Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
Affichage des articles dont le libellé est DAVID. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est DAVID. Afficher tous les articles

1960 4/28 Le valakira, pêcher avec la marée.

Page précédente 1960 3/28


Il est intéressant de lire les nombreux travaux de toute sorts qui sont réalisées à Nosy-Lava et exposés dans la lettre du 11 février.
Poissons et crevettes
Crevettes
Il est bon de préciser que le valakira est un piège à poisson et qui a été réalisé dans une partie de la baie où la marée est très grande : plus de deux mètres de hauteur.
A quelque cent mètres du rivage j'avais donné l'autorisation de faire une enceinte faite de grillage et fermée jusqu'à la terre.
A marée haute la mer montait au-dessus du grillage et à marée descendante elle repartait pat les trous du grillage laissant sur place les poissons très nombreux dans la région.
Lorsque la marée était complètement basse, il n'y avait lus qu'à les ramasser sur le sable.
On pouvait aisément "récolter" 200 kg de poissons, ce qui améliorait la nourriture des détenus et même a permis quelque fois d'en donner aux établissements pénitentiaires de la grande terre.
par ailleurs l'emploi gratuit de la main d'oeuvre pénale me causait bien des problèmes.Jusque là, les fonctionnaires et quelques autres utilisaient gratuitement des prisonniers en qualité de boy, de cuisinier ou autre domestique.
En accord avec M. le Ministre je décidais que dorénavant cette main d'oeuvre ne serait accordée que sur paiement de 75% du salaire d'un ouvrier.
Je ne voulais pas la supprimer, car elle permettait aux meilleurs de préparer leur réinsertion mais j'estimais que les employeurs devaient participer aux dépenses obligatoires des prisons ( logement, nourriture, habillement, gardiennage, etc....).
Cette décision fut pas appréciée de tous et à  Nosy-Lava d'abord, et dans toutes les provinces ensuite ce fut un tollé.
Mais après sept à huit mois cette façon de procéder fut admise.
Voici quelques extraits de la lettre du 11 février de M. LUCAIN :


......


Je me félicite d'avoir fait faire des kilomètres de canaux de drainage partout où nous avons défriché et mis en culture ( à peu près quatre fois la superficie qui existait).
Grâce à cela et à l'élargissement de la rivière les dégâts ont été insignifiants .


Canne à sucre
Pourtant le maïs a l'air de souffrir de l'excès de pluie.D'après les anciens d'ici, il a été semé beaucoup trop tard, ce qui doit être exact puisque celui que nous avons semé cinq semaines plus tôt est devenu magnifique.


Nos essais de canne à sucre donnent des résultats surprenants et nous allons en intensifier la culture.
Le valakira fonctionne à merveille pour l'instant et nous faisons des pêches miraculeuses.
Cela ne durera peut-être pas d'un bout de l'année à l'autre , toujours est-il que le grillage est payé" depuis longtemps.
Je viens de faire installer un séchoir , et lorsque nous aurons une certaine réserve de poissons salés et séché, je pourrai vendre le surplus de poisson frais.
Les détenus aiment autant le poisson que la viande, ce qui m'a permis de les nourrir de façon satisfaisante , bien que je n'ai pas encore reçu la caisse d'avance de janvier.
D'ici peu je vous ferai parvenir un rapport complet  des travaux effectués depuis votre dernier passage. Vous verrez que nous ne chômons pas, puisque m^me les dangereux travaillent. Je viens de leur faire faire une route permettant l'accès à la plantation de canne à sucre.
Bananes
A la ferme, en dehors de la porcherie qui est terminée, j'ai fait faire un poulailler dans le genre de la canardière , avec une case pour le détenu qui est chargé de la surveiller.
La maison en dur où habitera l'agent responsable de la ferme est, elle aussi, à peu près terminée.
J'ai fait planter au moins deux cent nouveaux bananiers qui poussent très bien.Lorsqu'ils produiront je n'aurai aucun mal à vendre les régimes.
L'interdiction aux fonctionnaires d'employer de la main d'oeuvre pénale  gratuite a provoqué un tollé général.Le juge, entre autres,  se montre assez virulent. Il ne manque pas de me faire de petites vacheries chaque fois que l'occasion s'en présente.pourtant comme vous le savez, je n'y suis pour rien.
Lors du dernier passage de la commission de surveillance, M. le juge de section, en tant que président de ladite commission, a établi un P.V. de visite.
A l'article 3 il est dit :
"Travail insuffisant pour un grand nombre de détenus"


