Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
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1959 9/11 Nosy-Lava, les hommes en place.



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Vous devez, je suppose, être en possession de mes états de répartition d' effets d'habillement  et de couchage pour les maisons d'arrêt de la province.
Réellement je crois que, si c'est possible, la meilleure solution serait celle de l'achat des quantités nécessaires pour fournir les districts  qui n'ont pas été compris dans la distribution fantaisiste ( permettez-moi ce terme) qui a été réalisée.


....




Le 8 octobre un rapport de Nosy-lava m'inquiète un peu sur la moralité de certains gardiens.
Je prends immédiatement les mesures nécessaires pour leur remplacement  et tout rentrera dans l'ordre.
Le 28 octobre une longue lettre de M. LUCAIN m'apporte des précisions sur la situation actuelle :


.....

Hier après-midi nous avons subi à notre tour les assauts du vent.
La jetée est aux trois-quarts démolie et la ligne électrique qui la longe est à refaire entièrement;
Vous serait-il possible de pendre contact avec les T.P. à ce sujet ? Peut être porraient ils nous conseiller et nous aider à construire une jetée plus solide ....
Allez vous réussir à me débarrasser de MANANJARY  pour l'instant il prend son tour de garde comme les autres agents car je ne veux plus confier la vedette.
Il y a également deux autres agents que vous pourriez mettre immédiatement à la disposition de la sécurité Générale, même si il n'y a pas possibilité de les remplacer avant l'année prochaine.
Ce sont RAZAFINDRAMAMBA et BOINAHERY M'ZE.
L'un et l'autre sont en rapport étroit avec les détenus et je les soupçonne fort de faire de la mauvaise politique. Les prisonniers qui veulent expédier du courrier  sans le faire passer par la censure ( en payant bien entendu).
Vous me rendriez un service énorme en éliminant ces deux types là, car non seulement ils ne sont bons à rien, mais je suis obligé de les faire surveiller à longueur de journée.De plus je perds un temps fou à répondre à leurs créanciers.


(fin page 20)
Pour terminer je vous passe une petite commande de graines de concombre, cornichons, tomates, persil et enfin du maïs en grosse quantité.
......
Tout d'abord, je vous promet d'étudier très sérieusement le décret d'organisation devant remplacer l’arrêté de 1954. J'avoue que jusqu'à maintenant  je me suis surtout attaché à effectuer certains travaux qui me paraissaient indispensables et j'ai voulu profiter au maximum de la saison sèche.Pendant la saison pluvieuse qui approche, j'aurai tout loisir d'apprendre mes règlements par coeur;Je me rends compte que c'est indispensable car mes greffiers qui ont 18 ans de service n'en connaissent guère plus que moi  qui n'ai que 3 mois d'apprentissage.Et ceux-ci n'ont pas d'autre activités ni soucis.
Ecole à Madagascar
En ce qui concerne l'école , ma femme vous tiendra elle même de la situation.
Pour les graines je répondrai sous peu à M. JUPPEAU.  
Pendant que nous sommes au rayon culture , je vous annonce que j'ai eu la visite de MM. VAILLANT et PIGEON et ....beaucoup de promesses de leur part.
M. VAILLANT m'a servi des termes techniques époustouflants devant lesquels je me suis montré béat d'admiration , ce qui fait qu'il est parti enchanté en me promettant de revenir bientôt


Enfin peut-être tirerons nous quelques avantages de cette visite.....


Pour la jetée, je crois qu'il serait préférable que ce soit votre service qui prenne directement contact avec les T.P d' Antsohihy .....


Vous me demandez si j'ai réglé la question financière avec FLAURAND.
Rappelez-vous que nous nous sommes mis d'accord pour adopter le processus suivant :
vous deviez m'écrire à ce sujet en m'exprimant votre surprise que pendant votre congé de la main d'oeuvre  pénale ait été accordée à un particulier par vos services sans que les condition d'une telle transaction  n'aient été bien définies et acceptées par les deux parties.
Devaient suivre lesdites conditions telles quelles sont définies par les règlements.Cette façon de faire me permettait de régler la question sans bavure.je transmettais simplement votre lettre à M. FLAURAND et tout était résolu.Voyez-vous un inconvénient à procéder ainsi ?


