Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
Affichage des articles dont le libellé est Tamatave. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Tamatave. Afficher tous les articles

Prologue 1958 1/5 Comores


Article précédent : ACCUEIL : Introduction à ce blog :

MES PRISONS (*)


Prologue



Datura et pointetia
Premier jour d' émission  31.01.1959.


Madagascar
En 1958,
Jo du 2.2.1957
Jo 24.3.1956

après trois années passées en qualité de responsable du service du logement et de l'ameublement des fonctionnaires métropolitains affectés à Madagascar, service dépendant de la Direction des Finances,
je fus muté au cabinet du Haut-Commissaire au service des renseignements généraux.

De par cette fonction j'eus alors la possibilité de contacter, et même de fréquenter, les plus hautes autorités.

Plus spécialement chargé de l'accueil et de la réception des notabilités comoriennes, ces îles étant alors rattachées à la gestion de Tananarive.

C'est ainsi que le vice-président du conseil de gouvernement des Comores, M. Mohamed AHMED, m'écrivait le 30 mai pour me remercier de l'aimable accueil que je lui avais réservé lors de son passage à Tananarive.

Le 25 août M. le prince SAID HOUSSEIN BEN SULTAN SAID ALI, chef de la famille royale de la Grande Comore me faisait part de son arrivée à Tamatave et le 4 septembre il me demandait le remplacement de son chauffeur.

Carte reçue du
carte 14*9 cm
Au verso , manuscrit :
"
J'ai bien reçue votre aimable lettre due et la fiche de M. P. BAS
auquel je suis très sensible aux sentiments de confiance que vous me témoignez.
d'autre part je vous prie d'excuser la négligence de mon age .
Des mon retour à la Grande Comore j'ai cherché votre fiche et
je n'ai pas pu la trouver dans mes nombreux papiers au cours de mon voyage.
Je vous serais très reconnaissant d'établir une autre pour me l'envoyer en retour du courrier.
En vous remerciant très sincèrement encore pour le dérangement que je vous cause
Veuillez croire en mes sentiments très amicaux.
C'est fait  le 1er octobre 1958

"
Collection Nicole SIMONET-PLANCHON



Le 25 août également,
 je recevais une lettre de M. G ARNAUD, haut fonctionnaire des Comores, qui avait accompagné la délégation des comoriens lors d'une importante réception à Tananarive et qui me remerciait de l'organisation de la réception qui fut sans défaut  et qui revenaient en leur territoire avec une joie sans mélange.

Le 2 septembre M. Mohamed AHMED m'écrivait de Paris pour me faire part de sa satisfaction des contacts avec les autorités de la métropole et indiquait qu'il était très satisfait du discours du général de GAULLE.

Le 20 septembre le prince SAID HOUSSEIN me signalait par télégramme qu'il avait bien rejoint MORONI.


(*) Titre donné par mon père à ses écrits.



1959 1/11 Régions de l'administration pénitentiaire.


1959
Début

Page précédente : 1958 5/5



Ainsi le 3 mars 1959, j'étais officiellement nommé Chef du service de l'Administration pénitentiaire et, non, Directeur comme tout le personnel me qualifia.
Je reçus des félicitations de très nombreux amis et notamment de M. Jacques FOCCART en service à la Présidence de la république auprès du général de GAULLE , de M. Roger FREY qui devint Ministre de l'Intérieur, de M. Pierre BAS, député , ....
Présidence de la transition en 2012

Mais où était donc l'Administration pénitentiaire ?

Elle n'existait pas, Madagascar étant jusqu'alors territoire de la République Française,
il n'y avait pas de Ministère de la Justice avant la nomination de Maître FOURNIER
et les prisons, réparties sur tout le territoire (elles étaient au nombre de 89) ,
dépendaient uniquement des services de police qui en assuraient le gardiennage et la gestion.



Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez là enfoncée
faites tourner la molette de votre souris.



Carte établie en 1960
situant les :
* maisons de force et centrale
* maisons d'arrêt
* maisons de sûreté
Superficie équivalente à celle de la France métropolitaine et de la Belgique.
Timbres

Plan interactif Google Maps


Agrandir le plan
Armoiries

Il me fallait tout organiser : les locaux, le personnel, les attributions , les ravitaillements , etc. ..., mais j'étais également obligé de partir en congé de fin de séjour, quitte à demander mon retour par anticipation.
Et il y avait également les pressions de toutes sortes de la part de certains qui voyaient  dans ce nouveau service une sinécure de choix.

Dès le 3 avril je recevais une lettre de madame ANDRIAMANANA qui sollicitait pour son mari une place en qualité d'adjoint, mais ses désirs de salaire étaient trop élevés pour le modeste budget dont je disposais.

Pour l'installation de mon service je louais un appartement de quatre grandes pièces Avenue de la Libération.


Une dizaine d'adjoints et de secrétaires malgaches me furent affectés et me furent très dévoués.

Je divisais alors le territoire en six régions :
Tananarive
Tamatave,
Tuléar,
Fianarantsoa
Fort-dauphin,
et Diégo-Suarez
à la tête desquelles je nommai six inspecteurs de l'administration pénitentiaire qui furent tout d'abord les six gardiens-chefs de service en ces villes à ce moment là :

mais il me fallait également deux gardiens-chefs musclés  pour les maisons de force de Nosy-Lava et Nossi-Bé où étaient les détenus condamnés à  plus de cinq ans de travaux forcés.