(fin page 46)






Je me demande comment M. le juge peut affirmer de telles choses, puisqu'il ne m'a jamais demandé quels étaient les travaux en cours et qu'il m'a refusé de les visiter lorsque je lui ai proposé.Cette assertion me fait bondir, car je suis certain de tirer le maximum de rendement des prisonniers, surtout avec le peu de personnel dont je dispose.J'ai été sur le point de lui répondre comme il le mérite, mais j'ai craint que vous me désapprouviez.
Afin que vous vous rendiez compte du ton employé par le monsieur,,je vous joins une autre de ses âneries.Je serai heureux que vous me disiez ce que vous en pensez.
Lorsque la commission de surveillance doit venir à Nosy-Lava, je reçois l'ordre de mettre la vedette  à sa disposition, tel jour, à telle heure.
D'après les récentes instructions  du ministère des finances, est-ce bien régulier , 
La vedette de la maison de force étant le seul moyen de communication avec la grande terre, il me semble qu'il serait plus logique que le district assure le passage de la commission.


...... LE JUGE DE LA SECTION D'ANALALAVA ......:


"
J'ai l'honneur d'attirer votre attention sur la situation des détenus  employés sur la vedette de votre établissement, les nommés LUDOWSKY et RANDRIANABOLO Stanislas.
Il es désirable que ces individus ne traînent pas en ville  lors du passage de la vedette à Analalava. sauf nécessité de service particulière dont vous voudrez bien me tenir informé, ils devront se présenter des leur arrivée au gardien-chef de la maison d'arrêt .....


... Nota de M. LUCAIN ... :


Jamais ces détenus ne traient en ville.
LUDOWSKY se rend parfois à la gendarmerie pour se mettre en rapport avec le radio  et discuter des dispositions à prendre concernant leur travail commun. En ce qui concerne RANDRIANABOLO Stanislas qui est mécanicien de la vedette, il y a des années qu'il aide le vaguemestre à faire les courses et jamais il n'a commis la moindre sottise. Je comprends mal pourquoi M le juge a attendu jusqu'à ce jour pour le trouver dangereux ....... Je dois préciser, qu'avant l'interdiction d'utiliser la main d'oeuvre pénale gratuite,  bon nombre de prisonniers circulaient librement sans que personne n'y trouve à redire.




.......




Puis le 22 février une autre lettre de Nosy-Lava m'informai des difficultés rencontrées dans la situation scolaire :

Mon effectif s'est maintenu à 21 à cause des départ.Toujours pas de fournitures bien qu'elles m'aient été annoncées; Peut-être le 14 Juillet !
Les enfants sont décevants comme les adultes , paresseux comme des couleuvres et ne s' intéressent à rien ....


Le lendemain une autre lettre me fait connaître que la situation à Nosy-lava  est toujours difficile avec le personnel et il en est de même à Tuléar ainsi que m 'expose l'inspecteur dans ses lettres 25 février , 3 et 4 mars .....


........ NOSY-LAVA ........

Je ne vois pas pourquoi, alors que Nossi-Bé est largement pourvu, je suis, moi, forcé à faire le greffier, le comptable, etc..... d'ailleurs si il arrive un pépin de ce coté là, je vous aurais assez prévenu que ce n'était pas mon métier.
Plus je connais l'individu que vous m'avez imposé, moins je vis.
Dès que je ne surveille plus ' et je ne peux me déguiser en garde-chiourme perpétuel - il passe son temps avec les fortes têtes.
Je sais qu'il fait de la politique.
L'aide-greffier SATOU  étant également parti, ce détenu est le roi du bureau ( greffe et comptabilité !) .
J'ai été extrêmement peiné quand vous m'avez imposé ce gars là. Je ne pense pas que vous l'ayez vu, car physionomiste comme vous l'êtes, vous ne m'auriez pas dit de le prendre comme greffier.
vous savez que je n'ai aucun ouvrier spécialisé ,
Je suis forcé de prendre la truelle et de faire le couvreur pour monter aux détenus ce qu'ils doivent faire. Je ne pense pas qu'il y ait à Madagascar un autre directeur de prison qui fasse ce que je fais .Je voudrais au moins, quand je suis sur les chantiers, avoir l'esprit tranquille en ce qui concerne le travail de bureau.
Ceci bien compris, je vous confirme que je ne regrette, en tant qu'individus, ni SATOU ni RAMBELOSON, qui étaient des ivrognes et des trafiquants.
A part GOZIE et trois ou quatre agents, je ne peux compter sur personne. Je me lève presque toutes les nuits car je me suis aperçu que la plupart du temps les gardiens dormaient, au risque de se faire étriper et de laisser étriper tout le monde.En outre, s'y je n'y allais pas moi-même, ils laisseraient pourrir des centaines de kilos de poissons dans la valakira plutôt que de se déranger. tout cela parce que je reçois de la Sûreté que des raclures.  .....
Les installations électriques de GESLIN  laissent tellement à désirer que nous avons failli griller au milieu de la nuit. Un court-circuit a mis le feu à la toiture de chaume de notre chambre-pigeonnier, mais la lueur m'a heureusement réveillé à temps.   ...
Alors que j'ai à me bagarrer avec les détenus et les agents , GESLIN passe son temps à les pousser à me désobéir, en disant que je fais mon petit Napoléon ...;
J'avais toujours cru qu'au début de l'année 1960, l'administration pénitentiaire n'aurait plus rien à voir avec la sûreté. Cela m'est pénible d'être pris entre deux feux. Je n'en veux d'ailleurs nullement à la Sûreté, car je trouve très logique qu'elle essaie de récupérer ses meilleurs agents et de se débarrasser des ordures.
Je croyais que nous ferions nous même notre nouveau recrutement et que nous pourrions faire un tri. J'aimerais savoir pour ma gouverne quelle est la position du service pénitentiaire à cet égard .




