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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 1/11 Régions de l'administration pénitentiaire.


1959
Début

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Ainsi le 3 mars 1959, j'étais officiellement nommé Chef du service de l'Administration pénitentiaire et, non, Directeur comme tout le personnel me qualifia.
Je reçus des félicitations de très nombreux amis et notamment de M. Jacques FOCCART en service à la Présidence de la république auprès du général de GAULLE , de M. Roger FREY qui devint Ministre de l'Intérieur, de M. Pierre BAS, député , ....
Présidence de la transition en 2012

Mais où était donc l'Administration pénitentiaire ?

Elle n'existait pas, Madagascar étant jusqu'alors territoire de la République Française,
il n'y avait pas de Ministère de la Justice avant la nomination de Maître FOURNIER
et les prisons, réparties sur tout le territoire (elles étaient au nombre de 89) ,
dépendaient uniquement des services de police qui en assuraient le gardiennage et la gestion.



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Carte établie en 1960
situant les :
* maisons de force et centrale
* maisons d'arrêt
* maisons de sûreté
Superficie équivalente à celle de la France métropolitaine et de la Belgique.
Timbres

Plan interactif Google Maps


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Armoiries

Il me fallait tout organiser : les locaux, le personnel, les attributions , les ravitaillements , etc. ..., mais j'étais également obligé de partir en congé de fin de séjour, quitte à demander mon retour par anticipation.
Et il y avait également les pressions de toutes sortes de la part de certains qui voyaient  dans ce nouveau service une sinécure de choix.

Dès le 3 avril je recevais une lettre de madame ANDRIAMANANA qui sollicitait pour son mari une place en qualité d'adjoint, mais ses désirs de salaire étaient trop élevés pour le modeste budget dont je disposais.

Pour l'installation de mon service je louais un appartement de quatre grandes pièces Avenue de la Libération.


Une dizaine d'adjoints et de secrétaires malgaches me furent affectés et me furent très dévoués.

Je divisais alors le territoire en six régions :
Tananarive
Tamatave,
Tuléar,
Fianarantsoa
Fort-dauphin,
et Diégo-Suarez
à la tête desquelles je nommai six inspecteurs de l'administration pénitentiaire qui furent tout d'abord les six gardiens-chefs de service en ces villes à ce moment là :

mais il me fallait également deux gardiens-chefs musclés  pour les maisons de force de Nosy-Lava et Nossi-Bé où étaient les détenus condamnés à  plus de cinq ans de travaux forcés.

Pour le poste de Nosy-Lava je demandais à un ami de longue date habitant les environs de Tananarive : M. LUCAIN de bien vouloir exercer les fonctions de gardien-chef et à son épouse qui en avait les qualités , d'assurer la scolarité des enfants des gardiens, car cette île située dans le canal du Mozambique, au large d'Antalava n'était peuplée que de quelques familles malgaches  disséminées et sans aucune organisation administrative.
Seule la maison de force représentait une entité.
M. et Madame LUCAIN acceptèrent bien volontiers cette tâche et je dois dire d'ores et déjà qu'ils m'apportèrent un concours précieux fait de dévouement et d'amitié.

(prison,bagne, fermé en 2000 ; ajouté par mes soins)


Nossi-Bé



A Nossi-Bé, cette autre île située au nord-ouest du territoire la situation était différente car cette belle île, très touristique avait une population très complexe et était sans histoire  vis à vis de la maison de force sise en plein coeur de la ville .
Je demandai à un ancien sous officier de la coloniale, M. AUDRAIN, d'accepter de devenir le directeur de cette prison , ce qu'il fit bien volontiers.
Lui aussi m'apporta une aide précieuse  et pendant toute la durée de mon commandement je n'eus qu'à me louer de son service;

Il s'agissait là des nominations les plus urgentes car les services de police étaient impatients de se libérer de la charge des prisons.
La répartition des établissements pénitentiaires fut approuvée selon l'organigramme ci après :


Organisation de l'administration pénitentiaire malgache en 1959




Le 22 mai, la famille LUCAIN m'écrivait d'Analalava pour me faire connaître qu'ils avaient pris contact avec  le juge  et les gendarmes et que tout s'était bien passé, mais ils réclamaient les crédits nécessaires car ils avaient été obligés d'acheter  la viande de la maison de force sans aucun subside.
Ils rejoignirent Nosy-Lava  et le 28 mai je recevais deux lettres.
L'une de madame LUCAIN qui me faisait part de ses difficultés et dont voici la teneur :

Nous avons été très surpris que vous me demandiez de me faire intégrer dans le cadre des institutrices auxiliaires.
Vous savez bien que j'ai quitté l'enseignement parce que je n'en pouvais plus  et d'ailleurs je n'ai jamais exercé comme auxiliaire à Madagascar, le salaire étant dérisoire (23.000 je crois) .
J'ai fait des suppléances dans le secondaire officiel et j'ai donné des cours dans les établissements privés secondaires.
Autre ennui , une fois classée comme institutrice officielle , on me déplacerait sans me demander mon avis. 
Si j'avais voulu faire carrière dans l'enseignement, j'y serait tout simplement restée car j'ai commencé à 20 ans.Mais je n'avais pas vraiment la vocation.
Avant d'entrer au haut-commissariat avec vous, j'avais vu M. CARLE et il a admis qu'à mon âge il ne serait pas intéressant de reprendre du service.
D'ailleurs il n'a jamais été prévu que je quitte le Ministère de la Justice.M. FOURNIER, le lundi 4 mai où nous avons déjeuné chez lui, m'a encore dit qu'ici il y aurait un instituteur malgache, que je l'aiderais en donnant des cours d'histoire et de géographie  aux plus grands, et que je surveillerais surtout les enfants au point de vue hygiène.
Pour le moment il n'y a pas de "grands" ici.
Ils sont à Analalava  ( jusqu'au cours complémentaire)  et à Tananarive ou Tamatave dans les collèges. 
Il n'y a pas d'urgence à rendre officiel l'enseignement puisqu'il n'y a pas de local idoine.
En outre à cause de l'épidémie de coqueluche, pas question que je réunisse les enfants.
Pas une famille n'y a échappé. J'ai reçu hier le sirop c'est un peu tard.
J'ai fait faire un tableau ( Je viens de voir qu'on annonce l'ardoisine ) parce que j'ai l'intention de faire une garderie où j’occuperais successivement les élèves de chaque classe avec l'aide d'un prisonnier instituteur.
Il me faut les livres que j'ai demandé et un dictionnaire Larousse.
Mais  jusqu'à la fin de l'année scolaire, si proche, cet enseignement peut s"effectuer sans aucun caractère officiel ; ce serait plut^t un cours de vacances.
Il n'y aura du reste rien de stable, vu l'intense mouvement de personnel qui va avoir lieu.la moitié des agents s'en va et sera remplacé par des nouveaux et leur famille.par la suite quand les classes seront réellement constituées avec des instituteurs malgaches, il restera toujours les "moins de six ans"  et la garderie deviendrait la garderie officielle du pénitencier, sorte de jardin d'enfants. 
C'est pour une bonne part en raison des promesses que nous avons faites à ce sujet que des agents qui voulaient partir sont revenus sur leur décision.
Je vous rappelle que madame GESLIN a déjà fait une demande.
Par ailleurs une dizaine de prisonniers désirent s"instruire, entre autres deux de nos domestiques.
Je leur ai promis de m’occuper d'eux dès que vous m'aurez envoyé les livres.
Ceci entre dans mes attributions d’auxiliaire sociale de la prison, le moral des hommes s'en trouverait mieux.
Voilà pour l'enseignement........


