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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1961 2/ Tuléar

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Suite d'une lettre de M. MATHEI
Tuléar 7.1.61


Personnellement je pourrai fort bien en transmettre une copie à monsieur Le Ministre BOTOKEKY.
Évidemment, ne connaissant pas le contexte de cette correspondance ce n'est qu'une suggestion.
Vous devez bien penser que cette situation paralyse mon activité.
Je n'ose rien entreprendre de sérieux.
a la suite du cyclone de faible intensité, que nous venons de subir, la cour de la maison centrale étant en partie inondée ainsi que deux dortoirs, j'ai évacué 60 détenus dans les 3 cases construites récemment au champ pénal.
Monsieur Le BIHAN est outré et je le comprends;
vous aurez tous les renseignements par ce même courrier, c'est à dire lundi après-midi.
Mercredi je suis à Morombé (si le temps le permets).
En recevant l'état nominatif des détenus de toutes catégories, du mois de décembre, à Fort-dauphin, j'ai constaté que le sieur MANERA DAVIDSON , condamné à 10 ans de réclusion, libérable en 1965, était toujours dans cette maison d'arrêt, malgré votre lettre formelle, rédigée pendant mon séjour à Tana, entre le 13 et le 16 décembre.
Il est vrai qu'il doit être protégé par le nouveau citoyen malgache Monsieur RA-DOYEN ( chef de district) , et ... Vive l'empereur .... Malgré ceci je me permets de vous suggérer de renouveler votre ordre , surtout si monsieur caïd doit prendre la zone sud.
Je vous prie toujours de croire, monsieur le Directeur, en mon entier et complet dévouement et à mes respectueuse affections.


signé MATHEI






page 121


Le 12 janvier l'inspecteur de Diégo a quelques problèmes avec l'administration provinciale que j'aurai la possibilité de résoudre rapidement et monsieur MONJOL restera sur place.



....

J'ai hésité à vous écrire , mais je décide aujourd'hui de vous mettre au courant de ma situation à Diégo.
En effet, vous avez été très chic de m'accorder votre confiance en me prenant au service pénitentiaire à mon arrivée à Madagascar.
Vohémar
vous m'avez très bien noté par la suite, et maintenant vous voyez que M. ARIDY tient à me remplacer à l'inspection du service pénitentiaire.
Vous devez vous demander quel est le motif de cette mutation.
A mon avis c'est que je me suis montré trop strict dans l'application de notre réglementation.J'ai peut-être eu tort.
En effet j'ai rappelé au chef de district de Vohémar qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de faire assurer la garde de la caisse de l'agent spécial par notre personnel.
J'ai adressé une copie de ma correspondance au secrétaire d'Etat.
Ambanja
Capucins d'Alsace


Plus tard, j'ai du également écrire au Chef de District d'Ambanja qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de mettre des gardes à la disposition du Chef de Canton pour le recouvrement des impôts.
M. ALLAIN est venu  lui-même me demander pourquoi je m'opposais à ce que le District d'Ambanja
utilise parfois des gardes pour le recouvrement des impôts.
 Je lui ai répondu que les instructions que j'avais de mon ministre s'y opposaient. 
Ici même à Diégo, j'insiste lorsque M. ALLAIN me demande au téléphone de fournir une corvée de détenus, pour savoir quel est le service qui remboursera la cession. 
Tout cela ne leur fait pas plaisir.
Enfin j'estime que ce n'est pas grave pour moi, et que vous ne m'en voulez pas de n'avoir pas su satisfaire les deux administrations.
Jusqu’alors  M. SENEZ chef du service provincial des finances, n'est pas au courant qu'on projette de m'affecter à son service.
Je le saurai lorsque M. DOMENGER sera arrivé.




....


Puis les 13,17 et 24 janvier la situation à Nossi-Bé fait l'objet de nombreuses correspondances relative à l'utilisation de la main d'oeuvre pénale :

...
J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Etant fréquemment dérangé par M. H. de LASTELLE , cet éternel mécontent qui se plaint toujours de n'avoir pas suffisamment de détenus pour l'importance de ses propriétés, couvrant, me disait-il, 150 hectares, j'ai cru devoir adresser le 9 janvier, au contrôleur des contributions une demande de renseignements.
Ainsi que vous le constaterez par l'examen de la réponse qui m'a été faite, M. Henri de LASTELLE m'a menti. 


Ile de Nosy-Komba


A la suite de cette vérification  j'ai adressé hier une convocation le priant de faire réintégrer la Maison de Force par quatre de ses détenus que je destine au Service des Eaux et Forêts de Nossy-Komba.
La répartition des détenus étant approximativement d'une unité par 20 hectares, ce planteur devrait donc avoir cinq détenus et non pas onze, alors que bien d'autres n'ont pas cette proportion.
Je m'étais efforcé de lui donner partiellement satisfaction mais devant d'incessantes démarches j'ai dû effectuer un contrôle qui s'avérait nécessaire.
Monsieur est venu me trouver ce matin à ce sujet et a manifesté un vif mécontentement;
Il m'a dit qu'il était victime d'une injustice et qu'il allait se défendre.
Je lui ai dit, en le voyant faire semblant de sortir un crayon de sa poche : "évidemment vous allez écrire, vous en avez d'ailleurs l'habitude" .
Il m'a répondu : " TSIRANANA et PLANCHON cet homme distingué vous pistonnent mais on verra bien".
Je l'ai interrompu par ces mots : "Ah! Ça me fait plaisir d'apprendre cette bonne nouvelle".
Il m'a assis en répliquant : " Oui, ils vous pistonnent, d'ailleurs c'est vous qui me l'avez dit un jour ..."
J'ai cru devoir rétorquer : " Mais  vous déménagez , monsieur".
Puis il est parti.