Sisal
....


La pêche pourrait également   être d'un bon rapport mais par contre je n'attends pas grand chose, pour l'instant du moins des cocos et la la vannerie. toutefois je vous assure que j'essaierai de tirer un maximum de tout.
Reste la question de mes "salopards".
Pouvez-vous m'indiquer la marche à suivre pour que je puisse m"en débarrasser au plus vite  et remonter un peu mon prestige auprès du personnel.
Je pensais avoir fourni tous les renseignements voulus concernant les MANANJARA, RAZAFINDAMMAMBO, GESLIN etc....
Je suis très surpris de l'ampleur des formalités exigées, car j'ai pu constater en consultant quelques dossiers que lorsque mes prédécesseurs voulaient se débarrasser d'un salopard la question était réglée en un temps record.
Je crois vous avoir montré un rapport de M. PERICHAUD , de quelques lignes seulement, par lequel il exigeait le rappel  immédiat par la sûreté d'un agent sénégalais qui après avoir été rossé et désarmé avait été accusé par les détenus d'excès de zèle.
L' agent a été muté avant d'avoir pu se rendre compte de ce qui lui arrivait.
c'est à la suite de cet incident que l'inspecteur GOZIE avait demandé sa mutation. vous me connaissez  suffisamment et vous savez que je n'ai pas agi par basse vengeance en vous demandant de retirer MANANJARA et consorts de Nosy-Lava, mais bien parce que je suis certain  que nous avons tout à craindre si nous conservons ces types là. Et puis diriger sans avoir les moyens de sanctionner lorsque cela est nécessaire est une gageure. je me sens absolument paralysé s'il m'est mossible de punir les brebis galeuses  et si cela dure encore un moment mon autorité sera vite mise en doute. Jene vous cache pas que je suis profondément déçu que cette question ne soit pas encore tranchée.


...;


(fin page 21)






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1959 10/11 Nosy-Lava , vie quotidienne.



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Joueuse de valiha.

Femme venant chercher de l'eau.


Collection Nicole SIMONET-PLANCHON






J'ai fait part de la réclamation de M. BARON à BOINAHERY qui m'a promis de verser 3000 francs par mois pour s'acquitter de sa dette . mais je ne me fais guère d'illusion car, si mes renseignements sont exacts , le passif de mon agent "modèle" dépasserait 500.000 francs . N'y aurait-il pas moyen de refuser à la sécurité générale la mutation à Nosy-Lava de tels individus. J'ai l'impression de diriger un dépotoir.
En dehors de toutes ces petites misères, tout va bien.
Les détenus sont doux comme des agneaux à tel point que les cellules ne reçoivent plus de clients.N'y séjourne plus que le "gréviste de la faim" lequel a repris un solide appétit depuis que vous lui avez fichu une sainte frousse en le menaçant de le nourrir par le "verso".
.....
J'ai donc pris toutes les mesures qui s'imposeront pour rétablir l'ordre dans le personnel de surveillance , notamment en procédant à quelques mutations. Quant qu'au "gréviste de la faim", lors de ma précédente inspection je l'avais convoqué dans mon bureau pour lui demander les raisons de son attitude.Il m'avait dit qu'il ne devait pas être en prison car il était innocent;Je lui avais alors précisé que je n'étais pas juge, mais que des magistrats l'avait condamné et qu'il m'avait été confié pour les loger, l'habiller le soigner et le nourrir. S'il ne voulait plus manger je serai contraint d'utiliser un clystère car je ne pouvais le laisser mourir de faim.
Le 25 octobre c'est M. MATHEI  qui s'inquiète du titre "inspecteur" et préférerait être chef de service.
Le 36 octobre M. DOYEN de Fort-dauphin insiste sur l'urgence de la nomination de M. STEFANI. Cette situation est d'ailleurs renouvelée dans une lettre du 3 novembre.

