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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 22/28 NOSY-BE

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Suite de la lettre de M. LUCAIN






Page 84

J'ai été surpris en recevant votre lettre N° 456 JU/SAF  concernant les agissements de MEYER , d'autant plus que je lui rends pas mal de services.
Actuellement, sa machine à écrire est en réparation ici.
Un moment avant les élections, comme il recevait la visite de M. NATAI et sa suite, il a fait appel à moi pour que je lui fournisse du poisson, des fruits de mer et des légumes. 
Bien entendu, je lui ai procuré ce qu'il demandait et sa dame m'a adressé ses plus chaleureux remerciements.
J'ai demandé des précisions à RAMPIRISON ua sujet de l'affaire LAIPANGA.Il m'a répondu que le chef de district l'avait convoqué dans son bureau et lui avait intimé l'ordre d'envoyer LAIPANGA à Ankomajary. Comme RAMPIRISON faisait remarquer à M. MEYER qu'il était sous mes ordres, qu'il devait me demander mon avis et qu'en plus il manquait de personnel, le chef de district lui a répondu d'exécuter ce qui lui était commandé ; il serait temps, parla suite, de me tenir au courant. Évidemment, je n'ai pu avaler cette pilule et j'ai envoyé à M. MEYER la lettre dont vous trouverez ci-joint copie .
Je lui ai également envoyé copie conforme de votre lettre N° 456 JU/SAF . J'attends sa réponse qui sera quelque peu différée du fait qu'il est actuellement en tournée. je vous la ferai parvenir.

Je vous remercie beaucoup des 100.000 francs que vous mettez à ma disposition pour l'achat de mobilier; La scie circulaire est maintenant installée; elle est actionnée par un moteur Vandoeuvre 8ch que JACQUIE a remis en route.Cela me décide à acheter le bois et la quincaillerie nécessaires à la confection des meubles dont nous avons besoin; Je suis persuadé qu'ainsi nous tirerons le maximum des crédits providentiels.
La mesure m'allouant 50.000 francs de mieux pour la C.A. m'enchante également car je me demandais comment j'allais m'en tirer.
Lorsque je vous parle des lenteurs apportée au règlement de la caisse d'avances je ne vous mets nullement en cause. N'empêche qu'avec le processus actuel , il se passe au moins quinze jours entre ma demande de fonds et la réception de ceux-ci; En effet, lorsque je vous adresse ma demande accompagnée des factures justificatives par l'avion du mercredi, je ne puis recevoir l'avis de votre versement que le mardi suivant et souvent très tard. Si je ne veux pas perdre une semaine de plus, je dois faire repartir la vedette le lendemain matin , mercredi, pour expédier mon chèque postal à Tananarive, et si tout va bien en recevoir le montant le mardi suivant. voyez comme cela est simple. Et encore je suis optimiste car je ne tiens pas compte des intempéries toujours possibles pouvant empêcher la vedette de faire la traversée.


