ceci   est évidemment un coup monté entre tout ce beau monde et c'est ce qui explique la sécheresse de ma lettre à RAMPIRISON.
Je vous serais infiniment reconnaissant de me débarrasser de ces trois indésirables dans les plus brefs délais, soit en les remettant à la disposition de la Sécurité, soit en les affectant le plus loin possible d'ici.
Le départ de MOUTARI romprait son association avec RAMPIRISON dont les habitants d'Analalava parlent de plus en plus.
Comme je l'ai spécifié sur le bulletin individuel de SAADI M'SILIE, cet individu a un caractère impossible  et a la folie de la persécution; Je suis persuadé que c'est lui qui a poussé les deux autres à rouspéter, encouragés par RAMPIRISON qui lui a promis son appui. ESOLOPO est un salopard né , doublé d'un ivrogne. A dégager également.
Puisque nous parlons de mutations , je m'étonne que vous preniez à coeur ce que je vous ai dit concernant l'ignoble REMOSA
Lorsque je vous écris ainsi, c'est à Monsieur PLANCHON que je me confie et non à Monsieur le Directeur de l'Administration Pénitentiaire.
je suis convaincu que vous êtes de mon avis et j'éprouve une certaine satisfaction à vous exprimer mon dégoût car je sais que vous me comprenez.
mais en toute franchise je suis certain que si vous m'aviez écouté et que si REMOSA s'était retrouvé à Diégo au lieu de Tuléar, personne ne serait intervenu en sa faveur.
Et si un tel exemple se produisait une bonne fois,  les éternels mécontents y regarderaient de près  avant de demander leur mutation.
L'avenir vous prouvera que ce que j'avance aujourd'hui est pesé et raisonné.
Il faut vivre avec ces salauds la pendant des mois et des mois comme je viens de le faire, pour les connaître à fond.
La mutation de REMOSA pour Tuléar était à peine accordée que déjà ses semblables criaient victoire.
Venant immédiatement après celle de LENDA , tous les espoirs des amateurs de mutations pour le sud se réveillent.
Il y a très peu de temps , MONTSA Vincent obtenait gain de cause lui aussi.
Pourquoi  les quelques "sudistes" restant à Nosy-Lava  ne demanderaient-ils pas à rejoindre la terre de leurs ancêtres ( car ne vous en déplaise c'est ainsi qu'ils s'expriment).






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1961 8/ Histoires entres gardiens

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(fin page 131)

Et puis à nouveau une sombre histoire qui se passe à Morondava que me transmets M. MATHEI.
Un cuisinier SAID M'DAHOMA , rend compte des agissements de l'agent  RANDRIANANDRAINA qui accuse RAKOTOMALALA Gabriel


Baobabs
Morondava


Voici le détail de ces évènements :

Un papier manuscrit lié à cette lettre :
"
Cher Monsieur MATHEI,
Je vous envoie le chauffeur dont je vous ai proposé l'engagement.
Quand à l'autre dont je vous ai parlé hier, s'il se fait appeler Jean BOANA , chez nous il s'appelait Paul BOANA.
Je vous envoie à son sujet une copie du dossier le concernant que vous seriez bien aimable de me renvoyer après en avoir pris connaissance. C'est un sal.... de première classe;
Signe  H. MONCLAR
"


Morondava le 1er mars 1961

Monsieur le Directeur,

Tout d'abord je m'excuse de répondre à votre lettre du 24 février avec un léger retard mais, comme aurait dit mon cierge " Mon pôvre monsieur j'ai bien du "tintouin"".
Quoique je me permette de vous écrire à titre personnel  c'est encore une correspondance de service que je vous adresse et qui va être pleine , hélas ! de RAKOTOMALALA et consorts.


1° 
En ce qui concerne la facture de 2.000 francs afférente à la confection d'un costume (réglementaire)  pour le greffier-comptable M. RAKOTOMALALA j'ai commis une erreur, car souvent il y a un mais, une explication s'impose.
M. RAKOTOMALALA  est resté en civil à Tuléar , pendant plusieurs mois, n'ayant pas trouvé un habillement à sa taille.
J'ai eu tort de ne pas vous en rendre compte( mon prédécesseur aussi d'ailleurs)  et de vous demander de faire confectionner le costume ayant sa mensuration.
Pris de court, par ma faute,  lorsque je me rendis à Morombé le 12 janvier , avec votre autorisation, j'ai voulu emmener avec moi, pour vérifier la compatibilité ( et j'ai bien fait, vous le savez)  le greffier-comptable.
Je ne pouvais décemment être en uniforme accompagné d' un subalterne en civil aussi me suis-je décidé à lui faire tailler un costume.
Quoiqu'il en soit , je vais envoyer, dès réception de ma solde, un mandat de 2.000 francs au tailleur.
Ci joint lettre de M. RAKOTOMALALA auquel je peux faire le reproche d'avoir gardé par devers lui un habillement dont il ne pouvait se servir.
par ailleurs je vais vous adresser , officiellement, une demande de confection :
d'un complet et de deux chemises pour l’intéressé.