Je pus donner satisfaction en partie à la demande de madame LUCAIN grâce au budget dont je disposais et malgré quelques aléas dans les années qui suivirent je ne pus que me louer de l'enseignement et de la bonne tenue qui fut inculquée aux enfants de Nosy-Lava.


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1959 2/11 Nosy-Lava

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Carte libre à l'ANOM Aix-en-Provence

Cependant il y avait plus grave.

Dans la deuxième lettre du même jour émanant de M. LUCAIN dont le texte est reproduit ci-après je pourrai connaître la situation dans le camp de la maison de force et notamment les trafics inimaginables qui existaient entre les détenus et les gardiens :

.....

Je regrette vivement que votre passage à Nosy-lava n'ait pas eu lieu quelques semaines plus tard.
Lorsque vous êtes venu, j'étais encore trop neuf et j'aurais été bien incapable de vous faire un exposé clair de la situation à la maison de force.
Il n'en n'est plus de même aujourd'hui mais je préfère faire cette mise au point sous forme de lettre personnelle.
Si j'avais à dépeindre brièvement l'état des choses je dirais que nous vivons en pleine anarchie.
Ce que je vais vous dire une simple enquête suffirait à le vérifier.
La collusion entre les agents et les prisonniers est flagrante et les uns comme les autres trafiquent avec les gens du village et même de l'extérieur.
Voici quelques faits qui se passent de commentaires :
Je me suis aperçu que certains agents servaient de facteur aux détenus.
Cela se faisait journellement.
J'y ai mis bon ordre dans la mesure du possible.
dans les divers ateliers, les ouvriers passaient la plus grande partie de leur temps à fabriquer des objets pour les agents qui souvent les revendaient à Analalava.
Hier j'ai confisqué une magnifique malle  à la menuiserie, mais je n'ai pu trouver à qui elle était destinée.Je l'ai fait mettre au magasin.
Même du ciment partait pour la grande terre.
Amboanio
Compagnie occidentale

J'ai pris les mesures nécessaires pour renforcer la surveillance à chaque départ de la vedette, mais cela m'est difficile à cause du nombre de femmes faisant la navette à chaque voyage.
Bien que je les soupçonne de servir d'intermédiaires , je ne peux les fouiller ni contrôler leurs bagages.
Pirogue et boutre

Deux fois cette semaine des bateaux ( un boutre et une pirogue) ont accosté directement sur la plage d'Amboanio , assez loin du poste, et les occupants s’apprêtaient à entrer dans le camp par derrière quand je les ai fait appeler.
Le patron du boutre m'a répondu avec insolence qu'il avait l'habitude ainsi de venir du temps de mon prédécesseur.
Il a prétexté qu'il apportait des bananes aux agents mais le lendemain l'inspecteur GOZIE a saisi des sachets de chanvre sur deux détenus dont l'un avait déjà été pris le mois dernier.
Il a d'ailleurs avoué qu'il faisait le commerce du chanvre à l'intérieur du camp et qu'il le recevait d'un villageois de Mahabo qui le reçoit sans doute par les bateaux.
Ne pouvant intervenir directement, j'ai demandé aux gendarmes de venir faire une enquête à l'improviste.
Ils m'ont dit être au courant de ce trafic  et qu'ils viendraient sans tarder.
A notre que Ra..... Paul qui a donné un coup de couteau à un de ses camarades est un fumeur de chanvre.
Ces trafics expliquent que très souvent nous trouvons des sommes parfois considérables sur les détenus.La semaine dernière une somme de sept mille francs a été saisie sur l'un d'eux.
Par suite d'un relâchement scandaleux, les prisonniers avaient des liaisons avec les femmes d'agents, à tel point  qu'un des policiers a été obligé d'expédier sa femme à Analalva, ayant appris qu'elle devait s'enfuir en France avec un détenu sur le point d'être libéré.
C'est d'ailleurs l'objet de la lettre anonyme que vous avez reçue et l'explication de la demande du montant du voyage Majunga-Marseille.

(fin de la page 8 du document initial)

Autre exemple du relâchement : un prisonnier domestique de mon prédécesseur et qui avait la faveur de coucher à l'extérieur de la prison , a été surpris avec une femme par l'inspecteur GOZIE dont le rapport est resté lettre morte.
Devant de tels faits , je comprends pourquoi les agents n'ont plus aucune autorité et pourquoi les bons éléments sont découragés.
pour citer un cas précis, il y a quelque temps , un très bon agent qui faisait une observation à un détenu condamné pour assassinat et réputé comme étant la plus forte tête du camp s'est vu insulter et frappé par lui.
Le prisonnier a été puni de trois mois de prison mais l'agent a été rappelé à Tananarive quelques jours plus tard à la demande expresse de M. PERICHAUD.
Ce geste a mécontenté les bons agents et M. GOZIE a été a deux doigts de donner sa démission.
J'ai promis aux agents que je ferais tout pour renforcer leur autorité.
Ne croyez pas que je vous relate ces faits parce que je redoute mes difficultés.
Au contraire , je suis prêt à endosser toutes mes responsabilités et je suis certain d'obtenir ra^pidement des résultats concrets, mais il me faut la certitude que  j'aurai l'appui total du ministère.
il me faut en particulier que je puisse au plus tôt donner un commencement d'exécution aux belles promesses que j'ai faites sur vos conseils; sinon tous les bons agents partiront.
 .........
Compagnie occidentale de Madagascar




Je lui donnai tous apaisements  et l'assurai de mon appui le plus total dans son action à condition qu'il me rendît compte immédiatement chaque fois qu'un incident se produirait  afin que je puisse faire face à toute intervention politique qui ne manquerait pas de se produire.


*******

Le 2 juin 1959 , sous numéro 12440/FIN/4/A, le Directeur général des finances me faisait connaître qu'étant donné que mon congé était écourté, j'étais autorisé à conserver mon logement administratif  à condition que je prenne toutes dispositions  pour permettre le cas échéant une occupation partielle de courte durée, ce qui permit à mon ami rené JUPPEAU de l'occuper pendant la durée de mon absence.

Le 12 juin M. LUCAIN m'envoyait la longue lettre suivante pour me faire connaître que la situation s"améliorait malgré les incidents relatés plus haut :

.......