La situation de nos comptes est en accord avec le relevé que vous nous avez fait parvenir. Je vous joins par ailleurs le montant de la somme à payer sur la caisse d'avances.(prélèvement au greffe et factures en retard).
L'histoire du paddy provoquée par BARON ne me surprend nullement. plus je le connais et plus je me rends compte que c'est un petit salopard.Nous aurions peut-être mieux fait de nous orienter vers la Lyonnaise. BARON est d'une avarice sordide, à tel point qu'il fait vendre (très cher) par la boutique des crayons et des casquettes portant la publicité d'Orangeboom. Il m'a réclamé pendant des mois une somme de 300. francs correspondant à des frais de dédouanement; Comme il me demandait toujours cela lorsque j'étais de passage à Analalava, j'oubliais systématiquement de faire établir la facture en arrivant ici. Mais il y a quelques semaines il est venu faire l'inventaire  de la boutique et après avoir bien mangé et bien bu à ma table comme il le faisait  tous les 15 jours, il a remis ça avec ses 300. francs . J'ai préféré les lui donner de ma poche  et avoir la paix; seulement la prochaine fois qu'il reviendra il apportera son casse-graine.
d'autre part , je viens de refuser de l'envoyer chercher par la vedette à Analalava et de le reconduire dans la même journée de samedi, comme il le demandait; Lui qui est si avare trouverait normal que nous dépensions 80 l. d'essence pour sa petite gueugueule ( voyez ma réponse ci-jointe).S'il est dit dans notre accord qu'il peut user de notre vedette lors de ses voyages réguliers, il n'est pas question de la mettre à son entière disposition.
Je n'ai pas encore revu le curé d'Analalava mais CHRISTOPHE est venu s'excuser de leur sans-gêne.
Je voudrais bien que vous donniez suite à votre projet de m'envoyer un secrétaire digne de ce nom. J'ai été trompé très longtemps sur les qualités professionnelles  de CHRISTOPHE car  j'apprends seulement maintenant que c'était RAMBELOSON qui lui mâchait son travail, leurs femmes étant parentes. Celle de CHRISTOPHE vient de révolutionner le camp en racontant à qui voulait l'entendre que la femme du vaguemestre couchait avec certains agents dès que son mari partait à Analalava.Cela a pris la tournure d'un véritable drame et le vaguemestre m'a demandé de le muter; J'ai réussi à le calmer en lui disant que si il partait , il donnerait encore plus de poids aux médisances lancées contre sa femme. Et tout cela,  parce que le vaguemestre t son épouse ne vont pas matin et soir à l'église. Mais le plus croustillant de l'histoire, c'est que j'ai eu la certitude que la mère Christophe s'est envoyé deux détenus qui n'en font d'ailleurs pas mystère ( Il ne faut pas qu'ils soient dégoûtés car si vous voyiez la pépé !) .
Vous me demandez ce que j'ai pu faire  avec les 50.000 francs de planches et le ciment.En ce qui concerne les premières, je n'ai pas encore pu faire grand'chose puisque je n'en n'ai pas ramené beaucoup sur la Tsy Taitra, l'énorme caisse du moteur diesel prenant trop de place.toutefois j'ai fait faire des portes et quelques meubles pour l'école. J'attends avec impatience que les autres planches arrivent; Je voudrais faire un mobilier standard pour tous les agents.
pour ce qui est du ciment, je l'économise le plus possible car je voudrais faire une case pour le gardien-chef d'Analalava, ainsi qu'une case de passage;Évidemment j'y ajouterais de la chaux "maison" dans la mesure du possible.La pierre et la main d'oeuvre ne me manquent pas, il ne me resterait guère à vous "taper" pour les tôles et la peinture.
Mais puisque nous parlons cases, j'ai bien peur que la Gendarmerie ne nous retire bientôt celles ou habitent nos gardiens.
M. CLARAC m'en a touché deux mots et je crois que vous feriez bien de prendre les devants.Si cette
 hypothèse se confirmait, je me fais fort de construire sur le terrain de la prison des logements beaucoup plus confortables que ceux qui nous sont prêtés par la Gendarmerie et à très peu de frais.


Pour ne pas quitter les gendarmes, nous n'aurons pas besoin d'eux pour entraîner notre personnel au maniement des armes : GOZIE, l'adjudant chef et moi nous en chargerons.D'ailleurs il n'y a que les toutes dernières recrues qui ne soient pas au courant.Mais je me fais guère d'illusions, même sur ceux auxquels nous avons montré la manière de  démonter et remonter leur arme, et de s'en servir : à de rares exceptions près, leur bravoure n'en n'a pas augmenté pour autant.
vous me dites que les agents titulaires seront repris petit à petit par la Sûreté . est-ce obligatoire ?
plusieurs d'entre eux m'ont déjà exprimé le désir d'opter pour le Service Pénitentiaire. Je vous serais reconnaissant de me répondre à ce sujet par prochain courrier car cette question est très importante pour moi. 
déjà trois Comoriens, agents titulaires , m'ont demandé à être mis à la disposition de l'administration de leur pays : ce sont Alihamidi Adallah , Saadi m'SILIE, BACO MOINGARIE. Je regretterai seulement le dernier nommé.
par ailleurs, alors qu'il était en fonction à la maison d'arrêt d'Analalava, le gardien de prison Ismail Kassim a adressé une demande dans le même sens à Monsieur le Président du conseil de Gouvernement, et vous avez donné suite; pourtant j'étais convaincu que seuls les agents titulaires pouvaient bénéficier du droit d'option. Veuillez m'éclairer à ce sujet.


