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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 1/11 Régions de l'administration pénitentiaire.


1959
Début

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Ainsi le 3 mars 1959, j'étais officiellement nommé Chef du service de l'Administration pénitentiaire et, non, Directeur comme tout le personnel me qualifia.
Je reçus des félicitations de très nombreux amis et notamment de M. Jacques FOCCART en service à la Présidence de la république auprès du général de GAULLE , de M. Roger FREY qui devint Ministre de l'Intérieur, de M. Pierre BAS, député , ....
Présidence de la transition en 2012

Mais où était donc l'Administration pénitentiaire ?

Elle n'existait pas, Madagascar étant jusqu'alors territoire de la République Française,
il n'y avait pas de Ministère de la Justice avant la nomination de Maître FOURNIER
et les prisons, réparties sur tout le territoire (elles étaient au nombre de 89) ,
dépendaient uniquement des services de police qui en assuraient le gardiennage et la gestion.



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Carte établie en 1960
situant les :
* maisons de force et centrale
* maisons d'arrêt
* maisons de sûreté
Superficie équivalente à celle de la France métropolitaine et de la Belgique.
Timbres

Plan interactif Google Maps


Agrandir le plan
Armoiries

Il me fallait tout organiser : les locaux, le personnel, les attributions , les ravitaillements , etc. ..., mais j'étais également obligé de partir en congé de fin de séjour, quitte à demander mon retour par anticipation.
Et il y avait également les pressions de toutes sortes de la part de certains qui voyaient  dans ce nouveau service une sinécure de choix.

Dès le 3 avril je recevais une lettre de madame ANDRIAMANANA qui sollicitait pour son mari une place en qualité d'adjoint, mais ses désirs de salaire étaient trop élevés pour le modeste budget dont je disposais.

Pour l'installation de mon service je louais un appartement de quatre grandes pièces Avenue de la Libération.


Une dizaine d'adjoints et de secrétaires malgaches me furent affectés et me furent très dévoués.

Je divisais alors le territoire en six régions :
Tananarive
Tamatave,
Tuléar,
Fianarantsoa
Fort-dauphin,
et Diégo-Suarez
à la tête desquelles je nommai six inspecteurs de l'administration pénitentiaire qui furent tout d'abord les six gardiens-chefs de service en ces villes à ce moment là :

mais il me fallait également deux gardiens-chefs musclés  pour les maisons de force de Nosy-Lava et Nossi-Bé où étaient les détenus condamnés à  plus de cinq ans de travaux forcés.

Pour le poste de Nosy-Lava je demandais à un ami de longue date habitant les environs de Tananarive : M. LUCAIN de bien vouloir exercer les fonctions de gardien-chef et à son épouse qui en avait les qualités , d'assurer la scolarité des enfants des gardiens, car cette île située dans le canal du Mozambique, au large d'Antalava n'était peuplée que de quelques familles malgaches  disséminées et sans aucune organisation administrative.
Seule la maison de force représentait une entité.
M. et Madame LUCAIN acceptèrent bien volontiers cette tâche et je dois dire d'ores et déjà qu'ils m'apportèrent un concours précieux fait de dévouement et d'amitié.

(prison,bagne, fermé en 2000 ; ajouté par mes soins)


Nossi-Bé



A Nossi-Bé, cette autre île située au nord-ouest du territoire la situation était différente car cette belle île, très touristique avait une population très complexe et était sans histoire  vis à vis de la maison de force sise en plein coeur de la ville .
Je demandai à un ancien sous officier de la coloniale, M. AUDRAIN, d'accepter de devenir le directeur de cette prison , ce qu'il fit bien volontiers.
Lui aussi m'apporta une aide précieuse  et pendant toute la durée de mon commandement je n'eus qu'à me louer de son service;

Il s'agissait là des nominations les plus urgentes car les services de police étaient impatients de se libérer de la charge des prisons.
La répartition des établissements pénitentiaires fut approuvée selon l'organigramme ci après :


Organisation de l'administration pénitentiaire malgache en 1959




Le 22 mai, la famille LUCAIN m'écrivait d'Analalava pour me faire connaître qu'ils avaient pris contact avec  le juge  et les gendarmes et que tout s'était bien passé, mais ils réclamaient les crédits nécessaires car ils avaient été obligés d'acheter  la viande de la maison de force sans aucun subside.
Ils rejoignirent Nosy-Lava  et le 28 mai je recevais deux lettres.
L'une de madame LUCAIN qui me faisait part de ses difficultés et dont voici la teneur :

