Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
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ACCUEIL : Introduction à ce blog :

vivre à Antananarivo





Jean LABORDE
Premier consul de France à
Madagascar
1861






En bas de page affichée, cliquez sur "messages plus anciens", pour lire la suite.

Dans les textes ,les liens vers le web sont en vert ou en rouge .


Présidence de la transition

Drapeau de Madagascar .

Hymne national Malgache :




Paroles :


Ry Tanindrazanay malala ô





Ry Madagasikara soa,
Ny fitiavanay anao tsy miala,
Fa ho anao, ho anao doria tokoa.
Tahionao, ry Zanahary
Ity Nosin-drazanay ity
Hiadana sy ho finaritra:
He sambatra tokoa izahay
Ry Tanindrazanay malala ô,
Irinay mba hanompoana anao
Ny tena sy fo, fanahy anananay
Zay sarobidy sy mendrika tokoa Ry Tanindrazanay malala ô,
Irinay mba hitahiana anao
Ka ilay Nahary izao tontolo izao
No fototra ijoroan'ny satanay.

Ô Notre patrie bien-aimée





Cher Madagascar
Notre amour pour toi reste
Et demeure à jamais
Protège et garde, O Créateur,
Cette Ile de nos ancêtres
Dans la sérénité et dans la joie
Et nous serons bienheureux
O notre patrie bien-aimée
Notre voeu est de te servir
Notre corps, notre coeur et notre âme -
Ce qui nous est cher et précieux –te sont dévoués
O notre patrie bien-aimée
Notre voeu est de te protéger
Le Créateur de l’univers
Est le pilier de notre engagement.

***************

Les articles qui suivent ont été dactylographiés , vers 1985-1989, par mon père,

Maurice PLANCHON

sur la base des lettres, nombreuses,au jour le jour,(10 500 lettres reçues en 1960)
 préoccupations des gardiens-chefs et inspecteurs provinciaux,des prisons malgaches,

 reçues de 1959 à 1962.

Au travers des anecdotes, faits divers, occupations quotidiennes,  
 se dessine le travail  de français expatriés,"coloniaux",
pour construire une administration pénitentiaire,
 mettre en place les bonnes compétences aux bonnes places,
 au moment ou Madagascar prenait son indépendance ....

*******

Ils retracent sa carrière comme fonctionnaire des colonies ,de la France d'Outre-Mer,

à

 Madagascar,

en tant que

  Chef du Service de l'Administration Pénitentiaire de Madagascar,

du
1 mars 1959
au
 12 septembre 1961

( 7421 détenus au 30 septembre 1960)

(Voir par exemple le rapport d'activité 1960).


Fin du troisième séjour,
 départ à 
l'aéroport d' Arivonimamo
En 1961
collection Nicole SIMONET-PLANCHON


*************

Carrière militaire dont Diégo-Suarez

Dossier FFL

1959

1960

Fin du troisième séjour 1961 .

Epilogue

************

Merci pour vos commentaires (compléments d'information ou corrections) dans ce blog ou par un courriel , vous pouvez également m'envoyer photos et documents concernant les personnes et lieux ,
 de cette époque,
 cités dans ce blog.
MERCI.:




Blog crée et ouvert au public , le samedi 10 mars 2012.
Joseph Simon Galliéni

Gouverneur général de Madagascar (1896-1905)

Général Galliéni
J'ai ajouté des liens vers les sites ou blogs précisant tel ou tel item,
J'ai enrichi le manuscrit par quelques photographies, vidéos, cartes postales, timbres ,
 et quelques livres qui m'ont été signalés.

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Source du résumé 1958 ci-dessus.

Lycée Gallieni à Tananarive, où fut proclamée la République Malgache le 14 octobre 1958.
André Soucadaux








Lycée Jules FERRY à Tananarive, en 2014

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Prologue 1958 1/5 Comores


Article précédent : ACCUEIL : Introduction à ce blog :

MES PRISONS (*)


Prologue



Datura et pointetia
Premier jour d' émission  31.01.1959.


Madagascar
En 1958,
Jo du 2.2.1957
Jo 24.3.1956

après trois années passées en qualité de responsable du service du logement et de l'ameublement des fonctionnaires métropolitains affectés à Madagascar, service dépendant de la Direction des Finances,
je fus muté au cabinet du Haut-Commissaire au service des renseignements généraux.

De par cette fonction j'eus alors la possibilité de contacter, et même de fréquenter, les plus hautes autorités.

Plus spécialement chargé de l'accueil et de la réception des notabilités comoriennes, ces îles étant alors rattachées à la gestion de Tananarive.