( fin page 121)


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....
J'ai l'honneur de vous communiquer quelques renseignements complémentaires relatifs au comportement social du planteur au sujet duquel je vous ai écrit ce matin.
Après vous avoir écrit j'ai fouillé dans les archives.
J'y découvert des lettres et rapports mettant en relief quelques unes des actions qu'il a commises alors qu'il assurait les fonctions de gardien-chef à Nossi-Bé.
 Si vous désirez compulser ces pièces vous constaterez que certaines lettres anonymes sont d'une écriture ressemblant à la sienne.
Rien de surprenant quand on connait tant soit peu cet individu sans moralité.
Ce n'est pas beau.
Il ne mérite aucun intérêt;


.... Nossi-Bé le 17 janvier 


...
Du gardien RA_DAVIDSON .....


 Comme ma demande a été refusée par le Directeur de la maison de Force car les pièces dont il est question n'ont pas passé par son intermédiaire, je me vois dans l'obligation de m'adresser directement à vous ....








Nossi-Bé le 24 janvier 1961


J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Ce matin vers 10 heures un planton est venu à mon bureau et m'a dit : 
" Faites attention car Henri de LASTELLE a parlé contre vous hier matin au Ministre ..."  ....
c'est vraisemblable car hier lundi 23 janvier j'ai été appelé au bureau du Chef de District à 15 heures.
J'ai été prié d'attendre monsieur ARIDY.
Quand il est arrivé j'ai vu tout de suite à son regard qu'il était prévenu contre moi.
Lui, habituellement souriant, m'a dit d'un ton sec qu'il était anormal de voir à Nossi-Bé, région touristique, des détenus (pouvant être un danger pour la population) travaillant à peu près librement.
C'est évidemment vrai.
Cette situation dure depuis de nombreuses années et la population en général ne s'en plaint pas.
Il m'a demandé si il y avait des agents de police partout où il y avait des détenus puis est venu brusquement sur le sujet qui devais le préoccuper car je me rendais compte qu'il pensait à autre chose.
-Connaissez vous M. Henri de LASTELLE ?
-Oui Monsieur le Ministre.
-Q'est-ce que vous en pensez ?
-C'est un personnage peu recommandable dont tous mes prédécesseurs ont eu à se plaindre.
-Pourquoi ?
-C'est un éternel mécontent qui réclame toujours des détenus  alors que les autres planteurs ne se plaignent pas car si tous lui ressemblaient la vie ici serait intenable.
-Pourquoi réclame-t-il ainsi ?
-Il croit probablement qu'il a des droits supérieurs.Si je lui ai retiré quatre détenus , c'est parce que je me suis aperçu qu'il m'avait menti en me déclarant posséder 140 ou 150 hectares alors qu'il n'en possède que 96.D'ailleurs il a encore 7 détenus au lieu de 5; Avant mon arrivée il en avait seulement 2.
-Bon, bon, alors ça va comme ça, mais depuis quand êtes vous là ?
'depuis plus de 18 mois Monsieur le Ministre.
Il s'est levé en me tenant le langage suivant : 
" Vous dépendez du Ministre de la justice mais j'ai tout de même mon mot à dire;
-Que voulez vous dire Monsieur le Ministre ?
-Travaillez bien ,travaillez bien !"
Et voilà.
il m'est impossible de continuer à travailler dans de telles conditions. Qu'on s'intéresse aux honnêtes gens me paraît juste mais si on s'intéresse à des demi-fous, où va-t-on ?
Mon successeur serait paraît-il , un nomme PHILIFAFRI ?
parmi vos nombreuses relations, peut-être vous sera-t-il possible de m'apprendre bientôt que vous avez un emploi de suite pour moi, de préférence sur les hauts plateaux ( ma femme est à plat 31,32 degrés dans notre logement) .




..




Monsieur AUDRAIN fut maintenu à Nossi-Bé.


(fin page 122)




Monsieur CADY a remplacé  monsieur MATHEI en qualité d'inspecteur de la région.


Ce dernier est maintenant mon représentant à Morondava .


Le 1er février il me fait part de son installation et attend la visite du président TSIRANANA.


Le 7 février il m'adresse copie d'une lettre très dure qu'il envoie au gardien-chef et le 10 il m'expose ses démêlés avec son remplaçant :






... Morondava le 1er février 1961 :


Monsieur RAKOTOMALALA est arrivé hier, 31 janvier, mais par avion.
Morondava
 Monsieur AMBERT, directeur des finances, s'était opposé à la location de la jeep, cependant promise par le chef du garage provincial.
Femme Merina et route de Morondava


Coïncidence M. AMBERT est un ami du ménage CADY et du dernier bien (qui est si près du  premier mal) de madame CADY parait-il.
Quoiqu'il en soit j'attendais trois employés et je n'en n'ai qu'un.
Je me pers en conjecture sur la manière  dont les autres vont pouvoir rejoindre Morondava d'autant qu'il n'y aura certainement pas un empressement particulier de la part de Tuléar à faire exécuter vos décisions.
MOHAMED SOILILAY , agent au service pénitentiaire, doit arriver le 4 au matin, avec les bagages, à bord du Norvégien III.