..... TULEAR 25 février ......

En ce qui concerne la Province il vaut mieux ne pas compter sur elle , la force d'inertie règne en bloc dans ce fortin et je pense qu'il vaut mieux se débrouiller seul , ce qui n'est pas toujours facile,.la question du licenciement sera scabreuse et posera quelques problèmes du fait que la plu^part des agents recrutés  sont d'anciens militaires ayant plusieurs années de services,cela sera à prévoir dans le préavis, quant à moi je commence à établir la liste noire.
La question de STEFANI est importante  car la maison centrale a besoin d'un gardien-chef, de plus si l'on tarde, le logement disponible de CADY risque de disparaître au profit de la Province ........
Ne parlons pas des gardiens-chefs qui à part DAVID  et peut-être STEFANI ne sont pas capables d'assurer correctement leur service ......






.....   3 mars ........




La maison centrale est sans gardien-chef et mon temps disponible  ne peut guère me permettre de m'en occuper, dans quelques jours les vais installer les bureaux au service pénitentiaire : 
avec qui ???
Un détenu chargé du courrier (libérable dans six mois) un détenu chargé de la liquidation ( libérable dans quatre mois)  et voilà avec quoi je vais travailler. Il y a environ 104 agents à licencier, des mutations en quantité à prévoir et surtout beaucoup de difficultés avec Mrs les chefs de Districts.




...   4 mars ......


Comme suite à ma transmission adressée à M. Charles EMILE  il faut prévoir le licenciement de 112 agents et non 80, mais il ne faut pas effrayer la haute Direction. Je prépare actuellement un premier départ de 50 environ car avec mon personnel à compétence limitée je ne peux guère faire mieux .....
Lorsque je vais aller en tournée, et cela sera nécessaire très bientôt,  surtout à Bétroka, il me sera impossible de laisser mes bureaux  à la merci de mes prisonniers, même sous la surveillance d'un gardien car cela sera une belle pagaille à mon retour, et je veux l'éviter.Or Monsieur CAPDESSUS est toujours disponible et je pense qu'il pourrait être recruté comme agent NENA avec application de l'article 28 comme monsieur STEFANI.
C'est un garçon capable et sérieux et je crois pouvoir compter sur lui.


....


(fin page 48)