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(M. MATHEI)


Analakely
à
Tananarive
Nier matin, samedi, au cours de notre conversation téléphonique, vous m'avez fait part de réunir, à Tananarive, les six inspecteurs de l'île.En toute franchise c'est le terme "inspecteur" qui m'inquiète. En voici la raison, ne m'en voulez pas de vous écrire sans détours :
tant que vous serez le chef du service tout est très bien mais si un jour vous êtes appelé à d'autres fonctions rien ne prouve que , par la volonté de votre successeur, l'inspecteur ne sera pas coiffé par un chef de service car, ipso facto, un inspecteur n'est pas chef de service et j'en sais quelque chose pour souffrir de cette situation depuis des mois. Si la décision n'est pas encore prise au sujet de la, ou des nominations envisagées, j'ai l'honneur de vous demander très respectueusement , de bien vouloir reconsidérer cette question.
Ne croyez pas , monsieur le Directeur, qu'il serait détestable que ceux qui auront été les premiers à la peine  soient ensuite les seconds à l'honneur lorsque les principaux obsatcles auront été franchis ?


....
(M. DOYEN)


Ferdinand de Lesseps
Mon fils devant être libéré du service militaire entre le 10 et le 20 septembre 1959, je me vois dans l'obligation de demander l'annulation de ma prolongation ; j'ai l'intention de quitter Fort-dauphin par avion  , le 17 novembre, et de quitte Madagascar par Tamatave le 23 novembre s/s Ferdinand de Lesseps.
Avant mon départ , j'aimerai qu'une solution urgente soit trouvée par vous-même sur l'actuel gardien-chef monsieur STEFANI Jean Pierre , marié , père de 4 enfants, capacitaire en droit, et ne percevant que 23.000 francs par mois.Je ne vous cache pas que c'est une excellente recrue pour vos services pénitentiaires et il est à craindre qu'il ne cherche une situation ailleurs   si une solution satisfaisante ne lui est pas proposée avant mon départ.




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Lettre de M. René DOYEN,
en congé en Corse,
parlant de son cousin STEFANI Jean Pierre
( Cliquez droit pour agrandir)
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(M. DOYEN)Je réponds immédiatement à votre lettre du 23 octobre 1959 au sujet de la situation de M. STEFANI Jean Pierre. J'ai lu, avec l’intérêt que vous devinez, le texte sur le fonctionnement des maisons d'arrêt. Je n'ai pas à épiloguer la dessus et je n'ai qu'à m'incliner.
Tamatave
Pour le moment, ce qui importe,  puisque je quitte Fort-dauphin le 17 novembre, c'est d'asseoir solidement la situation de M. STEFANI.


(fin page 22)


Prison de Tuléar
En ce qui concerne son dossier complet, il est entre les mains du Secrétaire d'Etat  délégué à la province de Tuléar  qui avait le pouvoir de recruter. c'est donc à lui que vous devez vous adresser pour obtenir le dit dossier.
J'ai contacté M. STEFANI en ce qui concerne son affectation  dans un chef lieu de province. M. STEFANI m'a fait la réponse suivante : " Je servirai là où l'on me placera".
C'est donc à vous qu'il appartient de prendre une décision pour son affectation. Je vous le confie, car c'est un élément de grande valeur,  et je vous demande de prendre une décision d'urgence; d'ailleurs je viendrai vous saluer à Tananarive.
Je désire néanmoins  vous préciser que l'article 75 du décret sur les services pénitentiaires sera pratiquement inapplicable , car moi-même, je préférerais recruter de la main d'oeuvre civile    que je paierais suivant les tarifs du code du travail  plutôt que de demander de la main d'oeuvre pénale  au même tarif, alors que le rendement de cette dernière sera toujours inférieur à la main d'oeuvre civile. a mon avis cet article provoquera certainement des réactions, et,  dans les districts ou les crédits route sont modestes, les voies de communication auront donc un entretien qui laissera plus qu'à désirer et c'est dommage.