Pour le poste de Nosy-Lava je demandais à un ami de longue date habitant les environs de Tananarive : M. LUCAIN de bien vouloir exercer les fonctions de gardien-chef et à son épouse qui en avait les qualités , d'assurer la scolarité des enfants des gardiens, car cette île située dans le canal du Mozambique, au large d'Antalava n'était peuplée que de quelques familles malgaches  disséminées et sans aucune organisation administrative.
Seule la maison de force représentait une entité.
M. et Madame LUCAIN acceptèrent bien volontiers cette tâche et je dois dire d'ores et déjà qu'ils m'apportèrent un concours précieux fait de dévouement et d'amitié.

(prison,bagne, fermé en 2000 ; ajouté par mes soins)


Nossi-Bé



A Nossi-Bé, cette autre île située au nord-ouest du territoire la situation était différente car cette belle île, très touristique avait une population très complexe et était sans histoire  vis à vis de la maison de force sise en plein coeur de la ville .
Je demandai à un ancien sous officier de la coloniale, M. AUDRAIN, d'accepter de devenir le directeur de cette prison , ce qu'il fit bien volontiers.
Lui aussi m'apporta une aide précieuse  et pendant toute la durée de mon commandement je n'eus qu'à me louer de son service;

Il s'agissait là des nominations les plus urgentes car les services de police étaient impatients de se libérer de la charge des prisons.
La répartition des établissements pénitentiaires fut approuvée selon l'organigramme ci après :


Organisation de l'administration pénitentiaire malgache en 1959




Le 22 mai, la famille LUCAIN m'écrivait d'Analalava pour me faire connaître qu'ils avaient pris contact avec  le juge  et les gendarmes et que tout s'était bien passé, mais ils réclamaient les crédits nécessaires car ils avaient été obligés d'acheter  la viande de la maison de force sans aucun subside.
Ils rejoignirent Nosy-Lava  et le 28 mai je recevais deux lettres.
L'une de madame LUCAIN qui me faisait part de ses difficultés et dont voici la teneur :

Nous avons été très surpris que vous me demandiez de me faire intégrer dans le cadre des institutrices auxiliaires.
Vous savez bien que j'ai quitté l'enseignement parce que je n'en pouvais plus  et d'ailleurs je n'ai jamais exercé comme auxiliaire à Madagascar, le salaire étant dérisoire (23.000 je crois) .
J'ai fait des suppléances dans le secondaire officiel et j'ai donné des cours dans les établissements privés secondaires.
Autre ennui , une fois classée comme institutrice officielle , on me déplacerait sans me demander mon avis. 
Si j'avais voulu faire carrière dans l'enseignement, j'y serait tout simplement restée car j'ai commencé à 20 ans.Mais je n'avais pas vraiment la vocation.
Avant d'entrer au haut-commissariat avec vous, j'avais vu M. CARLE et il a admis qu'à mon âge il ne serait pas intéressant de reprendre du service.
D'ailleurs il n'a jamais été prévu que je quitte le Ministère de la Justice.M. FOURNIER, le lundi 4 mai où nous avons déjeuné chez lui, m'a encore dit qu'ici il y aurait un instituteur malgache, que je l'aiderais en donnant des cours d'histoire et de géographie  aux plus grands, et que je surveillerais surtout les enfants au point de vue hygiène.
Pour le moment il n'y a pas de "grands" ici.
Ils sont à Analalava  ( jusqu'au cours complémentaire)  et à Tananarive ou Tamatave dans les collèges. 
Il n'y a pas d'urgence à rendre officiel l'enseignement puisqu'il n'y a pas de local idoine.
En outre à cause de l'épidémie de coqueluche, pas question que je réunisse les enfants.
Pas une famille n'y a échappé. J'ai reçu hier le sirop c'est un peu tard.
J'ai fait faire un tableau ( Je viens de voir qu'on annonce l'ardoisine ) parce que j'ai l'intention de faire une garderie où j’occuperais successivement les élèves de chaque classe avec l'aide d'un prisonnier instituteur.
Il me faut les livres que j'ai demandé et un dictionnaire Larousse.
Mais  jusqu'à la fin de l'année scolaire, si proche, cet enseignement peut s"effectuer sans aucun caractère officiel ; ce serait plut^t un cours de vacances.
Il n'y aura du reste rien de stable, vu l'intense mouvement de personnel qui va avoir lieu.la moitié des agents s'en va et sera remplacé par des nouveaux et leur famille.par la suite quand les classes seront réellement constituées avec des instituteurs malgaches, il restera toujours les "moins de six ans"  et la garderie deviendrait la garderie officielle du pénitencier, sorte de jardin d'enfants. 
C'est pour une bonne part en raison des promesses que nous avons faites à ce sujet que des agents qui voulaient partir sont revenus sur leur décision.
Je vous rappelle que madame GESLIN a déjà fait une demande.
Par ailleurs une dizaine de prisonniers désirent s"instruire, entre autres deux de nos domestiques.
Je leur ai promis de m’occuper d'eux dès que vous m'aurez envoyé les livres.
Ceci entre dans mes attributions d’auxiliaire sociale de la prison, le moral des hommes s'en trouverait mieux.
Voilà pour l'enseignement........


Je pus donner satisfaction en partie à la demande de madame LUCAIN grâce au budget dont je disposais et malgré quelques aléas dans les années qui suivirent je ne pus que me louer de l'enseignement et de la bonne tenue qui fut inculquée aux enfants de Nosy-Lava.