J'ai pris connaissance de votre lettre avec beaucoup de plaisir et de réconfort.Car il faut bien le dire, les quelques télégrammes officiels que nous avons échangés ne permettaient guère de me rendre compte si j'avais votre approbation ou non  en ce qui concerne ma façon de mener La "boite"  dont vous m'avez confié la Direction.
Le moins qu'on puisse en dire, c'est que j'ai fait figure de révolutionnaire.
Et mon régime a été approuvé par tous puisque la Commission de surveillance m'a adressé ses félicitations et que les agents me remercient d'avoir réinstauré leur autorité ( a tel point que certains commencent à regretter leur demande de mutation) .
Les prisonniers eux-mêmes se rendent compte que le règne du laisser-aller est révolu.
Je vous remercie d'ailleurs de m'aider à mater les fortes têtes en leur "collant" le maximum  chaque fois que je vous le demande.
Je vous assure que l'effet psychologique est des plus salutaire.
Un mois encore de ce régime et tout rentrera dans l'ordre.
A part les fous furieux tous les autres sont déjà revenus à de meilleurs sentiments.Certains même commencent à se confier à moi. Je les reçois toujours bien et je les conseille dans la mesure du possible .
Lorsque vous me dites que le début d'émeute du 17 mai vous a causé beaucoup de tracas , je me rend compte combien l'usage des télégrammes est sujet à caution, car si j'avais pu vous parler de vive voix, je suis sûr que vous ne vous seriez pas inquiété un seul instant.
Je vous affirme que je n'ai jamais été en difficulté et si je vous ai alerté c'est surtout pour vous faire comprendre la carence de nos prédécesseurs et la nécessité de réagir vigoureusement et sans tarder afin de faire comprendre à tous que la rigolade est terminée.
Comme je crois vous l'avoir déjà dit, le lendemain même de l'incident, j'ai mis à exécution le projet que nous avions étudié ensemble concernant l'isolement des "dangereux" . Ainsi je suis absolument optimiste , car la nouvelle installation mettra les "durs" hors de nuire.
Vous vous montrez surpris que je n'ai pas porté plainte contre R..... Paul .
L'explication est la suivante : lorsque j'ai rendu compte au juge de ce qui venait de se passer, il m'a demandé si la victime portait plainte contre son agresseur. Sur ma réponse négative, il m'a fait part de son intention de suivre lui-même l'affaire. D'ailleurs l’enquête est ouverte et suis son cours.
Je vous tiendrait au courant de tout ce qui en découlera.
Sans vouloir râler, je me crois obligé de vous dire que l'effectif des gardiens est nettement insuffisant et je me demande jusqu'à quel point notre administration  ne serait pas jugée responsable si un coup dur  se produisait.
En effet, alors que la loi prévoit un gardien pour  10 détenus, ici nous en sommes à un gardien pour vingt détenus.D'ailleurs le rendement du travail s'en ressent. N'étant pas suffisamment surveillés les prisonniers en profitent pour tirer au flanc, quoique mes visites impromptues les déroutent un peu.
J'ai hâte de pouvoir me débarasser de quelques agents et de les remplacer par de nouvelles recrues.La mentalité de l'ensemble du personnel en sera profondément modifiée.
......
Au sujet de mes commandes vous me dites quelles manquent de précision et vous me parlez de "redresseur à vapeur de mercure" . Je vous avoue bien humblement que je ne comprends rien à cela et que je suis obligé de faire confiance à GESLIN  pour ce qui est des commandes concernant les ateliers.
Toutefois je lui rappellerai pour la énième fois qu'il doit être plus explicite.
J'ai reçu la visite de M. CADINES des T.P. qui étudie la possibilité de créer un terrain d'aviation à Nosy-Lava.
A ma demande, j'ai eu également la visite du vétérinaire d'Ananalava  ( type charmant) qui m'a conseillé très utilement.Il a examiné le cheptel qu'il n'a pas trouvé très brillant;D'après lui nous aurions intérêt à le renouveler.J'attends un rapport que je vous ferai parvenir. Nous avons discuté également de la construction éventuelle d'une ferme. Après étude du terrain, il nous donne son accord total. Si notre ami JUPPEAU pouvait venir pour le démarrage ce serait parfait.
En ce qui concerne la question eau, sans être insoluble, elle me parait assez difficile ; rien à à faire pour continuer le forage de deux puits  dont M. BRUNET nous a indiqué l'emplacement. Ou alors il nous faudrait creuser une quinzaine de mètres dans la roche.Sans marteau-piqueur nous en aurions pour des années.Je vous enverrai très bientôt  un rapport réunissant les suggestions  émises par M CADENES, PROVENSAL ( le vétérinaire), GESLIN, etc. ....
Tous s'accordent pour dire que la solution serait la construction de citernes.
.....




Deux vidéos sur Nosy-Lava et Nossi-Bé







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1959 7/11 Rations des détenus, béribéri

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Il en est de même ( ou,oui, parfaitement)   pour Anthosisy,  Ananalava,  Marovosy, Soalala,  Tsaratanana et Béalanana.
Ayant demandé à l'employé chargé de ce service, à la police, pourquoi il n'avait pas fait d'expéditions dans ces districts il m'a répondu " parce qu'il ne m'a rien été demandé". C'est ahurissant !


Riziculture





















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A Nosy-Lava vers 1960
A noter les rations pour les malades.
On en parle plus loin ( béribéri)

Manioc
Vidéo Antsirabé :







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1959 8/11 Fin des congés en métropole; béribéri

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Le 20 septembre 1959
retour à Tananarive en fin de congés en métropole.
Fin des intrigues


Ajouté par mes soins


Et le 12 septembre JUPPEAU et WILLMANN m'écrivent pour me faire connaitre toute leur joie et celle du personnel à l'annonce de mon retour.


..... (WILLMANN)

Enfin la nouvelle tant attendue est arrivée. 
Vous serez parmi nous dans huit jours, la joie est immense au bureau. Chacun se sent revivre . Si votre avion arrivait un jour de congé tout le personnel aurait été au terrain. Malheureusement nous ne pourrons pas tous abandonner le service en même temps . Quant à moi tant pis pour qui mal y pense, rien ne me retiendra. Je viendrai avec l'ami JUPPEAU qui est de retour de Nosy-Lava . quand j'ai annoncé votre arrivée au bureau, le personnel a sauté de joie : on aurait dit de grands enfants attendant leur père qu'ils croyaient ne plus revoir. Enfin vous jugerez vous-même ce que j'avance , nous avons gagné la bataille.




..... ( JUPPEAU)


M. WILLMANN m'a donné hier soir connaissance de votre lettre.Entendu nous vous attendrons au terrain. Je suis heureux de ce dénouement  mais l'alerte a été chaude.Je suis toujours logé dans votre case, mais en principe je dois déménager le 17, date où les bâtiments civils devront avoir terminé les réparations.
.......


************************
Quartier de Tananarive

Me voici donc de retour à Tananarive pour reprendre mon poste.


Et c'est le coup de la province de Tuléar de tomber sous le coup de ma réorganisation.
Le 24 septembre le gardien-chef CADY , que je nommerai plus tard 
inspecteur provincial, m'envoie la lettre suivant où quelques anomalies graves sont mentionnées :

......

