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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 21/28 Nosy lava

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Nosy-lava le 5 octobre 1960
MAISON DE FORCE
DE NOSY-LAVA


Le directeur de la maison de force de NOSY-LAVA


à Monsieur Le Chef du district d'ANALALAVA

Je suis désagréablement surpris que vous ayez envoyé l'agent du service pénitentiaire LAIPANGA à Ankomajary pour y assurer l'ordre à l'occasion du scrutin du 4 septembre 1960, sans même m'avoir demandé mon avis.
Anjango
Analalava

vous n’êtes pas sans savoir que par décision N° _JU/SPRE du 3 mai 1960 la maison d'arrêt d'Analalava et le camp pénal d'Anjango sont lacés sous ma gestion ( voir extrait de cette décision jointe à ma lettre). Il y est dit entre autre que le personnel de Surveillance de cette prison ne dépendra que de moi à compter du 10 mai 1960.
par ailleurs en aucun cas le gardien-chef RAMPIRISON n'est habilité à signer un ordre de route sans mon autorisation;
J'espère qu'il ne s'agit là que d'un malentendu et que de tels faits, qui ne feraient que nuire à nos rapports qui jusqu'ici ont été excellents, ne se reproduiront plus.
Veuillez agréer Monsieur Le chef de District de mes meilleurs sentiments.




**





MAISON DE FORCE
DE NOSY-LAVA


Nosy-lava le 5 octobre 1960


Le directeur de la M.F.
à Monsieur le directeur de la C.M.M.


Analalava


Les mesures d'austérité que l'on m'impose m'interdisent de mettre la vedette spécialement à la disposition de la C.M.M. .
En conséquence vous voudrez bien profiter des voyages réguliers ou vous entendre avec les T.P. dont la vedette fait tous les jours le navette entre Nosy-Lava et Analalava.


G. LUCAIN


(fin page 82)






Nosy-lava le 7 octobre 1960


Cher Monsieur Planchon,


Je n'ai pas pu vous écrire la semaine dernière comme j'en avais l'intention. J'entends par semaine le temps qui s'écoule entre deux courriers.
J'ai eu des visites ininterrompues et j'aurais bien été incapable de réunir deux idées.
En effet, j'ai eu le plaisir de recevoir M. Labouyerie  qui escortait des détenus, et l'em...t de recevoir la Commission de Surveillance, le médecin colonel DESTRIBAT accompagné du docteur PEYTRAL, ainsi qu'un gendarme venu ici pour y effectuer une enquête concernant l'agent RAZAFINDRAMAMBA, accusé d'exercice illégal de la médecine.
De plus, j'ai vu arriver avec joie M. PROVENSAL, le vétérinaire d'Analalava.
Il revient de France où il a passé son congé et il rejoint son poste malgré toutes sortes d'intrigues qui ont été menées à son encontre.
Il s'est passé pour lui ce qui s'est passé pour vous et quelques individus qui lui font de beaux sourires l'ont torpillé à qui mieux mieux, son chef de district CHARBONNIER en tête.
Heureusement qu'il est coriace et qu'il ne s'est pas laissé faire.
Je crois que son retour est dû au plébiscite des paysans du coin qui ont agi par l'intermédiaire du groupement de collectivités. Pour ma part, je suis enchanté de son retour car c'est un bon copain et ses conseils me sont très précieux.
la remise de peine de 5 ans et la suppression de la relégation dont le nommé RADIANIELSON vient d'être le bénéficiaire , a fait un grand boum parmi les détenus et je crains que cette décision ne me cause de gros ennuis : RADIANIELSON est extrêmement mal vu par ses camarades.
Il est sournois, mochard, et profondément égoïste, très fort pour pousser las autres à faire des bêtises mais se retirant dès que cela commence à chauffer.
C'est lui qui a envoyé une lettre à un journal communiste pour lui dire que j'avais donné un boeuf crevé à manger  aux détenus et que j'avais envoyé des "esclaves" chez M; FLAURAUD.Il ne devait être libéré qu'au mois de nov. 1964 et passer ensuite à la relégation, ayant subi 6 condamnations. Il a donc fait un an de rabiot puisqu'il aune remise de peine de 5 ans . Évidemment "quelqu'un" s'est occupé de lui  et cela est profondément injuste car d'autres prisonniers qui n'ont  été condamnés qu'une seule fois  et ont eu depuis une conduite exemplaire, crèveront ici; C'est le cas d'un vieux jardinier, RALAIZAZA qui, condamné le 28 mars  1945 aux travaux forcés à perpétuité a vu sa peine commuée en 20 ans de T.F. par décret du 29 mars 1955.Ce bonhomme n'a jamais encouru le moindre reproche de la part de mes prédécesseurs et moi-même je n'ai qu'à me louer de ses services.
Il mérite mille fois plus sa mise en liberté que l'autre salopard.Enfin ! mes récriminations ne servent à rien et je crains que de tels cas se reproduisent de plus en plus souvent;



fin page 83


Lettre à suivre



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Suite de la lettre de M. LUCAIN