Page suivante : 1960 5/28



1961 5

Page précédente 1961 4/




Enfin, pour terminer, venons en à la question du personnel non permanent.
si ce personnel est non permanent c'est qu'il est provisoire.
Les difficultés et la lenteur du recrutement sont les causes principales de cet embauchage à la journée.
Un de ces employés devait faire l'objet d'une demande officielle de recrutement, RABENANDRASANA Jean.
Le maçon, ancien détenu,  et qui de ce fait ne pouvait être recruté, a été employé pour diriger la construction du tout-à-l'égout qui prolonge maintenant le puisard.
Le saviez-vous ?
Si le service pénitentiaire n'est pas "une entreprise de construction" il n'en reste pas moins qu'il doit faire face avec des moyens limités à la conservation des prisons et à leur amélioration ( construction de douches à Morombé, de réservoirs d'eau, de canalisations, etc...) et que dans de rares cas il es moins onéreux d'engager , pour un temps, un ouvrier qualifié que de s'adresser à une entreprise.....
Je signale que le tout-à-l'égout a été fait uniquement par la main d'oeuvre pénale , sous la direction du maçon ANDRE Marcel, et qu'il comporte, outre une canalisation d'environ 100 mètres de longueur, six regards en béton d'un mètre soixante de profondeur.
A Morondava, j'ai découvert un maçon (bon aide) et un menuisier que le gardien-chef ignorait.
je ne suis pas content de monsieur DAVID qui ne gagne ps à être connu.
Sa devise doit être "pas de vagues".
J'ai constaté que la fouille des détenus à l'entrée et à la sortie n'était pas pratiquée; que beaucoup de condamnés ne portaient pas le costume réglementaire.
Il a demandé une permission de trente jours que je vous ai transmis avec avis favorable.
S'il ne revient pas à Morondava, j'en serais pas fâché.
La majorité des détenus étant, ici, employée à l'extérieur le problème des constructions indispensables sont complexes.
je compte beaucoup, dans les trois mois à venir , sur les transferts pour étoffer cette main d'oeuvre.




......




M. LUCAIN , après quelques jours passés à Tananarive est de retour à Nosy-lava et le 9 février il me rend compte de la situation et le 13 il a encore de sérieux ennuis avec les gardiens et les détenus .


... Nosy-Lava le 9 février :


Je vous demande de me faire expédier le plus rapidement possible les graines nécessaires à l'ensemencement de nos jardins.
Il nous faudrait plus spécialement des graines de petsaï, de choux, de poireaux, d'oignons, de carottes, de salade, de persil, de tomates , etc..;,etc...;
pour notre consommation personnelle nous serions heureux de recevoir des graines de radis.


RAMPIRISON continue à faire des siennes.
Je vais aller à Analalava  dès que j'aurai déblayé le travail en retard et je mettrai les choses au point.
Mais je ne pense pas arriver à grand'chose.
A mon avis le mieux serait de le mettre seul responsable de la maison d'arrêt car je crois qu'il court au devant d'un coup dur et je ne tiens pas du tout à y être mêlé, même indirectement.
C'est un trafiquant né et ni vous ni moi ne l'en empêcherons.
De plus j'ai appris qu'il était parent à EUGENE ( qui entre parenthèses est un fieffé filou) .
GOZIE m'a signalé quelques anomalies qui se sont passées pendant mon absence et que je m'efforcerais de tirer au clair.
Voulez vous demander à PIERRE de nous expédier six robinets de 20 comme les trois qu'il nous a déjà fait parvenir.
ce robinets nous servent à soutirer les carburants.
Il nous en faut à l'atelier et sur chaque vedette.
Comme je le craignais, le volant est resté aux transports civils.
C'est révoltant mais je n'u puis absolument rien.
Vous savez pourquoi.
Je vous demande de faire activer si possible la génératrice du 50ch et de nous l'expédier de toute urgence car si un autre moteur tombe en panne nous sommes fichus.


(Fin page 125)



















1961 8/ Histoires entres gardiens

Page précédente 1961 7/

(fin page 131)

Et puis à nouveau une sombre histoire qui se passe à Morondava que me transmets M. MATHEI.
Un cuisinier SAID M'DAHOMA , rend compte des agissements de l'agent  RANDRIANANDRAINA qui accuse RAKOTOMALALA Gabriel


Baobabs
Morondava


Voici le détail de ces évènements :

Un papier manuscrit lié à cette lettre :
"
Cher Monsieur MATHEI,
Je vous envoie le chauffeur dont je vous ai proposé l'engagement.
Quand à l'autre dont je vous ai parlé hier, s'il se fait appeler Jean BOANA , chez nous il s'appelait Paul BOANA.
Je vous envoie à son sujet une copie du dossier le concernant que vous seriez bien aimable de me renvoyer après en avoir pris connaissance. C'est un sal.... de première classe;
Signe  H. MONCLAR
"


Morondava le 1er mars 1961

Monsieur le Directeur,

Tout d'abord je m'excuse de répondre à votre lettre du 24 février avec un léger retard mais, comme aurait dit mon cierge " Mon pôvre monsieur j'ai bien du "tintouin"".
Quoique je me permette de vous écrire à titre personnel  c'est encore une correspondance de service que je vous adresse et qui va être pleine , hélas ! de RAKOTOMALALA et consorts.