J'ai appris avec un réel plaisir par l'ami RAPHAEL votre tout récent retour à Madagascar ....
Pour faire face aux nombreuses questions en suspens vous ne devez pas manquer de pain sur la planche.
Quartiers de Tananarive :
Andravoahangy
et
Anjanahary
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt dans l'A.F.P. du 15, la note remise dernièrement aux députés par le ministre de la justice et relative à la réforme projetée de l'administration pénitentiaire. C'est bien ce que vous m'aviez exposé  lors de mon passage à Tananarive en mai dernier.
Nul plus que me  ne souhaite voir aboutir rapidement cette réforme si nécessaire et je pense que votre retour y contribuera efficacement.réellement cette réforme s'impose et je crois qu'il y a intérêt à ce qu'elle voit le jour au plus vite.
Dans la province de Tuléar ( pénitentiairement parlant)  la pagaye complète, erreurs et abus dans l'emploi de la main d'oeuvre pénale continuent comme par le passé.
L'autorité provinciale qui décide de ces questions , se montre réfractaire, sinon hostile, à toute réorganisation d'un système qui a tant profité à certains jusqu'à présent et qui viendrait chambarder les habitudes "du bon vieux temps" .
(Cette autorité, un "en-chef" bien entendu, vient d'être avisé que Madagascar se passera dorénavant de ses services).
En dépit de mes suggestions, cette personnalité n'a jamais voulu organiser un contrôle  et une coordination des prisons dans la province.
Pourtant la situation dans les prisons  de districts est lamentable  depuis que les fonctions de gardien-chef ne sont plus assurées par les gendarmes.
On sent un flottement général;
Les nouveaux gardiens-chef ne connaissent pas l'A.B.C.  de leur métier et semblent ignorer avec la plus grande désinvolture l’arrêté du 12 avril 1954 qui nous régit encore actuellement. les dossiers ne sont pas, ou mal constitués et il est fréquent de voir arriver à Tuléar des détenus  transférés d'une prison en brousse sans qu'aucune pièce les accompagne; on se content de les remettre à un garde d'escorte.
La corruption règne et c'est ainsi que dans certaines prisons ne sont admis à sortir au travail ( et quel travail) à l'extérieur que ceux des détenus pouvant payer une dîme  au gardien-chef et on assiste à cette situation paradoxale que ce sont les prévenus ( dont la famille peut les alimenter en espèces)  qui sortent en corvées extérieures alors que les condamnés, dont les ressources pécuniaires se sont taries à la longue, qui gardent la prison.
......


Le temps prescrit et j'ai demandé au ministre de la justice de nommer inspecteur de la province de Tananarive un de mes camarades de l'administration générale d'outre-mer, monsieur VERGNOLE  .
Il me seconda efficacement pendant toute la durée de mes fonctions.Installé dans la capitale auprès de moi, nous n'avons jamais échangé de correspondance personnelle car tout se règle de vive voix et administrativement.Son action fut très efficace pour régler des problèmes locaux dont j'aurai l'occasion de reparler.
La maison d'arrêt de Tananarive était difficile à gérer.Il y avait le quartier des hommes et celui des femmes.
Des détenus politiques avaient des relations directes avec la population  et quelques fois même par l'intermédiaire des gardiens.Ils entretenaient un règne de soulèvement permanent.
Les provinces de Fianarantsoa, Tamatave et Diégo ne posaient pas de problèmes particuliers. J'étais assuré d'un soutien loyal des chefs de district et petit à petit je devais assurer la relève du personnel de la police par du personnel de l'administration pénitentiaire.
Riz et béribéri
De la maison de force de Nossi-Bé le gardien chef m'adressa le 22 septembre une lettre assez inquiétante concernant une légère rébellion des détenus qui protestent contre les restrictions de riz consécutive à une épidémie de béri-béri .
Dans la lettre ci-après il expose les mesures prises et cette mauvaise humeur n'aura pas d'autre suite :


.......

Il est porté à ma connaissance qu'une lettre aurait été adressée à monsieur le président de la république pour protester contre le régime alimentaire qui serait, parait-il insuffisant à la maison de force.
 Voici je pense, les raisons qui ont motivé l'envoi de cette lettre, si lettre il y a eut :


Le 11 septembre 1959 monsieur le médecin inspecteur CAILLE  est venu me signaler que plusieurs malades étaient atteints de béri-béri .
 Il m'a demandé de supprimer le riz pour ceux-ci et de diminuer de moitié pour tous les autres détenus.
 Pensant que cette mesure serait défavorablement accueillie par les détenus en général, j'ai demandé au docteur  de leur parler et de me remettre en écrit ses prescriptions, ce qu'il a fait sans difficulté.


Les 12 et 14 septembre j'ai diminué de moitié la ration de riz.
pour simplifier les distributions et faciliter la comptabilité j'avais décidé qu'à partir du 16  la ration normale de riz serait  distribuée un jour sur deux.
Fruits dont papayes ....
Bien entendu la suppression de riz devait être compensée par la distribution d'autres denrées ( manioc, légumes verts, fruits).
Le mercredi 16 les détenus ont refusé le repas du soir.
 J'ai du les rassembler dans la cour pour leur expliquer à nouveau les raisons de ce changement de régime momentané  prescrit par le docteur et dans leur intérêt.
Ils m'ont dit qu'ils voulaient du riz et non des légumes européens ( carottes, navets, poireaux ) que je leur proposais.
j'ai informé de cette situation monsieur le médecin inspecteur qui m'a demandé de donner du riz chaque jour aux détenus non béribériques  mais de baisser leur ration à 400 grammes et d'y ajouter en compensation manioc et légumes verts de façon à éviter les inconvénients nutritionnels de la nourriture rizée exclusive, c'est à dire l'apparition de nouveaux cas de béri-béri.
pour les malades il m'a demandé que le riz soit considéré comme un véritable poison et leur a expliqué à chacune de ses visites.
Si une lettre a réellement été envoyée à monsieur le président de la République elle a été vraisemblablement  inspirée par un meneur que je m'efforce de découvrir.
De nombreux détenus m'ont dit qu'ils appréciaient la distribution de fruits et de cresson.
 L'instigateur de la lettre pourrait être un agent de police car le magasinier ( agent TONGALEVA ) me tient souvent ce langage quand chaque matin , j'assiste au pesage des denrées : "Les agents aussi aiment le manioc , le cresson et les fruits.
Avant nous avions du manioc et les détenus n'avaient jamais ni cresson  ni fruits, c'était pour nous". 


J' accueillerai avec plaisir la mutation de l'agent magasinier TONGALEVA si vous croyez devoir l'envisager.
 .....


Ce désir fut exaucé.
....

A Nosy-Lava dans sa lettre du 24 septembre, madame LUCAIN semble assez déprimée et surtout se plaint des gens d' Ananalava qui sont indifférents et leurs plus proches voisins sur la côte ouest de la grande terre. Mais avec son mari ils ont le moral malgré tout et demandent que le ravitaillement en légumes frais soit amélioré.


Le 28 septembre, monsieur AUDRAIN ne me parle plus du mécontentement des détenus  et le même jour monsieur MATHEI semble être un peu plus confiant dans l'avenir de Majunga.


.......


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1960 1/28 TULÉAR

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1960
Début du premier trimestre.


Jeux sportifs de la Communauté Française
13 au 19 avril 1960
avec M. Maurice HERZOG
Cette nouvelle année sera une épreuve décisive pour monter mes capacités à tenir les fonctions qui m'ont été confiées.

Temple à Tananarive
La réorganisation commencée va se poursuivre avec acharnement.