C'est ainsi que le vice-président du conseil de gouvernement des Comores, M. Mohamed AHMED, m'écrivait le 30 mai pour me remercier de l'aimable accueil que je lui avais réservé lors de son passage à Tananarive.

Le 25 août M. le prince SAID HOUSSEIN BEN SULTAN SAID ALI, chef de la famille royale de la Grande Comore me faisait part de son arrivée à Tamatave et le 4 septembre il me demandait le remplacement de son chauffeur.

Carte reçue du
carte 14*9 cm
Au verso , manuscrit :
"
J'ai bien reçue votre aimable lettre due et la fiche de M. P. BAS
auquel je suis très sensible aux sentiments de confiance que vous me témoignez.
d'autre part je vous prie d'excuser la négligence de mon age .
Des mon retour à la Grande Comore j'ai cherché votre fiche et
je n'ai pas pu la trouver dans mes nombreux papiers au cours de mon voyage.
Je vous serais très reconnaissant d'établir une autre pour me l'envoyer en retour du courrier.
En vous remerciant très sincèrement encore pour le dérangement que je vous cause
Veuillez croire en mes sentiments très amicaux.
C'est fait  le 1er octobre 1958

"
Collection Nicole SIMONET-PLANCHON



Le 25 août également,
 je recevais une lettre de M. G ARNAUD, haut fonctionnaire des Comores, qui avait accompagné la délégation des comoriens lors d'une importante réception à Tananarive et qui me remerciait de l'organisation de la réception qui fut sans défaut  et qui revenaient en leur territoire avec une joie sans mélange.

Le 2 septembre M. Mohamed AHMED m'écrivait de Paris pour me faire part de sa satisfaction des contacts avec les autorités de la métropole et indiquait qu'il était très satisfait du discours du général de GAULLE.

Le 20 septembre le prince SAID HOUSSEIN me signalait par télégramme qu'il avait bien rejoint MORONI.


(*) Titre donné par mon père à ses écrits.



1960 3/28 Fait divers concernant un vazaha


Page précédente 1960 2/28


Cher Monsieur,

Veillez , je vous prie, bien vouloir accepter mes excuses pour la liberté que je prends de vous écrire personnellement, mais il s'agit d'un cas délicat  pour lequel je sollicite vos conseils et que je soumets à votre décision.
Il s'agit  ......

.....

Jusqu'à présent, je n'avais pas tellement à me louer de ses services puis qu'il a élevé le "moramora" à la hauteur d'une institution  et que le peu qu'il veuille bien faire, je suis encore obligé de le superviser soigneusement, telles les fiches techniques que j'établis moi-même.

Mais cela serait en sorte que demi-mal  puisque, depuis 25 ans de service, il n'a jamais su déployer un zèle exagéré et continue à vivre dans une douce euphorie  trop souvent accentuée par l'abus des spiritueux.

Ce qui est plus fâcheux, c'est que M. X..... défraye maintenant la chronique scandaleuse de notre petite ville par ses amours vulgairement tumultueuses.

Certes, c'est le droit le plus absolu de m. X... de mener la vie privée de son choix avec l'élue de son coeur. 
Ce qui est regrettable , c'est que les traverses orageuses de cette liaison donne à son voisinage un spectacle gratuit qui n'ajoute rien, bien au contraire, au prestige de l'administration et de nos compatriotes.

Voici les actes de cette tragi-comédie burlesque  qu'on pourrait intituler " Amour et Pancrace" :
depuis près de trois ans M. X..... vit avec une fille du pays dont le moins qu'on puisse dire, c'est que la pauvre ne sera jamais élue Miss Madagascar.

Outre un très mauvais caractère elle est affligée d'une atrophie des deux bras qui la fait surnommée 
Caïman.
"Tanan voay  - Patte de caïman" .

Ce n'est évidemment pas de sa faute mais si l'Amour, parait-il, est "enfant de Bohême" il est aussi en l’occurrence fortement myope.

La dulcinée en cause est une véritable tigresse douée, par surcroît d'une prodigalité remarquable  fort préjudiciable aux intérêts de notre compatriote  et d'un tempérament volcanique  qui se manifeste à loisir pendant les absences du maître de céans.
L'année dernière M. X...  avait interrompu son idylle  pendant quelque temps, mais la fille s'est accrochée et est revenue partager la couche  et le portefeuille de son protecteur.
Jusque là, rien don d'anormal que le déroulement d'une histoire trop banale.
Mais M. X..., sans doute à l'instigation du sieur Z...; ( gérant indélicat d'un dépôt qui vient de purger 7 mois de geôle et qui, comme par hasard, avait jadis bénéficié des faveurs de l’héroïne qu'il avait engrossé) qui désire se mettre en popote avec lui, a chassé la donzelle non sans que les échos de la scène n'ameutent le voisinage et la police.

