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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 1/28 TULÉAR

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1960
Début du premier trimestre.


Jeux sportifs de la Communauté Française
13 au 19 avril 1960
avec M. Maurice HERZOG
Cette nouvelle année sera une épreuve décisive pour monter mes capacités à tenir les fonctions qui m'ont été confiées.

Temple à Tananarive
La réorganisation commencée va se poursuivre avec acharnement.

M. RAKOTOMALALA vient d'être affecté à l'administration pénitentiaire pour être mon adjoint.

La création de fermes et de jardins va s'intensifier dans tous les établissements pénitentiaires.

A cet effet je suis aidé et soutenu par mon adjoint René JUPPEAU très qualifié dans l'agriculture  et par tous les inspecteurs provinciaux qui me sont très dévoués ainsi que par quelques chefs de districts.
mais les difficultés sont toujours grandes.

Cathédrale Fianarantsoa
C'est ainsi que le 7 janvier M. LUCAIN m'adressait la lettre suivante :

... Je reconnais qu'à deux reprises je vous ai dit de ne pas vous alarmer mais avouez que depuis ce temps là , la fièvre a monté et que les esprits ce sont échauffés.
La propagande politique pénètre jusque dans les camps des détenus, à propos, je vous remercie pour la note que vous m'avez envoyée concernant les offices religieux.
Elle m'aidera beaucoup pour freiner les abus. J'ai fait traduire l'article 54 au pasteur, mais votre note produira plus d'effets.
Au sujet de l'ivrogne ESAROTRO , la Sécurité Générale a pris l'affaire en mains.Je crois que je serai rapidement débarrassé de cet indésirable : je vous tiendrai au courant. 
Si cet agent ne figure pas sur la liste que je vous ai donnée c'est qu'il ne s'était encore jamais mis dans cet état devant moi.
 J'ai vu au J.O. du 19 décembre 1959 que je pouvais vendre de la nourriture au personnel.
Ils me réclament tous du riz car ils n'en trouvent plus à Analalava . 
Malheureusement il me sera impossible de leur en céder pendant longtemps encore, puisque j'arrive difficilement à honorer la ration des détenus. 
Les 10 tonnes de paddy que je viens de recevoir  n'iront pas loin.
La nomenclature des pièces à fournir subissent de grands changements  je présume que vous allez nous faire parvenir les imprimés nécessaires sans tarder.
Quand pensez-vous pouvoir commencer le recrutement des nouveaux gardiens et me débarrasser enfin des brebis galeuses. J'étais fermement convaincu qu'à partir du 1er janvier 1960 , vous seriez libre de remettre n'importe quel agent à la disposition de la Sécurité Générale et de le remplacer par un gardien. Un commencement d'exécution créerait immédiatement une meilleure ambiance à la maison de force. 
Nossi-Bé
et
Île Sainte-Marie
(cliquez droit)
L'inspecteur RAMBELOSON a deux enfants malades et hospitalisés.
Il demande 15 jours de permission qu'il m'est difficile de lui refuser.
je m'inquiète de ne pas voir venir son remplaçant car si RAMBELOSON part vraiment  le 1er février il n'aura pas le temps matériel de mettre son successeur au courant.
BATOU qui fait fonction d'aide-greffier est une nullité doublée d'un ivrogne.
Sainte Marie
RAMBELOSON est véreux jusqu'au trognon, mais si vous ne pouvez pas faire faire l'enquête que je vous ai demandée, je préfère laisser tomber,car, malgré toutes les preuves dont je dispose, je ne suis pas sur d'avoir raison si l'affaire est mise entre les mains de la Sécurité Générale.
Je donnerais cher pour en être définitivement débarrassé .
Comme je vous l'ai déjà dit, il a toujours trafiqué avec les détenus.
Déjà à Sainte Marie il a été le héros de quelques coups fumants .Il y a quelques jours, un prisonnier est venu se plaindre qu"ayant eu besoin de mille francs il à emprunté  cette somme à RAMBELOSON  et lui a remis en gage une bague d'une valeur de 12.000 francs. aucun papier n'ayant été signé, RAMBELOSON  ne veut rien entendre pour la lui rendre. Comme GESLIN il fournit de quoi boire et fumer aux détenus, moyennant finances bien entendu.
Mélia
Je sais qu'il vend le vin à 150 francs le litre ( il le paie 105) et les cigarettes Mélia 65 francs au lieu de 45.
A l'occasion du 1er janvier , il a vendu des canards à 4 ou 5 détenus, à raison de 200 francs pièce, alors que les mêmes sont vendus de 125 à 150 à Analalava .
C'est la femme d'un agent  à laquelle RAMBELOSON a refusé de céder un canard au cours normal qui a dévoilé le pot aux roses.Interrogés les prisonniers ont confirmé sa déclaration.
Comment pourrais-je punir ces derniers, alors qu'un inspecteur greffier-comptable ne respecte pas le règlement .