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1960 15/28 Nosy-lava

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Suite Nosy-Lava

J'ai mois de vous dire dans mon rapport que, si toutefois mon contrat ici était renouvelé, j'aimerais faire des plantations d'arbres fruitiers et autres.
A ce moment là, je vous demanderais des plans ce citronniers , orangers, limoniers, mandariniers, pamplemousse ainsi que des pêchers  qui je le crois, pousseraient ici.
Sur les tenety, je suis persuadé que certaines variétés d'eucalyptus puisque l'essai en a été fait à Analalava.
dans votre T.O. N° 4662 JU/Spre, vous me demandez de me faire connaître les possibilités en logement et mes besoins par fonction. Je dispose actuellement de trois logements de deux pièces, réservés aux familles nombreuses, et de cinq logements d'une pièce.
En ce qui concerne le personnel, ce n'est pas tellement de la quantité que je me plains, mais surtout de la qualité.Les dernières recrues qui me sont arrivées sont de véritables déchets. Je ne peux rien en tirer.Le greffier, le menuisier (!), l'infirmier, l'aide-infirmier ( Fidélie), l'ex-cuisinier de Monsieur le Ministre ( dont le commandant STROHM qui est ici en vacances - pourra vous en parler : il n'est même pas capable de faire cuire un bifteck), ainsi que quelques gardiens sont de véritables "cloches".
Celui qui bat les records c'est votre dernière trouvaille, l'aide-infirmier Fidélie. Ma femme et moi persuadés de l'avoir vu à Tananarive  sans pouvoir nous rappeler où; Impossible de lui faire dire où il a travaillé bien que nous lui ayons fait poser la question en malgache;Je ne sais que faire de lui et de l'ancien cuisinier ministériel.Il s'occupent des locaux, sont extrêmement exigeants et sont véritablement des poids morts  en villégiature à Nosy-Lava.Je ne puis portant pas envoyer des zèbres pareils garder une cinquantaine de détenus en pleine brousse.Madame STROHM me demande comment madame FOURNIER a pu tirer quelque chose de ce prétendu cuisinier aussi malpropre que fainéant.Bien que mon personnel soit de plus en plus restreint par rapport à la quantité de prisonniers que vous m'envoyez, je préfère ne rien recevoir plutôt que de traîner de tels boulets.Ce qu'il me faudrait, c'est un secrétaire digne de ce nom; bon dactylo, au lieu de ce pauvre Amélie CHRISTOPHE qui s'entend mieux à faire la messe qu'à faire une copie.
Je serais assez souvent appelé à aller à Majunga et j'aimerais, lorsque je suis absent, pouvoir compter sur quelqu’un qui puisse expédier la paperasserie courante comme cela était du temps de Rambaloson;c'était une crapule que je ne peux regretter, mais il connaissait son métier. Si j'avais su, lors de mon dernier voyage à Tananarive, que je n'obtiendrais pas un greffier,j'aurais recherché un ancien secrétaire qui était sous mes ordres au bureau Minier.Je connais ses qualités d’honnêteté et se capacités. Il me faudrait en outre quelques bons gardiens ayant fait leurs preuves.Le genre Isotry RAKOTONAMANANA J.B.  et Fidélie ne va pas du tout.
si je peux me permettre un suggestion, pour diminuer les frais, vous pourriez m'envoyer de bons gardiens de la région de Tana, en service depuis un certain temps. Les nouvelles recrues subiraient leurs essais à Tana ou dans la région, s'ils  ne vous donnaient pas satisfaction,cela coûterait moins cher de les renvoyer chez eux.
Je viens d'apprendre que l'ancien greffier Ravelonarivo est poursuivi pour dettes par un commerçant d'Ananalava  qui veut lui casser la figure.
D'autre part l'agent Boinahery N'Ze est poursuivi pour avoir émis un chèque de 10.000 francs sans provision au nom de l’hôtelier d'Ananalava qui est en outre greffier au tribunal : belle publicité pour nous ! Boinahery doit déjà une certaine somme à Baron qui ne m'a toujours pas payé la machine à coudre. Je vous serais reconnaissant de me rappeler à son bon souvenir.