Nous avons été très surpris que vous me demandiez de me faire intégrer dans le cadre des institutrices auxiliaires.
Vous savez bien que j'ai quitté l'enseignement parce que je n'en pouvais plus  et d'ailleurs je n'ai jamais exercé comme auxiliaire à Madagascar, le salaire étant dérisoire (23.000 je crois) .
J'ai fait des suppléances dans le secondaire officiel et j'ai donné des cours dans les établissements privés secondaires.
Autre ennui , une fois classée comme institutrice officielle , on me déplacerait sans me demander mon avis. 
Si j'avais voulu faire carrière dans l'enseignement, j'y serait tout simplement restée car j'ai commencé à 20 ans.Mais je n'avais pas vraiment la vocation.
Avant d'entrer au haut-commissariat avec vous, j'avais vu M. CARLE et il a admis qu'à mon âge il ne serait pas intéressant de reprendre du service.
D'ailleurs il n'a jamais été prévu que je quitte le Ministère de la Justice.M. FOURNIER, le lundi 4 mai où nous avons déjeuné chez lui, m'a encore dit qu'ici il y aurait un instituteur malgache, que je l'aiderais en donnant des cours d'histoire et de géographie  aux plus grands, et que je surveillerais surtout les enfants au point de vue hygiène.
Pour le moment il n'y a pas de "grands" ici.
Ils sont à Analalava  ( jusqu'au cours complémentaire)  et à Tananarive ou Tamatave dans les collèges. 
Il n'y a pas d'urgence à rendre officiel l'enseignement puisqu'il n'y a pas de local idoine.
En outre à cause de l'épidémie de coqueluche, pas question que je réunisse les enfants.
Pas une famille n'y a échappé. J'ai reçu hier le sirop c'est un peu tard.
J'ai fait faire un tableau ( Je viens de voir qu'on annonce l'ardoisine ) parce que j'ai l'intention de faire une garderie où j’occuperais successivement les élèves de chaque classe avec l'aide d'un prisonnier instituteur.
Il me faut les livres que j'ai demandé et un dictionnaire Larousse.
Mais  jusqu'à la fin de l'année scolaire, si proche, cet enseignement peut s"effectuer sans aucun caractère officiel ; ce serait plut^t un cours de vacances.
Il n'y aura du reste rien de stable, vu l'intense mouvement de personnel qui va avoir lieu.la moitié des agents s'en va et sera remplacé par des nouveaux et leur famille.par la suite quand les classes seront réellement constituées avec des instituteurs malgaches, il restera toujours les "moins de six ans"  et la garderie deviendrait la garderie officielle du pénitencier, sorte de jardin d'enfants. 
C'est pour une bonne part en raison des promesses que nous avons faites à ce sujet que des agents qui voulaient partir sont revenus sur leur décision.
Je vous rappelle que madame GESLIN a déjà fait une demande.
Par ailleurs une dizaine de prisonniers désirent s"instruire, entre autres deux de nos domestiques.
Je leur ai promis de m’occuper d'eux dès que vous m'aurez envoyé les livres.
Ceci entre dans mes attributions d’auxiliaire sociale de la prison, le moral des hommes s'en trouverait mieux.
Voilà pour l'enseignement........


Je pus donner satisfaction en partie à la demande de madame LUCAIN grâce au budget dont je disposais et malgré quelques aléas dans les années qui suivirent je ne pus que me louer de l'enseignement et de la bonne tenue qui fut inculquée aux enfants de Nosy-Lava.


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1959 5/11 Ampomotro, Nosy-lava,Antsahabé


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J'ai licencié M. GLINZ, gardien chef du camp d' Ankijabé, sur un rapport de monsieur l'administrateur en chef, chef du district d'Ambato-Boéni, d'une part, et, d'autre part celui du gendarme COURTAUD.
Voici un passage édifiant de ce dernier :
"
... Le 22 juin 1959, dans la soirée les époux GLINZ ont reçu des détenus du camp dans leur habitation  et ont consommé du vin .... Au cours de cette beuverie madame GLINZ a dansé avec les prisonniers ainsi que son fils âgé de quinze ans . M. BERATA chef du district écrit notamment : sa femme ( madame GLINZ) serait la cousine de l'ex député communiste de la réunion M. VERGES .
J'ai nommé à sa place un malgache le sergent RAZAFINDRAKOTO Jérôme , qui n'est pas parfait mais dont j'avais apprécié les qualités de commandement lors de son passage à Majunga  pour participer aux honneurs rendus au général de GAULLE .
Evidemment il est lettré en français.
Le camp d'Ampomotro ( district d'Antsohihy) me donne satisfaction grâce au jeune et énergique gardien-chef MIHA Pascal ( MIRA ?) .
 En accord avec le chef de province M. ALEXANDRE , dont maintenant le titre officiel est : directeur des services provinciaux , je vais licencier le nommé DALLEAU, gardien-chef du camp d'Antsahabé ( district d'Antsohihy)  qui, a peur des prisonniers.
 Il refuse de les punir, et, parait-il, boit lui aussi, mais c'est moins flagrant que pour GLINZ.
Maison de force de
Hell ville
Nossi-Bé.
Cliquez droit sur la carte postale
pour l'agrandir
dans une nouvelle fenêtre.
Un premier transfert de seize détenus de Nossi-bé sur Nosy-lava se fera sur le Djema le 19 juillet.
Une dizaine de jours après trente prisonniers de Nosy-lava seront transférés à Nossi-bé.
Chaque semaine j'adresse un rapport à M. LALLEMAND mais depuis votre départ je n'ai pas eu de lui  soit une lettre, soit une communication téléphonique.
J'ai l'impression de parler devant un mur et c'est très désagréable.
......




Le 16 Juillet un mot de M. JUPPEAU me confirmait certaines difficultés et une lettre de M. WILLMANN m'informait de toutes les démarches qui avaient été entreprises pour mon retour qui semblait impatiemment attendu.
Le 22 juillet M. JUPPEAU m'écrivait de Nosy-Lava où il était en mission pour me faire part des difficultés rencontrées et du projet d'installation d'un ferme, là encore pour l'amélioration de la nourriture des détenus et du personnel de surveillance.
Le lendemain une lettre  de madame LUCAIN apportait quelques potins de l'île :
Voici ces lettres :
......