1° 
En ce qui concerne la facture de 2.000 francs afférente à la confection d'un costume (réglementaire)  pour le greffier-comptable M. RAKOTOMALALA j'ai commis une erreur, car souvent il y a un mais, une explication s'impose.
M. RAKOTOMALALA  est resté en civil à Tuléar , pendant plusieurs mois, n'ayant pas trouvé un habillement à sa taille.
J'ai eu tort de ne pas vous en rendre compte( mon prédécesseur aussi d'ailleurs)  et de vous demander de faire confectionner le costume ayant sa mensuration.
Pris de court, par ma faute,  lorsque je me rendis à Morombé le 12 janvier , avec votre autorisation, j'ai voulu emmener avec moi, pour vérifier la compatibilité ( et j'ai bien fait, vous le savez)  le greffier-comptable.
Je ne pouvais décemment être en uniforme accompagné d' un subalterne en civil aussi me suis-je décidé à lui faire tailler un costume.
Quoiqu'il en soit , je vais envoyer, dès réception de ma solde, un mandat de 2.000 francs au tailleur.
Ci joint lettre de M. RAKOTOMALALA auquel je peux faire le reproche d'avoir gardé par devers lui un habillement dont il ne pouvait se servir.
par ailleurs je vais vous adresser , officiellement, une demande de confection :
d'un complet et de deux chemises pour l’intéressé.









2° 
Monsieur CADY , par l'intermédiaire de Monsieur LE BIHAN , m'a envoyé une ampliation d'une correspondance adressée à monsieur RAKOTOMALALA  dont ci-joint je vous prie de bien vouloir trouver une copie conforme.
Alors là je trouve qu'il y a de l'abus.
Que l'on redonne à M. RAKOTOMALALA le montant de ses achats de charbon, c'est normal, mais qu'on lui réclame pour cession de MOP(*) 3.400 francs , c'est, pour le moins, violent.
Au mois de novembre, j'ai fait aménager les cases de Messieurs RASAMOELINA Jules, et RAKOTOMALALA avec, bien sur, la main d'oeuvre pénale, ce qui entre dans le cadre des travaux normaux que le  Service Pénitentiaire doit  effectuer et, maintenant, dans un esprit de basse vengeance, on demande à cet agent du service pénitentiaire de payer de ses deniers les heures de travaux des détenus.
Je trouve le procédé conforme à l'opinion que je me fais de son auteur.
je serais curieux de savoir si l'on a présenté la même facture à RASAMOELINA Jules.
Je parie que non.

(Fin page 133)

Pas plus j'en suis certain que celle de la main d'oeuvre pénale, à usage domestique, qu'il utilise chaque jour.
Je suis allé à Mahabo, comme je vous en ai rendu compte en vous envoyant  une ampliation de mon rapport à Monsieur Le Ministre de la Justice, et vous avez pu lire que j'avais donné l'ordre de refaire les cases des agents.
Que penseriez vous de moi , et je me demande ce que les agents penseraient si ,
 à la fin des travaux, je leur envoyait une facture pour la cession de la main d'oeuvre pénale utilisée pour la réfection de leur habitation !?
Je trouve une semblable manœuvre scandaleuse mais elle ne m'étonne pas du gardien chiourme guyanais.

Une affaire très sérieuse vient d'éclater ici.
Les acteurs sont messieurs RAKOTOMALALA et RANDRIANANDRAINA Emile, agent de police détaché au service pénitentiaire mais non encore intégré. Dieu merci, faisant fonction de greffier à la maison d'arrêt de Morondava.
Vous savez ce que je pense de M. RAKOTOMALALA cependant je tiens à vous le confirmer.
Jeune fille Hova
C'est un homme très dangereux qu'il est préférable d'avoir avec soi que contre soi ( J'ai l'impression que M. CADY peut se préparer à serrer les fesses).
Intelligent, intrigant, très bien vu et reçu par les hautes autorités.
Je n'ai aucune estime pour lui mais au contraire un parfait mépris.
Cependant il faut que je reconnaisse qu'il couvrait très bien son métier et qu'il le fait avec conscience. Entre parenthèses je suis étonné qu'il soit avec MOI car il se serait, à mon sens  fort bien entendu avec l'AUTRE.
Ceci étant il faut que je vous présente le second personnage de l'histoire.
RANDRIANNDRAINA  Émile , agent de police, détaché au service pénitentiaire, est français par naturalisation mais Hova d'origine et , malheureusement pour nous il l'est bien resté.
C'est un jeune garçon intelligent, mais d'une intelligence spéciale , d'une intelligence contournée, si j'ose dire.
Très ambitieux, très jaloux et, me semble-t-il, aigri malgré son jeune âge.
Imbu de sa fonction et se croyant indispensable il a été vexé de l'affectation auprès de lui d'un commis-greffier ( RATSIZAFY François, qui, jusqu'à présent donne entière satisfaction).
Depuis une vingtaine de jours RANDRIANANDRAINA donnait des signes indiscutables de mauvais esprit.
 J'ai reçu de lui des demandes irrecevables (administrativement) et idiotes :
  • être encadré dans le service pénitentiaire, alors qu'il sait qu'il n'y a pas de cadres
  • être contractuel alors qu'il sait qu'il est encore agent de police
  • une demande ADRESSÉE au JUGE pour être relevé de sa fonction de greffier à la prison.