(fin page 67)




(à suivre)

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1960 16/28 5704 cocotiers

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L'infirmier qui vit  toujours de mendicité ( comme Ravelonarivo et Fidélie) et cela depuis 5 mois, vient encore de mendier du riz et de la viande. Il coûte cher à la communauté et je me demande avce inquiétude si nous serons remboursés. S'il doit partir, comme je l'espère, je vous demande s'il me serait possible de me demander mon avis avant son départ et règle ses dettes . Cela éviterait à ses collègues d'avoir à subir les réclamations des créanciers des BOISNAHERY, RAZAFINDRAMAMBA et consorts.
La circulaire relative à l'option ouverte aux  fonctionnaires des cadres de  la République Malgache  pour leur intégration dans les cadres de la fonction publique territoriale Comorienne , me laisse un peu perplexe  car je ne suis pas très féru en jargon administratif.Je pense qu'elle ne s'adresse qu'aux titulaires , sinon cela serait catastrophique car vous n'ignorez pas que plus de la moitié des mon effectif est composé de comoriens.Ils  sont persuadés que cette mesure s'adresse à tous  et sont fortement tentés de retourner chez eux. Je ne tiens pas particulièrement à la main d'oeuvre comorienne mais il me faudrait d'ores et déjà songer à remplacer le patron de la vedette MAECHA, le radio et quelques bons agents dont le vaguemestre.


...




je ne puis remplir les états que vous m'avez envoyés car pour cela il me faudrait peser tout notre cheptel et même les oeufs, les citrons, les poussins, les salades etc..... et de plus additionner les poids des légumes , des bêtes, ce qui donnerait un total pour le moins insolite .....


D'autre part je ne me vois pas en train de vendre les oeufs, les salades, les cocos au kilo .Comme je vous le dis par ailleurs la totalité des oeufs a servi à faire des couvées plus ou moins réussies.Ce n'est que maintenant que nous allons commencer la vente tout en continuant à faire des couvées. Je  voudrais comme je vous en ai déjà fait part  arriver à avoir au moins 500 poulets et canards.
Le nombre total des cocotiers s'élève à 5.704 dont 230 sont en plein rapport et 80 commencent à produire ;  Il y a donc à l'heure actuelle 5.394 pieds qui sont encore trop jeunes pour produire. s'il n’attrapent pas de maladies nous aurons une belle récolte dans quelque temps. Nous avons récolté 6.269 noix de coco. Nous en avons vendu 3.511 ; près de 2.000 ont été  consommées par les détenus  lorsque nous manquions de matière grasse , et suivant vos directives; Le reste m'a servi à acheter du sel et du poisson, lorsque j'étais complètement démuni de fonds.




....






.... TULEAR le 3 septembre 1960




  La question des effectifs me tracasse , d'autant qu'elle est jointe à celle du recensement.La comptabilité est assez bien tenue , mais la trésorerie, bien que satisfaisante, n'est pas aussi brillante qu'on voulait bien me le faire croire.
J'entreprends la remise en état des bureaux qui, pour l'instant, tiennent plus d'un garage que de bureaux.




.......




Le  5 septembre c'est madame LUCAIN qui me demande des fournitures scolaires pour l'école de Nosy-Lava dans la lettre suivante :


....


Le service provincial de l'enseignement m'ayant dit que les fournitures scolaires de Nosy-Lava devaient être payées par les parents d'élèves ou le service pénitentiaire ( ils ne sont pas très fixés) je viens vous demander si  vous pourrez nous aider un peu pour cette rentrée . Si oui, envoyez moi un exemplaire de tous les bouquins du cours moyen : grammaire, lecture, arithmétique, histoire, géographie, sciences. Pour les fournitures courantes ;: cahiers, crayons, etc..... les élèves les paierons........Envoyez moi une boite d'ardoisine.J'en ai besoin pour mes tableaux.


