Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 20/28 Nossi-bé

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Quelque mécontentement entre agents m'est signalé par une lettre de Nossi-Bé en date du 23 septembre :


Il vient d'être porté confidentiellement à ma connaissance que la lettre qui vient de vous être adressée par l'agent AMADI M'ROIVELI , l'a été par dépit et voici pourquoi :
Le brigadier RAZAFINDRABE , dont je vous ai parlé au cours de mon dernier passage à Tananarive, mécontente le personnel par son attitude et ses propos plus ou moins corrects, qui paraissent provoqués, en partie tout au moins, par son intempérance habituelle, qui est son état normal.
J'ai mis plusieurs fois en garde ce brigadier mais en pure perte et j'ai signalé ce défaut dans ses notes. J'ai reçu il y a quelques mois une note N° 269/DSN/SAP  de Monsieur le Directeur de la Sécurité Nationale  en date du 20 juillet 1960 et que vous m'avez transmise le 25 juillet sous N° 3956/JU/SAP relative à son intempérance. Peu avant j'en avais reçu une autre qui me faisait espérer que l’intéressé serait probablement amis à la retraite à bref délai. C'est pour cette raison que je me suis efforcé de le supporter.
plusieurs agents manifestent le désir de quitter Nossi-Bé à cause de lui, ne vous serait-il pas possible de prononcer sa mutation ? Elle serait accueillie avec soulagement.








......


TULEAR
Boulevard DELAVEAU




A Tuléar, c'est le gardien-chef  STEFANI qui a quelques ennuis;ils me sont signalés dans une lettre de M. MATHEI. Le principal c'est une implantation agricole pour l'utilisation des détenus desoeuvrés et l'amélioration de leur nourriture.


J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce que au cours d'une conversation téléphonique avec m. STEFANI, gardien-chef de la maison centrale,celui-ci m'a fait part qu'il avait reçu une lettre de M. MERCURIGNY par laquelle il apprenait qu'il devait être muté  et que si cette décision n'avait pas été prise c'était grâce à son intervention. 
Je lui ai répondu que je n'étais pas au courant de ce fait , ce qui est parfaitement exact.
Par la suite M. STEFANI m'a montré le passage de la lettre qui se terminait par : ... de plus vous n'avez pas à compter sur votre encadrement en 1960.
Ce tout petit incident est cependant désagréable pour les relations que je fais mon possible pour maintenir bonnes dans l’intérêt du fonctionnement normal du service. 




(Fin page 80)








Il est évident que personne ne peut empêcher M. MERCURIGNY et M. STEFANI de correspondre, mais il serait souhaitable que mon prédécesseur ne mette pas des obstacles imprévus sur mon chemin et en jouant au "bon samaritain".
J'ai été très touché par votre lettre et je vous en remercie.
Ma grande affaire actuellement est la mise en valeur du terrain qui est situé aux portes de la ville. Demain mercredi une équipe de dix prisonniers part à une quarantaine de kilomètres de Tuléar  pour couper les bois nécessaires à la construction des baraquements.
 Il va de soi que je vous rendrai compte, au fur et à mesure, des progrès et des difficultés ( c'est certain) de cette vaste entreprise.
Sakaraha
 Sauf imprévu je me rendrai dimanche à Sakaraha avec M. KORMANN pour examiner les possibilités agricoles de la localité.








.....




Les prisonniers ont l'air satisfaits à Nosy-lava (cf lettre du 3 octobre).
C'est d'ailleurs l'impression générale que je retire de toutes les prisons;
L'amélioration de la nourriture et du confort  y sont certainement pour quelque chose et cela grâce aux jardins et aux fermes des établissements.
cet état d'esprit je l'ai trouvé en de nombreux endroits et notamment à Ambatolompy où un détenu libérable m'a supplié de le rengager.




...


Nosy-lava le 3 octobre


Les "politiques" écrivent à leur famille  en leur disant que tout va bien à Nosy-lava. Je pense  qu'il serait plus sage de ne pas laisser passer ces lettres qui risquent si elles sont propagées de détruire l'effet psychologique voulu par le président TSIRANANA.
... N'y aurait-il pas moyen de faire travailler ces fainéants qui commencent à considérer leur détention comme une vaste rigolade. Ils disent à qui veut les entendre que le gouvernement malgache leur paye de belles vacances.
... Comme je le redoutais plusieurs particuliers manifestent le désir de conserver leurs prisonniers pendant la nuit.J'ai reçu deux demandes écrites dont l'une émane du député BEHAVANA. Vous comprendrez sans peine que cela me met dans une situation délicate et je vous serai reconnaissant de faire trancher la question en haut lieu.




.... De madame LUCAIN le 3 octobre


Je vous accuse réception des livres et diverses fournitures scolaires. CHRISTOPHE en a accusé réception de son coté.
J'ai ouvert l'école ce matin avec 26 enfants. 
J'en attends quelques autres.par ailleurs Majunga nous annonce quelques livres et fournitures scolaires à partir du 15 octobre à condition que nous les faisions prendre car ils n'assurent pas le transport.....