Me voici à Nosy-Lava cette petite île merveilleuse depuis hier.
Déjà ce matin , avec M. LUCAIN ,nous avons inspecté les lieux de l'emplacement futur de la ferme; Je pense au premier abord que nous pouvons faire quelque chose de bien.
Évidemment l'exécution du programme demandera une certaine attention qui semble difficile à l'heure présente.
En effet l'entente ne semble pas régner avec le mécanicien  et surtout en votre absence, la sûreté continue à donner des ordres de départ pour les meilleurs agents  et M. LUCAIN est très ennuyé car ses effectifs sont faibles ( un pour vingt)  et ce sont les plus mauvais qui restent.
Toutefois il semble décidé à résister maintenant à tout ordre ne provenant pas du ministère de la justice et il faut que de coté il soit appuyé fortement.


(fin de la page 13)


.........


Chère madame PLANCHON,
Nous avons en ce moment chez nous M. JUPPEAU qui nous a donné de vos nouvelles.
Il parcourt toute l'île avec mon mari pour ses projets de culture.
 Ils ont hâte que M. PLANCHON revienne car depuis son départ rien n'avance.
Si notre voisin le mécanicien est un ours mal léché, sa femme et ses filles se montrent assez sociables.
......
Notre père ARSENE s'en va à Nossi-Bé. 
C'est dommage nous l'aimions bien.
Espérons que le suivant sera aussi gentil que lui.


.......


Le 27 juillet M. AUDRAIN  gardien chef de la prison de force de Nossi-Bé , m’écrivait en ces termes :

......

Riz à Madagascar
Afin d'essayer de réaliser des économies j'ai demandé et obtenu de la Direction l'autorisation de faire confectionner un grand filet et deux pirogues . Dans un mois environ ce sera chose faite.
 J'espère qu'ainsi je n'aurai plus à acheter de poissons. Je voudrai m'occuper ensuite de la culture du riz .
 Qu'en pensez-vous ?
J'ai repris le jardin potager qui avait été abandonné.
La fourniture des jardins me permet de vendre de temps à autre des légumes aux commerçants .
Bien entendu j'irai préalablement en parler à Monsieur l'administrateur en chef qui a déjà approuvé ma décision.
J'ai fait placarder une note dont j'ai envoyé une copie à Tananarive  à titre de compte-rendu.
Les particuliers qui emploient les détenus les payant désormais à compter du 16 juillet.
 Ce nouvel état de choses a été accueilli, sinon avec le sourire, du moins sans heurt, c'est l'essentiel, n'est-ce pas ?
.......


Le 27 août M. WILLMANN m'adresse une lettre assez pessimiste sur mon retour et sur la situation de mon administration ( voir ci-après), mais les craintes d'un bâton dans les roues sont assez vite aplanies ainsi que me le confirme le 10 août un ami du cabinet du ministre en France, M. Jacques BREVILLE et la lettre du même jour de M. WILLIAM et une autre du 11 août.









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1959 6/11 Retour à Madagascar, après un congé en métropole.

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.......


Votre lettre de ce jour m'inquiète au sujet de votre retour . s'il faut deux mois avant de  passer à la visite , j'ai peur que vous ne puissiez embarquer à la date prévue.Cette nouvelle nous a jetés tous dans la consternation. M. FOURNIER demeure invisible. J'ai vu M. LALLEMAND qui m'a déclaré de ne pas m'en faire : qu'on s’occupe de vous.Tout ça c'est très bien mais je n'ai aucune preuve. M. JUPPEAU
aura une audience ce soir avec le ministre, il va tirer l'affaire au clair
.....
TSIRANANA


P.S. 
ATTENTION : M. JUPPEAU vient de me dire qu'il a vu M. FOURNIER  à votre sujet. Votre dossier est bloqué chez M. TSIRANANA : un salopard vous a tiré dans les jambes au G.G..
M. FOURNIER  doit voir M. TSIRANANA aujourd'hui 8 août  et essayer de faire le nécessaire. De mon coté  je contacterai le ministre de l'intérieur M. RESAMPA qui se chargera  j'en suis certain de la question; Vous voyez que mon intuition était bonne . J'avais bien compris qu'on allait manœuvrer contre vous. Ne perdez pas de temps à paris faites le maximum si vous avez des atouts : vous risqueriez de ne plus revenir;
.......
Du courage chef nous ne vous laisserons pas tomber
.......




(fin page 14)
Comme je vous ai annoncé hier soir j'ai eu une entrevue avec M. HOAREAU chef du personnel du ministre de l'intérieur. C'est un ami et un compatriote.Il n'y a rien de très grave dans votre cas.Il s'est chargé de tout arranger avec MM. RIDEL et RESAMPA. Vous aurez sans doute un retard mais vous reviendrez.
.....
je vous tiendrai au courant des suites de mes démarches.
......


Mes lettres se suivent peut-être de trop mais je tiens tellement à vous rassurer.Ce matin j'ai revu avec M. HOAREAU qui s’occupe sérieusement de vous aussi.Il a vu M. GUILLON à la S.A.F.E. . Votre dossier a quitté son service le 26 juin dernier avec avis favorable. Il se trouve à la Résidence.
Le retard vient de là.De retour au bureau, j'ai vu M. FOURNIER qui m'a déclaré qu'il avait retrouvé votre dossier, qu'il se charge d'en parler à M. TSIRANANA et que le nécessaire sera fait aussitôt après.Je vous tiendrai au courant des suites.Remontez votre moral, nous sommes là à toutes échéance.
.....


