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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 9/28 Inspecteur de Tamatave

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Le 12 mai l'inspecteur de Tuléar m'écrit pour me faire part de son étonnement, car il a entendu dire que les chefs de district allaient reprendre leurs anciens droits de directeurs de prison. Cette information est fausse et je remets les choses au point.
Je suis heureux de recevoir de M. CARTON inspecteur de la province de Tamatave  une longue lettre datée du 23 mai. C'est une province sans histoires mais le silence m'inquiétait un peu.La voici :
Prison de Tamatave
début du siècle
( Sur DELCAMPE)


.....

Voici en quelques lignes la situation à Tamatave , ce que j'ai trouvé,le peu que j'ai fait et ce que je compte faire.
J'ai pris une succession difficile,vous le savez, pas de bureau,j'en ai trouvé un le premier jour,pas de logement, je suis logé  provisoirement, j'ai occupé une maison louée par la province jusqu'au 30 juin, le bail déjà dénoncé,les clefs déjà rendues au propriétaire, je les ai récupérées, j'ai acheté un frigidaire et un réchaud avec votre accord, je dispose d'un délai d'un mois pour trouver autre chose.
J'ai fait les visites indispensables d'arrivée : directeur des services provinciaux, directeur et chef de cabinet,  collègues des bureaux financiers et provinciaux, procureur,substitut et juges, et ..... partout accueil chaleureux et grande compréhension du procureur.
Je n'ai pu me présenter à M. JARISON, Secrétaire d'Etat  délégué, absent de Tamatave, que dans la semaine.
Il m'a très bien reçu et m'a rappelé que nous travaillé ensemble à Mahanoro en 1944 et qu'il était heureux de retrouver un ami.

(Fin page 56)

Je me suis fait remettre par M. COMARD les dossiers et j'ai essayé de voir clair :
la situation est assez trouble et je continuerai de l'éclaircir.
par exemple j'ai mis au point le contrôle du personnel, la liste fournie par COMARD est entièrement fausse, mais ce n'est pas entièrement de sa faute; il a pris les noms que les districts lui ont communiqués et les a recopiés. Les chefs de district confondent sciemment peut-être , les agents de district et les gardiens de prison
J'ai supprimé les agents de districts qui seraient payés par le budget de l'intérieur pour un gardien.
pour le moment les gardiens de prison sont payés sur le 33.3I.0I mais il faudra encore du temps pour que tout rentre dans l'ordre.Il faudra recruter et licencier. Il y a encore des agents de district qui remplissent des fonctions à la prison, je les éliminerai en douceur et j'essaierai de mettre des gardiens -chefs valables dans chaque prison.
dans certains districts il y a encore, un gendarme, un chef de gouvernement etc ...; qui remplissent les fonctions de gardien-chef faute de gardiens capables.
Les chefs de district gèrent encore les crédits entretien des détenus et me réclament de l'argent.
J'ai fait un relevé des dépenses par prison ( avec le cahier de liquidation) . Certaines prisons n'ont pas encore fait parvenir une seule facture qui ont été payées et sont parties avec la comptabilité du district , d'autres ont engagé beaucoup plus que ce que COMARD avait mis à leur disposition car il avait fait une répartition des crédits.
exemple Tamatave le seul sur lequel j'aurais pu jouer a déjà engagé 200.000 de plus qu'il n'avait et il reste encore un mois et demi et des dépenses obligatoires. J'ai immédiatement interdit aux gardiens-chefs de toutes les prisons d'effectuer des achats autres que viande et brèdes, en même temps que je leur demande leur stock et le relevé des dépenses depuis le 1er janvier 1960.
J'attends d'avoir tous les éléments pour vous demander un complément de crédits; Quelle pagaille !
j'ai aussi commencé à m'occuper de l'emploi des détenus : j'ai écrit à tous les chefs de districts en m^me temps que je donnais des instructions aux gardiens-chefs ( mais lesquels ?)  .
pour Tamatave j'ai tenu à en parler à M. JARISON  puisqu'il avait pris position lorsque COMARD a voulu supprimer ceux mis à la disposition de service ou de particulier et il y en a encore une trentaine.
Je crois l'avoir convaincu; mais il a fait appeler M. PEREZ son directeur provin et conseiller qui, s'il est entièrement d'accord pour la suppression pure et simple des détenus utilisés par des particuliers, demande que ceux employés à la province  , hôpital enseignement soient maintenus.
Pour faciliter ma tâche, je vous demande de répondre à la lettre signée de M. JARISON  adressée au ministre de la Justice et demandant le statu quo. Son argument c'est que le Ministre de la Justice n'a pas répondu : donc accepte !


