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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 1/11 Régions de l'administration pénitentiaire.


1959
Début

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Ainsi le 3 mars 1959, j'étais officiellement nommé Chef du service de l'Administration pénitentiaire et, non, Directeur comme tout le personnel me qualifia.
Je reçus des félicitations de très nombreux amis et notamment de M. Jacques FOCCART en service à la Présidence de la république auprès du général de GAULLE , de M. Roger FREY qui devint Ministre de l'Intérieur, de M. Pierre BAS, député , ....
Présidence de la transition en 2012

Mais où était donc l'Administration pénitentiaire ?

Elle n'existait pas, Madagascar étant jusqu'alors territoire de la République Française,
il n'y avait pas de Ministère de la Justice avant la nomination de Maître FOURNIER
et les prisons, réparties sur tout le territoire (elles étaient au nombre de 89) ,
dépendaient uniquement des services de police qui en assuraient le gardiennage et la gestion.



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Carte établie en 1960
situant les :
* maisons de force et centrale
* maisons d'arrêt
* maisons de sûreté
Superficie équivalente à celle de la France métropolitaine et de la Belgique.
Timbres

Plan interactif Google Maps


Agrandir le plan
Armoiries

Il me fallait tout organiser : les locaux, le personnel, les attributions , les ravitaillements , etc. ..., mais j'étais également obligé de partir en congé de fin de séjour, quitte à demander mon retour par anticipation.
Et il y avait également les pressions de toutes sortes de la part de certains qui voyaient  dans ce nouveau service une sinécure de choix.

Dès le 3 avril je recevais une lettre de madame ANDRIAMANANA qui sollicitait pour son mari une place en qualité d'adjoint, mais ses désirs de salaire étaient trop élevés pour le modeste budget dont je disposais.

Pour l'installation de mon service je louais un appartement de quatre grandes pièces Avenue de la Libération.


Une dizaine d'adjoints et de secrétaires malgaches me furent affectés et me furent très dévoués.

Je divisais alors le territoire en six régions :
Tananarive
Tamatave,
Tuléar,
Fianarantsoa
Fort-dauphin,
et Diégo-Suarez
à la tête desquelles je nommai six inspecteurs de l'administration pénitentiaire qui furent tout d'abord les six gardiens-chefs de service en ces villes à ce moment là :

mais il me fallait également deux gardiens-chefs musclés  pour les maisons de force de Nosy-Lava et Nossi-Bé où étaient les détenus condamnés à  plus de cinq ans de travaux forcés.

Pour le poste de Nosy-Lava je demandais à un ami de longue date habitant les environs de Tananarive : M. LUCAIN de bien vouloir exercer les fonctions de gardien-chef et à son épouse qui en avait les qualités , d'assurer la scolarité des enfants des gardiens, car cette île située dans le canal du Mozambique, au large d'Antalava n'était peuplée que de quelques familles malgaches  disséminées et sans aucune organisation administrative.
Seule la maison de force représentait une entité.
M. et Madame LUCAIN acceptèrent bien volontiers cette tâche et je dois dire d'ores et déjà qu'ils m'apportèrent un concours précieux fait de dévouement et d'amitié.

(prison,bagne, fermé en 2000 ; ajouté par mes soins)


Nossi-Bé



A Nossi-Bé, cette autre île située au nord-ouest du territoire la situation était différente car cette belle île, très touristique avait une population très complexe et était sans histoire  vis à vis de la maison de force sise en plein coeur de la ville .
Je demandai à un ancien sous officier de la coloniale, M. AUDRAIN, d'accepter de devenir le directeur de cette prison , ce qu'il fit bien volontiers.
Lui aussi m'apporta une aide précieuse  et pendant toute la durée de mon commandement je n'eus qu'à me louer de son service;

Il s'agissait là des nominations les plus urgentes car les services de police étaient impatients de se libérer de la charge des prisons.
La répartition des établissements pénitentiaires fut approuvée selon l'organigramme ci après :


Organisation de l'administration pénitentiaire malgache en 1959




Le 22 mai, la famille LUCAIN m'écrivait d'Analalava pour me faire connaître qu'ils avaient pris contact avec  le juge  et les gendarmes et que tout s'était bien passé, mais ils réclamaient les crédits nécessaires car ils avaient été obligés d'acheter  la viande de la maison de force sans aucun subside.
Ils rejoignirent Nosy-Lava  et le 28 mai je recevais deux lettres.
L'une de madame LUCAIN qui me faisait part de ses difficultés et dont voici la teneur :