Je vous demande seulement un ou deux petits pinceaux pour peinture à l'huile. C'est pour tracer les chiffres sur le cadran que je fabrique pour la classe.
... Mon mari voulait vous envoyer son rapport mais il a été trop pris et trop dérangé : travaux publics qui ont demandé de la main d'oeuvre pour la construction d'une case au phare.; le vétérinaire, le médecin, monsieur LABOUYERIE, etc .... sont venus en inspection .




Les rapports de M. LUCAIN en date des 7,17,21 octobre et trois novembre n’appellent aucune remarque primordiale, sinon quelques ennuis avec les gardiens qui, comme dans toutes les prisons d'ailleurs, ont tendance à se trouver des amis intimes parmi les détenus.
Voici ces rapports ainsi que la lettre du 5 octobre pour Analalava :


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... Tuléar le 9 décembre 1960


Je joins cette lettre à la correspondance destinée au service de l'administration pénitentiaire proprement dit. 
Vous trouverez parmi celle ci une copie de la lettre adressée à monsieur le Procureur de la république m'invitant à me rendre en inspection à Ankazoabé.


Il est évident qu'une tournée d'inspection s"impose tant à Ankozoabé qu'à Morombé et Morondava pour ne citer que les points névralgiques.


Morombe


Je suis en relation constante avec monsieur KORMANN , messieurs CAPDEVIELLE et JACOB du génie rural.
Si le service pénitentiaire  a la chance de me confirmer dans mon poste de Tuléar je peux assurer que le jardin ( champ ou camp, comme vous voudrez)  pénal sera l'un des plus beaux et des plus modernes de Madagascar sous six mois mais si, à l'instar de la 4ème république où les hommes de bonne volonté ne pouvaient rien faire, par suite de l'instabilité ministérielle permanente ,je suis, à nouveau changé de poste alors "adieu veau, vache,cochon,couvée".




.......




Le 6 décembre M. LUCAIN est satisfait du retour de son fidèle adjoint M. GOZIE.
Le 8 décembre c'est Nossi-Bé qui m'intrigue à nouveau en me signalant une situation trouble à Diégo.


... Nossi-Bé 8 décembre 1960
...  Le détenu que vous me signalez n'est pas à sa place ici.
Il est impossible de l'isoler puisqu'il n'y a ici qu'une cour commune, hélas ! et un petit quartier distincr pour femmes mais il est occupé.
Il semble entretenir d'excellents rapports avec le détenu que je vous ai signale par ma N° 1350 MF du 2 septembre et que je désirerais envoyer à Nosy-Lava avec les autres condamnés qui attendent leur départ depuis plusieurs mois.
De qui se moque-t-on à Diégo?
Je croyais que cette catégorie d'individus était destinés à Nosy-lava.
iln'y apas à compter sur les agents.
La plupart ont besoin d'être surveillés.
Le greffier-comptable RAVELONAHINA Désiré est complètement nul.
Il tenait très mal la situation des crédits.
J'ai du rappeler le détenu qui s'en occupait précédemment et que j'avais mis à la disposition de maître BOULANGIER huissier.
Par ailleurs puisque vous envisagez votre départ je dois vous dire que je désirerai quitter moi aussi cette source de soucis continuelle. 
 Il faudrait toutefois que je puisse trouver un autre emploi. 
Voudriez-vous avoir la gentillesse d'en parler à monsieur FOURNIER ? Peut-être grâce à ses nombreuses relations ......


... 17 décembre 1960


J'ai l'honneur de vous adresser copie d'une lettre de monsieur le Secrétaire d'Etat délégué de la province de Diégo, adressée à Monsieur le Chef de District.
L'application de ses instructions entraînerait de nombreuses difficultés.
Ce serait en outre préjudiciable à l'Etat qui devrait alors entretenir des centaines d'oisifs dans une Maison de force exiguë et qui n'a qu'une seule cour.
Que d'incidents en perspective si cette lettre n'est pas rapportée.
Vous m'obligeriez en me transmettant vos instructions dans les meilleurs délais.


(fin page 116)




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Ainsi s'achève l'année 196 qui fut fertile en évènements de toutes sortes.

J'ai eu beaucoup de travail et beaucoup de soucis mais aussi beaucoup de joies et de satisfactions.

Dans l'ensemble les détenus sont satisfaits du nouveau régime pénitentiaire qui leur permet de se livrer à des occupations favorites et apporte une amélioration de la nourriture et du confort.

De nombreux établissements pénitentiaires je reçois les bons voeux du personnel pour 1961.



l'encadrement et le personnel de surveillance a , dans l'ensemble, bien accepté les nouvelles disciplines et, si je fus quelque fois obligé de prendre des sanctions contre les plus récalcitrants, la majorité a confiance dans me direction.


Ce travail ingrat et ardu, a été reconnu par les autorités politiques et administratives qui m'ont félicité le plus souvent.

J'ai dû pourtant faire front à quelques ambitieux qui désiraient prendre ma place.

Ils y réussiront en 1961, lorsque, pour des raisons de santé de ma famille, je serai amené à abréger mon séjour.


FIN année 1960

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