Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 16/28 5704 cocotiers

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L'infirmier qui vit  toujours de mendicité ( comme Ravelonarivo et Fidélie) et cela depuis 5 mois, vient encore de mendier du riz et de la viande. Il coûte cher à la communauté et je me demande avce inquiétude si nous serons remboursés. S'il doit partir, comme je l'espère, je vous demande s'il me serait possible de me demander mon avis avant son départ et règle ses dettes . Cela éviterait à ses collègues d'avoir à subir les réclamations des créanciers des BOISNAHERY, RAZAFINDRAMAMBA et consorts.
La circulaire relative à l'option ouverte aux  fonctionnaires des cadres de  la République Malgache  pour leur intégration dans les cadres de la fonction publique territoriale Comorienne , me laisse un peu perplexe  car je ne suis pas très féru en jargon administratif.Je pense qu'elle ne s'adresse qu'aux titulaires , sinon cela serait catastrophique car vous n'ignorez pas que plus de la moitié des mon effectif est composé de comoriens.Ils  sont persuadés que cette mesure s'adresse à tous  et sont fortement tentés de retourner chez eux. Je ne tiens pas particulièrement à la main d'oeuvre comorienne mais il me faudrait d'ores et déjà songer à remplacer le patron de la vedette MAECHA, le radio et quelques bons agents dont le vaguemestre.


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je ne puis remplir les états que vous m'avez envoyés car pour cela il me faudrait peser tout notre cheptel et même les oeufs, les citrons, les poussins, les salades etc..... et de plus additionner les poids des légumes , des bêtes, ce qui donnerait un total pour le moins insolite .....


D'autre part je ne me vois pas en train de vendre les oeufs, les salades, les cocos au kilo .Comme je vous le dis par ailleurs la totalité des oeufs a servi à faire des couvées plus ou moins réussies.Ce n'est que maintenant que nous allons commencer la vente tout en continuant à faire des couvées. Je  voudrais comme je vous en ai déjà fait part  arriver à avoir au moins 500 poulets et canards.
Le nombre total des cocotiers s'élève à 5.704 dont 230 sont en plein rapport et 80 commencent à produire ;  Il y a donc à l'heure actuelle 5.394 pieds qui sont encore trop jeunes pour produire. s'il n’attrapent pas de maladies nous aurons une belle récolte dans quelque temps. Nous avons récolté 6.269 noix de coco. Nous en avons vendu 3.511 ; près de 2.000 ont été  consommées par les détenus  lorsque nous manquions de matière grasse , et suivant vos directives; Le reste m'a servi à acheter du sel et du poisson, lorsque j'étais complètement démuni de fonds.




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.... TULEAR le 3 septembre 1960




  La question des effectifs me tracasse , d'autant qu'elle est jointe à celle du recensement.La comptabilité est assez bien tenue , mais la trésorerie, bien que satisfaisante, n'est pas aussi brillante qu'on voulait bien me le faire croire.
J'entreprends la remise en état des bureaux qui, pour l'instant, tiennent plus d'un garage que de bureaux.




.......




Le  5 septembre c'est madame LUCAIN qui me demande des fournitures scolaires pour l'école de Nosy-Lava dans la lettre suivante :


....


Le service provincial de l'enseignement m'ayant dit que les fournitures scolaires de Nosy-Lava devaient être payées par les parents d'élèves ou le service pénitentiaire ( ils ne sont pas très fixés) je viens vous demander si  vous pourrez nous aider un peu pour cette rentrée . Si oui, envoyez moi un exemplaire de tous les bouquins du cours moyen : grammaire, lecture, arithmétique, histoire, géographie, sciences. Pour les fournitures courantes ;: cahiers, crayons, etc..... les élèves les paierons........Envoyez moi une boite d'ardoisine.J'en ai besoin pour mes tableaux.


(fin page 68)


Puis je reçus des réclamations du gardien chef RAMPIRISON d'Ananalava et du gardien RALAIKOTO de Nosy-Lava concernant des questions de logement et de salaire :






Ananalava le 6 septembre de M. RAMPIRISON .