M. RAKOTOMALALA vient d'être affecté à l'administration pénitentiaire pour être mon adjoint.

La création de fermes et de jardins va s'intensifier dans tous les établissements pénitentiaires.

A cet effet je suis aidé et soutenu par mon adjoint René JUPPEAU très qualifié dans l'agriculture  et par tous les inspecteurs provinciaux qui me sont très dévoués ainsi que par quelques chefs de districts.
mais les difficultés sont toujours grandes.

Cathédrale Fianarantsoa
C'est ainsi que le 7 janvier M. LUCAIN m'adressait la lettre suivante :

... Je reconnais qu'à deux reprises je vous ai dit de ne pas vous alarmer mais avouez que depuis ce temps là , la fièvre a monté et que les esprits ce sont échauffés.
La propagande politique pénètre jusque dans les camps des détenus, à propos, je vous remercie pour la note que vous m'avez envoyée concernant les offices religieux.
Elle m'aidera beaucoup pour freiner les abus. J'ai fait traduire l'article 54 au pasteur, mais votre note produira plus d'effets.
Au sujet de l'ivrogne ESAROTRO , la Sécurité Générale a pris l'affaire en mains.Je crois que je serai rapidement débarrassé de cet indésirable : je vous tiendrai au courant. 
Si cet agent ne figure pas sur la liste que je vous ai donnée c'est qu'il ne s'était encore jamais mis dans cet état devant moi.
 J'ai vu au J.O. du 19 décembre 1959 que je pouvais vendre de la nourriture au personnel.
Ils me réclament tous du riz car ils n'en trouvent plus à Analalava . 
Malheureusement il me sera impossible de leur en céder pendant longtemps encore, puisque j'arrive difficilement à honorer la ration des détenus. 
Les 10 tonnes de paddy que je viens de recevoir  n'iront pas loin.
La nomenclature des pièces à fournir subissent de grands changements  je présume que vous allez nous faire parvenir les imprimés nécessaires sans tarder.
Quand pensez-vous pouvoir commencer le recrutement des nouveaux gardiens et me débarrasser enfin des brebis galeuses. J'étais fermement convaincu qu'à partir du 1er janvier 1960 , vous seriez libre de remettre n'importe quel agent à la disposition de la Sécurité Générale et de le remplacer par un gardien. Un commencement d'exécution créerait immédiatement une meilleure ambiance à la maison de force. 
Nossi-Bé
et
Île Sainte-Marie
(cliquez droit)
L'inspecteur RAMBELOSON a deux enfants malades et hospitalisés.
Il demande 15 jours de permission qu'il m'est difficile de lui refuser.
je m'inquiète de ne pas voir venir son remplaçant car si RAMBELOSON part vraiment  le 1er février il n'aura pas le temps matériel de mettre son successeur au courant.
BATOU qui fait fonction d'aide-greffier est une nullité doublée d'un ivrogne.
Sainte Marie
RAMBELOSON est véreux jusqu'au trognon, mais si vous ne pouvez pas faire faire l'enquête que je vous ai demandée, je préfère laisser tomber,car, malgré toutes les preuves dont je dispose, je ne suis pas sur d'avoir raison si l'affaire est mise entre les mains de la Sécurité Générale.
Je donnerais cher pour en être définitivement débarrassé .
Comme je vous l'ai déjà dit, il a toujours trafiqué avec les détenus.
Déjà à Sainte Marie il a été le héros de quelques coups fumants .Il y a quelques jours, un prisonnier est venu se plaindre qu"ayant eu besoin de mille francs il à emprunté  cette somme à RAMBELOSON  et lui a remis en gage une bague d'une valeur de 12.000 francs. aucun papier n'ayant été signé, RAMBELOSON  ne veut rien entendre pour la lui rendre. Comme GESLIN il fournit de quoi boire et fumer aux détenus, moyennant finances bien entendu.
Mélia
Je sais qu'il vend le vin à 150 francs le litre ( il le paie 105) et les cigarettes Mélia 65 francs au lieu de 45.
A l'occasion du 1er janvier , il a vendu des canards à 4 ou 5 détenus, à raison de 200 francs pièce, alors que les mêmes sont vendus de 125 à 150 à Analalava .
C'est la femme d'un agent  à laquelle RAMBELOSON a refusé de céder un canard au cours normal qui a dévoilé le pot aux roses.Interrogés les prisonniers ont confirmé sa déclaration.
Comment pourrais-je punir ces derniers, alors qu'un inspecteur greffier-comptable ne respecte pas le règlement .


(Fin page 39)


Il y a quelque temps, un détenu surpris alors qu'il transportait un bidon de 5 litres d'huile prélevée sur la ration de ses camarades , m'a avoué que RAMBELOSON était son meilleur client. Quand je vous aurai dit que notre greffier mène une campagne acharnée contre le président TSIRANANA  qu'il ne trouve pas assez anti-français, qu'il a voté NON au référendum, vous comprendrez pourquoi je me méfie de lui
.Je crois qu'il ne serait pas inutile que vous le signaliez à certain commandant de nos amis.


........


Antandroy
M. CADY se prépare à quitter TULÉAR  et un nouvel inspecteur provincial sera nomme.
Voici quelques passages de sa lettre du 15 janvier :

.......

Ça marche, ça marche  même presque trop bien, en ce sens que je suis pris dans un engrenage que j'ai déclenché et que je suis "noyé" dans la paperasse qui arrive de toutes les prisons.
réellement ce n'est pas possible de continuer ainsi .
la maison centrale suffit à occuper un homme , faire aussi l'inspecteur provincial  quand on travaille pratiquement seul devient un tour de force.
A part un détenu je n'ai personne capable de m'aider et il y a 23 prisons dans le province.
Pas d'adjoint, pas de greffier-comptable .... C'est dur .
MARIGNY viendra-t-il bientôt ?
Je souhaite lui passer une partie de mon fardeau.
Je rentre de Fort-dauphin où la situation n'est pas mauvaise.
STEFANI m'a dit qu'on avait promis de le nommer à Tuléar ?
Il m'a fait bonne impression, il est plein de bonne volonté et il vaudrait peut-être mieux un "vazana" à Tuléar plutôt qu'un "gache" comme gardien-chef.
Mais la situation de cet homme est lamentable. Il est père de 4 enfants. Il gagne 23.000 francs par mois et ne perçois rien pour ses gosses. Il aimerait rester gardien-chef mais on lui offre 45.000 et logé à la voirie de Fort-Dauphin. Si vous ne lui donnez pas l'équivalent il va nous lâcher et ce serait peu^-être dommage car c'est un homme intelligent et instruit dont le juge et le chef de "circauto" m'ont dit beaucoup de bien.


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1960 4/28 Le valakira, pêcher avec la marée.