Nous avons été très surpris que vous me demandiez de me faire intégrer dans le cadre des institutrices auxiliaires.
Vous savez bien que j'ai quitté l'enseignement parce que je n'en pouvais plus  et d'ailleurs je n'ai jamais exercé comme auxiliaire à Madagascar, le salaire étant dérisoire (23.000 je crois) .
J'ai fait des suppléances dans le secondaire officiel et j'ai donné des cours dans les établissements privés secondaires.
Autre ennui , une fois classée comme institutrice officielle , on me déplacerait sans me demander mon avis. 
Si j'avais voulu faire carrière dans l'enseignement, j'y serait tout simplement restée car j'ai commencé à 20 ans.Mais je n'avais pas vraiment la vocation.
Avant d'entrer au haut-commissariat avec vous, j'avais vu M. CARLE et il a admis qu'à mon âge il ne serait pas intéressant de reprendre du service.
D'ailleurs il n'a jamais été prévu que je quitte le Ministère de la Justice.M. FOURNIER, le lundi 4 mai où nous avons déjeuné chez lui, m'a encore dit qu'ici il y aurait un instituteur malgache, que je l'aiderais en donnant des cours d'histoire et de géographie  aux plus grands, et que je surveillerais surtout les enfants au point de vue hygiène.
Pour le moment il n'y a pas de "grands" ici.
Ils sont à Analalava  ( jusqu'au cours complémentaire)  et à Tananarive ou Tamatave dans les collèges. 
Il n'y a pas d'urgence à rendre officiel l'enseignement puisqu'il n'y a pas de local idoine.
En outre à cause de l'épidémie de coqueluche, pas question que je réunisse les enfants.
Pas une famille n'y a échappé. J'ai reçu hier le sirop c'est un peu tard.
J'ai fait faire un tableau ( Je viens de voir qu'on annonce l'ardoisine ) parce que j'ai l'intention de faire une garderie où j’occuperais successivement les élèves de chaque classe avec l'aide d'un prisonnier instituteur.
Il me faut les livres que j'ai demandé et un dictionnaire Larousse.
Mais  jusqu'à la fin de l'année scolaire, si proche, cet enseignement peut s"effectuer sans aucun caractère officiel ; ce serait plut^t un cours de vacances.
Il n'y aura du reste rien de stable, vu l'intense mouvement de personnel qui va avoir lieu.la moitié des agents s'en va et sera remplacé par des nouveaux et leur famille.par la suite quand les classes seront réellement constituées avec des instituteurs malgaches, il restera toujours les "moins de six ans"  et la garderie deviendrait la garderie officielle du pénitencier, sorte de jardin d'enfants. 
C'est pour une bonne part en raison des promesses que nous avons faites à ce sujet que des agents qui voulaient partir sont revenus sur leur décision.
Je vous rappelle que madame GESLIN a déjà fait une demande.
Par ailleurs une dizaine de prisonniers désirent s"instruire, entre autres deux de nos domestiques.
Je leur ai promis de m’occuper d'eux dès que vous m'aurez envoyé les livres.
Ceci entre dans mes attributions d’auxiliaire sociale de la prison, le moral des hommes s'en trouverait mieux.
Voilà pour l'enseignement........


Je pus donner satisfaction en partie à la demande de madame LUCAIN grâce au budget dont je disposais et malgré quelques aléas dans les années qui suivirent je ne pus que me louer de l'enseignement et de la bonne tenue qui fut inculquée aux enfants de Nosy-Lava.


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1959 6/11 Retour à Madagascar, après un congé en métropole.

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.......


Votre lettre de ce jour m'inquiète au sujet de votre retour . s'il faut deux mois avant de  passer à la visite , j'ai peur que vous ne puissiez embarquer à la date prévue.Cette nouvelle nous a jetés tous dans la consternation. M. FOURNIER demeure invisible. J'ai vu M. LALLEMAND qui m'a déclaré de ne pas m'en faire : qu'on s’occupe de vous.Tout ça c'est très bien mais je n'ai aucune preuve. M. JUPPEAU
aura une audience ce soir avec le ministre, il va tirer l'affaire au clair
.....
TSIRANANA


P.S. 
ATTENTION : M. JUPPEAU vient de me dire qu'il a vu M. FOURNIER  à votre sujet. Votre dossier est bloqué chez M. TSIRANANA : un salopard vous a tiré dans les jambes au G.G..
M. FOURNIER  doit voir M. TSIRANANA aujourd'hui 8 août  et essayer de faire le nécessaire. De mon coté  je contacterai le ministre de l'intérieur M. RESAMPA qui se chargera  j'en suis certain de la question; Vous voyez que mon intuition était bonne . J'avais bien compris qu'on allait manœuvrer contre vous. Ne perdez pas de temps à paris faites le maximum si vous avez des atouts : vous risqueriez de ne plus revenir;
.......
Du courage chef nous ne vous laisserons pas tomber
.......