(fin page 68)


Puis je reçus des réclamations du gardien chef RAMPIRISON d'Ananalava et du gardien RALAIKOTO de Nosy-Lava concernant des questions de logement et de salaire :






Ananalava le 6 septembre de M. RAMPIRISON .


Arrivé à mon poste d'affectation le16 août 1960 ( maison d'arrêt d'Anananlava) , j'ai respectueusement l'honneur de vous adresser la présente de bien vouloir vous signaler que depuis mon arrivée et jusqu'à maintenant je m'abrite chez un copain; Il est entendu avant mon départ de Tananarive  qu'un logement meublé appartenant à l'administration me sera affecté;
Je vous demanderai de me faire connaître si je peux prétendre louer des pièces en ville et à la charge du service pénitentiaire.








.........;


Noms , prénoms cités page suivante :

DALIA
MARIVIER Philippe
FOURNIER
RAKOTONDRASOA
FIDELIS
RAVELONARIVO









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1960 17/28 M. LUCAIN

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...... Nosy-Lava le 6 septembre de M. RALAIKOTO :

J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance de bien vouloir envisager l'amélioration de ma solde, en tenant compte de ma valeur professionnelle qui est celle d'un aide-comptable ou secrétaire-dactylo, place qui conviendrait bien à mon humble capacité; mais qui jusqu'à ce ce jour ne m'a jamais été accordée.
Vu que je me trouve sur le m^me pied d'égalité au point de vue solde que mes compagnons de promotion de service et que d'aucune façon rien ne me permet de sortir de cette position à moins que je ne fasse une démarche.


......




Réponse de M. LUCAIN :


Les démêles que vous avez eu avec un détenu auquel vous aviez acheté une montre retirée frauduleusement du greffe me font douter de vos aptitudes à tenir un poste de confiance. D'autre part, le 31 juillet1960, vous étiez ivre-mort et les agents BOINAHERY et MAHATSANGA ont été obligés de vous reconduire chez vous. Je vous ai vu de mes propres yeux.




.....




Le 10 septembre c'est à nouveau le gardien-chef d'Analalava qui demande l'affectation d'un condamné en qualité de secrétaire et la construction d'un nouveau bâtiment.


....... Réponse de M. LUCAIN :


Jusqu'à maintenant, votre prédécesseur, assurait seul les responsabilités afférentes à la maison d'arrêt d'Analalava. 
Depuis le 1er juillet 1960 je suis personnellement responsable de la direction et vous n'avez plus en conséquence à vous occuper ni des achats, ni de l'équipement des détenus dont vous avez la garde.
De plus , un secrétaire, M. RAZANAKOLONA, vous a été adjoint, ainsi qu'un second,M. MOUTARI.
 Votre rôle se borne donc à assumer la surveillance générale de votre établissement.
Si dans ces conditions vous estimez ne pas pouvoir venir à bout du travail qui vous a été confié je vous serais reconnaissant de me le dire  franchement afin que je pourvois à votre remplacement le plus rapidement possible, auquel cas vous seriez affecté à Nosy-Lava en qualité de gardien.
.......
Les crédits actuels ne nous permettent pas d'envisager l'agrandissement de la maison d'arrêt d' Analalava.




......








Quelques difficultés avec le Secrétaire d'Etat  à la province de DIEGO me sont signalées par l'inspecteur de l'administration pénitentiaire de la région ( M. MONJOL) concernant l'emploi de M. RASAINARIVO considéré comme opposant politique.
Je reçois également un long rapport de cinq pages qui m'est adressé de Nosy-Lava  ou M.LUCAIN semble mécontent et m'en donne confirmation dans une autre lettre du 12 septembre.

Voici ce rapport :

(fin page 69)

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maintenez là enfoncée
faites tourner la molette de votre souris.