(J'ai renvoyé la demande à son auteur en lui rappelant qu'étant à la disposition du service pénitentiaire ses chefs directs étaient : le gardien-chef  et moi même)
  • une demande pour être réintégré dans son cadre d'origine  et muté hors de la province, que je vous ai transmise avec "avis favorable"
  • enfin en dernier lieu tous être chef d'un camp pénal.
Dédaignant la voie hiérarchique et sans même faire une allusion quelconque à ses intentions, cet individu ( il n'y a pas d'autre terme) a été porter une plainte officielle au commissariat de police de Morondava , qui en a rendu compte au juge (c'était normal)  contre un autre agent du service pénitentiaire, en l’occurrence Monsieur RAKOTOMALALA .
Le compte-rendu ci-joint de monsieur RAKOTOMALALA vous donnera , je crois, toutes les précisions utiles sur cette grave (ou sérieuse tout au moins) affaire.
sans chercher à savoir si les fautes reprochées à monsieur RAKOTOMALALA sont exactes j'ai l'honneur de vous demander qu'une punition exemplaire soit infligée à l'agent de police RADRIANANDRAMA Émile .
Il est inadmissible que le gardien-chef de la maison d'arrêt et moi même apprenions ... par le commissaire de police  les accusations portées par un agent du service pénitentiaire contre un autre agent.
Le plus curieux de l'histoire est que mon cuisinier (qui n'est pas prisonnier) appelé à témoigner a nié formellement les accusations de l'accusateur et que maintenant il porte plainte contre lui.
Tout ça n'est pas très beau ( il ne s'agit pas de mon cuisinier) et ne plaide pas en faveur de RADRIANANDRAINA et RAKOTOMALALA

(fin page 136)

Ce que j'en pense ?
Je pense que c'est très possible, mais voilà il faut le prouver et j'ai l'impression que cette histoire va retomber sur le nez de celui qui l'a provoquée et qui est encore moins intéressant , ce qui n'st pas peu dire,  que RAKOTOMALALA  qui a au moins , lui, l'excuse d'être chargé de famille.
J'attends vos ordres et vos directives pour cette histoire particulièrement emmerdante mais je vous renouvelle ma demande d'une punition exemplaire  à l'encontre du sieur RADRIANANDRAINA Emile.
Je crois que la Direction de la Sûreté pourrait ( car ça l’intéresse aussi)  le faire passer devant le conseil de discipline en vue d'une rétrogradation.
****
Autre chose car également "j'ai bien du tintouin mon bon monsieur"
Le gardien chef DAVID m'a avoué hier hier soir qu'il avait encore deux détenus de son établissement qui couchaient chez les utilisateurs mais qu'il n'osait pas donner l'ordre de faire cesser cet état de choses ET JE LE COMPREND car il s'agit de M. Le Préfet BORA et le médecin capitaine inspecteur de Morondava.

(page 137)
Ne vous serait-il pas possible d'envoyer ou de faire envoyer par le Ministre, une lettre circulaire rappelant d'un façon impérative  que les prisonniers cédés doivent rentrer à la prison "dès le travail terminé" et que les utilisateurs qui n’accéderont pas à l'observation de ce règlement se verront retirer l'emploi de la m o e .
Etant donné qu'il s'agit d'autorités relativement importantes il faudrait que cette note soit nette précise et impérative.
A l'avance je vous en remercie car vous me rendriez grand service et je suis même persuadé que ce ne sera pas à moi seulement;
Ne pourriez vous pas envisager la réimpression du décret N° 59-121 modifié par le décret 60-152.
Il y a beaucoup de nouveaux chefs de district qui ignorent parfaitement le règlement du service pénitentiaire.
Je crois que ce serait une dépense très utile.