(fin page 14)
Comme je vous ai annoncé hier soir j'ai eu une entrevue avec M. HOAREAU chef du personnel du ministre de l'intérieur. C'est un ami et un compatriote.Il n'y a rien de très grave dans votre cas.Il s'est chargé de tout arranger avec MM. RIDEL et RESAMPA. Vous aurez sans doute un retard mais vous reviendrez.
.....
je vous tiendrai au courant des suites de mes démarches.
......


Mes lettres se suivent peut-être de trop mais je tiens tellement à vous rassurer.Ce matin j'ai revu avec M. HOAREAU qui s’occupe sérieusement de vous aussi.Il a vu M. GUILLON à la S.A.F.E. . Votre dossier a quitté son service le 26 juin dernier avec avis favorable. Il se trouve à la Résidence.
Le retard vient de là.De retour au bureau, j'ai vu M. FOURNIER qui m'a déclaré qu'il avait retrouvé votre dossier, qu'il se charge d'en parler à M. TSIRANANA et que le nécessaire sera fait aussitôt après.Je vous tiendrai au courant des suites.Remontez votre moral, nous sommes là à toutes échéance.
.....


Mon retour se précise donc et il semble qu'une grande partie du personnel est heureuse de cette perspective, notamment l'inspecteur MATHEI de Majunga dans sa lettre du 15 août. mais le 17 août il y a de nouveaux orages à l'horizon.Des lettres alarmistes me parviennent de M. WILLIAM, AUDRAIN et LUCAIN.


......
 (M. MATHEI)


Il doit repartir ( M. FOURNIER) lundi de Majunga et m'a fixé rendez-vous au bureau. J'ai quelques pièces à lui monter  et je vais lui faire part de mes doléances.Je suis de plus en plus pris en effet entre le marteau et l'enclume et je n'aime pas ça du tout .N'ayant pas la signature, je ne peux prendre , réellement, mes responsabilités ( étant continuellement censuré par l'inspecteur MARIANI) et cependant il semble que Tananarive me tienne pour responsable.Alors ! cette situation est d'autant plus paradoxale que monsieur le ministre FOURNIER , auquel je m'étais ouvert succinctement de mes difficultés, m'a dit, en substance " non, non le service pénitentiaire est rattaché à la Justice". Je le savais bien mais c'est sur le papier.En fait, à Majunga, c'est un service hybride et j'en reçois la secousse étant tiré à "hue et à dia".


.....
(M. WILLIAM)


Je me demande sincèrement quel crime vous avez pu commettre contre ces gens qui vous ont couché sur la liste noire des fonctionnaires indésirables à Madagascar.Enfin pour ma part je ne me considère pas battu et ferait tout mon possible pour intervenir là où il faut.Du courage, patron, devrais-je essuyer des représailles que je ne vous abandonnerai point.




......

 (M. MATHEI)
J'ai vu il y a environ une heure, M. le ministre FOURNIER et c'est ce qui m'incite à vous écrire à nouveau . en parlant de choses et autres il m'a dit en substance " ... c'est comme pour la nomination officielle de M. PLANCHON, il y a d'autres candidats. Évidemment j'appuie  monsieur PLANCHON auprès de Monsieur le Président TSIRANANA, mais ....".
vous devez comprendre combien je suis tourmenté par cette phrase. Peut-être penserez vous que je me mêle de choses qui ne sont pas de mon ressort et, d'une façon absolue vous aurez raison, mais je suis certain que vous admettez ma réaction, qui me fait vous envoyer cette lettre.


....
(madame LUCAIN)

Nous venons d'apprendre par M. JUPPEAU que ça ne va pas tout seul pour vous.Je ne comprends d'ailleurs pas très bien, car j'ai vu votre décision quand vous êtes passé à la Justice. Je suppose que les absents ont toujours tort mais nous espérons que monsieur FOURNIER va réussir à arranger les choses.
Il n'est pas encore venu nous voir. Il a passé le 15 août à Majunga. Je commence à me demander si il viendra nous voir.Nous aurions pourtant besoin d'une aide efficace.On ne nous donne guère les moyens d'agir.


(Fin page 15)


Seul, M. JUPPEAU se démène pour nous dans sa sphère. Il a du vous tenir au courant lui-même......
pouvez vous nous dire ce qui se passe car notre ami JUPPEAU nous amis la puce à l'oreille. Si je puis vous aider en quoique ce soit n'hésitez pas à faire appel à moi.


