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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 3/11 Majunga, Anjanamamina.

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Majunga

Mais il fallait également installer des inspecteurs dans chacune des six provinces qui seraient mes délégués permanents pour toutes les questions concernant les maisons d'arrêt de leur secteur.
ils devraient m'en rendre compte afin que je puisse prendre les décisions qui s'imposaient;

Pour la province de Majunga, je nommai M. MATHEI , un français installé dans l'île depuis longtemps et qui était sans emploi.

Le 15 juin il m'adressait la lettre suivante :
"
Je pense que vraisemblablement, cette lettre sera la dernière que je vous adresserai avant votre départ en vacances ....
Je vous remercie de la confiance que vous avez bien voulu me témoigner et dont j'essaierai de me monter digne.
usant de votre autorisation je vous écrirai et tout en vous tenant au courant des grandes lignes de la situation je ferai en sorte de ne pas vous importuner.
Vous vous doutez que j'attends ma nomination avec impatiente et si elle me parvenait avant votre départ ça me serait une grande joie.
vous m'avez dit au cors de notre conversation téléphonique de ce m0tin, que pendant votre absence je pouvais me mettre en rapport avec Monsieur le Ministre de la Justice pour lui rendre compte des faits importants du service.
Si vous me le confirmez pouvez-vous  m'indiquer l'adresse à laquelle je dois lui écrire pour que ma correspondance lui parvienne réellement ,

...
"

Je donnais satisfaction à sa demande.

Quartier de Tananarive
Zoma et Faravohitra
Il y avait également à quelques kilomètres de Tananarive , à Anjanamamina, une maison de redressement pour les jeunes délinquants mineurs.
Avec le concours de mon inspecteur pour la province, M. VERGNOLE, fonctionnaire du cadre de l'administration générale d'Outre-Mer comme moi, la gestion de cet établissement nous appartenait, mais la discipline relevait d'une commission de magistrats nommés par les instances judiciaires.
Je maintins le personnel en place et ce fut M RAKOTO Jean de Dieu , inspecteur de police qui en fut le gardien-chef.

Le 19 juin au nom de tout le personnel il m'adressa une gentille lettre me souhaitant, ainsi qu'à toute ma famille, un bon séjour en France.

Et , le 21 juin , c'était mon retour en métropole pour y passer mon congé obligatoire.

J'embarquai, avec ma famille, par avion T.A.I. à l'aérodrome d'Arivonimamo.

M. LALLEMAND du cabinet du ministre de la justice assurait l'intérim.

J'eus beaucoup de satisfactions de la part de mon fidèle premier secrétaire de ma direction , M. WILMANN

C'est ainsi que dès le 23 juin il me faisait parvenir la lettre suivante :

"
Je tiens le coup au boulot, votre absence laisse un vide de plus en plus grand.Confidentiellement je vous dirai que le bateau est à la dérive faute de commandant. 
Votre successeur ne fait que des apparitions éclairs entre les heures de bureau, le personnel étant déjà parti, de sorte que l'on ne peut rien discuter, rien trancher.
Comme toujours je fais de mon mieux mais ne peut prendre aucune initiative importante, celles ci n'étant pas de mes attributions.
Hier matin cependant  de reconduire à Anjanamamina trois détenus évadés qui avaient été repris par la police, le commissariat central n'ayant pas de véhicule disponible et ne sachant que faire des trois types.
Je me suis chargé de les raccompagner au centre d'Ajanamamina  en me faisant escorter d'un agent de police. Tout s'est bien passé , je n'ai  vu M. LALLEMAND  qu'à midi à mon retour.
Je n'ai pas eu la peine de lui rendre compte de ma mission ceci semblant  ne pas l' intéresser.
Le planton a été doté hier d'une bicyclette Griffon de 14200 francs sur ordre du nouveau patron.J'aurai voulu aujourd'hui lui parler pour la faire assurer contre accident et vol, il n'est pas venu du tout au bureau.
D'autre part Ajanamassina demande 6 moustiquaires.
 Que faire ? 
Renseignements pris Faivre pourrait les fournir à 2.150 francs l'une : qu'en pensez-vous ? 
Je les trouve chères comparativement à nos maigres crédits. 
Dois-je attendre votre retour ?
j'ai pris ce matin 15 kg de peinture grise pour les lits du centre de rééducation d'Anjanamasina.Les 30 autres lits sont en cours de confection.
J'ai réglé avec DARRIEUX l'affaire de scie circulaire de l'atelier scolaire.
Rien d'autre à signaler pour l'instant.
"
...........