Page 84

J'ai été surpris en recevant votre lettre N° 456 JU/SAF  concernant les agissements de MEYER , d'autant plus que je lui rends pas mal de services.
Actuellement, sa machine à écrire est en réparation ici.
Un moment avant les élections, comme il recevait la visite de M. NATAI et sa suite, il a fait appel à moi pour que je lui fournisse du poisson, des fruits de mer et des légumes. 
Bien entendu, je lui ai procuré ce qu'il demandait et sa dame m'a adressé ses plus chaleureux remerciements.
J'ai demandé des précisions à RAMPIRISON ua sujet de l'affaire LAIPANGA.Il m'a répondu que le chef de district l'avait convoqué dans son bureau et lui avait intimé l'ordre d'envoyer LAIPANGA à Ankomajary. Comme RAMPIRISON faisait remarquer à M. MEYER qu'il était sous mes ordres, qu'il devait me demander mon avis et qu'en plus il manquait de personnel, le chef de district lui a répondu d'exécuter ce qui lui était commandé ; il serait temps, parla suite, de me tenir au courant. Évidemment, je n'ai pu avaler cette pilule et j'ai envoyé à M. MEYER la lettre dont vous trouverez ci-joint copie .
Je lui ai également envoyé copie conforme de votre lettre N° 456 JU/SAF . J'attends sa réponse qui sera quelque peu différée du fait qu'il est actuellement en tournée. je vous la ferai parvenir.

Je vous remercie beaucoup des 100.000 francs que vous mettez à ma disposition pour l'achat de mobilier; La scie circulaire est maintenant installée; elle est actionnée par un moteur Vandoeuvre 8ch que JACQUIE a remis en route.Cela me décide à acheter le bois et la quincaillerie nécessaires à la confection des meubles dont nous avons besoin; Je suis persuadé qu'ainsi nous tirerons le maximum des crédits providentiels.
La mesure m'allouant 50.000 francs de mieux pour la C.A. m'enchante également car je me demandais comment j'allais m'en tirer.
Lorsque je vous parle des lenteurs apportée au règlement de la caisse d'avances je ne vous mets nullement en cause. N'empêche qu'avec le processus actuel , il se passe au moins quinze jours entre ma demande de fonds et la réception de ceux-ci; En effet, lorsque je vous adresse ma demande accompagnée des factures justificatives par l'avion du mercredi, je ne puis recevoir l'avis de votre versement que le mardi suivant et souvent très tard. Si je ne veux pas perdre une semaine de plus, je dois faire repartir la vedette le lendemain matin , mercredi, pour expédier mon chèque postal à Tananarive, et si tout va bien en recevoir le montant le mardi suivant. voyez comme cela est simple. Et encore je suis optimiste car je ne tiens pas compte des intempéries toujours possibles pouvant empêcher la vedette de faire la traversée.