*********
Enfin tout s'arrange !
Le 36 août je reçois un télégramme de M. WILMANN me disant :
" Plus de difficultés voyez d'urgence délégation Madagascar paris 16ème. Demandez retour anticipé"
Puis je reçois une lettre de mon ami JUPPEAU datée du 25 me confirmant que tout était réglé et une deuxième lettre datée du 26 confirmant le télégramme de M. WILMANN. Ce dernier m'envoie également le même jour une lettre détaillant les péripéties de la solution.
La réorganisation continue sa progression.
Fort - Dauphin
Le 26 août M. André DOYEN, du même cadre que moi,  m'informe qu'il a été nommé chef du district de FORT-DAUPHIN et qu'il a recruté en qualité de gardien-chef de la maison d'arrêt de cette ville M. STEFANI, ancien prisonnier de guerre et possédant de nombreux diplômes.
Voici sa lettre :

Je vous apprends que j'étais adjoint au chef du district de Fort-Dauphin et directeur de la prison.
Depuis le 18 août j'ai été nommé  chef de district de Fort-dauphin et, comme je n'ai pas d'adjoint, je suis tenu de garder la direction de la prison.
J'ai recruté le 15 février, comme gardien-chef,  monsieur STEFANI Jean-Pierre, marié, père de 4 enfants, âgé de 43 ans, ayant effectué 6 ans de service militaire, ancien prisonnier, évadé d'Allemagne, titulaire de la carte du combattant; il perçoit royalement 23.052 francs.
cet agent a effectué des études secondaires dans les lycées de France et est capacitaire en droit de l'université de Paris.
Tuléar
 Je viens de le proposer pour la titularisation à la province de Tuléar pour dater du 16 août 1959 puisqu'il vient de terminer son stage de six mois. C'est un élément très brillant et je ne pense pas qu'il puisse exister à Madagascar un gardien-chef capacitaire en droit.
.....


Le 7 septembre c'est M. MATHEI qui m'écrit de Majunga pour me faire part de ses difficultés. Je reçois également une lettre de Nosy-lava m'indiquant la ration des détenus reportée à la page suivante.


Voici un extrait de la lettre de M. MATHEI :

Le service de sécurité et de police de Majunga vient de faire la répartition des effets d'habillement et des couvertures sans me prévenir ni me consulter.Le l'ai appris par hasard. Or j'ai l'état des stocks des maisons d'arrêt et camps pénaux de la province  qu'ils n'ont pas.
Résultat : Befandriana- Nord n'a bénéficié d'aucun envoi et a besoin de 150 couvertures, 60 complet en toile, 120 complet en drap et 100 bonnets.




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1960 1/28 TULÉAR

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1960
Début du premier trimestre.


Jeux sportifs de la Communauté Française
13 au 19 avril 1960
avec M. Maurice HERZOG
Cette nouvelle année sera une épreuve décisive pour monter mes capacités à tenir les fonctions qui m'ont été confiées.

Temple à Tananarive
La réorganisation commencée va se poursuivre avec acharnement.

M. RAKOTOMALALA vient d'être affecté à l'administration pénitentiaire pour être mon adjoint.

La création de fermes et de jardins va s'intensifier dans tous les établissements pénitentiaires.

A cet effet je suis aidé et soutenu par mon adjoint René JUPPEAU très qualifié dans l'agriculture  et par tous les inspecteurs provinciaux qui me sont très dévoués ainsi que par quelques chefs de districts.
mais les difficultés sont toujours grandes.

Cathédrale Fianarantsoa
C'est ainsi que le 7 janvier M. LUCAIN m'adressait la lettre suivante :