A suivre





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1960 23/28 Anjango

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suite d'une lettre de M. LUCAIN


Lorsque j'ai demandé à RAMPIRISON si le détenu employé chez M. PRATI était le seul à rester à Analalava  pendant la nuit, il m'a répondu oui.
 Évidemment, il avait raison, mais il aurait pu me dire que quatre autre bénéficiaient du même avantage  à 2 ou 3 km du patelin ( dont deux au service du député BEHAVANANA ).
avant de prendre une décision définitive , je voulais attendre votre réponse, mais RAMPIRISON n'a pas eu cette patience et lorsque j'ai voulu lui dire de conserver le statu quo jusqu'à plus ample informé,il avait déjà donné ordre à tout son petit monde de rentrer faire dodo dans son établissement; lui au moins ne pêche pas par manque d'autorité. 
J'aime mieux cela en fin de compte.




(fin page 86)


Ce petit malentendu vient du fait que je n'ai pas pu avertir RAMPIRISON assez vite car la radio de la Gendarmerie est en panne depuis le 28 septembre, ce qui est terriblement gênant.


Le 10 octobre 1960


Le samedi 8 octobre, à 5h 30 du matin, l'inspecteur GOZIE le gardien-chef RAMPIRISON, l'agent BACO et moi-même, avons quitte Nosy-lava pour nous rendre au camp d'Anjango.
Nous n'avons pu rejoindre Nosy-Lava que le dimanche à 11 heures, après une nuit entière passée au milieu de la Loza., la pompe de circulation d'eau du moteur s'étant remplie  de sable et le refroidissement ne se faisant plus .
nous n'avons pas à regretter l'abandon de ce jardin pénal, ne serait-ce que du fait de son éloignement qui rend toute exploitation impossible pendant le mauvais temps.
 En période normale il faut compter une bonne journée pour effectuer le voyage aller et retour. par ailleurs, nous n'avons pas de personnel possédant les connaissances professionnelles et l’honnêteté nécessaires pour mener une entreprise où tout contrôle suivi est impossible.
a part quelques brèdes mafana et quelques choux gros comme le poing, ce jardin n'a rien produit depuis de longs mois; Les détenus vivaient bien tranquillement et ne se foulaient pas beaucoup.
L'un d'eux avait même fait venir sa femme et vivait en bon voisinage avec son gardien.
Avant d'arriver au camp pénal nous avons rencontré deux détenus  qui se promenaient dans un village; Ils étaient très correctement habillés en civils, c'est leur air ahuri, lorsqu'ils nous ont aperçu, que nous avons deviné a qui nous avions à faire.
Au camp tout le monde se reposait de ses fatigues, la vie de château, quoi ! Cela m'amène à croire que la lettre adressée à M; Le Juge ( et que je vous ai adressée) n'émane pas des détenus qui avaient toit intérêt à attendre bien tranquillement la classe plutôt que de remuer le caca. Je crois que c'est MAHIVY, le prédécesseur du gardien actuel qui en est l'auteur.Il regrette se prérogatives d'antan et espère sans doute que si son successeur était muté, il retrouverait son ancienne planque.
Avant de terminer il faut tout de même que je vous mette au courant de notre odyssée.
Partis le samedi matin de Nosy-lava comme je vous l'ai déjà dit , nous sommes arrivé à Anjango vers 9 heures, et au jardin pénal vers 10 h donc après une heure de marche. après avoir récupéré le matériel et 7 des 8 détenus , le dernier étant resté avec le gardien pour l'aider à ramener ses affaires. J'ai réuni les chefs de villages voisins qui m'ont dit que rien ne restais en suspens. Nous nous sommes quittés bons amis.