Mon retour se précise donc et il semble qu'une grande partie du personnel est heureuse de cette perspective, notamment l'inspecteur MATHEI de Majunga dans sa lettre du 15 août. mais le 17 août il y a de nouveaux orages à l'horizon.Des lettres alarmistes me parviennent de M. WILLIAM, AUDRAIN et LUCAIN.


......
 (M. MATHEI)


Il doit repartir ( M. FOURNIER) lundi de Majunga et m'a fixé rendez-vous au bureau. J'ai quelques pièces à lui monter  et je vais lui faire part de mes doléances.Je suis de plus en plus pris en effet entre le marteau et l'enclume et je n'aime pas ça du tout .N'ayant pas la signature, je ne peux prendre , réellement, mes responsabilités ( étant continuellement censuré par l'inspecteur MARIANI) et cependant il semble que Tananarive me tienne pour responsable.Alors ! cette situation est d'autant plus paradoxale que monsieur le ministre FOURNIER , auquel je m'étais ouvert succinctement de mes difficultés, m'a dit, en substance " non, non le service pénitentiaire est rattaché à la Justice". Je le savais bien mais c'est sur le papier.En fait, à Majunga, c'est un service hybride et j'en reçois la secousse étant tiré à "hue et à dia".


.....
(M. WILLIAM)


Je me demande sincèrement quel crime vous avez pu commettre contre ces gens qui vous ont couché sur la liste noire des fonctionnaires indésirables à Madagascar.Enfin pour ma part je ne me considère pas battu et ferait tout mon possible pour intervenir là où il faut.Du courage, patron, devrais-je essuyer des représailles que je ne vous abandonnerai point.




......

 (M. MATHEI)
J'ai vu il y a environ une heure, M. le ministre FOURNIER et c'est ce qui m'incite à vous écrire à nouveau . en parlant de choses et autres il m'a dit en substance " ... c'est comme pour la nomination officielle de M. PLANCHON, il y a d'autres candidats. Évidemment j'appuie  monsieur PLANCHON auprès de Monsieur le Président TSIRANANA, mais ....".
vous devez comprendre combien je suis tourmenté par cette phrase. Peut-être penserez vous que je me mêle de choses qui ne sont pas de mon ressort et, d'une façon absolue vous aurez raison, mais je suis certain que vous admettez ma réaction, qui me fait vous envoyer cette lettre.


....
(madame LUCAIN)

Nous venons d'apprendre par M. JUPPEAU que ça ne va pas tout seul pour vous.Je ne comprends d'ailleurs pas très bien, car j'ai vu votre décision quand vous êtes passé à la Justice. Je suppose que les absents ont toujours tort mais nous espérons que monsieur FOURNIER va réussir à arranger les choses.
Il n'est pas encore venu nous voir. Il a passé le 15 août à Majunga. Je commence à me demander si il viendra nous voir.Nous aurions pourtant besoin d'une aide efficace.On ne nous donne guère les moyens d'agir.


(Fin page 15)


Seul, M. JUPPEAU se démène pour nous dans sa sphère. Il a du vous tenir au courant lui-même......
pouvez vous nous dire ce qui se passe car notre ami JUPPEAU nous amis la puce à l'oreille. Si je puis vous aider en quoique ce soit n'hésitez pas à faire appel à moi.


*********
Enfin tout s'arrange !
Le 36 août je reçois un télégramme de M. WILMANN me disant :
" Plus de difficultés voyez d'urgence délégation Madagascar paris 16ème. Demandez retour anticipé"
Puis je reçois une lettre de mon ami JUPPEAU datée du 25 me confirmant que tout était réglé et une deuxième lettre datée du 26 confirmant le télégramme de M. WILMANN. Ce dernier m'envoie également le même jour une lettre détaillant les péripéties de la solution.
La réorganisation continue sa progression.
Fort - Dauphin
Le 26 août M. André DOYEN, du même cadre que moi,  m'informe qu'il a été nommé chef du district de FORT-DAUPHIN et qu'il a recruté en qualité de gardien-chef de la maison d'arrêt de cette ville M. STEFANI, ancien prisonnier de guerre et possédant de nombreux diplômes.
Voici sa lettre :

Je vous apprends que j'étais adjoint au chef du district de Fort-Dauphin et directeur de la prison.
Depuis le 18 août j'ai été nommé  chef de district de Fort-dauphin et, comme je n'ai pas d'adjoint, je suis tenu de garder la direction de la prison.
J'ai recruté le 15 février, comme gardien-chef,  monsieur STEFANI Jean-Pierre, marié, père de 4 enfants, âgé de 43 ans, ayant effectué 6 ans de service militaire, ancien prisonnier, évadé d'Allemagne, titulaire de la carte du combattant; il perçoit royalement 23.052 francs.
cet agent a effectué des études secondaires dans les lycées de France et est capacitaire en droit de l'université de Paris.
Tuléar
 Je viens de le proposer pour la titularisation à la province de Tuléar pour dater du 16 août 1959 puisqu'il vient de terminer son stage de six mois. C'est un élément très brillant et je ne pense pas qu'il puisse exister à Madagascar un gardien-chef capacitaire en droit.
.....


Le 7 septembre c'est M. MATHEI qui m'écrit de Majunga pour me faire part de ses difficultés. Je reçois également une lettre de Nosy-lava m'indiquant la ration des détenus reportée à la page suivante.