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Il est intéressant de lire les nombreux travaux de toute sorts qui sont réalisées à Nosy-Lava et exposés dans la lettre du 11 février.
Poissons et crevettes
Crevettes
Il est bon de préciser que le valakira est un piège à poisson et qui a été réalisé dans une partie de la baie où la marée est très grande : plus de deux mètres de hauteur.
A quelque cent mètres du rivage j'avais donné l'autorisation de faire une enceinte faite de grillage et fermée jusqu'à la terre.
A marée haute la mer montait au-dessus du grillage et à marée descendante elle repartait pat les trous du grillage laissant sur place les poissons très nombreux dans la région.
Lorsque la marée était complètement basse, il n'y avait lus qu'à les ramasser sur le sable.
On pouvait aisément "récolter" 200 kg de poissons, ce qui améliorait la nourriture des détenus et même a permis quelque fois d'en donner aux établissements pénitentiaires de la grande terre.
par ailleurs l'emploi gratuit de la main d'oeuvre pénale me causait bien des problèmes.Jusque là, les fonctionnaires et quelques autres utilisaient gratuitement des prisonniers en qualité de boy, de cuisinier ou autre domestique.
En accord avec M. le Ministre je décidais que dorénavant cette main d'oeuvre ne serait accordée que sur paiement de 75% du salaire d'un ouvrier.
Je ne voulais pas la supprimer, car elle permettait aux meilleurs de préparer leur réinsertion mais j'estimais que les employeurs devaient participer aux dépenses obligatoires des prisons ( logement, nourriture, habillement, gardiennage, etc....).
Cette décision fut pas appréciée de tous et à  Nosy-Lava d'abord, et dans toutes les provinces ensuite ce fut un tollé.
Mais après sept à huit mois cette façon de procéder fut admise.
Voici quelques extraits de la lettre du 11 février de M. LUCAIN :


......


Je me félicite d'avoir fait faire des kilomètres de canaux de drainage partout où nous avons défriché et mis en culture ( à peu près quatre fois la superficie qui existait).
Grâce à cela et à l'élargissement de la rivière les dégâts ont été insignifiants .


Canne à sucre
Pourtant le maïs a l'air de souffrir de l'excès de pluie.D'après les anciens d'ici, il a été semé beaucoup trop tard, ce qui doit être exact puisque celui que nous avons semé cinq semaines plus tôt est devenu magnifique.


Nos essais de canne à sucre donnent des résultats surprenants et nous allons en intensifier la culture.
Le valakira fonctionne à merveille pour l'instant et nous faisons des pêches miraculeuses.
Cela ne durera peut-être pas d'un bout de l'année à l'autre , toujours est-il que le grillage est payé" depuis longtemps.
Je viens de faire installer un séchoir , et lorsque nous aurons une certaine réserve de poissons salés et séché, je pourrai vendre le surplus de poisson frais.
Les détenus aiment autant le poisson que la viande, ce qui m'a permis de les nourrir de façon satisfaisante , bien que je n'ai pas encore reçu la caisse d'avance de janvier.
D'ici peu je vous ferai parvenir un rapport complet  des travaux effectués depuis votre dernier passage. Vous verrez que nous ne chômons pas, puisque m^me les dangereux travaillent. Je viens de leur faire faire une route permettant l'accès à la plantation de canne à sucre.
Bananes
A la ferme, en dehors de la porcherie qui est terminée, j'ai fait faire un poulailler dans le genre de la canardière , avec une case pour le détenu qui est chargé de la surveiller.
La maison en dur où habitera l'agent responsable de la ferme est, elle aussi, à peu près terminée.
J'ai fait planter au moins deux cent nouveaux bananiers qui poussent très bien.Lorsqu'ils produiront je n'aurai aucun mal à vendre les régimes.
L'interdiction aux fonctionnaires d'employer de la main d'oeuvre pénale  gratuite a provoqué un tollé général.Le juge, entre autres,  se montre assez virulent. Il ne manque pas de me faire de petites vacheries chaque fois que l'occasion s'en présente.pourtant comme vous le savez, je n'y suis pour rien.
Lors du dernier passage de la commission de surveillance, M. le juge de section, en tant que président de ladite commission, a établi un P.V. de visite.
A l'article 3 il est dit :
"Travail insuffisant pour un grand nombre de détenus"


(fin page 46)






Je me demande comment M. le juge peut affirmer de telles choses, puisqu'il ne m'a jamais demandé quels étaient les travaux en cours et qu'il m'a refusé de les visiter lorsque je lui ai proposé.Cette assertion me fait bondir, car je suis certain de tirer le maximum de rendement des prisonniers, surtout avec le peu de personnel dont je dispose.J'ai été sur le point de lui répondre comme il le mérite, mais j'ai craint que vous me désapprouviez.
Afin que vous vous rendiez compte du ton employé par le monsieur,,je vous joins une autre de ses âneries.Je serai heureux que vous me disiez ce que vous en pensez.
Lorsque la commission de surveillance doit venir à Nosy-Lava, je reçois l'ordre de mettre la vedette  à sa disposition, tel jour, à telle heure.
D'après les récentes instructions  du ministère des finances, est-ce bien régulier , 
La vedette de la maison de force étant le seul moyen de communication avec la grande terre, il me semble qu'il serait plus logique que le district assure le passage de la commission.


...... LE JUGE DE LA SECTION D'ANALALAVA ......:


"
J'ai l'honneur d'attirer votre attention sur la situation des détenus  employés sur la vedette de votre établissement, les nommés LUDOWSKY et RANDRIANABOLO Stanislas.
Il es désirable que ces individus ne traînent pas en ville  lors du passage de la vedette à Analalava. sauf nécessité de service particulière dont vous voudrez bien me tenir informé, ils devront se présenter des leur arrivée au gardien-chef de la maison d'arrêt .....


... Nota de M. LUCAIN ... :


Jamais ces détenus ne traient en ville.
LUDOWSKY se rend parfois à la gendarmerie pour se mettre en rapport avec le radio  et discuter des dispositions à prendre concernant leur travail commun. En ce qui concerne RANDRIANABOLO Stanislas qui est mécanicien de la vedette, il y a des années qu'il aide le vaguemestre à faire les courses et jamais il n'a commis la moindre sottise. Je comprends mal pourquoi M le juge a attendu jusqu'à ce jour pour le trouver dangereux ....... Je dois préciser, qu'avant l'interdiction d'utiliser la main d'oeuvre pénale gratuite,  bon nombre de prisonniers circulaient librement sans que personne n'y trouve à redire.




.......




Puis le 22 février une autre lettre de Nosy-Lava m'informai des difficultés rencontrées dans la situation scolaire :

Mon effectif s'est maintenu à 21 à cause des départ.Toujours pas de fournitures bien qu'elles m'aient été annoncées; Peut-être le 14 Juillet !
Les enfants sont décevants comme les adultes , paresseux comme des couleuvres et ne s' intéressent à rien ....


Le lendemain une autre lettre me fait connaître que la situation à Nosy-lava  est toujours difficile avec le personnel et il en est de même à Tuléar ainsi que m 'expose l'inspecteur dans ses lettres 25 février , 3 et 4 mars .....


........ NOSY-LAVA ........