Page suivante : 1959 2/11





1959 8/11 Fin des congés en métropole; béribéri

Page précédente : 1959 7/11




Le 20 septembre 1959
retour à Tananarive en fin de congés en métropole.
Fin des intrigues


Ajouté par mes soins


Et le 12 septembre JUPPEAU et WILLMANN m'écrivent pour me faire connaitre toute leur joie et celle du personnel à l'annonce de mon retour.


..... (WILLMANN)

Enfin la nouvelle tant attendue est arrivée. 
Vous serez parmi nous dans huit jours, la joie est immense au bureau. Chacun se sent revivre . Si votre avion arrivait un jour de congé tout le personnel aurait été au terrain. Malheureusement nous ne pourrons pas tous abandonner le service en même temps . Quant à moi tant pis pour qui mal y pense, rien ne me retiendra. Je viendrai avec l'ami JUPPEAU qui est de retour de Nosy-Lava . quand j'ai annoncé votre arrivée au bureau, le personnel a sauté de joie : on aurait dit de grands enfants attendant leur père qu'ils croyaient ne plus revoir. Enfin vous jugerez vous-même ce que j'avance , nous avons gagné la bataille.




..... ( JUPPEAU)


M. WILLMANN m'a donné hier soir connaissance de votre lettre.Entendu nous vous attendrons au terrain. Je suis heureux de ce dénouement  mais l'alerte a été chaude.Je suis toujours logé dans votre case, mais en principe je dois déménager le 17, date où les bâtiments civils devront avoir terminé les réparations.
.......


************************
Quartier de Tananarive

Me voici donc de retour à Tananarive pour reprendre mon poste.


Et c'est le coup de la province de Tuléar de tomber sous le coup de ma réorganisation.
Le 24 septembre le gardien-chef CADY , que je nommerai plus tard 
inspecteur provincial, m'envoie la lettre suivant où quelques anomalies graves sont mentionnées :

......

J'ai appris avec un réel plaisir par l'ami RAPHAEL votre tout récent retour à Madagascar ....
Pour faire face aux nombreuses questions en suspens vous ne devez pas manquer de pain sur la planche.
Quartiers de Tananarive :
Andravoahangy
et
Anjanahary
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans l'A.F.P. du 15, la note remise dernièrement aux députés par le ministre de la justice et relative à la réforme projetée de l'administration pénitentiaire. C'est bien ce que vous m'aviez exposé  lors de mon passage à Tananarive en mai dernier.
Nul plus que me  ne souhaite voir aboutir rapidement cette réforme si nécessaire et je pense que votre retour y contribuera efficacement.réellement cette réforme s'impose et je crois qu'il y a intérêt à ce qu'elle voit le jour au plus vite.
Dans la province de Tuléar ( pénitentiairement parlant)  la pagaye complète, erreurs et abus dans l'emploi de la main d'oeuvre pénale continuent comme par le passé.
L'autorité provinciale qui décide de ces questions , se montre réfractaire, sinon hostile, à toute réorganisation d'un système qui a tant profité à certains jusqu'à présent et qui viendrait chambarder les habitudes "du bon vieux temps" .
(Cette autorité, un "en-chef" bien entendu, vient d'être avisé que Madagascar se passera dorénavant de ses services).
En dépit de mes suggestions, cette personnalité n'a jamais voulu organiser un contrôle  et une coordination des prisons dans la province.
Pourtant la situation dans les prisons  de districts est lamentable  depuis que les fonctions de gardien-chef ne sont plus assurées par les gendarmes.
On sent un flottement général;
Les nouveaux gardiens-chef ne connaissent pas l'A.B.C.  de leur métier et semblent ignorer avec la plus grande désinvolture l’arrêté du 12 avril 1954 qui nous régit encore actuellement. les dossiers ne sont pas, ou mal constitués et il est fréquent de voir arriver à Tuléar des détenus  transférés d'une prison en brousse sans qu'aucune pièce les accompagne; on se content de les remettre à un garde d'escorte.
La corruption règne et c'est ainsi que dans certaines prisons ne sont admis à sortir au travail ( et quel travail) à l'extérieur que ceux des détenus pouvant payer une dîme  au gardien-chef et on assiste à cette situation paradoxale que ce sont les prévenus ( dont la famille peut les alimenter en espèces)  qui sortent en corvées extérieures alors que les condamnés, dont les ressources pécuniaires se sont taries à la longue, qui gardent la prison.
......


Le temps prescrit et j'ai demandé au ministre de la justice de nommer inspecteur de la province de Tananarive un de mes camarades de l'administration générale d'outre-mer, monsieur VERGNOLE  .
Il me seconda efficacement pendant toute la durée de mes fonctions.Installé dans la capitale auprès de moi, nous n'avons jamais échangé de correspondance personnelle car tout se règle de vive voix et administrativement.Son action fut très efficace pour régler des problèmes locaux dont j'aurai l'occasion de reparler.
La maison d'arrêt de Tananarive était difficile à gérer.Il y avait le quartier des hommes et celui des femmes.
Des détenus politiques avaient des relations directes avec la population  et quelques fois même par l'intermédiaire des gardiens.Ils entretenaient un règne de soulèvement permanent.
Les provinces de Fianarantsoa, Tamatave et Diégo ne posaient pas de problèmes particuliers. J'étais assuré d'un soutien loyal des chefs de district et petit à petit je devais assurer la relève du personnel de la police par du personnel de l'administration pénitentiaire.
Riz et béribéri
De la maison de force de Nossi-Bé le gardien chef m'adressa le 22 septembre une lettre assez inquiétante concernant une légère rébellion des détenus qui protestent contre les restrictions de riz consécutive à une épidémie de béri-béri .
Dans la lettre ci-après il expose les mesures prises et cette mauvaise humeur n'aura pas d'autre suite :


.......