Arrivé à mon poste d'affectation le16 août 1960 ( maison d'arrêt d'Anananlava) , j'ai respectueusement l'honneur de vous adresser la présente de bien vouloir vous signaler que depuis mon arrivée et jusqu'à maintenant je m'abrite chez un copain; Il est entendu avant mon départ de Tananarive  qu'un logement meublé appartenant à l'administration me sera affecté;
Je vous demanderai de me faire connaître si je peux prétendre louer des pièces en ville et à la charge du service pénitentiaire.








.........;


Noms , prénoms cités page suivante :

DALIA
MARIVIER Philippe
FOURNIER
RAKOTONDRASOA
FIDELIS
RAVELONARIVO









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1960 23/28 Anjango

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suite d'une lettre de M. LUCAIN


Lorsque j'ai demandé à RAMPIRISON si le détenu employé chez M. PRATI était le seul à rester à Analalava  pendant la nuit, il m'a répondu oui.
 Évidemment, il avait raison, mais il aurait pu me dire que quatre autre bénéficiaient du même avantage  à 2 ou 3 km du patelin ( dont deux au service du député BEHAVANANA ).
avant de prendre une décision définitive , je voulais attendre votre réponse, mais RAMPIRISON n'a pas eu cette patience et lorsque j'ai voulu lui dire de conserver le statu quo jusqu'à plus ample informé,il avait déjà donné ordre à tout son petit monde de rentrer faire dodo dans son établissement; lui au moins ne pêche pas par manque d'autorité. 
J'aime mieux cela en fin de compte.




(fin page 86)


Ce petit malentendu vient du fait que je n'ai pas pu avertir RAMPIRISON assez vite car la radio de la Gendarmerie est en panne depuis le 28 septembre, ce qui est terriblement gênant.


Le 10 octobre 1960


Le samedi 8 octobre, à 5h 30 du matin, l'inspecteur GOZIE le gardien-chef RAMPIRISON, l'agent BACO et moi-même, avons quitte Nosy-lava pour nous rendre au camp d'Anjango.
Nous n'avons pu rejoindre Nosy-Lava que le dimanche à 11 heures, après une nuit entière passée au milieu de la Loza., la pompe de circulation d'eau du moteur s'étant remplie  de sable et le refroidissement ne se faisant plus .
nous n'avons pas à regretter l'abandon de ce jardin pénal, ne serait-ce que du fait de son éloignement qui rend toute exploitation impossible pendant le mauvais temps.
 En période normale il faut compter une bonne journée pour effectuer le voyage aller et retour. par ailleurs, nous n'avons pas de personnel possédant les connaissances professionnelles et l’honnêteté nécessaires pour mener une entreprise où tout contrôle suivi est impossible.
a part quelques brèdes mafana et quelques choux gros comme le poing, ce jardin n'a rien produit depuis de longs mois; Les détenus vivaient bien tranquillement et ne se foulaient pas beaucoup.
L'un d'eux avait même fait venir sa femme et vivait en bon voisinage avec son gardien.
Avant d'arriver au camp pénal nous avons rencontré deux détenus  qui se promenaient dans un village; Ils étaient très correctement habillés en civils, c'est leur air ahuri, lorsqu'ils nous ont aperçu, que nous avons deviné a qui nous avions à faire.
Au camp tout le monde se reposait de ses fatigues, la vie de château, quoi ! Cela m'amène à croire que la lettre adressée à M; Le Juge ( et que je vous ai adressée) n'émane pas des détenus qui avaient toit intérêt à attendre bien tranquillement la classe plutôt que de remuer le caca. Je crois que c'est MAHIVY, le prédécesseur du gardien actuel qui en est l'auteur.Il regrette se prérogatives d'antan et espère sans doute que si son successeur était muté, il retrouverait son ancienne planque.
Avant de terminer il faut tout de même que je vous mette au courant de notre odyssée.
Partis le samedi matin de Nosy-lava comme je vous l'ai déjà dit , nous sommes arrivé à Anjango vers 9 heures, et au jardin pénal vers 10 h donc après une heure de marche. après avoir récupéré le matériel et 7 des 8 détenus , le dernier étant resté avec le gardien pour l'aider à ramener ses affaires. J'ai réuni les chefs de villages voisins qui m'ont dit que rien ne restais en suspens. Nous nous sommes quittés bons amis.