Foulpointe
Pour les jardins pénaux  j'ai donné des instructions aux gardiens-chefs. A Tamatave le chef de district doit mettre un vaste terrain de culture à ma disposition. Je dois aller reconnaître ce terrain avec lui;
A Foulpointe je vais faire pêcher.
Voici ce qui a été fait. Je préfère aller doucement et ne blesser personne.
J'arriverai à faire admettre toutes les réformes mais dans bien des districts on ne dispose pas encore des gardiens-chefs valables et j'ai encore besoin des chefs de district que j'éliminerai petit à petit quand j'aurai mis en place  de bons gardiens-chefs. Qu'en pensez-vous ?



....


Le 9 juin c'est à nouveau Nosy-Lava qui me rend compte d'une situation apparemment sans graves problèmes.
Voici quelques extraits de ce compte-rendu :

(fin page 57)


J'aimerais vous dire que tout va bien mais malheureusement, je me trouve en face de nombreuses difficultés.
La plus importante est la question des moteurs, vedette comprise. Depuis de longues semaines la chambre froide ne fonctionne plus , à cause de l'insuffisance de courant, ce qui rend impossible la constitution de réserves de viande et de poisson frais. J'espère que les pièces nécessaires pour remettre en route les deux moteurs en panne nous parviendront assez rapidement car nous risquons d'être sans courant d'un moment à l'autre, ce qui impliquerait pour nous l'isolement complet, étant sans radio.
La vedette donne aussi des signes alarmants de fatigue. Je suis tombé deux fois en panne à mon retour et il en est de même à tous les voyages.
Avez vous des nouvelles du cdt GRIVEAUD que j'ai vu à Majunga ? 
Nous nous étions mis d'accord au sujet de la vedette qu'il vous avait proposée.
alors que je n'étais pas très "chaud" quand vous m'en avez parlé, j'ai changé d'avis quand j'ai appris que ce bateau pouvait transporter douze tonnes de marchandises ou 50 passagers ( ce qui entre nous me semble énorme) et que nous pourrions nous rendre de Majunga à Nosy-lava en 9 heures.
Il était convenu entre le commandant GRIVEAUD et moi qu'il enverrait un télégramme à la compagnie Verdaveine  demandant de venir me présenter la vedette ici,  et que si je la trouvais en bon état je vous demanderai votre accord. Ensuite, la vedette aurait été conduite à Majunga  où le commandant GRIVEAUD devait y apporter les modifications  qu'il jugeait indispensables. Il m'avait dit qu'à la suite de son télégramme , la vedette me serait présentée dans les quatre jours suivants .Or, je ne vois encore rien venir.
Ceci s'ajoute à mes inquiétudes de rester sans radio et sans lumière.
J'ai acquis la certitude, après enquête, que les pannes de moteur étaient dues à la négligence du dénommé RAKOTONAMANA Jean-baptiste  qui passait  son temps à prendre des cuites monumentales en compagnie de l'infirmier (dont nous reparlerons ) et des détenus travaillant sous se ordres. Il ne surveillait rien et les bielles ont coulé par absence complète de graissage.Du reste le moteur de la pompe qui était soumise au même régime  et COURT a eu un mal fou à la remettre en état. COURT n'étant pas diéséliste , c'est le détenu STANISLAS  qui était affecté comme mécanicien à bord de la vedette  qui assume actuellement les fonctions de chef-mécanicien, ce qui, bien entendu, dépasse de beaucoup ses compétences. 


...

pour en revenir à l'infirmier, le double du rapport de l'inspecteur GOZIE a été envoyé à monsieur l'inspecteur médecin d'Analalava  . aucune suite n'y a  été donnée; Aussi je vous demande d'intervenir directement auprès du service de Santé de Majunga. En toute sincérité, je me croirais coupable de ne pas dénoncer la carence de ce service qui ne veut pas s’intéresser au millier de personnes que représente la population de Nosy-lava.
L'infirmier RAMAROSON  est ivre tous les jours sans exception.L'enquête que j'ai faite m'a confirmé que non content de se saouler avec l'alcool à 95° de l'infirmerie, il en faisait boire à des détenus. J'ai du reste la déposition de deux détenus. Les agents et leurs familles sont furieux et il est urgent de régler cette question.
Zébu
pourriez vous me dire si le projet d'enquête par M. SALIM  prend corps ?. Cela me semble de plus en plus indispensable , sinon je perdrais complètement la face devant les gens de Mahabo qui deviennent de plus en plus arrogants depuis que m. le Juge m'a envoyé le T.O. ci-joint. Je dois vous rappeler que la plainte dont il est question avait été portée  à la suite de la dévastation de 27 planches de haricots en plein rapport par les boeufs du dénommé  MAHABINAZAKA .
Je précise que les gardiens étaient venus faire une enquête sur place et que leur rapport nous était des
plus favorables.


..... JUGE SECTION à DIRECTION MAISON FORCE NOSY-LAVA

suite votre plainte du 2 mars 1960 contre nommé MAHABINAZAKA pour dévastation de culture par ses boeufs. Honneur vous informer que je ne donne aucune suite à votre plainte citée en référence pour le motif suivant : CONTRAVENTION NON CARACTÉRISÉE.