... Je reconnais qu'à deux reprises je vous ai dit de ne pas vous alarmer mais avouez que depuis ce temps là , la fièvre a monté et que les esprits ce sont échauffés.
La propagande politique pénètre jusque dans les camps des détenus, à propos, je vous remercie pour la note que vous m'avez envoyée concernant les offices religieux.
Elle m'aidera beaucoup pour freiner les abus. J'ai fait traduire l'article 54 au pasteur, mais votre note produira plus d'effets.
Au sujet de l'ivrogne ESAROTRO , la Sécurité Générale a pris l'affaire en mains.Je crois que je serai rapidement débarrassé de cet indésirable : je vous tiendrai au courant. 
Si cet agent ne figure pas sur la liste que je vous ai donnée c'est qu'il ne s'était encore jamais mis dans cet état devant moi.
 J'ai vu au J.O. du 19 décembre 1959 que je pouvais vendre de la nourriture au personnel.
Ils me réclament tous du riz car ils n'en trouvent plus à Analalava . 
Malheureusement il me sera impossible de leur en céder pendant longtemps encore, puisque j'arrive difficilement à honorer la ration des détenus. 
Les 10 tonnes de paddy que je viens de recevoir  n'iront pas loin.
La nomenclature des pièces à fournir subissent de grands changements  je présume que vous allez nous faire parvenir les imprimés nécessaires sans tarder.
Quand pensez-vous pouvoir commencer le recrutement des nouveaux gardiens et me débarrasser enfin des brebis galeuses. J'étais fermement convaincu qu'à partir du 1er janvier 1960 , vous seriez libre de remettre n'importe quel agent à la disposition de la Sécurité Générale et de le remplacer par un gardien. Un commencement d'exécution créerait immédiatement une meilleure ambiance à la maison de force. 
Nossi-Bé
et
Île Sainte-Marie
(cliquez droit)
L'inspecteur RAMBELOSON a deux enfants malades et hospitalisés.
Il demande 15 jours de permission qu'il m'est difficile de lui refuser.
je m'inquiète de ne pas voir venir son remplaçant car si RAMBELOSON part vraiment  le 1er février il n'aura pas le temps matériel de mettre son successeur au courant.
BATOU qui fait fonction d'aide-greffier est une nullité doublée d'un ivrogne.
Sainte Marie
RAMBELOSON est véreux jusqu'au trognon, mais si vous ne pouvez pas faire faire l'enquête que je vous ai demandée, je préfère laisser tomber,car, malgré toutes les preuves dont je dispose, je ne suis pas sur d'avoir raison si l'affaire est mise entre les mains de la Sécurité Générale.
Je donnerais cher pour en être définitivement débarrassé .
Comme je vous l'ai déjà dit, il a toujours trafiqué avec les détenus.
Déjà à Sainte Marie il a été le héros de quelques coups fumants .Il y a quelques jours, un prisonnier est venu se plaindre qu"ayant eu besoin de mille francs il à emprunté  cette somme à RAMBELOSON  et lui a remis en gage une bague d'une valeur de 12.000 francs. aucun papier n'ayant été signé, RAMBELOSON  ne veut rien entendre pour la lui rendre. Comme GESLIN il fournit de quoi boire et fumer aux détenus, moyennant finances bien entendu.
Mélia
Je sais qu'il vend le vin à 150 francs le litre ( il le paie 105) et les cigarettes Mélia 65 francs au lieu de 45.
A l'occasion du 1er janvier , il a vendu des canards à 4 ou 5 détenus, à raison de 200 francs pièce, alors que les mêmes sont vendus de 125 à 150 à Analalava .
C'est la femme d'un agent  à laquelle RAMBELOSON a refusé de céder un canard au cours normal qui a dévoilé le pot aux roses.Interrogés les prisonniers ont confirmé sa déclaration.
Comment pourrais-je punir ces derniers, alors qu'un inspecteur greffier-comptable ne respecte pas le règlement .


(Fin page 39)


Il y a quelque temps, un détenu surpris alors qu'il transportait un bidon de 5 litres d'huile prélevée sur la ration de ses camarades , m'a avoué que RAMBELOSON était son meilleur client. Quand je vous aurai dit que notre greffier mène une campagne acharnée contre le président TSIRANANA  qu'il ne trouve pas assez anti-français, qu'il a voté NON au référendum, vous comprendrez pourquoi je me méfie de lui
.Je crois qu'il ne serait pas inutile que vous le signaliez à certain commandant de nos amis.


........


Antandroy
M. CADY se prépare à quitter TULÉAR  et un nouvel inspecteur provincial sera nomme.
Voici quelques passages de sa lettre du 15 janvier :

.......

Ça marche, ça marche  même presque trop bien, en ce sens que je suis pris dans un engrenage que j'ai déclenché et que je suis "noyé" dans la paperasse qui arrive de toutes les prisons.
réellement ce n'est pas possible de continuer ainsi .
la maison centrale suffit à occuper un homme , faire aussi l'inspecteur provincial  quand on travaille pratiquement seul devient un tour de force.
A part un détenu je n'ai personne capable de m'aider et il y a 23 prisons dans le province.
Pas d'adjoint, pas de greffier-comptable .... C'est dur .
MARIGNY viendra-t-il bientôt ?
Je souhaite lui passer une partie de mon fardeau.
Je rentre de Fort-dauphin où la situation n'est pas mauvaise.
STEFANI m'a dit qu'on avait promis de le nommer à Tuléar ?
Il m'a fait bonne impression, il est plein de bonne volonté et il vaudrait peut-être mieux un "vazana" à Tuléar plutôt qu'un "gache" comme gardien-chef.
Mais la situation de cet homme est lamentable. Il est père de 4 enfants. Il gagne 23.000 francs par mois et ne perçois rien pour ses gosses. Il aimerait rester gardien-chef mais on lui offre 45.000 et logé à la voirie de Fort-Dauphin. Si vous ne lui donnez pas l'équivalent il va nous lâcher et ce serait peu^-être dommage car c'est un homme intelligent et instruit dont le juge et le chef de "circauto" m'ont dit beaucoup de bien.