Voici un extrait de la lettre de M. MATHEI :

Le service de sécurité et de police de Majunga vient de faire la répartition des effets d'habillement et des couvertures sans me prévenir ni me consulter.Le l'ai appris par hasard. Or j'ai l'état des stocks des maisons d'arrêt et camps pénaux de la province  qu'ils n'ont pas.
Résultat : Befandriana- Nord n'a bénéficié d'aucun envoi et a besoin de 150 couvertures, 60 complet en toile, 120 complet en drap et 100 bonnets.




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1959 8/11 Fin des congés en métropole; béribéri

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Le 20 septembre 1959
retour à Tananarive en fin de congés en métropole.
Fin des intrigues


Ajouté par mes soins


Et le 12 septembre JUPPEAU et WILLMANN m'écrivent pour me faire connaitre toute leur joie et celle du personnel à l'annonce de mon retour.


..... (WILLMANN)

Enfin la nouvelle tant attendue est arrivée. 
Vous serez parmi nous dans huit jours, la joie est immense au bureau. Chacun se sent revivre . Si votre avion arrivait un jour de congé tout le personnel aurait été au terrain. Malheureusement nous ne pourrons pas tous abandonner le service en même temps . Quant à moi tant pis pour qui mal y pense, rien ne me retiendra. Je viendrai avec l'ami JUPPEAU qui est de retour de Nosy-Lava . quand j'ai annoncé votre arrivée au bureau, le personnel a sauté de joie : on aurait dit de grands enfants attendant leur père qu'ils croyaient ne plus revoir. Enfin vous jugerez vous-même ce que j'avance , nous avons gagné la bataille.




..... ( JUPPEAU)


M. WILLMANN m'a donné hier soir connaissance de votre lettre.Entendu nous vous attendrons au terrain. Je suis heureux de ce dénouement  mais l'alerte a été chaude.Je suis toujours logé dans votre case, mais en principe je dois déménager le 17, date où les bâtiments civils devront avoir terminé les réparations.
.......


************************
Quartier de Tananarive

Me voici donc de retour à Tananarive pour reprendre mon poste.


Et c'est le coup de la province de Tuléar de tomber sous le coup de ma réorganisation.
Le 24 septembre le gardien-chef CADY , que je nommerai plus tard 
inspecteur provincial, m'envoie la lettre suivant où quelques anomalies graves sont mentionnées :

......

J'ai appris avec un réel plaisir par l'ami RAPHAEL votre tout récent retour à Madagascar ....
Pour faire face aux nombreuses questions en suspens vous ne devez pas manquer de pain sur la planche.
Quartiers de Tananarive :
Andravoahangy
et
Anjanahary
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans l'A.F.P. du 15, la note remise dernièrement aux députés par le ministre de la justice et relative à la réforme projetée de l'administration pénitentiaire. C'est bien ce que vous m'aviez exposé  lors de mon passage à Tananarive en mai dernier.
Nul plus que me  ne souhaite voir aboutir rapidement cette réforme si nécessaire et je pense que votre retour y contribuera efficacement.réellement cette réforme s'impose et je crois qu'il y a intérêt à ce qu'elle voit le jour au plus vite.
Dans la province de Tuléar ( pénitentiairement parlant)  la pagaye complète, erreurs et abus dans l'emploi de la main d'oeuvre pénale continuent comme par le passé.
L'autorité provinciale qui décide de ces questions , se montre réfractaire, sinon hostile, à toute réorganisation d'un système qui a tant profité à certains jusqu'à présent et qui viendrait chambarder les habitudes "du bon vieux temps" .
(Cette autorité, un "en-chef" bien entendu, vient d'être avisé que Madagascar se passera dorénavant de ses services).
En dépit de mes suggestions, cette personnalité n'a jamais voulu organiser un contrôle  et une coordination des prisons dans la province.
Pourtant la situation dans les prisons  de districts est lamentable  depuis que les fonctions de gardien-chef ne sont plus assurées par les gendarmes.
On sent un flottement général;
Les nouveaux gardiens-chef ne connaissent pas l'A.B.C.  de leur métier et semblent ignorer avec la plus grande désinvolture l’arrêté du 12 avril 1954 qui nous régit encore actuellement. les dossiers ne sont pas, ou mal constitués et il est fréquent de voir arriver à Tuléar des détenus  transférés d'une prison en brousse sans qu'aucune pièce les accompagne; on se content de les remettre à un garde d'escorte.
La corruption règne et c'est ainsi que dans certaines prisons ne sont admis à sortir au travail ( et quel travail) à l'extérieur que ceux des détenus pouvant payer une dîme  au gardien-chef et on assiste à cette situation paradoxale que ce sont les prévenus ( dont la famille peut les alimenter en espèces)  qui sortent en corvées extérieures alors que les condamnés, dont les ressources pécuniaires se sont taries à la longue, qui gardent la prison.
......