Je ne vois pas pourquoi, alors que Nossi-Bé est largement pourvu, je suis, moi, forcé à faire le greffier, le comptable, etc..... d'ailleurs si il arrive un pépin de ce coté là, je vous aurais assez prévenu que ce n'était pas mon métier.
Plus je connais l'individu que vous m'avez imposé, moins je vis.
Dès que je ne surveille plus ' et je ne peux me déguiser en garde-chiourme perpétuel - il passe son temps avec les fortes têtes.
Je sais qu'il fait de la politique.
L'aide-greffier SATOU  étant également parti, ce détenu est le roi du bureau ( greffe et comptabilité !) .
J'ai été extrêmement peiné quand vous m'avez imposé ce gars là. Je ne pense pas que vous l'ayez vu, car physionomiste comme vous l'êtes, vous ne m'auriez pas dit de le prendre comme greffier.
vous savez que je n'ai aucun ouvrier spécialisé ,
Je suis forcé de prendre la truelle et de faire le couvreur pour monter aux détenus ce qu'ils doivent faire. Je ne pense pas qu'il y ait à Madagascar un autre directeur de prison qui fasse ce que je fais .Je voudrais au moins, quand je suis sur les chantiers, avoir l'esprit tranquille en ce qui concerne le travail de bureau.
Ceci bien compris, je vous confirme que je ne regrette, en tant qu'individus, ni SATOU ni RAMBELOSON, qui étaient des ivrognes et des trafiquants.
A part GOZIE et trois ou quatre agents, je ne peux compter sur personne. Je me lève presque toutes les nuits car je me suis aperçu que la plupart du temps les gardiens dormaient, au risque de se faire étriper et de laisser étriper tout le monde.En outre, s'y je n'y allais pas moi-même, ils laisseraient pourrir des centaines de kilos de poissons dans la valakira plutôt que de se déranger. tout cela parce que je reçois de la Sûreté que des raclures.  .....
Les installations électriques de GESLIN  laissent tellement à désirer que nous avons failli griller au milieu de la nuit. Un court-circuit a mis le feu à la toiture de chaume de notre chambre-pigeonnier, mais la lueur m'a heureusement réveillé à temps.   ...
Alors que j'ai à me bagarrer avec les détenus et les agents , GESLIN passe son temps à les pousser à me désobéir, en disant que je fais mon petit Napoléon ...;
J'avais toujours cru qu'au début de l'année 1960, l'administration pénitentiaire n'aurait plus rien à voir avec la sûreté. Cela m'est pénible d'être pris entre deux feux. Je n'en veux d'ailleurs nullement à la Sûreté, car je trouve très logique qu'elle essaie de récupérer ses meilleurs agents et de se débarrasser des ordures.
Je croyais que nous ferions nous même notre nouveau recrutement et que nous pourrions faire un tri. J'aimerais savoir pour ma gouverne quelle est la position du service pénitentiaire à cet égard .




..... TULEAR 25 février ......

En ce qui concerne la Province il vaut mieux ne pas compter sur elle , la force d'inertie règne en bloc dans ce fortin et je pense qu'il vaut mieux se débrouiller seul , ce qui n'est pas toujours facile,.la question du licenciement sera scabreuse et posera quelques problèmes du fait que la plu^part des agents recrutés  sont d'anciens militaires ayant plusieurs années de services,cela sera à prévoir dans le préavis, quant à moi je commence à établir la liste noire.
La question de STEFANI est importante  car la maison centrale a besoin d'un gardien-chef, de plus si l'on tarde, le logement disponible de CADY risque de disparaître au profit de la Province ........
Ne parlons pas des gardiens-chefs qui à part DAVID  et peut-être STEFANI ne sont pas capables d'assurer correctement leur service ......






.....   3 mars ........




La maison centrale est sans gardien-chef et mon temps disponible  ne peut guère me permettre de m'en occuper, dans quelques jours les vais installer les bureaux au service pénitentiaire : 
avec qui ???
Un détenu chargé du courrier (libérable dans six mois) un détenu chargé de la liquidation ( libérable dans quatre mois)  et voilà avec quoi je vais travailler. Il y a environ 104 agents à licencier, des mutations en quantité à prévoir et surtout beaucoup de difficultés avec Mrs les chefs de Districts.




...   4 mars ......


Comme suite à ma transmission adressée à M. Charles EMILE  il faut prévoir le licenciement de 112 agents et non 80, mais il ne faut pas effrayer la haute Direction. Je prépare actuellement un premier départ de 50 environ car avec mon personnel à compétence limitée je ne peux guère faire mieux .....
Lorsque je vais aller en tournée, et cela sera nécessaire très bientôt,  surtout à Bétroka, il me sera impossible de laisser mes bureaux  à la merci de mes prisonniers, même sous la surveillance d'un gardien car cela sera une belle pagaille à mon retour, et je veux l'éviter.Or Monsieur CAPDESSUS est toujours disponible et je pense qu'il pourrait être recruté comme agent NENA avec application de l'article 28 comme monsieur STEFANI.
C'est un garçon capable et sérieux et je crois pouvoir compter sur lui.


....


(fin page 48)


Page suivante : 1960 5/28



1960 5/28 Vie courante .

Article précédent : 1960 4/28 Le valakira, pêcher avec la marée.

Je pris alors toutes dispositions  utiles en vue de remédier à la crise du personnel dans les différents établissements pénitentiaires de l'île et le 8 mars une longue lettre de Nosy-Lava  m'apportait quelques apaisements  sur la situation dans cette maison de force, malgré quelques difficultés avec les représentants des église et de l'enseignement.



.... Nosy-Lava 5 mars ......