(Fin page 39)


Il y a quelque temps, un détenu surpris alors qu'il transportait un bidon de 5 litres d'huile prélevée sur la ration de ses camarades , m'a avoué que RAMBELOSON était son meilleur client. Quand je vous aurai dit que notre greffier mène une campagne acharnée contre le président TSIRANANA  qu'il ne trouve pas assez anti-français, qu'il a voté NON au référendum, vous comprendrez pourquoi je me méfie de lui
.Je crois qu'il ne serait pas inutile que vous le signaliez à certain commandant de nos amis.


........


Antandroy
M. CADY se prépare à quitter TULÉAR  et un nouvel inspecteur provincial sera nomme.
Voici quelques passages de sa lettre du 15 janvier :

.......

Ça marche, ça marche  même presque trop bien, en ce sens que je suis pris dans un engrenage que j'ai déclenché et que je suis "noyé" dans la paperasse qui arrive de toutes les prisons.
réellement ce n'est pas possible de continuer ainsi .
la maison centrale suffit à occuper un homme , faire aussi l'inspecteur provincial  quand on travaille pratiquement seul devient un tour de force.
A part un détenu je n'ai personne capable de m'aider et il y a 23 prisons dans le province.
Pas d'adjoint, pas de greffier-comptable .... C'est dur .
MARIGNY viendra-t-il bientôt ?
Je souhaite lui passer une partie de mon fardeau.
Je rentre de Fort-dauphin où la situation n'est pas mauvaise.
STEFANI m'a dit qu'on avait promis de le nommer à Tuléar ?
Il m'a fait bonne impression, il est plein de bonne volonté et il vaudrait peut-être mieux un "vazana" à Tuléar plutôt qu'un "gache" comme gardien-chef.
Mais la situation de cet homme est lamentable. Il est père de 4 enfants. Il gagne 23.000 francs par mois et ne perçois rien pour ses gosses. Il aimerait rester gardien-chef mais on lui offre 45.000 et logé à la voirie de Fort-Dauphin. Si vous ne lui donnez pas l'équivalent il va nous lâcher et ce serait peu^-être dommage car c'est un homme intelligent et instruit dont le juge et le chef de "circauto" m'ont dit beaucoup de bien.


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1960 3/28 Fait divers concernant un vazaha


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Cher Monsieur,

Veillez , je vous prie, bien vouloir accepter mes excuses pour la liberté que je prends de vous écrire personnellement, mais il s'agit d'un cas délicat  pour lequel je sollicite vos conseils et que je soumets à votre décision.
Il s'agit  ......

.....

Jusqu'à présent, je n'avais pas tellement à me louer de ses services puis qu'il a élevé le "moramora" à la hauteur d'une institution  et que le peu qu'il veuille bien faire, je suis encore obligé de le superviser soigneusement, telles les fiches techniques que j'établis moi-même.

Mais cela serait en sorte que demi-mal  puisque, depuis 25 ans de service, il n'a jamais su déployer un zèle exagéré et continue à vivre dans une douce euphorie  trop souvent accentuée par l'abus des spiritueux.

Ce qui est plus fâcheux, c'est que M. X..... défraye maintenant la chronique scandaleuse de notre petite ville par ses amours vulgairement tumultueuses.

Certes, c'est le droit le plus absolu de m. X... de mener la vie privée de son choix avec l'élue de son coeur. 
Ce qui est regrettable , c'est que les traverses orageuses de cette liaison donne à son voisinage un spectacle gratuit qui n'ajoute rien, bien au contraire, au prestige de l'administration et de nos compatriotes.

Voici les actes de cette tragi-comédie burlesque  qu'on pourrait intituler " Amour et Pancrace" :
depuis près de trois ans M. X..... vit avec une fille du pays dont le moins qu'on puisse dire, c'est que la pauvre ne sera jamais élue Miss Madagascar.

Outre un très mauvais caractère elle est affligée d'une atrophie des deux bras qui la fait surnommée 
Caïman.
"Tanan voay  - Patte de caïman" .