Il est porté à ma connaissance qu'une lettre aurait été adressée à monsieur le président de la république pour protester contre le régime alimentaire qui serait, parait-il insuffisant à la maison de force.
 Voici je pense, les raisons qui ont motivé l'envoi de cette lettre, si lettre il y a eut :


Le 11 septembre 1959 monsieur le médecin inspecteur CAILLE  est venu me signaler que plusieurs malades étaient atteints de béri-béri .
 Il m'a demandé de supprimer le riz pour ceux-ci et de diminuer de moitié pour tous les autres détenus.
 Pensant que cette mesure serait défavorablement accueillie par les détenus en général, j'ai demandé au docteur  de leur parler et de me remettre en écrit ses prescriptions, ce qu'il a fait sans difficulté.


Les 12 et 14 septembre j'ai diminué de moitié la ration de riz.
pour simplifier les distributions et faciliter la comptabilité j'avais décidé qu'à partir du 16  la ration normale de riz serait  distribuée un jour sur deux.
Fruits dont papayes ....
Bien entendu la suppression de riz devait être compensée par la distribution d'autres denrées ( manioc, légumes verts, fruits).
Le mercredi 16 les détenus ont refusé le repas du soir.
 J'ai du les rassembler dans la cour pour leur expliquer à nouveau les raisons de ce changement de régime momentané  prescrit par le docteur et dans leur intérêt.
Ils m'ont dit qu'ils voulaient du riz et non des légumes européens ( carottes, navets, poireaux ) que je leur proposais.
j'ai informé de cette situation monsieur le médecin inspecteur qui m'a demandé de donner du riz chaque jour aux détenus non béribériques  mais de baisser leur ration à 400 grammes et d'y ajouter en compensation manioc et légumes verts de façon à éviter les inconvénients nutritionnels de la nourriture rizée exclusive, c'est à dire l'apparition de nouveaux cas de béri-béri.
pour les malades il m'a demandé que le riz soit considéré comme un véritable poison et leur a expliqué à chacune de ses visites.
Si une lettre a réellement été envoyée à monsieur le président de la République elle a été vraisemblablement  inspirée par un meneur que je m'efforce de découvrir.
De nombreux détenus m'ont dit qu'ils appréciaient la distribution de fruits et de cresson.
 L'instigateur de la lettre pourrait être un agent de police car le magasinier ( agent TONGALEVA ) me tient souvent ce langage quand chaque matin , j'assiste au pesage des denrées : "Les agents aussi aiment le manioc , le cresson et les fruits.
Avant nous avions du manioc et les détenus n'avaient jamais ni cresson  ni fruits, c'était pour nous". 


J' accueillerai avec plaisir la mutation de l'agent magasinier TONGALEVA si vous croyez devoir l'envisager.
 .....


Ce désir fut exaucé.
....

A Nosy-Lava dans sa lettre du 24 septembre, madame LUCAIN semble assez déprimée et surtout se plaint des gens d' Ananalava qui sont indifférents et leurs plus proches voisins sur la côte ouest de la grande terre. Mais avec son mari ils ont le moral malgré tout et demandent que le ravitaillement en légumes frais soit amélioré.


Le 28 septembre, monsieur AUDRAIN ne me parle plus du mécontentement des détenus  et le même jour monsieur MATHEI semble être un peu plus confiant dans l'avenir de Majunga.


.......


Page suivante : 1959 9/11



1960 9/28 Inspecteur de Tamatave

Page précédente : 1960 8/28



Le 12 mai l'inspecteur de Tuléar m'écrit pour me faire part de son étonnement, car il a entendu dire que les chefs de district allaient reprendre leurs anciens droits de directeurs de prison. Cette information est fausse et je remets les choses au point.
Je suis heureux de recevoir de M. CARTON inspecteur de la province de Tamatave  une longue lettre datée du 23 mai. C'est une province sans histoires mais le silence m'inquiétait un peu.La voici :
Prison de Tamatave
début du siècle
( Sur DELCAMPE)


.....

Voici en quelques lignes la situation à Tamatave , ce que j'ai trouvé,le peu que j'ai fait et ce que je compte faire.
J'ai pris une succession difficile,vous le savez, pas de bureau,j'en ai trouvé un le premier jour,pas de logement, je suis logé  provisoirement, j'ai occupé une maison louée par la province jusqu'au 30 juin, le bail déjà dénoncé,les clefs déjà rendues au propriétaire, je les ai récupérées, j'ai acheté un frigidaire et un réchaud avec votre accord, je dispose d'un délai d'un mois pour trouver autre chose.
J'ai fait les visites indispensables d'arrivée : directeur des services provinciaux, directeur et chef de cabinet,  collègues des bureaux financiers et provinciaux, procureur,substitut et juges, et ..... partout accueil chaleureux et grande compréhension du procureur.
Je n'ai pu me présenter à M. JARISON, Secrétaire d'Etat  délégué, absent de Tamatave, que dans la semaine.
Il m'a très bien reçu et m'a rappelé que nous travaillé ensemble à Mahanoro en 1944 et qu'il était heureux de retrouver un ami.