2° 
Monsieur CADY , par l'intermédiaire de Monsieur LE BIHAN , m'a envoyé une ampliation d'une correspondance adressée à monsieur RAKOTOMALALA  dont ci-joint je vous prie de bien vouloir trouver une copie conforme.
Alors là je trouve qu'il y a de l'abus.
Que l'on redonne à M. RAKOTOMALALA le montant de ses achats de charbon, c'est normal, mais qu'on lui réclame pour cession de MOP(*) 3.400 francs , c'est, pour le moins, violent.
Au mois de novembre, j'ai fait aménager les cases de Messieurs RASAMOELINA Jules, et RAKOTOMALALA avec, bien sur, la main d'oeuvre pénale, ce qui entre dans le cadre des travaux normaux que le  Service Pénitentiaire doit  effectuer et, maintenant, dans un esprit de basse vengeance, on demande à cet agent du service pénitentiaire de payer de ses deniers les heures de travaux des détenus.
Je trouve le procédé conforme à l'opinion que je me fais de son auteur.
je serais curieux de savoir si l'on a présenté la même facture à RASAMOELINA Jules.
Je parie que non.

(Fin page 133)

Pas plus j'en suis certain que celle de la main d'oeuvre pénale, à usage domestique, qu'il utilise chaque jour.
Je suis allé à Mahabo, comme je vous en ai rendu compte en vous envoyant  une ampliation de mon rapport à Monsieur Le Ministre de la Justice, et vous avez pu lire que j'avais donné l'ordre de refaire les cases des agents.
Que penseriez vous de moi , et je me demande ce que les agents penseraient si ,
 à la fin des travaux, je leur envoyait une facture pour la cession de la main d'oeuvre pénale utilisée pour la réfection de leur habitation !?
Je trouve une semblable manœuvre scandaleuse mais elle ne m'étonne pas du gardien chiourme guyanais.

Une affaire très sérieuse vient d'éclater ici.
Les acteurs sont messieurs RAKOTOMALALA et RANDRIANANDRAINA Emile, agent de police détaché au service pénitentiaire mais non encore intégré. Dieu merci, faisant fonction de greffier à la maison d'arrêt de Morondava.
Vous savez ce que je pense de M. RAKOTOMALALA cependant je tiens à vous le confirmer.
Jeune fille Hova
C'est un homme très dangereux qu'il est préférable d'avoir avec soi que contre soi ( J'ai l'impression que M. CADY peut se préparer à serrer les fesses).
Intelligent, intrigant, très bien vu et reçu par les hautes autorités.
Je n'ai aucune estime pour lui mais au contraire un parfait mépris.
Cependant il faut que je reconnaisse qu'il couvrait très bien son métier et qu'il le fait avec conscience. Entre parenthèses je suis étonné qu'il soit avec MOI car il se serait, à mon sens  fort bien entendu avec l'AUTRE.
Ceci étant il faut que je vous présente le second personnage de l'histoire.
RANDRIANNDRAINA  Émile , agent de police, détaché au service pénitentiaire, est français par naturalisation mais Hova d'origine et , malheureusement pour nous il l'est bien resté.
C'est un jeune garçon intelligent, mais d'une intelligence spéciale , d'une intelligence contournée, si j'ose dire.
Très ambitieux, très jaloux et, me semble-t-il, aigri malgré son jeune âge.
Imbu de sa fonction et se croyant indispensable il a été vexé de l'affectation auprès de lui d'un commis-greffier ( RATSIZAFY François, qui, jusqu'à présent donne entière satisfaction).
Depuis une vingtaine de jours RANDRIANANDRAINA donnait des signes indiscutables de mauvais esprit.
 J'ai reçu de lui des demandes irrecevables (administrativement) et idiotes :
  • être encadré dans le service pénitentiaire, alors qu'il sait qu'il n'y a pas de cadres
  • être contractuel alors qu'il sait qu'il est encore agent de police
  • une demande ADRESSÉE au JUGE pour être relevé de sa fonction de greffier à la prison.