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1960 2/28 Fort-Dauphin





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Je vous rendrai compte dans mon rapport que je vous adresserai sur mon passage à Fort-Dauphin de l'intention  du chef de la "circauto" de partir en guerre  contre notre décret lors du passage proche du président TSIRANANA.
Ce monsieur qui qualifie cette réforme de grotesque épouse à fond les revendications des chefs de district de Bétroka et d'Ambovombé et se fait fort d'obtenir des réformes qui leur remettront en main la disposition des prisonniers qu'ils prétendent ne pas pouvoir payer.
Je crois qu'ils tentent une épreuve de force et j'espère que vous allez tenir bon, M. FOURNIER et vous pour ne rien changer à une réforme qui s'annonce bien, les demandes  de cessions arrivent de partout.
Fort-Dauphin
J'ai encore des ennuis avec le co-divise qui voudrait me passer la liquidation des crédits  ( provinciaux) de l'exercice 1959 dont la situation est fort embrouillée et en gros dépassement.
Fort de la lettre du ministre qui précise  que je ne serai liquidateur que pour l'exercice 1960 , j'ai refusé tout net. Ce monsieur fait pression sur moi en fonction de son grade supérieur au mien dans la police. Je ne me laisserai pas faire et je vous demande de me soutenir à ce sujet. C'est à lui qu'il appartient, à mon sens, de clore un exercice budgétaire dont il est liquidateur et atout à fait à une certaine époque pour que je ne sois pas.
...




Puis le 3 février, M. MATHEI, dont je n'avais eu qu'à me louer,mais dont le comportement entraînait une levée de boucliers venant de tous les horizons fut nommé  inspecteur pour la province de Fianarantsoa et un intérim le remplaça à Majunga.
 A Tuléar il y avait également quelques difficultés. Ces situations font l'objet des deux lettres ci-après :

...

(fin page 40)


.... (M. MATHEI)

Faisant suite à notre conversation téléphonique du 2 février, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir reporter d'une semaine mon départ de Majunga pour Fianarantsoa, via Tananarive, c'est à dire du dimanche 14 au dimanche 21 février.
Je désire en effet, tout d'abord pendant ce court laps de temps ( mais peut-être suffisant) exécuter les licenciements indispensables  pour ramener l'effectif total des agents  du service pénitentiaire ( y compris les agents de police qui servent  à la maison centrale de Majunga et les agents du service pénitentiaire qui jusqu'au 31 janvier émargeaient au budget des T.P.) à 240, comme je m'y suis engagé.
D'autre part il me faut non seulement passer les consignes ( déjà compliquées dans une province presque inorganisée) à mon intérimaire, mais encore le mettre au courant de la marche à suivre pendant mon absence , enfin de lui donner toutes directives utiles pour lui éviter les heurts avec les autorités et, plus simplement, pour la régularité du service.
Il y a aussi cette question de local que j'espère pouvoir résoudre sous peu grâce à la bienveillance et l'amitié de monsieur le docteur RAKATOVOARIVOANJANAHARY , contrôleur général et maire de Majunga,qu'il me témoigne que je lui rends bien ( mon dévouement est toujours fonction de l'affection et de la confiance que l'on veut bien m'accorder).
Je ne lui ai pas parlé de ma mutation car je ne suis pas du tout certain que ce qu'il ferait pour moi il le ferait pour Paul, Jacques ou Jean  et je suis même persuadé du contraire.
Lorsque je lui parlerai de cette mutation, car je serai bien obligé de le faire, je lui dirai la vérité c'est à dire  que ce n'est pas un remplaçant qui vient à Majunga mais un intérimaire et que je ferai la navette  entre Fianarantsoa et Majunga tous les deux mois environ ........
Il y a un grand nombre d'agents du service pénitentiaire à renvoyer  mais aussi il y en a qu'il  faut impérativement garder   car nous devons tous penser à la France.
Or je me flatte (je suis bien le seul à le faire hum ! hum !)  d'avoir engagé une majorité d'agents qui pensent français.
Dans cet ordre d'idées j'ai constitué à Marovoay , un petit groupe sur lequel il est possible de compter en toutes circonstances.......
Prendre la province de Fianarantsoa dans les conditions que je connais ne me complaît guère, je dois bien l'avouer et vous vous en doutez mais, bah !, le père MATHEI est bien seul à pouvoir débrouiller la situation ce qui, entres parenthèses, lui fait tout de même plaisir car il pense, il espère, que l'on voudra bien lui laisser  dans la légalité les mains libres comme monsieur ALEXANDRE l'avait fait lorsqu'il était chef de province à Majunga .