Affaire RAKOTOMALALA - RADRIANANDRAINA Emile

Je viens d'envoyer à monsieur le commissaire LECLERC une ampliation de m correspondance N° 141 IPOMORA du 16 février , qui semble par sa date innocenter M. RAKOTOMALALA , mais ceci n'est pas de mon ressort et j'ai tenu uniquement à vous en rendre compte. 
Avant de terminer ce journal , de huit pages, s'il vous plait, je reviens à votre lettre en date du 24.2.61 .
Vous m'écriviez " Il s'agit d'une affaire grave qui aurait pu vous emmener loin ... etc..;"
Je ne doute pas un instant que les erreurs que le sieur MATHEI peut commettre soient susceptibles de "l'emmener loin" . Ah ! s'il portait un autre nom il pourrait impunément faire construire avec de la main d'oeuvre pénale et avce des matériaux de l'Etat des cases qu'il revendrait à son profit;
il pourrait écraser un enfant sans qu'on lui demande une explication quelconque.
Que dis-je ! 
Il pourrait , partant en permission, louer une voiture au garage provincial de Tuléar et faire payer le montant de la location à l'Etat, il pourrait vendre pour 27.000 francs de produits en provenance d'un jardin pénal, sans encourir de biens graves inconvénients, mais le sieur MATHEI lui, c'est autre chose.
" Tout ce que vous direz, tout ce que vous pourrez faire sera retenu contre vous" .Amen.
ayant complètement vidé mon sac je vous prie de bien vouloir croire,Monsieur Le Directeur, à mon dévouement et à l'expression renouvelée de ma respectueuse amitié.

Signé MATHEI























(*) MOP Main d'Oeuvre Pénale

Épilogue 1961

Page précédente : photos

Au moment de notre départ,
aéroport d'Arivonimamo .
Maurice, Simone, Alain, Nicole
X......
..............


Le 12 septembre 1961

par avion T.A.I.(*) j'ai quitté Madagascar avec regret et larme à l' oeil pour rentrer en métropole avec ma famille qui avait eu de graves ennuis de santé.
J'avais passé deux années exaltantes me donnant corps et âme à ma fonction.
J'avais eu de grandes satisfactions tant du point de vue du personnel qui dans l'ensemble m'estimait beaucoup, que  de la part des détenus, qui, quelques têtes brûlées mises à part, la plupart du temps manœuvrées par la politique, ne me causèrent jamais de gros ennuis.
Le souvenir de cette période est pour moi mon soleil d'Austerlitz.
Tout ce qui précède est authentique et m'est  personnel.
Volontairement je n'ai pas divulgué les correspondances administratives auxquelles j'étais tenu : mais dans l'ensemble elles furent bonnes..
J'ai eu quelques difficultés de relations avec certains membres du cabinet du ministre ainsi qu'avec des ambitieux et des jaloux de mon poste qu'ils désiraient tenir;
Il y eut une période plus calme au début , lorsque Madagascar était sous le régime de la Communauté avec la France, mais après l'indépendance totale les ambitions se firent plus pressantes pour remplacer le "français" de ce poste par un malgache.
Je n'ai pas voulu évoquer un bien triste fait divers qui s'est déroulé à la maison de redressement des jeunes à Anjanamasina où, après une décision de plus grande liberté prise par le service judiciaire en faveur des délinquants et qui avait entraîné  le retrait de mes pouvoirs sur cette maison pour les remettre entre les mains de magistrats, pour le moins "mous" et partisans de la formule " Il faut laisser les jeunes délinquants en liberté surveillée pour qu'ils puissent s'épanouir".
Résultat : une nuit plusieurs morts et une femme, épouse d'un éducateur, très grièvement blessée à coups de couteaux.......

Mais passons ....
Je n'avais plus de responsabilités .....

Après mon départ je reçus de nombreuses lettres exprimant des regrets sur mon abandon.


Mon fidèle WILLMANN, monsieur DAVID gardien chef de Tananarive qui m'assurait de sa "gratitude éternelle", monsieur RANAIVOSON de Fianarantsoa, mon précieux collaborateur RAKOTO Raphaël qui, pendant plus de deux ans m'avait secondé efficacement et tout le personnel de sa direction et bien d'autres encore m'adressèrent des lettres touchantes et émouvantes sur mon lieu de congé.