Il était environ 15h quand la marée a été assez haute pour que la vedette puisse repartir après avoir été échouée pendant plusieurs heures dans le sable vaseux de la Loza. C'est sans doute pour cette raison qu'au bout de quelques kilomètres la pompe a cessé de fonctionner. si bien que la vedette (avec nous dedans)  a été livrée au gré des flots pendant toute la nuit;Il a été assez rosse, le gré des flots puis qu'il nous a déportés à plus de 6km en direction d'Antsohihy. 
avec l'équipage nous étions 14 bonshommes dans le bateau qui était chargé en outre de tout le matériel récupéré ( arrosoirs, pelles, râteaux etc...).
je vous assure qu'il n'y avait pas de place pour danser la bourrée.
Enfin, le dimanche matin, après avoir entièrement démonté la pompe ainsi que sa tuyauterie et avoir enlevé le sable qui encrassait tout, nous avons pu repartir et rejoindre Nosy-Lava vers 11h.
inutile de vous dire que nous n'avons pas fermé l'oeil de la nuit.
Je m'attendais à trouver ma femme en pleurs, mais dès qu'elle m'a vu elle m'a dit : " Vous êtes sans doute restés à la chasse ,"  comme quoi j'avais tort de m'inquiéter.
en résumé je suis heureux d'être débarrassé d'ANJANGO.
Le retour de la Tsy taitra m'est annoncé pour le 12 ou le 13 courant ;
Je vous quitte en vous serrant cordialement la main.

Signé LUCAIN


(fin page 88)


Suivent une lettre de M. LUCAIN (manuscrite) :

Nosy-Lava le 17 octobre 1960

Cher Monsieur Planchon,

C'est avec joie que je verrai partir l'illustre GILBERT Paul promu commis des douanes. il n'a pas dessaoulé depuis son arrivée ici.En compagnie de ses amis RAMAROSON et de l'adjudant chef  RAKOTONDRASOA , il a copieusement arrosé l'anniversaire de l'indépendance malgache. Le "juteux" a pris une seule cuite magistrale qui a duré du jeudi au dimanche soir.Mais ce matin, pas question  de reprendre le travail; Vous verrez par ailleurs les exploits du Docteur RAMAROSON ( il se fait appeler ainsi).
J'allais oublier de vous dire qu'il y a quelques temps, RAKOTONDRASOA qui s'était cuité la veille a piqué une tête dans mes plates bandes de salades. J'ai bien cru qu'il allait claquer et que j'en serai débarrassé. Je ne lui demande plus rien et le considère comme un figurant.
Je vous remercie d'avoir liquidé BOINAHERY, d'autant plus que l'avertissement que lui a adressé RAMPIRISON lors de la foire d'Analalava ne lui a pas servi de leçon puisqu'il a remis ça à l'occasion  de l'anniversaire de l'indépendance Malgache; Ce gars là est vraiment cinglé.
D'ailleurs je vous serais reconnaissant, si cela vous est possible, de ne plus recruter des Comoriens pour Nosy-lava. Ils sont trop nombreux ici et forment une sorte de coterie.
Lorsque l'un d'entre eux est puni,même pour une faute grave, ils prennent systématiquement sa défense.D'autre part leurs fêtes religieuses et autres sont extrêmement nombreuses ce qui jette une certaine perturbation , les agents non musulmans rechignant pour les remplacer.
Je pense que lorsqu'ils se sentiront en minorité très nette, ils seront moins exigeants.
Au moment où j'allais terminer ma lettre, on me signale que la TSY-TAITRA  vient d'envoyer un message radio et qu'elle n'est plus qu'à quelques kilomètres d'ici.


Je vous serre cordialement la main.

P.S. Sur l'une de mes dernières lettres je vous ai demandé si je devais laisser partir les lettres écrites par le détenus politiques et dans lesquelles ils chantent les charmes d'un séjour à Nosy-Lava.
Le chef de canton d'Analalava pense comme moi que cela vient à l'encontre de l'effet psychologique désiré par le Pt. TSIRANANA . Répondez moi vite sur ce sujet. 