(J'ai renvoyé la demande à son auteur en lui rappelant qu'étant à la disposition du service pénitentiaire ses chefs directs étaient : le gardien-chef  et moi même)
  • une demande pour être réintégré dans son cadre d'origine  et muté hors de la province, que je vous ai transmise avec "avis favorable"
  • enfin en dernier lieu tous être chef d'un camp pénal.
Dédaignant la voie hiérarchique et sans même faire une allusion quelconque à ses intentions, cet individu ( il n'y a pas d'autre terme) a été porter une plainte officielle au commissariat de police de Morondava , qui en a rendu compte au juge (c'était normal)  contre un autre agent du service pénitentiaire, en l’occurrence Monsieur RAKOTOMALALA .
Le compte-rendu ci-joint de monsieur RAKOTOMALALA vous donnera , je crois, toutes les précisions utiles sur cette grave (ou sérieuse tout au moins) affaire.
sans chercher à savoir si les fautes reprochées à monsieur RAKOTOMALALA sont exactes j'ai l'honneur de vous demander qu'une punition exemplaire soit infligée à l'agent de police RADRIANANDRAMA Émile .
Il est inadmissible que le gardien-chef de la maison d'arrêt et moi même apprenions ... par le commissaire de police  les accusations portées par un agent du service pénitentiaire contre un autre agent.
Le plus curieux de l'histoire est que mon cuisinier (qui n'est pas prisonnier) appelé à témoigner a nié formellement les accusations de l'accusateur et que maintenant il porte plainte contre lui.
Tout ça n'est pas très beau ( il ne s'agit pas de mon cuisinier) et ne plaide pas en faveur de RADRIANANDRAINA et RAKOTOMALALA

(fin page 136)

Ce que j'en pense ?
Je pense que c'est très possible, mais voilà il faut le prouver et j'ai l'impression que cette histoire va retomber sur le nez de celui qui l'a provoquée et qui est encore moins intéressant , ce qui n'st pas peu dire,  que RAKOTOMALALA  qui a au moins , lui, l'excuse d'être chargé de famille.
J'attends vos ordres et vos directives pour cette histoire particulièrement emmerdante mais je vous renouvelle ma demande d'une punition exemplaire  à l'encontre du sieur RADRIANANDRAINA Emile.
Je crois que la Direction de la Sûreté pourrait ( car ça l’intéresse aussi)  le faire passer devant le conseil de discipline en vue d'une rétrogradation.
****
Autre chose car également "j'ai bien du tintouin mon bon monsieur"
Le gardien chef DAVID m'a avoué hier hier soir qu'il avait encore deux détenus de son établissement qui couchaient chez les utilisateurs mais qu'il n'osait pas donner l'ordre de faire cesser cet état de choses ET JE LE COMPREND car il s'agit de M. Le Préfet BORA et le médecin capitaine inspecteur de Morondava.

(page 137)
Ne vous serait-il pas possible d'envoyer ou de faire envoyer par le Ministre, une lettre circulaire rappelant d'un façon impérative  que les prisonniers cédés doivent rentrer à la prison "dès le travail terminé" et que les utilisateurs qui n’accéderont pas à l'observation de ce règlement se verront retirer l'emploi de la m o e .
Etant donné qu'il s'agit d'autorités relativement importantes il faudrait que cette note soit nette précise et impérative.
A l'avance je vous en remercie car vous me rendriez grand service et je suis même persuadé que ce ne sera pas à moi seulement;
Ne pourriez vous pas envisager la réimpression du décret N° 59-121 modifié par le décret 60-152.
Il y a beaucoup de nouveaux chefs de district qui ignorent parfaitement le règlement du service pénitentiaire.
Je crois que ce serait une dépense très utile.


Affaire RAKOTOMALALA - RADRIANANDRAINA Emile

Je viens d'envoyer à monsieur le commissaire LECLERC une ampliation de m correspondance N° 141 IPOMORA du 16 février , qui semble par sa date innocenter M. RAKOTOMALALA , mais ceci n'est pas de mon ressort et j'ai tenu uniquement à vous en rendre compte. 
Avant de terminer ce journal , de huit pages, s'il vous plait, je reviens à votre lettre en date du 24.2.61 .
Vous m'écriviez " Il s'agit d'une affaire grave qui aurait pu vous emmener loin ... etc..;"
Je ne doute pas un instant que les erreurs que le sieur MATHEI peut commettre soient susceptibles de "l'emmener loin" . Ah ! s'il portait un autre nom il pourrait impunément faire construire avec de la main d'oeuvre pénale et avce des matériaux de l'Etat des cases qu'il revendrait à son profit;
il pourrait écraser un enfant sans qu'on lui demande une explication quelconque.
Que dis-je ! 
Il pourrait , partant en permission, louer une voiture au garage provincial de Tuléar et faire payer le montant de la location à l'Etat, il pourrait vendre pour 27.000 francs de produits en provenance d'un jardin pénal, sans encourir de biens graves inconvénients, mais le sieur MATHEI lui, c'est autre chose.
" Tout ce que vous direz, tout ce que vous pourrez faire sera retenu contre vous" .Amen.
ayant complètement vidé mon sac je vous prie de bien vouloir croire,Monsieur Le Directeur, à mon dévouement et à l'expression renouvelée de ma respectueuse amitié.