Le temps prescrit et j'ai demandé au ministre de la justice de nommer inspecteur de la province de Tananarive un de mes camarades de l'administration générale d'outre-mer, monsieur VERGNOLE  .
Il me seconda efficacement pendant toute la durée de mes fonctions.Installé dans la capitale auprès de moi, nous n'avons jamais échangé de correspondance personnelle car tout se règle de vive voix et administrativement.Son action fut très efficace pour régler des problèmes locaux dont j'aurai l'occasion de reparler.
La maison d'arrêt de Tananarive était difficile à gérer.Il y avait le quartier des hommes et celui des femmes.
Des détenus politiques avaient des relations directes avec la population  et quelques fois même par l'intermédiaire des gardiens.Ils entretenaient un règne de soulèvement permanent.
Les provinces de Fianarantsoa, Tamatave et Diégo ne posaient pas de problèmes particuliers. J'étais assuré d'un soutien loyal des chefs de district et petit à petit je devais assurer la relève du personnel de la police par du personnel de l'administration pénitentiaire.
Riz et béribéri
De la maison de force de Nossi-Bé le gardien chef m'adressa le 22 septembre une lettre assez inquiétante concernant une légère rébellion des détenus qui protestent contre les restrictions de riz consécutive à une épidémie de béri-béri .
Dans la lettre ci-après il expose les mesures prises et cette mauvaise humeur n'aura pas d'autre suite :


.......

Il est porté à ma connaissance qu'une lettre aurait été adressée à monsieur le président de la république pour protester contre le régime alimentaire qui serait, parait-il insuffisant à la maison de force.
 Voici je pense, les raisons qui ont motivé l'envoi de cette lettre, si lettre il y a eut :


Le 11 septembre 1959 monsieur le médecin inspecteur CAILLE  est venu me signaler que plusieurs malades étaient atteints de béri-béri .
 Il m'a demandé de supprimer le riz pour ceux-ci et de diminuer de moitié pour tous les autres détenus.
 Pensant que cette mesure serait défavorablement accueillie par les détenus en général, j'ai demandé au docteur  de leur parler et de me remettre en écrit ses prescriptions, ce qu'il a fait sans difficulté.


Les 12 et 14 septembre j'ai diminué de moitié la ration de riz.
pour simplifier les distributions et faciliter la comptabilité j'avais décidé qu'à partir du 16  la ration normale de riz serait  distribuée un jour sur deux.
Fruits dont papayes ....
Bien entendu la suppression de riz devait être compensée par la distribution d'autres denrées ( manioc, légumes verts, fruits).
Le mercredi 16 les détenus ont refusé le repas du soir.
 J'ai du les rassembler dans la cour pour leur expliquer à nouveau les raisons de ce changement de régime momentané  prescrit par le docteur et dans leur intérêt.
Ils m'ont dit qu'ils voulaient du riz et non des légumes européens ( carottes, navets, poireaux ) que je leur proposais.
j'ai informé de cette situation monsieur le médecin inspecteur qui m'a demandé de donner du riz chaque jour aux détenus non béribériques  mais de baisser leur ration à 400 grammes et d'y ajouter en compensation manioc et légumes verts de façon à éviter les inconvénients nutritionnels de la nourriture rizée exclusive, c'est à dire l'apparition de nouveaux cas de béri-béri.
pour les malades il m'a demandé que le riz soit considéré comme un véritable poison et leur a expliqué à chacune de ses visites.
Si une lettre a réellement été envoyée à monsieur le président de la République elle a été vraisemblablement  inspirée par un meneur que je m'efforce de découvrir.
De nombreux détenus m'ont dit qu'ils appréciaient la distribution de fruits et de cresson.
 L'instigateur de la lettre pourrait être un agent de police car le magasinier ( agent TONGALEVA ) me tient souvent ce langage quand chaque matin , j'assiste au pesage des denrées : "Les agents aussi aiment le manioc , le cresson et les fruits.
Avant nous avions du manioc et les détenus n'avaient jamais ni cresson  ni fruits, c'était pour nous". 


J' accueillerai avec plaisir la mutation de l'agent magasinier TONGALEVA si vous croyez devoir l'envisager.
 .....


Ce désir fut exaucé.
....

A Nosy-Lava dans sa lettre du 24 septembre, madame LUCAIN semble assez déprimée et surtout se plaint des gens d' Ananalava qui sont indifférents et leurs plus proches voisins sur la côte ouest de la grande terre. Mais avec son mari ils ont le moral malgré tout et demandent que le ravitaillement en légumes frais soit amélioré.


Le 28 septembre, monsieur AUDRAIN ne me parle plus du mécontentement des détenus  et le même jour monsieur MATHEI semble être un peu plus confiant dans l'avenir de Majunga.


.......


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....
J'ai l'honneur de vous communiquer quelques renseignements complémentaires relatifs au comportement social du planteur au sujet duquel je vous ai écrit ce matin.
Après vous avoir écrit j'ai fouillé dans les archives.
J'y découvert des lettres et rapports mettant en relief quelques unes des actions qu'il a commises alors qu'il assurait les fonctions de gardien-chef à Nossi-Bé.
 Si vous désirez compulser ces pièces vous constaterez que certaines lettres anonymes sont d'une écriture ressemblant à la sienne.
Rien de surprenant quand on connait tant soit peu cet individu sans moralité.
Ce n'est pas beau.
Il ne mérite aucun intérêt;


.... Nossi-Bé le 17 janvier 


...
Du gardien RA_DAVIDSON .....


 Comme ma demande a été refusée par le Directeur de la maison de Force car les pièces dont il est question n'ont pas passé par son intermédiaire, je me vois dans l'obligation de m'adresser directement à vous ....