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1960 24/28 Budget 1961 , Rapport 1960

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(page 91)
Nosy-lava , 3 novembre 1960

Cher Monsieur Planchon,

Je serais bien content si vos prévisions se réalisaient en ce qui concerne le renouvellement de mon contrat, car il ne peu être question pour moi de retourner en France avant d'avoir vendu ma sacrée case.
Et je crois que le moment d'en tirer un prix convenable n'est pas encore venu.
Est-ce que notre nouveau patron se souvient de moi ? S'il vient ici il me reconnaîtra sûrement. J'espère que s'il donne suite à ses projets, vous viendrez également, car non seulement ma femme, Jacquie et moi serions heureux de vous revoir, mais encore j'aurais beaucoup de choses à vous dire de vive voix.
Récolte du riz
Felix et RANDRIAMARO sont bien arrivés depuis le 1er novembre.Ils sont un peu effondrés par la chaleur. Il est vrai que les derniers mois qui précèdent la saison pluvieuse sont assez durs. La chaleur est écrasante. Félix surtout passe son temps à s'éponger la figure avec son mouchoir.
bien entendu je suis entièrement d'accord pour que vous commandiez encore du paddy à la Lyonnaise car pour nous la question sacs est très importante.Pourtant nous faisons attention au gaspillage. Et puis, je serai plus tranquille lorsque j'aurai un certain stock de paddy d'avance.
Merci pour la note que vous m'avez envoyé concernant l'entrée des personnes étrangères dans la zone réservée au pénitencier. Elle me sera d'une grande utilité. Hier encore je me suis formellement opposé au débarquement d'une pleine vedette d'Indiens d'Analalava ( commerçants) qui voulaient venir pique-niquer ici.
Je suis étonné que vos commissionnaires n'aient pas réussi à trouver le régulateur Ducellier que nous avons demandé. C'était jusqu’alors une pièce très courante. Les derniers beaux jours qui nous restaient pour naviguer passent rapidement et la Tsy Taitra est immobilisée à cause de cette maudite pièce.

Je vous remercie sincèrement de nous débarrasser de notre sommité médicale, le "Docteur RAMAROSON".
Ci-joints le message du médecin-inspecteur et ma réponse. Je pense que vous approuverez ma circonspection. Qu'un accident arrive et ces Messieurs du Service de Santé seraient trop heureux de nous le mettre sur le dos si un des "leurs" n'était pas là. 
Je vous raconterai de vive vois mes démêles avec le colonel DESTRIBATS qui avait cru bon de prendre un air agacé devant mes réclamations concernant les infirmiers qui se sont succédés ici.  


(Fin page 91)