(Fin page 56)

Je me suis fait remettre par M. COMARD les dossiers et j'ai essayé de voir clair :
la situation est assez trouble et je continuerai de l'éclaircir.
par exemple j'ai mis au point le contrôle du personnel, la liste fournie par COMARD est entièrement fausse, mais ce n'est pas entièrement de sa faute; il a pris les noms que les districts lui ont communiqués et les a recopiés. Les chefs de district confondent sciemment peut-être , les agents de district et les gardiens de prison
J'ai supprimé les agents de districts qui seraient payés par le budget de l'intérieur pour un gardien.
pour le moment les gardiens de prison sont payés sur le 33.3I.0I mais il faudra encore du temps pour que tout rentre dans l'ordre.Il faudra recruter et licencier. Il y a encore des agents de district qui remplissent des fonctions à la prison, je les éliminerai en douceur et j'essaierai de mettre des gardiens -chefs valables dans chaque prison.
dans certains districts il y a encore, un gendarme, un chef de gouvernement etc ...; qui remplissent les fonctions de gardien-chef faute de gardiens capables.
Les chefs de district gèrent encore les crédits entretien des détenus et me réclament de l'argent.
J'ai fait un relevé des dépenses par prison ( avec le cahier de liquidation) . Certaines prisons n'ont pas encore fait parvenir une seule facture qui ont été payées et sont parties avec la comptabilité du district , d'autres ont engagé beaucoup plus que ce que COMARD avait mis à leur disposition car il avait fait une répartition des crédits.
exemple Tamatave le seul sur lequel j'aurais pu jouer a déjà engagé 200.000 de plus qu'il n'avait et il reste encore un mois et demi et des dépenses obligatoires. J'ai immédiatement interdit aux gardiens-chefs de toutes les prisons d'effectuer des achats autres que viande et brèdes, en même temps que je leur demande leur stock et le relevé des dépenses depuis le 1er janvier 1960.
J'attends d'avoir tous les éléments pour vous demander un complément de crédits; Quelle pagaille !
j'ai aussi commencé à m'occuper de l'emploi des détenus : j'ai écrit à tous les chefs de districts en m^me temps que je donnais des instructions aux gardiens-chefs ( mais lesquels ?)  .
pour Tamatave j'ai tenu à en parler à M. JARISON  puisqu'il avait pris position lorsque COMARD a voulu supprimer ceux mis à la disposition de service ou de particulier et il y en a encore une trentaine.
Je crois l'avoir convaincu; mais il a fait appeler M. PEREZ son directeur provin et conseiller qui, s'il est entièrement d'accord pour la suppression pure et simple des détenus utilisés par des particuliers, demande que ceux employés à la province  , hôpital enseignement soient maintenus.
Pour faciliter ma tâche, je vous demande de répondre à la lettre signée de M. JARISON  adressée au ministre de la Justice et demandant le statu quo. Son argument c'est que le Ministre de la Justice n'a pas répondu : donc accepte !


Foulpointe
Pour les jardins pénaux  j'ai donné des instructions aux gardiens-chefs. A Tamatave le chef de district doit mettre un vaste terrain de culture à ma disposition. Je dois aller reconnaître ce terrain avec lui;
A Foulpointe je vais faire pêcher.
Voici ce qui a été fait. Je préfère aller doucement et ne blesser personne.
J'arriverai à faire admettre toutes les réformes mais dans bien des districts on ne dispose pas encore des gardiens-chefs valables et j'ai encore besoin des chefs de district que j'éliminerai petit à petit quand j'aurai mis en place  de bons gardiens-chefs. Qu'en pensez-vous ?



....


Le 9 juin c'est à nouveau Nosy-Lava qui me rend compte d'une situation apparemment sans graves problèmes.
Voici quelques extraits de ce compte-rendu :

(fin page 57)


J'aimerais vous dire que tout va bien mais malheureusement, je me trouve en face de nombreuses difficultés.
La plus importante est la question des moteurs, vedette comprise. Depuis de longues semaines la chambre froide ne fonctionne plus , à cause de l'insuffisance de courant, ce qui rend impossible la constitution de réserves de viande et de poisson frais. J'espère que les pièces nécessaires pour remettre en route les deux moteurs en panne nous parviendront assez rapidement car nous risquons d'être sans courant d'un moment à l'autre, ce qui impliquerait pour nous l'isolement complet, étant sans radio.
La vedette donne aussi des signes alarmants de fatigue. Je suis tombé deux fois en panne à mon retour et il en est de même à tous les voyages.
Avez vous des nouvelles du cdt GRIVEAUD que j'ai vu à Majunga ? 
Nous nous étions mis d'accord au sujet de la vedette qu'il vous avait proposée.
alors que je n'étais pas très "chaud" quand vous m'en avez parlé, j'ai changé d'avis quand j'ai appris que ce bateau pouvait transporter douze tonnes de marchandises ou 50 passagers ( ce qui entre nous me semble énorme) et que nous pourrions nous rendre de Majunga à Nosy-lava en 9 heures.
Il était convenu entre le commandant GRIVEAUD et moi qu'il enverrait un télégramme à la compagnie Verdaveine  demandant de venir me présenter la vedette ici,  et que si je la trouvais en bon état je vous demanderai votre accord. Ensuite, la vedette aurait été conduite à Majunga  où le commandant GRIVEAUD devait y apporter les modifications  qu'il jugeait indispensables. Il m'avait dit qu'à la suite de son télégramme , la vedette me serait présentée dans les quatre jours suivants .Or, je ne vois encore rien venir.
Ceci s'ajoute à mes inquiétudes de rester sans radio et sans lumière.
J'ai acquis la certitude, après enquête, que les pannes de moteur étaient dues à la négligence du dénommé RAKOTONAMANA Jean-baptiste  qui passait  son temps à prendre des cuites monumentales en compagnie de l'infirmier (dont nous reparlerons ) et des détenus travaillant sous se ordres. Il ne surveillait rien et les bielles ont coulé par absence complète de graissage.Du reste le moteur de la pompe qui était soumise au même régime  et COURT a eu un mal fou à la remettre en état. COURT n'étant pas diéséliste , c'est le détenu STANISLAS  qui était affecté comme mécanicien à bord de la vedette  qui assume actuellement les fonctions de chef-mécanicien, ce qui, bien entendu, dépasse de beaucoup ses compétences. 