Le 26 juin il m'informait avoir commandé 30 tonnes de ciment pour Nosy-Lava  et 60 moustiquaires pour Anjanamassina.
Il était très bien secondé par RAPHAEL un secrétaire malgache dont je n'ai eu qu'à me louer.

La situation m'était communiquée régulièrement  et c'est ainsi que dans la lettre du 2 juillet ci-après il me faisait part de l'arrivée imminente de M. JUPPEAU, un ami de longue date dont j'avais sollicité l'affectation afin de lui confier la mise en place de fermes et jardins dans tous les établissements pénitentiaires pour améliorer à peu de frais , l'alimentation des prisonniers et des gardiens.

..........

Le boulot marche normalement avec RAPHAEL et moi. Nous nous consultons et prenons les initiatives voulues puisque M. LALLEMAND n'est jamais là.
Je vais essayer d'aller faire un tour aujourd'hui à Anjanamamina afin de livrer les moustiquaires en faisant à Jean de Dieu la recommandation suivant vos instructions.
Mais voyez-vous je n'ose pas comme de votre temps me mêler des affaires de ce pénitencier, je ne sais pas ce que pourrait penser le directeur p.i. 
Je ne veux pas avoir l'air de me mêler de choses qui ne me regardent pas , je le faisais sous votre direction par esprit de collaboration parce que je savais que vous aviez à coeur que cette affaire tourne rond, mais comme votre successeur s'en fout royalement, je préfère me tenir dans mon rayon, ayant eu suffisamment a faire avec ce secteur.
M. LUCAIN est de passage à Tananarive.
Il nous remercie sincèrement de l'empressement que nous mettons à satisfaire se commandes.
Nous ne sommes plus abandonnés, dit-il, notre exil devient moins pénible.
Dans l'ensemble il est satisfait de son travail.tout va bien depuis que les nouvelles têtes ont été mâtées.
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Le 8 juillet c'était une nouvelle lettre de M. WILLMANN  qui paraissait assez découragé et il me confirmait l'arrivée de M. JUPPEAU pour ce jour là.
Tananarive était dans la fièvre de l'arrivée du général de GAULLE et sa lettre ci-dessous reflétait l'état d'esprit qui régnait alors.

.......

Je souhaite que votre congé s'achève rapidement afin de nous revenir bien vite car ici cela ne va pas.Le service ne peut continuer à marcher comme ça.
Pour ma part j'en ai plein le dos et si ce n'était l'espoir de vous revoir bientôt, j'aurai déjà démissionné.
Je ne peux pas travailler avec un type qui n'est jamais là et qui vient en éclair chercher la petite bête pour espionner les gens. 
Aujourd'hui doit arriver M. JUPPEAU .J'irai à 12 heures à Arivonimamo pour le ramener à Tananarive.

.........
Sur DELCAMPE


Mr LALLEMAND refuse automatiquement tout ce qu'on lui demande.
Exemple : La semaine dernière après avoir attendu huit jours la camionnette pour transporter des effets à Anjanamamina  et ne voyant rien venir comme par le passé, le soir à 18 heures j'ai chargé ma voiture et suis allé à mes frais emmener les affaires.
Le lendemain quand je lui ai que j'avais pris sur moi de faire le nécessaire afin d'assurer la bonne marche du service , je me suis presque fait "engueulé", autant dire que je n'avais pas à me mêler de choses qui ne sont pas dans vos attributions.
Jugez en l'esprit dans lequel on travaille sans vous.Franchement c'est uniquement pour nepas vous décevoir que je me suis retenu et n'ai pas lancé ma démission à la figure ce cet imbécile.
J'ai l'impression que le p.i. combine quelque chose avec BILBAO.
Tenez-vous sur vos gardes .

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(fin de la page 12)
Tananarive 2014 : marches coté palais de la reine et Faravohitra


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1960 18/28 Travail des détenus

(Page 75)


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Suite d'un lettre de M. LUCAIN

Eugène, le greffier magasinier, comptable que M. VERGNOLE a eu la gentillesse de m'envoyer a commencé son travail ce matin.Il me fait excellente impression et j'envisage avec moins d’appréhension le départ éventuel de Camille. Décidément j'ai beaucoup plus de satisfaction  de la part des détenus que de celle des agents.dites à M. VERGNOLE que Eugène fait équipe avec COURT. Ils dorment dans la même chambre te font popote ensemble.Je crois qu'ils s'entendront parfaitement.
Je viens de recevoir les félicitations de M. le chef de district pour la façon dont j'ai mené les élections à Nosy-Lava. Le résultat est probant : 226 votants , 226 P.S.D..