........ ( M. CADY)

Je viens de recevoir de MARCURIGNY , une lettre qui m'a profondément déçu et c'est un peu un S.O.S. que je viens lancer aujourd'hui.
Votre dernière lettre m'annonçait son arrivée  et la votre, pour les premiers jours de février.
C'était très bien ainsi et je m'en réjouissait .J'aurais eu le temps de mettre mon remplaçant au courant et de lui passer le service ......
Je mène depuis deux mois une vie de chien au bureau jusqu'à 20 heures et plus de sieste par 35° à l'ombre ce n'est pas idéal.Je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte  mais je vous dis franchement qu'il n'est pas possible à un homme seul de cumuler plus longtemps les fonctions de gardien-chef et d'inspecteur : un inspecteur qui n'inspecte rien parce que trop pris par le bureau ;  ce n'est que grâce à une pratique du métier que j'ai pu "étaler" jusqu'à présent mais je suis  débordé.
Au bureau de la maison centrale je n'ai comme secrétaire  valable qu'un agent-greffier qui ne connaît rien d'autre que ses registres d'écrou ....
Je fais le greffier comptable et je dois avoir l'oeil à tout, le niveau intellectuel des fonctionnaires  du sud est bien inférieur à celui des autres régions. Je sais pertinemment que mes collègues gardiens-chefs  ou directeurs des maisons de force sont beaucoup mieux partagés. 
Coté inspection, il y a l'inspecteur et  .... pas grand'chose ! une vieille machine prêtée par la province et deux ou trois détenus vaguement lettrés qui entassent au petit bonheur les pièces venues des 23 prisons de la province .


.....


(début page 42)


Et il y a certainement la liquidation des crédits, sans comptable.
J'ai déjà passé quelques agréables soirées à essayer d'établir la répartition  entre les différentes prisons, je n'ai pas terminé et cependant  les pièces comptables commencent à affluer.
Dans ces conditions je me demande comment je vais en sortir !




La situation était don très délicate, tant à Majunga qu'à Tuléar . Je réussis cependant à calmer les esprits en procédant à quelques mutations et le 9 février je recevais  une nouvelle lettre de M. CADY , alors en inspection à Morombé et il me rendait compte de sa visite dans les termes suivants :

Je vous ai adressé par le courrier d'hier une demande d'emploi en tant que secrétaire-comptable formulée par M. CAPDESSUS ; l'avis très favorable que je lui ai donné n'est pas un avis de complaisance ( genre avis RAKOTOMALALA   pour qui j'ai eu la main un peu forcée par le secrétaire de ....
CAPDESSUS TIENT TOUTE LA COMPTABILITE , et la paperasserie de la brigade, dans ce domaine c'est un as qui serait précieux pour l'inspecteur qui , avec cet homme au bureau, pourrait alors vraiment inspecter.
Si son recrutement est possible aux conditions qu'il demande  je vous conseille vivement de mettre le grappin dessus , ce sera une bonne affaire.
Par contre je sais maintenant que le nommé RAKOTOMALALA est criblé de dettes  ( plus de 100.000 francs) et a trafiqué avec les fournisseurs de la commune dont il gardait les factures en instance de liquidation si les intéressés ne lui graissaient pas la patte pour en activer la liquidation.


....


Une histoire quelque peu comique me fut également adressée par lettre venant de Morondava.
Je ne peux résister au plaisir de la reproduire in-extenso :

....

(fin page 42)


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1960 Rapport d'activité en 1960 5/10 TULEAR - TOLIARA

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Faune de Morondava
Autruches
et
lémurien.

Province de Tuléar
Amboasary-sud
Ambovombe
Ampanihy
Ankazoabo
Belo-sur-Tsiribihina
Bekily
Benenitra
Beroroha
Betioky
Betroka
Fort-dauphin
Mahabo
Manja
Miandrivazo
Morombe
Morondava



Bekily
Fort-Dauphin
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1961 2/ Tuléar

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Suite d'une lettre de M. MATHEI
Tuléar 7.1.61


Personnellement je pourrai fort bien en transmettre une copie à monsieur Le Ministre BOTOKEKY.
Évidemment, ne connaissant pas le contexte de cette correspondance ce n'est qu'une suggestion.
Vous devez bien penser que cette situation paralyse mon activité.
Je n'ose rien entreprendre de sérieux.
a la suite du cyclone de faible intensité, que nous venons de subir, la cour de la maison centrale étant en partie inondée ainsi que deux dortoirs, j'ai évacué 60 détenus dans les 3 cases construites récemment au champ pénal.
Monsieur Le BIHAN est outré et je le comprends;
vous aurez tous les renseignements par ce même courrier, c'est à dire lundi après-midi.
Mercredi je suis à Morombé (si le temps le permets).
En recevant l'état nominatif des détenus de toutes catégories, du mois de décembre, à Fort-dauphin, j'ai constaté que le sieur MANERA DAVIDSON , condamné à 10 ans de réclusion, libérable en 1965, était toujours dans cette maison d'arrêt, malgré votre lettre formelle, rédigée pendant mon séjour à Tana, entre le 13 et le 16 décembre.
Il est vrai qu'il doit être protégé par le nouveau citoyen malgache Monsieur RA-DOYEN ( chef de district) , et ... Vive l'empereur .... Malgré ceci je me permets de vous suggérer de renouveler votre ordre , surtout si monsieur caïd doit prendre la zone sud.
Je vous prie toujours de croire, monsieur le Directeur, en mon entier et complet dévouement et à mes respectueuse affections.