La situation de nos comptes est en accord avec le relevé que vous nous avez fait parvenir. Je vous joins par ailleurs le montant de la somme à payer sur la caisse d'avances.(prélèvement au greffe et factures en retard).
L'histoire du paddy provoquée par BARON ne me surprend nullement. plus je le connais et plus je me rends compte que c'est un petit salopard.Nous aurions peut-être mieux fait de nous orienter vers la Lyonnaise. BARON est d'une avarice sordide, à tel point qu'il fait vendre (très cher) par la boutique des crayons et des casquettes portant la publicité d'Orangeboom. Il m'a réclamé pendant des mois une somme de 300. francs correspondant à des frais de dédouanement; Comme il me demandait toujours cela lorsque j'étais de passage à Analalava, j'oubliais systématiquement de faire établir la facture en arrivant ici. Mais il y a quelques semaines il est venu faire l'inventaire  de la boutique et après avoir bien mangé et bien bu à ma table comme il le faisait  tous les 15 jours, il a remis ça avec ses 300. francs . J'ai préféré les lui donner de ma poche  et avoir la paix; seulement la prochaine fois qu'il reviendra il apportera son casse-graine.
d'autre part , je viens de refuser de l'envoyer chercher par la vedette à Analalava et de le reconduire dans la même journée de samedi, comme il le demandait; Lui qui est si avare trouverait normal que nous dépensions 80 l. d'essence pour sa petite gueugueule ( voyez ma réponse ci-jointe).S'il est dit dans notre accord qu'il peut user de notre vedette lors de ses voyages réguliers, il n'est pas question de la mettre à son entière disposition.
Je n'ai pas encore revu le curé d'Analalava mais CHRISTOPHE est venu s'excuser de leur sans-gêne.
Je voudrais bien que vous donniez suite à votre projet de m'envoyer un secrétaire digne de ce nom. J'ai été trompé très longtemps sur les qualités professionnelles  de CHRISTOPHE car  j'apprends seulement maintenant que c'était RAMBELOSON qui lui mâchait son travail, leurs femmes étant parentes. Celle de CHRISTOPHE vient de révolutionner le camp en racontant à qui voulait l'entendre que la femme du vaguemestre couchait avec certains agents dès que son mari partait à Analalava.Cela a pris la tournure d'un véritable drame et le vaguemestre m'a demandé de le muter; J'ai réussi à le calmer en lui disant que si il partait , il donnerait encore plus de poids aux médisances lancées contre sa femme. Et tout cela,  parce que le vaguemestre t son épouse ne vont pas matin et soir à l'église. Mais le plus croustillant de l'histoire, c'est que j'ai eu la certitude que la mère Christophe s'est envoyé deux détenus qui n'en font d'ailleurs pas mystère ( Il ne faut pas qu'ils soient dégoûtés car si vous voyiez la pépé !) .
Vous me demandez ce que j'ai pu faire  avec les 50.000 francs de planches et le ciment.En ce qui concerne les premières, je n'ai pas encore pu faire grand'chose puisque je n'en n'ai pas ramené beaucoup sur la Tsy Taitra, l'énorme caisse du moteur diesel prenant trop de place.toutefois j'ai fait faire des portes et quelques meubles pour l'école. J'attends avec impatience que les autres planches arrivent; Je voudrais faire un mobilier standard pour tous les agents.
pour ce qui est du ciment, je l'économise le plus possible car je voudrais faire une case pour le gardien-chef d'Analalava, ainsi qu'une case de passage;Évidemment j'y ajouterais de la chaux "maison" dans la mesure du possible.La pierre et la main d'oeuvre ne me manquent pas, il ne me resterait guère à vous "taper" pour les tôles et la peinture.
Mais puisque nous parlons cases, j'ai bien peur que la Gendarmerie ne nous retire bientôt celles ou habitent nos gardiens.
M. CLARAC m'en a touché deux mots et je crois que vous feriez bien de prendre les devants.Si cette
 hypothèse se confirmait, je me fais fort de construire sur le terrain de la prison des logements beaucoup plus confortables que ceux qui nous sont prêtés par la Gendarmerie et à très peu de frais.


Pour ne pas quitter les gendarmes, nous n'aurons pas besoin d'eux pour entraîner notre personnel au maniement des armes : GOZIE, l'adjudant chef et moi nous en chargerons.D'ailleurs il n'y a que les toutes dernières recrues qui ne soient pas au courant.Mais je me fais guère d'illusions, même sur ceux auxquels nous avons montré la manière de  démonter et remonter leur arme, et de s'en servir : à de rares exceptions près, leur bravoure n'en n'a pas augmenté pour autant.
vous me dites que les agents titulaires seront repris petit à petit par la Sûreté . est-ce obligatoire ?
plusieurs d'entre eux m'ont déjà exprimé le désir d'opter pour le Service Pénitentiaire. Je vous serais reconnaissant de me répondre à ce sujet par prochain courrier car cette question est très importante pour moi. 
déjà trois Comoriens, agents titulaires , m'ont demandé à être mis à la disposition de l'administration de leur pays : ce sont Alihamidi Adallah , Saadi m'SILIE, BACO MOINGARIE. Je regretterai seulement le dernier nommé.
par ailleurs, alors qu'il était en fonction à la maison d'arrêt d'Analalava, le gardien de prison Ismail Kassim a adressé une demande dans le même sens à Monsieur le Président du conseil de Gouvernement, et vous avez donné suite; pourtant j'étais convaincu que seuls les agents titulaires pouvaient bénéficier du droit d'option. Veuillez m'éclairer à ce sujet.


A suivre





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