.....;




80 ème anniversaire
de l'école de médecine
d'Antananarivo.
je rejoins ce mot pour vous dire que depuis huit jours le post de radio de la gendarmerie d'ANALALAVA  ne fonctionne plus et que le nouveau titulaire opérateur radio de la météo n'a pas été "fichu" de nous contacter. Ce qui fait que lorsque le vent est trop violent, et c'est actuellement le cas, nous sommes complètement isolés. Enfin heureusement qu'en cas de maladie ou d'accident nous avons un excellent infirmier, à propos de ce dernier le médecin inspecteur m'a demandé un rapport sur sa façon de servir depuis qu'il a reçu un avertissement du chef de service de santé de la province.
   ......






Le centre de rééducation  des jeunes d'Anjanamamina fonctionne bien , je dois le dire, grâce à M. JUPPEAU  qui a su intéresser ces adolescents désœuvrés à la culture agricole du grand jardin aux abords de l'établissement. Il en est de même pour la prison de Tananarive que je peux suivre de plus près avec le concours de mon inspecteur M. VERGNOLE.
Le conseiller technique du ministre me fait connaître  qu'il envisage l'organisation d'un camp de jeunes.
Je nomme gardien-chef de ce camp M. Charles LAHIBE que j'estime beaucoup.


Voici ma lettre :

... En définitive et après avoir débattu avec Jules RAHARISON de toutes questions relatives à la sécurité et à l'ordre, j'envisage favorablement l'organisation d'un camp de jeunes d'Anjanamasina et en ait parlé au directeur.
L'association de sauvegarde accorde pour camp une subvention de 100.000 francs.
Jules RAHARISON doit cette semaine présenter au département  une demande officielle dans laquelle il précise les conditions  d'organisation de ce camp. Il lui a été précisé que l'organisation ne pourrait être accordée qu'à condition :
Scoutisme
1° d'emmener les encadreurs.
2° de s'adjoindre des moniteurs issus des mouvements scouts.




......


Le 13 septembre un décès suspect m'est signale dans la prison de Sambava.

La situation à Nosy-Lava m'est à nouveau exposée dans un long rapport et le 19 Madame LUCAIN fait le point au sujet de son école.




(Fin page 75)




Nosy-Lava, le 15 septembre 1960



Objet : détenus ne rentrant pas le soir à la prison d'Analalava.


Cher Monsieur Planchon,
Veuillez trouver ci-jointes deux copies de T.L.O. qui m'ont été adressées par M. le Juge de Section d'Analalava.
Au reçu du premier de ces messages, j'ai immédiatement donné ordre au gardien-chef de la maison d'arrêt de ne plus faire de dérogation et de veiller à ce que tous les détenus rentrent en prison chaque soir pour y passer la nuit.
Lorsque M. PRATI e eu connaissance de cette mesure, il est allé trouver M. le juge en lui disant que c'était vous même qui lui aviez accordé l'autorisation de conserver la nuit le détenu qui lui sert de boy. C'est exact et j'étais présent; Voyant cela, M. GERMAIN m'a envoyé un second T.L.O. (*)disant qu'il ne voulait pas vous contredire.


Je pense sincèrement que la première réaction a été la bonne . Lorsque vous avez accordé cette faveur à M. PRATI, cela ne tirait guère à conséquence puisqu'il s'agissait d'un cas isolé, mais il n'en n'est plus de même aujourd'hui.  Vous avez pu constater en effet que les demandes de main d'oeuvre pénale  par des particuliers se multiplient et que bientôt chaque habitant d'Analalava aura "son" prisonnier.  Si donc nous continuons à faire un cas d'exception  nous nous trouverons devant un dilemme car il est certain que beaucoup d'employeurs demanderont la même faveur. Si nous la refusons ils auront vite fait d'en conclure que nous avantageons le vazaha.Si nous acceptons, nous risquons d'avoir bientôt une cinquantaine de détenus qui ne coucheront pas à la prison; Comme certains serviront de veilleurs de nuit en l'absence de leurs patrons, vous voyez où cela peut mener.
A mon avis, il vaudrait mieux dire à M. PRATI que de nombreux abus ayant eu lieu, il ne nous est lus possible de laisser les prisonniers en dehors de la prison la nuit.
Je crains également que si l'on ne fait pas cesser cet état de choses, les détenus n'ayant pas la chance d'être chez des particuliers en prennent ombrage et que leur travail s'en ressente.




(fin page 76)





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GERMAIN
TSARA
PRATI



T.L.O. : Télegramme-Lettre Officielle




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