En vous disant que je suis seul, sans personne sur qui je puisse compter, je veux parler uniquement de mon travail intérieur .....
Il faut croire que j'ai de la veine puisque tout va bien pour l'instant du coté du greffe. Mais c'est avec un gros soupir que je verrai arriver un type capable de s'occuper de ce travail.
 Vous devez deviner avec quel plaisir j'ai appris que vous étiez désormais le seul chef de vos troupes.
J'ai surtout apprécié vos premières réactions; les six agents qui en ont fait les frais les apprécient beaucoup  moins.
Trois sont venus me supplier de les garder, ce qui m'a permis de leur passer un bon savon et, bien entendu, de leur dire qu'ils auraient du réfléchir plus tôt.
 Les autres agents après un moment de stupeur se sont ressaisis dans le bon sens.Jamais depuis que vous m'avez confié  la direction de al M.F. ils n'ont fait autant de zèle.D'autant pus que je leur ai fat un petit laïus  pour leur annoncer que désormais ils ne dépendaient  plus que de l'administration pénitentiaire. J'ai terminé en disant que si certains étaient mécontents  et ne voulaient pas se plier à la discipline que j'exige d'eux,  ils pouvaient démissionner. J'ai même précisé que vous aviez sous la  main des gardiens sachant tus lire et écrire et triés sur le volet pour les remplacer. ils ont compris que le rapprochement n'était pas en leur faveur. Je pense avoir touché juste car maintenant ils sont mignons tout plein.
GESLIN devait s'attendre à ce qui lui arrive car j'ai appris de source sûre   qu'il a commencé depuis une quinzaine de jours à emballer ses affaires. Lorsqu'il déménagera, il faudra faire au moins trois voyages de vedette, tellement il a emmagasiné de fourbi.Personne ne le regrettera ici; Je pense d'ailleurs que si vous m'envoyer un agent mécanicien ( même si ce n'est pas un as) , il n'y aura pas besoin de le remplacer; Mais jusqu'au bout il aura montré son manque de savoir-vivre.
Comme vous le savez le 7 février dernier, j'ai organisé une fête au profit de l'orphelinat de la police.
Cela n'a pas trop mal marché  puisque nous avons pu envoyer une somme de 36.000 francs  à M. ROUSSEAU qui est chargé de ramasser les fonds pour cette oeuvre de charité.
Vous devez vous rendre compte que chacun de nous y amis du sien puisque, à part  quelques fonctionnaires d'Analalava  ( plutôt constipés du portefeuille) , personne d'autre n'est venu, l'interdiction de transporter  des passagers autres que les fonctionnaires m'étant parvenue quelques jours avant;
Eh bien M. GESLIN  n'a même pas daigné apporter son obole.Comme dans toutes les grandes occasions ( début d'émeute, incendie, etc....) il s'est renfermé dans sa tanière.
Hôpital RAVOAHANGY  ANDRIAVANOLA
Croyez moi lorsque je vous dis que je n'ai jamais rencontré un tel individu.
Je reçois à l'instant votre télégramme m'annonçant l'arrivée prochaine des tenues pénales et que nous en ferons nous-même l'assemblage. c'est une excellente idée. Dommage que nous n'ayons pas une autre machine à coudre car j'ai deux tailleurs parmi les détenus.
peut-être pourrions nous faire des travaux pour d'autres communautés, l’hôpital d' Analalava  par exemple .....
Cela me fait penser à mon fidèle GOZIE . J'aimerai le récompenser  et s'y vous n'y voyez pas d'inconvénient, je pourrais lui donner la case de GESLIN SI COMME JE LE PENSE CELUI-CI N'EST PAS REMPLACE.
Non seulement GOZIE serait fou de joie, mais je renforce ainsi son prestige auprès des gardiens. Autre avantage je l'aurai sous la main en cas de besoin .....
Vignette de France métropolitaine
Mission des pères jésuites
Tananarive'
En ce qui concerne le passage sur la vedette des ministres du culte, je vous avoue que je préférerais de loin ne pas leur accorder. que ce soit le ministre catholique ou le ministre protestant, ils sont aussi nuisibles l'un que l'autre  ....
d'après des renseignements sûrs ils passeraient leur temps à monter la tête aux 'bougnoules" pour les empêcher de travailler. ils ne doivent d'ailleurs ne pas avoir beaucoup de mal.
En ce qui concerne les recettes, nous n'avons fait que 4.000 francs en janvier, un peu plus de 10.000 en février , et nous comptons qu'elles augmenterons progressivement . Toutefois, nous ne pouvons pas espérer faire grand'chose  si nous n'avons pas un moyen plus rentable que les noix de coco ou le poisson.
Je vous ai proposé deux solutions :
1°  les travaux de couture, mais pour cela il nous faudrait une autre machine à coudre,
2°  des travaux de menuiserie, mais là aussi il nous faudrait des machines outil.
Si j'avais pu avoir un peu d'argent j'aurais pu également développer l'élevage de la volaille, ce qui nous aurais permis de vendre des poules, des canards et des oeufs.






..... Nosy-Lava  6 mars ........


Je vous signale que la dernière soubique  (*) contenait plus de la moitié en cèleri vert immangeable et poireaux comme des crayons  et avec tout leur vert ......Dites leur donc de ne plus envoyer de cèleri, de couper les queues des poireaux et de mettre plus de pommes de terre. Quils n'oublient pas l'ail et le thym .
..........




Le 7 mars c'est M. MATHEI qui a des difficultés financières et le 8 mars, M. DOMENGER, l'inspecteur de Diégo-Suarez  m'informe de son rapatriement sur la France alors que son remplaçant M. BENARD  n'est pas encore arrivé :


J'ai passé  le service au brigadier MOMABY mon adjoint , comme vous me l'avez demandé.Il vous adressera les procès verbaux et inventaires réglementaires.
En attendant M. BENARD, M. MOMABY assurera la liquidation des affaires courantes. Il serait prudent de ne pas le laisser seul trop longtemps.......


( extrait de la lettre de M. DOMENGER )

;;;;;;;;

Il est intéressant de noter l'évolution de la situation à Nosy-Lava.
Le 21 mars M. LUCAIN me rendait compte en ces termes :

...... Je vous demande  d'abord votre accord pour mettre deux ou trois détenus à la disposition de Dr. PEYTRAL , puis l'autorisation de mettre GOZIE dans la case de GESLIN lorsque celui-ci partira.Je sais que nous avons encore un mois devant nous, mais la femme de GOZIE a le moral de plus en plus bas et j'ai l'impression que lui-même commence a être gagné par le cafard.Leur logement est par trop inconfortable et je crains fort  que si nous ne pouvons pas y apporter une solution,  GOZIE ne finisse par demander son changement, tellement il est énervé de voir sa femme se lamenter.  La pauvre qui est obligée de garder la chambre à longueur de journée a évidemment sujet à récrimination.
Leur case qui est exposée en plein soleil, couverte de tôles et sans plafond, est une véritable étuve. Pour ma part, je ne pourrais pas y tenir plus de 5 minutes. Inutile de vous dire que si je perdais GOZIE je serai fortement handicapé........




....
L'assemblage des tenues pénales se fait à une allure record bien que nous n'ayons qu'une seule machine très usagée ( Elle vient de Sainte-marie).
Je pense que ce mois ci nos recettes dépasseront 30.000 francs . a propos vous demandez dans quel but je veux développer la plantation de canne à sucre. C'est tout simplement parce que je suis certain que je pourrai en vendre la récolte, même si nous en faisions 10 fois plus.


... J'ai presque terminé une citerne cloisonnée, d'une contenance de 60.000 litres .Malheureusement, je ne peux pas encore la faire remplir  parce que je n'ai pas reçu les robinets que j'ai commandé. Je crains que lorsqu'ils arriveront, les pluies seront terminées et mon travail n'aura servi à rien.




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Un petit intermède de sourire avec la lettre suivante de M. Marcel FRANGUIDAKIS que m'a fait parvenir le directeur de la maison de force de Nosy-Lava,
 et que bien entendu, je n'ai pas transmis à son destinataire :
Lettre de M. FRANGUIDAKIS
( cliquez droit pour agrandir)

(fin page 50)


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Les 28 et 30 mars je recevais de  M. MATHEI un compte-rendu concernant l'agent RATISBONNE et les visites d'inspection de la région
(extrait ci-après)
L'agent RATISBONNE est un triste sire.Je suppose qu'il prendra fort mal sa mutation à Marovosy car il désire impérativement être en service à Tuléar pour y continuer sa propagande A.K.F.M. (*)et particulièrement anti-française. Je pense et j'espère qu'il n'acceptera pas son affectation  dans la province de Majunga et donnera sa démission, ce qui sera une bénédiction des dieux.
Quoiqu'il en soit je me permets d'insister afin qu'il ne soit pas fait droit à sa requête d'affectation dans la province de Tuléar où il continuerait à faire de la propagande en uniforme ....





(*) soubique : sobika en malgache

(*)
A.K.F.M. :
Parti du Congrès de l’indépendance de Madagascar
en malgache
Antoko'ny Kongresi'ny Fahaleovantenan'i Madagasikara)




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