...

pour en revenir à l'infirmier, le double du rapport de l'inspecteur GOZIE a été envoyé à monsieur l'inspecteur médecin d'Analalava  . aucune suite n'y a  été donnée; Aussi je vous demande d'intervenir directement auprès du service de Santé de Majunga. En toute sincérité, je me croirais coupable de ne pas dénoncer la carence de ce service qui ne veut pas s’intéresser au millier de personnes que représente la population de Nosy-lava.
L'infirmier RAMAROSON  est ivre tous les jours sans exception.L'enquête que j'ai faite m'a confirmé que non content de se saouler avec l'alcool à 95° de l'infirmerie, il en faisait boire à des détenus. J'ai du reste la déposition de deux détenus. Les agents et leurs familles sont furieux et il est urgent de régler cette question.
Zébu
pourriez vous me dire si le projet d'enquête par M. SALIM  prend corps ?. Cela me semble de plus en plus indispensable , sinon je perdrais complètement la face devant les gens de Mahabo qui deviennent de plus en plus arrogants depuis que m. le Juge m'a envoyé le T.O. ci-joint. Je dois vous rappeler que la plainte dont il est question avait été portée  à la suite de la dévastation de 27 planches de haricots en plein rapport par les boeufs du dénommé  MAHABINAZAKA .
Je précise que les gardiens étaient venus faire une enquête sur place et que leur rapport nous était des
plus favorables.


..... JUGE SECTION à DIRECTION MAISON FORCE NOSY-LAVA

suite votre plainte du 2 mars 1960 contre nommé MAHABINAZAKA pour dévastation de culture par ses boeufs. Honneur vous informer que je ne donne aucune suite à votre plainte citée en référence pour le motif suivant : CONTRAVENTION NON CARACTÉRISÉE.

Signé  GERMAIN

(Fin page 58)

Page suivante : 1960 10/28

1960 13/28 Fianarantsoa

Page précédente : 1960 12/28


La fin du mois d'août arrive et le renouveau entraîne des modifications dans les attributions.
C'est ainsi que M. CADY me fait part de ses désirs :


......


MARDON m'a donné récemment de vos nouvelles et m'a dit que vous aviez pensé à moi pour le poste de FIANARANTSOA ( je vous en remercie)  en remplacement de M. MATHEI qui passe à Tuléar aux lieux et place de MERCURIGNY qui serait, parait-il , ecoeuré de n'être pas pris au sérieux.
J'ignore les raisons exactes de la démission de ce dernier , mais ce que je sais bien, car de nombreux amis et quelques agents de service de Tuléar m'en ont informé,  c'est qu'il n'a cessé de me critiquer et d'essayer de me "démolir" dans l'esprit des gens , auprès de vous aussi certainement.
Je le tiens pour un médiocre et un homme méprisable  que je crois incapable d'exercer les fonctions que vous lui aviez confiées.Je sais, par exemple,  qu'il a essayé de soulever une histoire au sujet d'une facture de pain, lait, cigarettes qu'il refusait à liquider la jugeant suspecte.
Vous n'ignorez pas, car je crois vous l'avoir soumis par écrit ou tout au moins verbalement, que ces fournitures supplémentaires étaient destinées et effectivement distribuées à titre d'encouragement aux détenus secrétaires du bureau de l'Inspection, seul moyen de les gratifiés, car je n'avais pas, comme lui, d'agents provinciaux comptables et de secrétaires civils.
J'étais cependant parvenu à mettre en route et faire tourner "la boutique".
M. MARDON a du vous dire qu'il était question de mon retour.
 J'ai passé dernièrement la visite d'aptitude et j'attends ...; mon congé expire le 8 octobre mais il est possible que je rejoigne avant cette date. J'aimerais travailler encore avec vous.
Les malgaches consentirons-t-ils à me faire une petite place ? 
En raison de mon "lourd passé"  pénitentiaire, j'aimerais bien être affecté à Majunga qui est, je crois, la province la plus calme politiquement, et où se trouvent le moins de mes anciens et éminents "clients", à défaut Tamatave ou encore Tuléar. 
Et aussi dans ces centres, ma femme pourrait retrouver un poste à la banque ( Il n'y a pas de B.N.C.I. à Fianar ...).


......




Il me fut possible de réintégrer . M. CADY dans l'administration pénitentiaire où il remplaça M. MATHEI.
Ylang Ylang
Puis ce sont les rapports réguliers  qui me parviennent sur la situation à Nosy-lava ( 22 août) à Nossi Bé (23 août) Fianarantsoa ( 25 août), Nosy-Lava à nouveau (27 août).
A Fianarantsoa un nouvel inspecteur, M. RAKOTO, a pris son poste en remplacement de M. MATHEI affecté à Tuléar ( rapport du 3 septembre).


.......




.... Nosy-Lava le 22 août




......