Tenace, la fille est revenue en "squatter" occuper les lieux , se refusant obstinément de déguerpir et demandant, entre autres choses, trois mois de salaire à M. X....., qui, en désespoir de cause, s'est réfugié pendant huit jours à l’hôtel en demandant l'aide de la police et l'appui de Mr. le Président du Tribunal.

Samedi dernier, en présence des policiers, Mr. X... a sorti de sa case les objets appartenant à son ex-compagne et les a déposés sur la varangue.
La propriétaire des 23 robes et des 6 paires de chaussures a rappliqué comme une vraie furie, insultant les agents et menaçant M. X... de mort.

Mais, et c'est là que le drame se perpètre, vint le soir.
dissimulée dans le jardin la délaissée attendit le retour de M X... et de Z... et pénétra dans la maison comme un bolide véhémente et menaçante.
alors un grand désordre s'ensuivit .
des coups violents furent échangés.
dans le feu de l'action M. X ...   se trouva déculotté dans la cour  et son adversaire lui fit une prise sournoise autant que douloureuse à ce que j'appellerai les "bijoux de famille" .
Finalement , les deux hommes ont flanqué à la perturbatrice une sensationnelle raclée dont elle a du faire soigner les marques à l’hôpital.

Cet intermède imprévu de catch qui rappelle certain épisode de "Clochemerle"  s'est déroulé devant une foule assez nombreuse et goguenarde manifestant sa réprobation envers les mauvais vazaha  qui se mettaient à deux pour corriger une pauvre malgache, sans d'ailleurs intervenir, pas plus que la police qui,comme les carabiniers, est arrivée prudemment sur les lieux une fois le combat terminé.

Il est évident qu'en réalité, c'est M. X... qui est la victime de cette harpie trop tenace, il aurait pu trouver une manière plus élégante et surtout moins fracassante pour rompre cette liaison.
Il aurait pu également se dispenser d'en arriver à de graves sévices.
Mais il est vrai qu'il a peur de la fille , forte comme un boeuf qui lui a promis , ainsi qu'aux policiers, de leur couper les .... avantages.
L'histoire ainsi contée serait humoristique si toute la ville ne s'en gaussait et si M. LE Préfet, Mr. Le Président du tribunal  et M; Le Commissaire de Police n'en étaient saisis.
la seule solution que préconisent ces autorités administratives et judiciaires est l'éloignement de M. X... qui a d'ailleurs terminé son séjour depuis plusieurs mois.
Comme je lui disais qu'il pouvait être déplacé, il m'a déclaré qu'il ne partirait pas, qu'il n'était pas fautif et qu'on verrait qu'il était de taille à se défendre.

Hier encore, M. Le Préfet me disait combien le départ de M. X.... serait souhaitable, tant pour sa sécurité personnelle que pour le maintien de l'ordre public et il m'a demandé de vous pressentir à ce propos.

je suis très ennuyé par cette affaire si déplorablement scandaleuse mais je ne désirerais pas que M. X... en soit gravement sanctionné  au risque de compromettre une carrière par ailleurs arrivée à son terme.
Je tien X... pour un brave type, car il a "le coeur sur la main"  mais aussi pour un pauvre type qui sera perdu si il retourne en France maintenant.
Sa femme et se trois enfants vivent chez son frère, lequel pousserait un peu trop loin l'amour fraternel en le remplaçant non pas seulement auprès des enfants.
D'après es dires, M. X.... serait un pactole pour cette famille qui ne lui en manifeste aucune reconnaissance et qui ne cesse de réclamer toujours plus d'argent .
Comme sa concubine a contracté en son nom auprès de plusieurs commerçants des dettes appréciables, X ... n'a non seulement pas un sou d'avance mais encore de lourdes charges.
En somme, c'est la fille qui est la lus grande coupable en l'affaire car c'est elle qui a provoqué le scandale et non M. X....  qui n'a fait que se défendre et bien mal encore.On ne peut que lui reprocher de n'avoir pas réglé cette affaire avec fermeté et discrétion.
Mr. Y ... fonctionnaire vaguement allié avec la  fille lui a enjoint de quitter la ville.
Peut-être suffirait-il de laisser passer le temps qui effacera cette sordide aventure ? 
Peut-être pourrait-on envoyer M. X... en mission.
d'ici son retour l'affaire serait oubliée.
Je vous serais reconnaissant des conseils que vous voudrez bien me donner concernant cette malheureuse affaire. Je vous demande aussi de bien vouloir l'examiner avec toute l'indulgence que vous jugerez compatible avec la gravité de ce qui n'est, somme toute, qu'une explication extra-conjugale, un peu vive et le dénouement brutal d'une impossible liaison.
Je vous prie de bien vouloir agréer etc ........