Signé  GERMAIN

(Fin page 58)

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1960 11/28 Nouveau ministre de la Justice :

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(page 60)


Au début de ce mois de juillet M. Le Ministre RAKOTOBE a pris ese fonctins de ministre de la Justice en remplacement de M. Marcel FOURNIER.


A Nossi-Bé 28 détenus avaient "fait la belle", mais le 12 juillet le gardien-chef AUDRAIN m'informait qu'il les avait retrouvé.
Voici sa lettre :


....




Pendant  un séjour à Tananarive un décret présidentiel a accordé des remises de peine à tous les détenus.


TSIRANANA
Le télégramme y relatif est parvenu à la maison de force le 29 juin.


Vu l'urgence, l'agent RAFILIFO, préposé à la tenue des divers registres d'écrou s'est évidemment mis au travail immédiatement avec l'aide de l'agent ANDRIANTSOA Pascal . Malheureusement , RAFILIFO a mal interprété la teneur du télégramme et a libéré prématurément 28 détenus, en plus de 36 autres régulièrement libérés.


Dès mon retour le samedi 2 juillet  et jusqu'au 6 inclus je me suis mis à la recherche des 28 détenus qui, fort heureusement étaient encore à Nossi-Bé et je les ai réintégrés à la maison de force. 
La remise à jour des registres d'écrou a demandé du temps. Ce travail inopiné a retardé inévitablement l'établissement de l'état général  demandé par le Président, bien que les agents RAFILIFO et PASCAL aient travaillé pendant  deux nuits consécutives.La menace faite par le Président est plutôt décourageant . J'aimerais connaître votre opinion personnelle qui, seule, compte pour moi.
.......




Tout revint en ordre à Nossi-Bé et je reçois toujours régulièrement des nouvelles de la maison de force de Nosy-Lava.
M. VERGNOLE, mon inspecteur de la région de Tananarive, et aussi mon bras droit, y est allé en inspection en juillet et M. LUCAIN m'en rend compte dans sa lettre du 18 juillet.
Il me parle également de l'achat d'une nouvelle vedette pour la liaison avec la Grande terre que j'ai été obligé d'effectuer à Majunga  en remplacement de ccell existant qui devenait d'un usage dangereux.




...... Nosy-Lava le 18 juillet 1960 :


J'ai présenté M. VERGNOLE au personnel et aux détenus comme votre bras droit , ce qui lui a permis de trancher quelques questions de détail avec l'autorité que vous lui connaissez. Il serait souhaitable que de telles visites se répètent périodiquement, tant pour le personnel que pour les détenus. Ils ont ainsi l'impression d'être suivis de près.
M. VERGNOLE a du vous dire que son séjour a été fertile en évènements . Le clou a été le naufrage et le sauvetage mouvementé . A ce propos j'aurais aimé que l'équipe de sauvetage reçoivent quelques mots de félicitations .......
J'ai été surpris par l’insuffisance de crédits  que vous m'avez alloué pour le troisième trimestre alors que jamais le nombre des détenus  n'a été aussi élevé à Nosy-Lava et qu'en plus je viens de prendre en compte la prison d'Analalava . sur ces crédits je dois payer la viande, les haricots les saonja (*)et autres compléments, et , surtout, le poisson et le sel pour faire du poisson sec.
J'en envoie de tous les cotés ( Je viens d'en expédier 250 kg à Majunga et j'ai reçu une commande de Diégo et une autre de Nossi-Bé).
Ce poisson je dois le payer cash aux pêcheurs et je ne reçois rien en compensation; En outre n'ayant plus de savon, je dois l'acheter en petites quantités.
Paddy
riz non décortiqué
sur timbre du Cambodge.
 Le paddy que j'ai reçu sera bien vite épuisé d'autant plus que j'en ai laissé trois tonnes pour la prison d'Analalava . quand pensez-vous m'en faire parvenir de nouveau ?
Coprah sur timbre des Nouvelles Hébrides.
En ce qui concerne la Marseillaise, je n'ai qu'à me louer de l'attitude du gérant actuel M. BARON . Le personnel est vraiment satisfait de trouver à la boutique toutes les marchandises courantes. Cela leur évite d'aller traîner à Analalava  et de faire des traversées épouvantables en cette mauvaise saison.
Le commandant GRIVEAUD m'a avisé par télégramme que la vedette Tsitaitra  passerait devant la commission de recettes aujourd'hui  te que les travaux de transformation prendraient quatre ou cinq jours. j'espère que rien ne viendra empêcher l'achat et que nous la recevrons sans tarder, car la nôtre est de plus en plus fatiguée.
j'ai entendu à la radio qu'une campagne serait menée en faveur du coprah. Est-ce que vous m'encouragez à livrer ce produit ou dois-je continuer à en distribuer aux détenus  pour économiser les matières grasses, comme vous m'en avez donné instructions ?




(Fin page 60)


(*) saonjo : tubercules comestibles, taro


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