Signé MATHEI























(*) MOP Main d'Oeuvre Pénale

1961 9/ MORONDAVA

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Annexe à la lettre de Mr MATHEI


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Page 142


"
SAID M'DAHOMA cuisinier chez M.; l'inspecteur MATHEI domicilié à Morondava à Monsieur le commissaire de police de la 8e section des R.G. de Morondava.
OBJET :
Plainte contre l'agent RADRIANANDRAINA Emile pour "achat de témoignage".
J'ai l'honneur de porter à votre connaissance que ce matin, à la place du marché, l'Agent RANDRIANANDRAINA Emile s'était approché de moi, en me proposant la somme de 2.000 francs aux fins de témoigner contre monsieur RAKOTOMALALA Gabriel et me demander pour que je retire tout ce que je vous ai dit lors de votre interrogatoire d'hier.
Ecoeuré de cet agissement, de cette mauvaise foi, j'ai voulu corriger publiquement l'agent Emile,mais heureusement il y avait l'intervention des agents de la police urbaine.
C'est pour cela que après avoir ramené à la case ce que je venais d'acheter au bazard, je me suis aussitôt présenté chez vous tout à l'heure pour vous rendre compte et je viens confirmer par cette présente.
sachant que le faux témoignage est interdit par la loi, c'est pourquoi, je porte plainte contre monsieur Emile pour avoir tenté avec 2.000 francs à induire la justice en erreur en achetant mon témoignage.


........


De Monsieur MATHEI le 2 mars 1961 :




J'ai l'honneur de vous faire parvenir une ampliation de ma correspondance en date du 16 février adressée à monsieur le chef du service de l'administration pénitentiaire à Tananarive  par laquelle je proposais l'affectation de l'agent RANDRIAMANANJARA José Gréco en service à Morombé, pour remplir les fonctions de gardien chef de la maison de sûreté d'Antsalova.
Il n'est pas dans mon intention de me mêler d'une affaire qui dépend de votre autorité mais j'ai pensé que la pièce ci-jointe, par sa date, pourrait avoir une valeur certaine pour l'établissement de al vérité.
..........


De Monsieur MATHEI le 5 mars 1961 :

J'ai reçu ce matin dimanche votre lettre du trois dont je vous remercie beaucoup.
Je m'empresse d'y répondre en profitant de l'accalmie relative des jours de repos.
Pour revenir aux affaires RAKOTOMALALA, puisqu'il faut hélas, ! encore en parler  je dois vous dire de suite ma surprise de la facture de 2.000 francs pour l'achat de quatre mètres de tissu "américain".
Je n'en avais jamais entendu parler . A vrai dire je n'avais pas cherché à savoir si monsieur RAKOTOMALALA avait fourni l'étoffe ou si elle était comprise dans la facture du tailleur.
Vous constaterez d'ailleurs qu'il n'y a aucun bon de commande signé de moi pour cet achat.
Non, ça, je ne marche pas.
Un costume 4000 francs !
Je paie les miens (de ma poche bien entendu) 2900 francs avec short ou 3000 avec pantalon.
Demain je vais lui adresser une correspondance officielle à ce sujet dont je vous enverrai une ampliation.
En ce qui concerne le costume gabardine, je suppose qu'il s'agit de l'habillement que Monsieur MERCURIGNY avait obtenu gratuitement de la Province .
Je vais "éclairer" ma lanterne à ce sujet.
Comment pouvez-vous croire que je suis dans un état d'"optimisme béat" en ce qui concerne le cas RAKOTOMALALA ?
C'est exactement le contraire.
je crois qu'il est fort capable d'avoir demandé une certaine somme ou, plus exactement, une somme certaine pour faire obtenir le poste d'Antsalova à l'agent Emile, qui n'est pas un saint, loin de là, soit si formel, et sans avoir été prévenu au préalable lorsqu'il a été interrogé par le commissaire pour nier l'accusation.
Quoiqu'il en soit je considère, comme je vous l'écrivais, monsieur RAKOTOMALALA comme un homme très dangereux et si je pouvais en être débarrassé ... avec élégance et hors de la province de Tuléar évidemment, je pousserais un soupir de soulagement.
Oui j'avais très bien noté l'agent RANDRIAMANADRANA Emile , parce que c'était la vérité à l'époque mais sa manière d'agir est inqualifiable et mérite une sanction sévère.
Que penseriez-vous d'un de vos employés de Tananarive, qui irait trouver le directeur de la Sûreté, par exemple, pour lui rapporter des faits qui intéresseraient le service pénitentiaire et qui, plus est, porterait une plainte officielle contre un de ses collègues sans même vous prévenir ?









1961 Quelques photos du séjour




Vendredi 9 juin 1961.
Maurice PLANCHON et .....


J'ignore tout de ces photos.
Maurice PLANCHON et M. VERGNOLE et Mr.......


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