******************


Le famadihana, ou retournement des morts, est une coutume funéraire que l'on rencontre dans la plupart des tribus de Madagascar. Bien qu'apparu assez tardivement semble-t-il dans l'île (peut-être seulement après le XVIIe siècle), tout au moins sous sa forme actuelle, le famadihana se situe dans le prolongement de la vieille coutume des « doubles funérailles » très répandue avant l'époque moderne enAsie du Sud-Est mais aussi en egypte antique ainsi que dans le Proche-Orient ancien (dans l'ancien Israël, à Babylone ou par les zoroastriens en Perse)et dans la Grèce antique.
Selon la philosophie malgache, les mânes des défunts ne rejoignent définitivement le monde des ancêtres qu'après la corruption complète du corps, au bout d'une longue période pouvant durer des années, et après l'accomplissement de cérémonies appropriées. Le rituel consiste à déterrer les os des ancêtres, à les envelopper cérémonieusement dans des tissus blancs et frais (lamba) et à les promener en dansant autour de la tombe avant de les réenterrer. À Madagascar cependant, cette réinhumation (littéralement retournement) finit par devenir périodique, en général tous les sept ans, dans une grande festivité réunissant tous les membres du groupe. À cette occasion, les linceuls de soie recouvrant les restes mortuaires décomposés de plusieurs corps sont renouvelés.
De nos jours, la pratique du famadihana tend à se raréfier, en raison d'une part du coût souvent élevé de la cérémonie, et de l'autre de l'impact de l'influence occidentale, par l'intermédiaire notamment de l'influence chrétienne.





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: 1960 4/28


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Carrière militaire : 2/3 :5 mai 1942 : Diego-Suarez

Sur ce site 
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Un premier voyage à Madagascar
en 1942






******
Parmi les écrits de mon père retrouvés figure :

Un site en relation avec ses écrits :
Ironclad

Autre site


"
Que s'est-il passé de grave le 5 main 1942 ?

Il est possible que pas un seul français sur 10.000 puisse répondre à cette question.

Et pourtant dans une région de la France d'Outre-mer s'est déroulée une tragédie qui coûta la vie à 125 français et plus de 1.100 anglais.

Diégo-Suarez est un port à l’extrême nord de l'île de Madagascar.

La ville principale ,Antsiranane , est située sur un promontoire dans une des plus belles et plus grandes baies du monde et l'on accède dans la rade par un étroit goulet de moins de deux kilomètres de passage.
Antsiranana ; Diégo-suarez

Sa position géographique au centre de l'Océan Indien en fait le gardien incontestable de cet océan au milieu de trois continents : l’Afrique, l’Asie et l’Australie et même des territoires du pôle sud.

Cette position stratégique était le point d'appui de la force française dans l'hémisphère sud et il était courant de dire : " qui tenait Diégo tenait toutes les voies maritimes reliant ces continents".

En 1940 , la débâcle en France a fortement perturbé la vie de ce pays ou il fait bon vivre parmi une population qui se sent 100% française.

D'ailleurs les tirailleurs malgaches envoyés en métropole se sont montrés de vaillants soldats disciplinés.

Faisant partie de l'armée coloniale, je fus dirigé sur ce territoire en avril 1940 et au début de mai j'étais affecté à l'état-major de la défense à Diégo-Suarez.

Avec de nombreux camarades nous avons entendu l'appel du Général de Gaulle le 18 juin.
Malheureusement, malgré notre désir, nous ne pouvions continuer la lutte, étant stationnés sur cette île séparée du Kenya et du Tanganyika  par 1.500 kilomètres d'océan infesté de requins, et territoire le plus proche sous administration anglaise.


Logement des sous-officiers à Diégo-Suarez

Le commandant de la défense essaya bien de prendre contact avec les Français de Londres, mais ceux ci étaient en plein désarroi et il n'y avait encore aucune organisation dans l'état-major du Général de Gaulle.