Ces correspondances se poursuivirent très longtemps et notamment pour les voeux de la nouvelle année 1962 :
Le sénateur de Madagascar monsieur RAKOTONDRAINITSIMBA m'adressa une longue lettrele 11  janvier pour me dire notamment que le personnel du service pénitentiaire était mécontent de mon départ, mon remplaçant étant "arbitraire".

PUIS LE TEMPS S’ÉCOULA ....
"
Ainsi tout change, tout passe,
Ainsi nous même nous passons ....
"

Petit à petit je perdis le contact.
Qu'êtes vous devenus vous, tous mes précieux collaborateurs et amis, qui m'ont permis une grande réussite dans un moment suprême de ma vie ???? .....
Où êtes vous les MATHEI, LUCAIN, AUDRAIN, WILLMANN, RAKOTO, et combien d'autres ??? ....
J'ai su quelques années plus tard que mon fidèle inspecteur et ami VERGNOLE était décédé.

26 années se sont écoulées et je n'ai plus de contact qu'avec mon ancien Ministre Marcel FOURNIER et mon fidèle René JUPPEAU auquel je dois une grande reconnaissance.
Je leur ai demandé de bien vouloir lire tout ce qui précède.

Merci monsieur FOURNIER, merci monsieur JUPPEAU, merci à tous.

Ma reconnaissance sera présente jusque dans ma tombe.

*******************************


Maurice PLANCHON :

Simone DUCLOUX
à 89 ans.
Alain
en 2011.
Collection Alain Planchon 

  • 3.10.1948 -26.3.1956 : Fonctionnaire du cadre général de l'administration générale d'Outre-Mer, s'occupant du déplacement depuis et vers la France, des fonctionnaires affectés aux colonies françaises ( contrats transporteurs) .
Collection Alain Planchon

  • 1956-1959 Premier séjour à Madagascar.
  • Congés à Marennes.
  • 1959-1961 Deuxième séjour à Madagascar.
  • 1962 Congés à Aix en Provence.
  • 1963-1969 Affecté à Versailles, CATI  (centres administratifs et techniques interdépartementaux) ,résidence à Fontenay le Fleury.
  • 1969-1971 Affecté en Nouvelle Calédonie,Koné. (8 septembre 1969).
  • 1972 Installation  à Menetou-Salon,  Cher,France.
  • Agent général d'assurances . 
  • Correspondant local du journal "Berry Républicain " .
  • Décédé le 22.12.2000 à Bourges, hôpital ,  Cher,France.
********************************************************************************


Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez là enfoncée,
faites tourner la molette de votre souris.
Certificat d'études primaires élémentaire
Certificat d’Étude.
Seul diplôme scolaire de mon père.

****************************
CHEVALIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
Le 7 décembre 1971
Scellé du sceau de l'ordre sous le n° 4669 C71

***************************************************************





Galliéni


Avec M. Pierre MESSMER
( Cérémonie de remise du Mérite National, à Paris)




(*) T.A.I. : Transports Aériens Intercontinentaux.


Le premier engagement politique :



Le Rassemblement du peuple français (RPF) était un mouvement politique fondé par le général de Gaulle le 14 avril 1947 pour mettre en œuvre son programme politique exposé dans le discours de Bayeux.
 Durant sa courte existence (
1947-1955), le RPF fut le principal mouvement d'opposition à la IVe République (avec le PCF), voulant se situer au-delà du clivage droite/gauche.
Le RPF fut le seul mouvement de l'histoire du 
gaullismefondé et présidé par Charles de Gaulle et le seul mouvement à réunir tous les gaullistes.


Cérémonies :


Berry Républicain
24.8.88



10 avril 1994
Médaille PÉLICAN D'OR

La Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement et du bénévolat a presque un siècle d'existence.
 La première déclaration au J.O. date du 4 août 1910, créée sous le nom de Société Républicaine d'Encouragement du Dévouement.
A partir de 1935, le mot "Républicaine" fut enlevé.
De 1935 à 1937, elle fut simplement "Société d'Encouragement au Dévouement", sauf pendant 3 ans de 1972 à 1975, il fut rajouté l'adjectif de "Nationale".
 Puis, en 1980, elle devint "Fédération Française Européenne et Internationale Encouragement du Dévouement".
En 2002 et jusqu'en 2004 plus modestement elle est devenue "Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement par le bénévolat". 


Page suivante : carrière miliaire