Amélie CHRISTOPHE
Président TSIRANANA


RAKOTONDRASOA
FIDELIS
RAVELONARIVO
FOURNIER


CADY
c
FOURNIER
Antsohihy
Razafindramamba
BARON

COURT
LUDOWSKI
GONDIVIN
DALIA
MARIVIER Philippe
Ambatobé







bozaka
beriberi




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1960 23/28 Anjango

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suite d'une lettre de M. LUCAIN


Lorsque j'ai demandé à RAMPIRISON si le détenu employé chez M. PRATI était le seul à rester à Analalava  pendant la nuit, il m'a répondu oui.
 Évidemment, il avait raison, mais il aurait pu me dire que quatre autre bénéficiaient du même avantage  à 2 ou 3 km du patelin ( dont deux au service du député BEHAVANANA ).
avant de prendre une décision définitive , je voulais attendre votre réponse, mais RAMPIRISON n'a pas eu cette patience et lorsque j'ai voulu lui dire de conserver le statu quo jusqu'à plus ample informé,il avait déjà donné ordre à tout son petit monde de rentrer faire dodo dans son établissement; lui au moins ne pêche pas par manque d'autorité. 
J'aime mieux cela en fin de compte.




(fin page 86)


Ce petit malentendu vient du fait que je n'ai pas pu avertir RAMPIRISON assez vite car la radio de la Gendarmerie est en panne depuis le 28 septembre, ce qui est terriblement gênant.


Le 10 octobre 1960


Le samedi 8 octobre, à 5h 30 du matin, l'inspecteur GOZIE le gardien-chef RAMPIRISON, l'agent BACO et moi-même, avons quitte Nosy-lava pour nous rendre au camp d'Anjango.
Nous n'avons pu rejoindre Nosy-Lava que le dimanche à 11 heures, après une nuit entière passée au milieu de la Loza., la pompe de circulation d'eau du moteur s'étant remplie  de sable et le refroidissement ne se faisant plus .
nous n'avons pas à regretter l'abandon de ce jardin pénal, ne serait-ce que du fait de son éloignement qui rend toute exploitation impossible pendant le mauvais temps.
 En période normale il faut compter une bonne journée pour effectuer le voyage aller et retour. par ailleurs, nous n'avons pas de personnel possédant les connaissances professionnelles et l’honnêteté nécessaires pour mener une entreprise où tout contrôle suivi est impossible.
a part quelques brèdes mafana et quelques choux gros comme le poing, ce jardin n'a rien produit depuis de longs mois; Les détenus vivaient bien tranquillement et ne se foulaient pas beaucoup.
L'un d'eux avait même fait venir sa femme et vivait en bon voisinage avec son gardien.
Avant d'arriver au camp pénal nous avons rencontré deux détenus  qui se promenaient dans un village; Ils étaient très correctement habillés en civils, c'est leur air ahuri, lorsqu'ils nous ont aperçu, que nous avons deviné a qui nous avions à faire.
Au camp tout le monde se reposait de ses fatigues, la vie de château, quoi ! Cela m'amène à croire que la lettre adressée à M; Le Juge ( et que je vous ai adressée) n'émane pas des détenus qui avaient toit intérêt à attendre bien tranquillement la classe plutôt que de remuer le caca. Je crois que c'est MAHIVY, le prédécesseur du gardien actuel qui en est l'auteur.Il regrette se prérogatives d'antan et espère sans doute que si son successeur était muté, il retrouverait son ancienne planque.
Avant de terminer il faut tout de même que je vous mette au courant de notre odyssée.
Partis le samedi matin de Nosy-lava comme je vous l'ai déjà dit , nous sommes arrivé à Anjango vers 9 heures, et au jardin pénal vers 10 h donc après une heure de marche. après avoir récupéré le matériel et 7 des 8 détenus , le dernier étant resté avec le gardien pour l'aider à ramener ses affaires. J'ai réuni les chefs de villages voisins qui m'ont dit que rien ne restais en suspens. Nous nous sommes quittés bons amis.