Il était environ 15h quand la marée a été assez haute pour que la vedette puisse repartir après avoir été échouée pendant plusieurs heures dans le sable vaseux de la Loza. C'est sans doute pour cette raison qu'au bout de quelques kilomètres la pompe a cessé de fonctionner. si bien que la vedette (avec nous dedans)  a été livrée au gré des flots pendant toute la nuit;Il a été assez rosse, le gré des flots puis qu'il nous a déportés à plus de 6km en direction d'Antsohihy. 
avec l'équipage nous étions 14 bonshommes dans le bateau qui était chargé en outre de tout le matériel récupéré ( arrosoirs, pelles, râteaux etc...).
je vous assure qu'il n'y avait pas de place pour danser la bourrée.
Enfin, le dimanche matin, après avoir entièrement démonté la pompe ainsi que sa tuyauterie et avoir enlevé le sable qui encrassait tout, nous avons pu repartir et rejoindre Nosy-Lava vers 11h.
inutile de vous dire que nous n'avons pas fermé l'oeil de la nuit.
Je m'attendais à trouver ma femme en pleurs, mais dès qu'elle m'a vu elle m'a dit : " Vous êtes sans doute restés à la chasse ,"  comme quoi j'avais tort de m'inquiéter.
en résumé je suis heureux d'être débarrassé d'ANJANGO.
Le retour de la Tsy taitra m'est annoncé pour le 12 ou le 13 courant ;
Je vous quitte en vous serrant cordialement la main.

Signé LUCAIN


(fin page 88)


Suivent une lettre de M. LUCAIN (manuscrite) :

Nosy-Lava le 17 octobre 1960

Cher Monsieur Planchon,

C'est avec joie que je verrai partir l'illustre GILBERT Paul promu commis des douanes. il n'a pas dessaoulé depuis son arrivée ici.En compagnie de ses amis RAMAROSON et de l'adjudant chef  RAKOTONDRASOA , il a copieusement arrosé l'anniversaire de l'indépendance malgache. Le "juteux" a pris une seule cuite magistrale qui a duré du jeudi au dimanche soir.Mais ce matin, pas question  de reprendre le travail; Vous verrez par ailleurs les exploits du Docteur RAMAROSON ( il se fait appeler ainsi).
J'allais oublier de vous dire qu'il y a quelques temps, RAKOTONDRASOA qui s'était cuité la veille a piqué une tête dans mes plates bandes de salades. J'ai bien cru qu'il allait claquer et que j'en serai débarrassé. Je ne lui demande plus rien et le considère comme un figurant.
Je vous remercie d'avoir liquidé BOINAHERY, d'autant plus que l'avertissement que lui a adressé RAMPIRISON lors de la foire d'Analalava ne lui a pas servi de leçon puisqu'il a remis ça à l'occasion  de l'anniversaire de l'indépendance Malgache; Ce gars là est vraiment cinglé.
D'ailleurs je vous serais reconnaissant, si cela vous est possible, de ne plus recruter des Comoriens pour Nosy-lava. Ils sont trop nombreux ici et forment une sorte de coterie.
Lorsque l'un d'entre eux est puni,même pour une faute grave, ils prennent systématiquement sa défense.D'autre part leurs fêtes religieuses et autres sont extrêmement nombreuses ce qui jette une certaine perturbation , les agents non musulmans rechignant pour les remplacer.
Je pense que lorsqu'ils se sentiront en minorité très nette, ils seront moins exigeants.
Au moment où j'allais terminer ma lettre, on me signale que la TSY-TAITRA  vient d'envoyer un message radio et qu'elle n'est plus qu'à quelques kilomètres d'ici.


Je vous serre cordialement la main.

P.S. Sur l'une de mes dernières lettres je vous ai demandé si je devais laisser partir les lettres écrites par le détenus politiques et dans lesquelles ils chantent les charmes d'un séjour à Nosy-Lava.
Le chef de canton d'Analalava pense comme moi que cela vient à l'encontre de l'effet psychologique désiré par le Pt. TSIRANANA . Répondez moi vite sur ce sujet. 





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