En ce qui concerne la décision N° 330, je la connais par coeur.


Je sais qu'il est dit à l'article 4 qu'à partir du 1er juillet 1960  je dois liquider les dépenses de la maison d'arrêt d' Analalava  sur les crédits qui me sont alloués; mais comme j'ai eu l'occasion de l'exprimer en long et en large à  M. VERGNOLE , le fait que le nombre des prisonniers se soit élévé à plus de 700, alors que les prévisions de dépenses avaient été établies  sur 450, que j'achète tout le poisson d'Antangerina et de Mahabo pour le faire sécher et saler, que je paie le sel, etc.......


Les crédits que vous m'avez alloués  sont nettement insuffisants pour Nosy-lava et nous nous étions demandé s'il ne serait pas préférable que je vous envoie directement les factures d'Analalava aux fins de règlement.




(fin page 64)


Je veux bien admettre que j'ai laissé passé quelques erreurs , mais, secondé comme je suis, je n'y peux rien. Du reste, plusieurs, ont été commises en mon absence , mais je ne regrette rien, car si je n'avais pas fait ce déplacement, la Tay taitra serait toujours à Majunga. 
Il a fallu que je pique une crise pour faire achever les travaux; Le peu qui avait été fait  l'avait été par JACQUIE  et l'équipage, dont Maecha.
A ce propos les travaux de réfection continuent.
Le moteur a été entièrement démonté et nettoyé, il en avait besoin.
Les peintres sont en train de terminer leur travail et le bateau a déjà une autre allure. encore une fois je crois que nous avons fait une belle acquisition.
Comme je vous l'ai dit par télégramme, Jacquie à remis immédiatement le 30 chevaux en route et seul, le manque de ciment a retardé l'installation du nouveau moteur. dès que j'ai reçu votre accord, j'ai fait venir du ciment et quelques heures après le socle était fait. Ce n'est plus qu'une question de échange du béton.


....




Page suivante : 1960 14/28









1960 19/28 Analalava; église dans la prison; école Nosy-Lava

Page précédente 1960 18/28




Inspection de la maison d'arrêt d'Analalava , le 16/9/60.




J'ai constaté que le nouveau gardien-chef  RAMPIRISON avait fait un gros effort dans tous les domaines. Si, comme je vous le disais dernièrement, il est terriblement exigeant en ce qui concerne les avantages auxquels il prétend avoir droit, je dois reconnaître qu'il vaut cent fois son prédécesseur. J'en arrive même à me demander comment ce pauvre RAKOTOMAHARO a pu obtenir un poste de gardien-chef.Comme je vous l'ai dit au dernier courrier, non seulement il n'a jamais versé le pécule des détenus travaillant chez M. FLAURAUD, ni présenté de factures à ce dernier, mais aucun des particuliers employant un prisonnier n'a payé la moindre somme depuis janvier 1960.
Bien entendu je lui en ai fait le reproche.Il m'a répondu qu'il s'était présenté à différentes reprises chez les employeurs mais que plusieurs d'entre eux l'avaient envoyé rebondir et que pour ne pas avoir d'histoires il avait préféré abandonner (sic).


j'ai donné immédiatement ordre à RAMPIRISON d'établir les factures en retard et de les présenter très poliment aux intéressés . Je lui ai dit également de prévenir  ceux qui persisteraient à ne pas vouloir payer que dès le lendemain  "leur" prisonnier leur serait retiré.
Je pense que c'est logique et vous serez d'accord sur ce point. La moindre infraction à cette règle risquerait de nous attirer de gros ennuis.Toutefois, si vous jugez que nous pouvons tolérer des exceptions, je vous demande de me les faire connaître.
Le nouveau gardien-chef a fait effectuer aux abords de la maison d'arrêt quelques travaux qui montrent sa bonne volonté. Le laisser-aller qui existait avant sa gestion a disparu. Il a suivi mes conseils en ce qui concerne l'activité des détenus. Depuis qu'ils travaillent tous, les histoires sont très rares.
Déportés politiques :
La plaisanterie est plutôt de mauvais goût; Je sais que vous n'y êtes pour rien mais je vous demande de me donner un coup de main en m'envoyant les fonds et le matériel nécessaire. Vous recevrez bientôt une facture concernant 52 assiettes métalliques et 52 cuillères destinées aux "amis" de M. Le Président TSIRANANA.S'il n'y avait que moi, je vous les ferai bien manger dans une auge mais il paraît que nous devons avoir certains égards avec ces oiseaux baladeurs.
Les formalités interminables pour obtenir les fonds de la Caisse d'avances font qu'en dehors des factures de poisson que je vous fait parvenir aux fins de paiement, j'ai 82.000 francs à rembourser à la caisse du greffe pour les achats de viande t de poisson du mois de juillet. J'aimerai régler cela avant la fin de l'année.
Si je continue à recevoir des exilés sans arrêt, je serai obligé de vous réclamer des fonds à chaque courrier.
Je vais donner de plus en plus de poisson sec aux détenus car si je veux me mettre à achter de la viande aussi souvent que le voudrait le règlement, ce serait ruineux.