Il était environ 15h quand la marée a été assez haute pour que la vedette puisse repartir après avoir été échouée pendant plusieurs heures dans le sable vaseux de la Loza. C'est sans doute pour cette raison qu'au bout de quelques kilomètres la pompe a cessé de fonctionner. si bien que la vedette (avec nous dedans)  a été livrée au gré des flots pendant toute la nuit;Il a été assez rosse, le gré des flots puis qu'il nous a déportés à plus de 6km en direction d'Antsohihy. 
avec l'équipage nous étions 14 bonshommes dans le bateau qui était chargé en outre de tout le matériel récupéré ( arrosoirs, pelles, râteaux etc...).
je vous assure qu'il n'y avait pas de place pour danser la bourrée.
Enfin, le dimanche matin, après avoir entièrement démonté la pompe ainsi que sa tuyauterie et avoir enlevé le sable qui encrassait tout, nous avons pu repartir et rejoindre Nosy-Lava vers 11h.
inutile de vous dire que nous n'avons pas fermé l'oeil de la nuit.
Je m'attendais à trouver ma femme en pleurs, mais dès qu'elle m'a vu elle m'a dit : " Vous êtes sans doute restés à la chasse ,"  comme quoi j'avais tort de m'inquiéter.
en résumé je suis heureux d'être débarrassé d'ANJANGO.
Le retour de la Tsy taitra m'est annoncé pour le 12 ou le 13 courant ;
Je vous quitte en vous serrant cordialement la main.

Signé LUCAIN


(fin page 88)


Suivent une lettre de M. LUCAIN (manuscrite) :

Nosy-Lava le 17 octobre 1960

Cher Monsieur Planchon,

C'est avec joie que je verrai partir l'illustre GILBERT Paul promu commis des douanes. il n'a pas dessaoulé depuis son arrivée ici.En compagnie de ses amis RAMAROSON et de l'adjudant chef  RAKOTONDRASOA , il a copieusement arrosé l'anniversaire de l'indépendance malgache. Le "juteux" a pris une seule cuite magistrale qui a duré du jeudi au dimanche soir.Mais ce matin, pas question  de reprendre le travail; Vous verrez par ailleurs les exploits du Docteur RAMAROSON ( il se fait appeler ainsi).
J'allais oublier de vous dire qu'il y a quelques temps, RAKOTONDRASOA qui s'était cuité la veille a piqué une tête dans mes plates bandes de salades. J'ai bien cru qu'il allait claquer et que j'en serai débarrassé. Je ne lui demande plus rien et le considère comme un figurant.
Je vous remercie d'avoir liquidé BOINAHERY, d'autant plus que l'avertissement que lui a adressé RAMPIRISON lors de la foire d'Analalava ne lui a pas servi de leçon puisqu'il a remis ça à l'occasion  de l'anniversaire de l'indépendance Malgache; Ce gars là est vraiment cinglé.
D'ailleurs je vous serais reconnaissant, si cela vous est possible, de ne plus recruter des Comoriens pour Nosy-lava. Ils sont trop nombreux ici et forment une sorte de coterie.
Lorsque l'un d'entre eux est puni,même pour une faute grave, ils prennent systématiquement sa défense.D'autre part leurs fêtes religieuses et autres sont extrêmement nombreuses ce qui jette une certaine perturbation , les agents non musulmans rechignant pour les remplacer.
Je pense que lorsqu'ils se sentiront en minorité très nette, ils seront moins exigeants.
Au moment où j'allais terminer ma lettre, on me signale que la TSY-TAITRA  vient d'envoyer un message radio et qu'elle n'est plus qu'à quelques kilomètres d'ici.


Je vous serre cordialement la main.

P.S. Sur l'une de mes dernières lettres je vous ai demandé si je devais laisser partir les lettres écrites par le détenus politiques et dans lesquelles ils chantent les charmes d'un séjour à Nosy-Lava.
Le chef de canton d'Analalava pense comme moi que cela vient à l'encontre de l'effet psychologique désiré par le Pt. TSIRANANA . Répondez moi vite sur ce sujet. 





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