Le gouvernement de Vichy profita de la confusion pour relever le commandant de la défense et le remplacer par le colonel CLAEREBOUT , militaire de haute valeur mais très discipliné qui ne connaissait qu'obéir aux ordres de Vichy.

A partir de ce moment là, la vie de garnison s'est déroulée dans la tristesse, mais dans l'espoir et l'attente.

Bientôt ce fut le blocus de l'île par les forces navales britanniques  et pendant près de deux ans le ravitaillement ne vint plus de la métropole.
N'ayant plus de farine de blé il n'y eut plus de pain pendant des mois et les métropolitains apprirent à se nourrir de riz.

Ce blocus eut également pour conséquence  une pénurie d'essence.

Les autorités remplacèrent les gicleurs des carburateurs  par d'autres adaptés à l'alcool de riz et le stock d'essence fut conservé précieusement pour ravitailler les véhicules militaires ,en cas de besoin, les gicleurs pouvaient être remis très rapidement en place.
Cela ne servit à rien, car le 5 mai 1942 les stocks d'essence furent bombardés  dès le début et il n'y eut plus rien.
Mais nous rongions notre frein en écoutant régulièrement les émissions de la radio de Londres et plus spécialement la rubrique "Les Français parlent aux Français".
Cela ne nous fut jamais interdit car les autorités savaient bien qu'étant donné notre position géographique sur notre île nous ne pouvions rien faire.

Cependant cela entretenait notre moral et un beau jour, ou plutôt par une belle nuit d'un samedi à dimanche de 1941 quelques uns de nos camarades dont M. GIRARD de l'agence de la banque de Madagascar , partirent furtivement vers la baie du courrier à l'ouest, ou ils trouvèrent une pirogue disponible et firent voile vers Dars-es-Salam.
Ce n'est que dans la journée du lundi que l'on constata qu'untel n'était pas là et que l'on ne trouvait pas non plus tel autre.
Le mardi il fallut bien se rendre à l'évidence : ils avaient quitté l'île pour une destination inconnue , mais ils étaient déjà loin et les modestes patrouilles aériennes disponibles ne purent ou ne voulurent pas les retrouver.

Nous étions attentifs aux évènements de la guerre qui se déroulait alors dans le monde entier, lorsqu'en janvier 1942 , nous apprîmes que l'armée japonaise venait de prendre Singapour alors base stratégique tenue par les troupes anglaises et qui interdisait l'accès de l'ennemi dans l'océan indien.

Dès lors commença une période d'attente.
Nous étions certains que Diégo de par sa position stratégique serait la prochaine attaque par l'un des belligérants.
mais lequel viendrait le premier ?
Les japonais ?
Les Anglais ?
De toute façon le commandement était persuadé que les navires de guerre se présenteraient  au goulet d'Orangéa , passe entre la rade de Diégo-Suarez et les batteries côtières furent mises en état d'alerte permanente .
Ce 5 mai 1942 nous avons été réveillés par de violents tirs d'artillerie .
Avec tous les militaires de l'Etat-major je me suis rendu au bureau de la défense et nous nous sommes concertés.
Il ne pouvait s'agir de manœuvres de nuit, le commandement n'en n'ayant pas donné l'ordre.
Le commandant PICHON chef d'état major téléphona au capitaine commandant la batterie d'Orangéa et réveilla celui-ci  : le secteur était très calme.
Il essaya alors de joindre par téléphone le capitaine commandant la batterie de la baie du Courrier à l'ouest, mais la ligne était coupée.
Cet incident étant fréquent par suite de feux de brousse et nous restâmes sur la question :  d'ou venait cette canonnade intense ?
On le sut plus tard , les commandos anglais avaient coupé les lignes téléphoniques  et neutralisées les batteries sans qu'aucun coup de feu ne soit tiré par les artilleurs français.
Cependant les anglais se méprenant sur les possibilités 'alertes des troupes françaises déclenchèrent un violent tir d'artillerie de barrage pour protéger une importante armée de débarquement  sur la côte ouest.
Tir bien inutile puisque les obus tombaient dans une brousse désertique et inhabitée.
S'ils avaient continué leur progression sans ce tir ils seraient venus jusqu'à nous sans un seul coup de feu.
Le commandement britannique avait choisi d'envoyer ses troupes sur cette côte, car les navires venaient d' Afrique du sud.
Il est probable que si ils avaient doublé le cap d'Ambre en grand nombre  pour attaquer à l'est ils eussent été repérés.
Il n'y avait aucun français dans cette armée , les autorités anglaises n'ayant pas averti le général de Gaulle de cette opération.

A suivre : ICI 
















Tirailleurs malgaches en 1917



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