Nossi-Bé le 24 janvier 1961


J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Ce matin vers 10 heures un planton est venu à mon bureau et m'a dit : 
" Faites attention car Henri de LASTELLE a parlé contre vous hier matin au Ministre ..."  ....
c'est vraisemblable car hier lundi 23 janvier j'ai été appelé au bureau du Chef de District à 15 heures.
J'ai été prié d'attendre monsieur ARIDY.
Quand il est arrivé j'ai vu tout de suite à son regard qu'il était prévenu contre moi.
Lui, habituellement souriant, m'a dit d'un ton sec qu'il était anormal de voir à Nossi-Bé, région touristique, des détenus (pouvant être un danger pour la population) travaillant à peu près librement.
C'est évidemment vrai.
Cette situation dure depuis de nombreuses années et la population en général ne s'en plaint pas.
Il m'a demandé si il y avait des agents de police partout où il y avait des détenus puis est venu brusquement sur le sujet qui devais le préoccuper car je me rendais compte qu'il pensait à autre chose.
-Connaissez vous M. Henri de LASTELLE ?
-Oui Monsieur le Ministre.
-Q'est-ce que vous en pensez ?
-C'est un personnage peu recommandable dont tous mes prédécesseurs ont eu à se plaindre.
-Pourquoi ?
-C'est un éternel mécontent qui réclame toujours des détenus  alors que les autres planteurs ne se plaignent pas car si tous lui ressemblaient la vie ici serait intenable.
-Pourquoi réclame-t-il ainsi ?
-Il croit probablement qu'il a des droits supérieurs.Si je lui ai retiré quatre détenus , c'est parce que je me suis aperçu qu'il m'avait menti en me déclarant posséder 140 ou 150 hectares alors qu'il n'en possède que 96.D'ailleurs il a encore 7 détenus au lieu de 5; Avant mon arrivée il en avait seulement 2.
-Bon, bon, alors ça va comme ça, mais depuis quand êtes vous là ?
'depuis plus de 18 mois Monsieur le Ministre.
Il s'est levé en me tenant le langage suivant : 
" Vous dépendez du Ministre de la justice mais j'ai tout de même mon mot à dire;
-Que voulez vous dire Monsieur le Ministre ?
-Travaillez bien ,travaillez bien !"
Et voilà.
il m'est impossible de continuer à travailler dans de telles conditions. Qu'on s'intéresse aux honnêtes gens me paraît juste mais si on s'intéresse à des demi-fous, où va-t-on ?
Mon successeur serait paraît-il , un nomme PHILIFAFRI ?
parmi vos nombreuses relations, peut-être vous sera-t-il possible de m'apprendre bientôt que vous avez un emploi de suite pour moi, de préférence sur les hauts plateaux ( ma femme est à plat 31,32 degrés dans notre logement) .




..




Monsieur AUDRAIN fut maintenu à Nossi-Bé.


(fin page 122)




Monsieur CADY a remplacé  monsieur MATHEI en qualité d'inspecteur de la région.


Ce dernier est maintenant mon représentant à Morondava .


Le 1er février il me fait part de son installation et attend la visite du président TSIRANANA.


Le 7 février il m'adresse copie d'une lettre très dure qu'il envoie au gardien-chef et le 10 il m'expose ses démêlés avec son remplaçant :






... Morondava le 1er février 1961 :


Monsieur RAKOTOMALALA est arrivé hier, 31 janvier, mais par avion.
Morondava
 Monsieur AMBERT, directeur des finances, s'était opposé à la location de la jeep, cependant promise par le chef du garage provincial.
Femme Merina et route de Morondava


Coïncidence M. AMBERT est un ami du ménage CADY et du dernier bien (qui est si près du  premier mal) de madame CADY parait-il.
Quoiqu'il en soit j'attendais trois employés et je n'en n'ai qu'un.
Je me pers en conjecture sur la manière  dont les autres vont pouvoir rejoindre Morondava d'autant qu'il n'y aura certainement pas un empressement particulier de la part de Tuléar à faire exécuter vos décisions.
MOHAMED SOILILAY , agent au service pénitentiaire, doit arriver le 4 au matin, avec les bagages, à bord du Norvégien III.




































Épilogue 1961

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Au moment de notre départ,
aéroport d'Arivonimamo .
Maurice, Simone, Alain, Nicole
X......
..............


Le 12 septembre 1961

par avion T.A.I.(*) j'ai quitté Madagascar avec regret et larme à l' oeil pour rentrer en métropole avec ma famille qui avait eu de graves ennuis de santé.
J'avais passé deux années exaltantes me donnant corps et âme à ma fonction.
J'avais eu de grandes satisfactions tant du point de vue du personnel qui dans l'ensemble m'estimait beaucoup, que  de la part des détenus, qui, quelques têtes brûlées mises à part, la plupart du temps manœuvrées par la politique, ne me causèrent jamais de gros ennuis.
Le souvenir de cette période est pour moi mon soleil d'Austerlitz.
Tout ce qui précède est authentique et m'est  personnel.
Volontairement je n'ai pas divulgué les correspondances administratives auxquelles j'étais tenu : mais dans l'ensemble elles furent bonnes..
J'ai eu quelques difficultés de relations avec certains membres du cabinet du ministre ainsi qu'avec des ambitieux et des jaloux de mon poste qu'ils désiraient tenir;
Il y eut une période plus calme au début , lorsque Madagascar était sous le régime de la Communauté avec la France, mais après l'indépendance totale les ambitions se firent plus pressantes pour remplacer le "français" de ce poste par un malgache.
Je n'ai pas voulu évoquer un bien triste fait divers qui s'est déroulé à la maison de redressement des jeunes à Anjanamasina où, après une décision de plus grande liberté prise par le service judiciaire en faveur des délinquants et qui avait entraîné  le retrait de mes pouvoirs sur cette maison pour les remettre entre les mains de magistrats, pour le moins "mous" et partisans de la formule " Il faut laisser les jeunes délinquants en liberté surveillée pour qu'ils puissent s'épanouir".
Résultat : une nuit plusieurs morts et une femme, épouse d'un éducateur, très grièvement blessée à coups de couteaux.......