signé MATHEI






page 121


Le 12 janvier l'inspecteur de Diégo a quelques problèmes avec l'administration provinciale que j'aurai la possibilité de résoudre rapidement et monsieur MONJOL restera sur place.



....

J'ai hésité à vous écrire , mais je décide aujourd'hui de vous mettre au courant de ma situation à Diégo.
En effet, vous avez été très chic de m'accorder votre confiance en me prenant au service pénitentiaire à mon arrivée à Madagascar.
Vohémar
vous m'avez très bien noté par la suite, et maintenant vous voyez que M. ARIDY tient à me remplacer à l'inspection du service pénitentiaire.
Vous devez vous demander quel est le motif de cette mutation.
A mon avis c'est que je me suis montré trop strict dans l'application de notre réglementation.J'ai peut-être eu tort.
En effet j'ai rappelé au chef de district de Vohémar qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de faire assurer la garde de la caisse de l'agent spécial par notre personnel.
J'ai adressé une copie de ma correspondance au secrétaire d'Etat.
Ambanja
Capucins d'Alsace


Plus tard, j'ai du également écrire au Chef de District d'Ambanja qu'il ne pouvait demander au gardien-chef de mettre des gardes à la disposition du Chef de Canton pour le recouvrement des impôts.
M. ALLAIN est venu  lui-même me demander pourquoi je m'opposais à ce que le District d'Ambanja
utilise parfois des gardes pour le recouvrement des impôts.
 Je lui ai répondu que les instructions que j'avais de mon ministre s'y opposaient. 
Ici même à Diégo, j'insiste lorsque M. ALLAIN me demande au téléphone de fournir une corvée de détenus, pour savoir quel est le service qui remboursera la cession. 
Tout cela ne leur fait pas plaisir.
Enfin j'estime que ce n'est pas grave pour moi, et que vous ne m'en voulez pas de n'avoir pas su satisfaire les deux administrations.
Jusqu’alors  M. SENEZ chef du service provincial des finances, n'est pas au courant qu'on projette de m'affecter à son service.
Je le saurai lorsque M. DOMENGER sera arrivé.




....


Puis les 13,17 et 24 janvier la situation à Nossi-Bé fait l'objet de nombreuses correspondances relative à l'utilisation de la main d'oeuvre pénale :

...
J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Etant fréquemment dérangé par M. H. de LASTELLE , cet éternel mécontent qui se plaint toujours de n'avoir pas suffisamment de détenus pour l'importance de ses propriétés, couvrant, me disait-il, 150 hectares, j'ai cru devoir adresser le 9 janvier, au contrôleur des contributions une demande de renseignements.
Ainsi que vous le constaterez par l'examen de la réponse qui m'a été faite, M. Henri de LASTELLE m'a menti. 


Ile de Nosy-Komba


A la suite de cette vérification  j'ai adressé hier une convocation le priant de faire réintégrer la Maison de Force par quatre de ses détenus que je destine au Service des Eaux et Forêts de Nossy-Komba.
La répartition des détenus étant approximativement d'une unité par 20 hectares, ce planteur devrait donc avoir cinq détenus et non pas onze, alors que bien d'autres n'ont pas cette proportion.
Je m'étais efforcé de lui donner partiellement satisfaction mais devant d'incessantes démarches j'ai dû effectuer un contrôle qui s'avérait nécessaire.
Monsieur est venu me trouver ce matin à ce sujet et a manifesté un vif mécontentement;
Il m'a dit qu'il était victime d'une injustice et qu'il allait se défendre.
Je lui ai dit, en le voyant faire semblant de sortir un crayon de sa poche : "évidemment vous allez écrire, vous en avez d'ailleurs l'habitude" .
Il m'a répondu : " TSIRANANA et PLANCHON cet homme distingué vous pistonnent mais on verra bien".
Je l'ai interrompu par ces mots : "Ah! Ça me fait plaisir d'apprendre cette bonne nouvelle".
Il m'a assis en répliquant : " Oui, ils vous pistonnent, d'ailleurs c'est vous qui me l'avez dit un jour ..."
J'ai cru devoir rétorquer : " Mais  vous déménagez , monsieur".
Puis il est parti.


( fin page 121)


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