Camp d'ambre
Infirmerie
pendant que nous sommes sur ce chapitre, je vous signale ce qui me parait être une anomalie ( vous allez dire que je vous en signale une par lettre) .
 Depuis quelque temps, tous les jours, une bonne dizaine d'habitants de Mahabo vient se faire soigner à l'infirmerie de la M.F. Il y a surtout des femmes plus ou moins vérolées car elles vivent toutes de la prostitution. C'est incroyable la vitesse à laquelle filent les flacons de pénicilline, si bien que bientôt il n'y en aura plus du tout pour la M.F. Je soupçonne fort notre "diafoirus" de faire  de la "bedite gommerce" avec les médicaments qui nous sont alloués.
Vous serait-il possible, avec l'accord de Monsieur le Ministre de la Justice de faire cesser ces abus ?
Je me demande d'ailleurs pourquoi les gens de Mahabo qui nous tirent dans les pattes tant qu'ils peuvent et nous refusent absolument de nous vendre un seul boeuf, ont droit aux soins gratuits. qu'ils reçoivent les premiers soins en cas d'urgence, je l'admets, mais de là à suivre un traitement .... je trouve cela un peu fort de vinaigre.
 Impossible de savoir à quand remonte cette tolérance.
Je suis extrêmement embêté avec la main-d'oeuvre pénale accordée aux particuliers. Il arrive ce que j'avais prévu, et bientôt chaque habitant d'Analalava aura son, ou ses prisonniers, car certains en demandent plusieurs. Vous devez comprendre combien il m'est délicat d'accepter pour certains, et de refuser à d'autres, et puisque ce sont les députés et les fonctionnaires qui donnent l'exemple, j'émettrai systématiquement un avis favorable, sinon je passerai pour un vendu.
Un autre pépin de taille, c'est la panne du poste émetteur-récepteur de la Gendarmerie d' Analalava. cela multiplie les voyages de la vedette; Ne pourrions-nous pas avoir un poste bien à nous , installé à la Maison d'Arrêt et avec lequel nous serions en relation permanente ? Ce n'est pas toujours de gaieté de coeur que nous passons par les pandores.
je vous annonce que j'ai porté plainte auprès du Juge de Section  contre 6 détenus. Deux ont été surpris par GOZIE alors qu'ils venaient de voler des noix de coco, et quatre autres, pendant qu'ils volaient de la viande au cours de l'abattage d'un boeuf.J'agirais ainsi désormais contre tous ceux qui voleront. L'un des coupables, SOULEH AMADA, n'avait plus que 15 jours à tirer.Tant pis pour lui, l'exemple n'en sera que plus convaincant. son palmarès s'ornant de 6 condamnations, il ne serait pas étonnant que d'ici quelques jours il y ait un relégué de plus à la M.F.
Plusieurs gardiens me demandent s'ils peuvent adhérer à l'orphelinat de la Police; Je pense que vous obtiendrez facilement le renseignement.
JUPPEAU me demande un plan de la partie de la partie de terrain où se trouve la canardière et le séchoir à poissons  afin d'accélérer les formalités nécessaires pour obtenir l'attribution dudit terrain à nos services.Je lui expédierai le plus vite possible,, mais si vous me permettez d'exprimer mon avis, ce sera nettement insuffisant. , nous avons besoin de toutes les ressources de l'île entière : bois, fours à chaux, coraux, sources, lieux de pêche, etc...... Qu'adviendrait-il si des particuliers ou un autre service administratif nous en privait du jour au lendemain ? Évidemment, je ne parle pas d'absorber les villages existants - ce qui pourtant serait souhaitable et éviterait bien des histoires - mais le Ministre de La Justice devrait accaparer tout ce qui n'est pas encore borné.
vous devez sans doute trouver que je m'étends dans mes lettres rapport car vos réponses sont plutôt modèle-réduit, mais plusieurs vous m'avez exprimé le désir d'être au courant de tout, même des détails. Alors !
Je vous quitte car il y a encore un gros 'boom" qui m'attend.
Je viens de découvrir un gros trafic de savon entre les détenus et les habitants de Mahabo ( naturellement).
Sur cinq-cent-quatre-vingts morceaux de savon distribués le samedi soir, il n'en n'a été présenté que cent six le lundi matin lors d'une inspection inopinée. Ceux que je soupçonne depuis longtemps d'être à la tête de ce  trafic, se sont mis à table après s'être fait talocher un tantinet. Inutile de vous dire que ceux qui ne m'ont pas montré leur morceau de savon n'en toucheront pas à la prochaine distribution; Je vais aller trouver "mosieur" le député BEHAVANA  pour lui demander d'intervenir auprès de ses électeurs de Mahabo.
....


Je vous en supplie, rendez ALI HAMADI à ces messieurs de la Sûreté le plus rapidement possible, même si vous ne pouvez pas le remplacer numériquement; C'est une des pires "carnes" que la terre ait porté. N'allez surtout pas empoisonner un de mes collègues avec cette infâme crapule.




....




Administrativement l'année 1960 se termine et il faut passer au budget 1961.
Le 2 novembre j'ai donc présenté le rapport 'activité de l'année qui s'achève à Monsieur le Ministre de la Justice afin de le soumettre à l'assemblée parlementaire.
J'en fus chaleureusement félicité, surtout sur la question budgétaire, qui, grâce à l'activité déployée par M. JUPPEAU , les travaux entrepris par les inspecteurs et les gardiens-chefs dans le s établissements pénitentiaires m'avaient permis de n'inscrire qu'une dépense très minime de 27 francs ,40 par homme et par jour au budget de l'état.




Voici ce rapport :








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Rapport 1960 1/10

1960 Rapport d'activité en 1960 9/10 Travail en cession

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Cités sur la page précedente :Nosy-Lava , Tsaratanana,Soalala,Morafenobe,



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Maison de force de HELL-VILLE
Delcampe

Travail en cession











Budget 1960.
Tsy Taitra









Personnel de Surveillance
maison de force
maison centrale
maison d'arrêt
maison de sureté











Ambohidratrimo
Uniformes
auxiliaire de la Police
Statut des agents
Les détenus