Mais passons ....
Je n'avais plus de responsabilités .....

Après mon départ je reçus de nombreuses lettres exprimant des regrets sur mon abandon.


Mon fidèle WILLMANN, monsieur DAVID gardien chef de Tananarive qui m'assurait de sa "gratitude éternelle", monsieur RANAIVOSON de Fianarantsoa, mon précieux collaborateur RAKOTO Raphaël qui, pendant plus de deux ans m'avait secondé efficacement et tout le personnel de sa direction et bien d'autres encore m'adressèrent des lettres touchantes et émouvantes sur mon lieu de congé.

Ces correspondances se poursuivirent très longtemps et notamment pour les voeux de la nouvelle année 1962 :
Le sénateur de Madagascar monsieur RAKOTONDRAINITSIMBA m'adressa une longue lettrele 11  janvier pour me dire notamment que le personnel du service pénitentiaire était mécontent de mon départ, mon remplaçant étant "arbitraire".

PUIS LE TEMPS S’ÉCOULA ....
"
Ainsi tout change, tout passe,
Ainsi nous même nous passons ....
"

Petit à petit je perdis le contact.
Qu'êtes vous devenus vous, tous mes précieux collaborateurs et amis, qui m'ont permis une grande réussite dans un moment suprême de ma vie ???? .....
Où êtes vous les MATHEI, LUCAIN, AUDRAIN, WILLMANN, RAKOTO, et combien d'autres ??? ....
J'ai su quelques années plus tard que mon fidèle inspecteur et ami VERGNOLE était décédé.

26 années se sont écoulées et je n'ai plus de contact qu'avec mon ancien Ministre Marcel FOURNIER et mon fidèle René JUPPEAU auquel je dois une grande reconnaissance.
Je leur ai demandé de bien vouloir lire tout ce qui précède.

Merci monsieur FOURNIER, merci monsieur JUPPEAU, merci à tous.

Ma reconnaissance sera présente jusque dans ma tombe.

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Maurice PLANCHON :

Simone DUCLOUX
à 89 ans.
Alain
en 2011.
Collection Alain Planchon 

  • 3.10.1948 -26.3.1956 : Fonctionnaire du cadre général de l'administration générale d'Outre-Mer, s'occupant du déplacement depuis et vers la France, des fonctionnaires affectés aux colonies françaises ( contrats transporteurs) .
Collection Alain Planchon

  • 1956-1959 Premier séjour à Madagascar.
  • Congés à Marennes.
  • 1959-1961 Deuxième séjour à Madagascar.
  • 1962 Congés à Aix en Provence.
  • 1963-1969 Affecté à Versailles, CATI  (centres administratifs et techniques interdépartementaux) ,résidence à Fontenay le Fleury.
  • 1969-1971 Affecté en Nouvelle Calédonie,Koné. (8 septembre 1969).
  • 1972 Installation  à Menetou-Salon,  Cher,France.
  • Agent général d'assurances . 
  • Correspondant local du journal "Berry Républicain " .
  • Décédé le 22.12.2000 à Bourges, hôpital ,  Cher,France.
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Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez là enfoncée,
faites tourner la molette de votre souris.
Certificat d'études primaires élémentaire
Certificat d’Étude.
Seul diplôme scolaire de mon père.

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CHEVALIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
Le 7 décembre 1971
Scellé du sceau de l'ordre sous le n° 4669 C71

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Galliéni


Avec M. Pierre MESSMER
( Cérémonie de remise du Mérite National, à Paris)




(*) T.A.I. : Transports Aériens Intercontinentaux.


Le premier engagement politique :



Le Rassemblement du peuple français (RPF) était un mouvement politique fondé par le général de Gaulle le 14 avril 1947 pour mettre en œuvre son programme politique exposé dans le discours de Bayeux.
 Durant sa courte existence (
1947-1955), le RPF fut le principal mouvement d'opposition à la IVe République (avec le PCF), voulant se situer au-delà du clivage droite/gauche.
Le RPF fut le seul mouvement de l'histoire du 
gaullismefondé et présidé par Charles de Gaulle et le seul mouvement à réunir tous les gaullistes.


Cérémonies :


Berry Républicain
24.8.88



10 avril 1994
Médaille PÉLICAN D'OR

La Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement et du bénévolat a presque un siècle d'existence.
 La première déclaration au J.O. date du 4 août 1910, créée sous le nom de Société Républicaine d'Encouragement du Dévouement.
A partir de 1935, le mot "Républicaine" fut enlevé.
De 1935 à 1937, elle fut simplement "Société d'Encouragement au Dévouement", sauf pendant 3 ans de 1972 à 1975, il fut rajouté l'adjectif de "Nationale".
 Puis, en 1980, elle devint "Fédération Française Européenne et Internationale Encouragement du Dévouement".
En 2002 et jusqu'en 2004 plus modestement elle est devenue "Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement par le bénévolat". 


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