(fin page 78)


Affaire CHRISTOPHE :


A la demande de son secrétaire-bedeau, j'avais accepté de transférer l'église  dans l'une des pièces inutilisées de l'école. Cela faisait plaisir aux catholiques et me coûtait absolument rien. Au contraire, le curé d'Analalava  avait même envoyé six sacs de ciment pour bétonner le sol. D'autre part cela me permettait de récupérer la grande bâtisse en bozaka qui leur servait et dans laquelle j'ai installé la menuiserie. 
Vous savez qu si je suis très tolérant, je ne suis pas pratiquant et que je ne rentre que très rarement à l'église.Au reçu de votre T.O. m'annonçant l'arrivée prochaine de 52 nouveaux exilés , j'ai visité tous les locaux susceptible de les recevoir. J'ai eu la surprise en rentrant dans l'église de voir que CHRISTOPHE , en accord avec le père François,, avait fait construire un autel ainsi que des marches pour y accéder, entièrement en béton . Inutile de vous dire que j'ai râlé, car si je tolère cela, il n'y a aucune raison pour que les Comoriens ne me demandent pas une mosquée et les protestants  un temple; Ce qui me fâche le plus, c'est que ce travail s'est fait pendant que je me trouvais à Majunga. Et maintenant que dois-je faire ?
Si j'accepte le fait accompli, j'aurai l'air d'un idiot, et si je fais sauter le barnum à grands coups de masse, comme j'en ai eu l'envie quand je l'ai découvert, je serai taxé de vandalisme par les biens pensants.
Contrairement à son prédécesseur qui était un homme charmant, le père François ( une vraie tête de boche)  est imbuvable; Il fourre son nez partout, engueule les détenus qui ne vont pas à la messe et mettrait le désordre si je ne le rappelais pas à l'ordre de temps en temps.Il y a quelques semaines, il voulait absolument faire la messe aux détenus pendant les heures de travail. Vous pensez comment je l'ai reçu. COURT à qui il reprochait  de bricoler un dimanche matin, l'a, envoyé "sur les roses", catégoriquement. 
Avant hier et malgré la défense faite à tous les ministres du culte, quels qu'ils soient de pénétrer dans l'enceinte de la M.F.  , il a trouvé le moyen d'aller se balader dans les bureaux avec l'infect CHRISTOPHE. Je ne tolérerai pas de tels procédés plus longtemps et cela va faire des étincelles avant peu.
Pour remédier à cela, je crois que le mieux serait de muter CHRISTOPHE dans un autre établissement. Il pourrait à la rigueur faire un chef de poste convenable.
Il y a trop longtemps qu'il est ici avec sa bande de St. Mariens qu'il domine. Il serait enchanté de se rapprocher de Majunga où il a un grand fils à l'école; Je vous rappelle que CHRISTOPHE   était à l'origine de la demande collective de mutation des St. Mariens le lendemain du départ de PERICHAUD.  Lui même n'a annulé sa demande que lorsque son fils a été renvoyé du collège de Tamatave pour mauvaise conduite.


Cordialement




(fin page 79)


Nosy-Lava le 19 septembre :


Ecole à Ambositra




Je vous remercie pour les livres du cours moyen que vous m'avez envoyés. M. VERGNOLE me dit qu'il n'y a plus que de l'ardoise verte.envoyez-là c'est très bien (c'est la mode). Avec toutes mes sections il me faut quatre tableaux (je vais en faire un car je n'en n'ai que trois)  .
Je pense que deux boites me suffiront; Je voudrai aussi une boite de craies de couleur. Il me faudra des cahiers à dessin, compas, double-décimètres mais j'espère que les parents les paieront. L'ennui c'est qu'on ne trouve plus rien à Analalava . Ce pauvre bled me laisse aller de plus en plus. Je vais voir ce que la Marseillaise peut me procurer.
si vous pouviez me donner trois autres livres de lecture de SOUCHE  cours moyen comme ceux que vous venez de m'envoyer, cela me rendrait le plus grand service car je m'en servirais, en commun, pour les cours élémentaires te moyens.
Notre mobilier est toujours au même point faute de bois.










bosaka :




Page suivante 1960 20/28

1960 Rapport d'activité en 1960 2/10 fabrications artisanales

Page précédente : 1960  Rapport d'activité en 1960 1/



Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez la enfoncée
faites tourner la molette de votre souris.

Majunga Marofotra

Delcampe



Route Andapa-sambava


Province de Majunga
Port-Bergé
Maintirano
satrana
maevanaty

Province de Diégo-Suarez
Andapa




Province de  Tuléar
Betioky
Province de FIANARANTSOA
Ihosy
Ambalavao
Province de Fianarantsoa (suite)
Province de Tamatave

Ambatondrazaka
Moramanga

1960 Rapport d'activité en 1960 3/10 Tananarive

Tamatave Place DUCHESNE
DELCAMPE
Page précédente 1960 Rapport d'activité en 1960 2/


Carte libre à l'ANOM Aix-en-Provence



Nosy-Lava (suite)
Province de Tananarive
Miarinarivo
Ambatolampy
Faratsiho
Antsirabe
Soavinandriana
tsiroanomandidy
Betafo
Mandoto









Le zoma à Tananarive en 1967

1960 Rapport d'activité en 1960 4/10 Jardins pénaux

Mananara
Un bac sur la rivière Fahamba.
Fenerive
Tamatave
Fête du 14 juillet
Page précédente : 1960 Rapport d'activité en 1960 3/


Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez la enfoncée
faites tourner la molette de votre souris.


Province de Tananarive (suite)
Anjanamasina
Antanimora

Province de Tamatave
Ambatondrazaka
Moramanga
Andilamena
Fenerive-est
Mahanoro
Mananara
Maroantsetra

Ivoloina

Sur DELCAMPE


Tamatave (suite)
Marolambo
Sainte Marie
Soanierana
Vavatenina
Vatomandry