Ce n'est évidemment pas de sa faute mais si l'Amour, parait-il, est "enfant de Bohême" il est aussi en l’occurrence fortement myope.

La dulcinée en cause est une véritable tigresse douée, par surcroît d'une prodigalité remarquable  fort préjudiciable aux intérêts de notre compatriote  et d'un tempérament volcanique  qui se manifeste à loisir pendant les absences du maître de céans.
L'année dernière M. X...  avait interrompu son idylle  pendant quelque temps, mais la fille s'est accrochée et est revenue partager la couche  et le portefeuille de son protecteur.
Jusque là, rien don d'anormal que le déroulement d'une histoire trop banale.
Mais M. X..., sans doute à l'instigation du sieur Z...; ( gérant indélicat d'un dépôt qui vient de purger 7 mois de geôle et qui, comme par hasard, avait jadis bénéficié des faveurs de l’héroïne qu'il avait engrossé) qui désire se mettre en popote avec lui, a chassé la donzelle non sans que les échos de la scène n'ameutent le voisinage et la police.

Tenace, la fille est revenue en "squatter" occuper les lieux , se refusant obstinément de déguerpir et demandant, entre autres choses, trois mois de salaire à M. X....., qui, en désespoir de cause, s'est réfugié pendant huit jours à l’hôtel en demandant l'aide de la police et l'appui de Mr. le Président du Tribunal.

Samedi dernier, en présence des policiers, Mr. X... a sorti de sa case les objets appartenant à son ex-compagne et les a déposés sur la varangue.
La propriétaire des 23 robes et des 6 paires de chaussures a rappliqué comme une vraie furie, insultant les agents et menaçant M. X... de mort.

Mais, et c'est là que le drame se perpètre, vint le soir.
dissimulée dans le jardin la délaissée attendit le retour de M X... et de Z... et pénétra dans la maison comme un bolide véhémente et menaçante.
alors un grand désordre s'ensuivit .
des coups violents furent échangés.
dans le feu de l'action M. X ...   se trouva déculotté dans la cour  et son adversaire lui fit une prise sournoise autant que douloureuse à ce que j'appellerai les "bijoux de famille" .
Finalement , les deux hommes ont flanqué à la perturbatrice une sensationnelle raclée dont elle a du faire soigner les marques à l’hôpital.

Cet intermède imprévu de catch qui rappelle certain épisode de "Clochemerle"  s'est déroulé devant une foule assez nombreuse et goguenarde manifestant sa réprobation envers les mauvais vazaha  qui se mettaient à deux pour corriger une pauvre malgache, sans d'ailleurs intervenir, pas plus que la police qui,comme les carabiniers, est arrivée prudemment sur les lieux une fois le combat terminé.

Il est évident qu'en réalité, c'est M. X... qui est la victime de cette harpie trop tenace, il aurait pu trouver une manière plus élégante et surtout moins fracassante pour rompre cette liaison.
Il aurait pu également se dispenser d'en arriver à de graves sévices.
Mais il est vrai qu'il a peur de la fille , forte comme un boeuf qui lui a promis , ainsi qu'aux policiers, de leur couper les .... avantages.
L'histoire ainsi contée serait humoristique si toute la ville ne s'en gaussait et si M. LE Préfet, Mr. Le Président du tribunal  et M; Le Commissaire de Police n'en étaient saisis.
la seule solution que préconisent ces autorités administratives et judiciaires est l'éloignement de M. X... qui a d'ailleurs terminé son séjour depuis plusieurs mois.
Comme je lui disais qu'il pouvait être déplacé, il m'a déclaré qu'il ne partirait pas, qu'il n'était pas fautif et qu'on verrait qu'il était de taille à se défendre.

Hier encore, M. Le Préfet me disait combien le départ de M. X.... serait souhaitable, tant pour sa sécurité personnelle que pour le maintien de l'ordre public et il m'a demandé de vous pressentir à ce propos.

je suis très ennuyé par cette affaire si déplorablement scandaleuse mais je ne désirerais pas que M. X... en soit gravement sanctionné  au risque de compromettre une carrière par ailleurs arrivée à son terme.
Je tien X... pour un brave type, car il a "le coeur sur la main"  mais aussi pour un pauvre type qui sera perdu si il retourne en France maintenant.
Sa femme et se trois enfants vivent chez son frère, lequel pousserait un peu trop loin l'amour fraternel en le remplaçant non pas seulement auprès des enfants.
D'après es dires, M. X.... serait un pactole pour cette famille qui ne lui en manifeste aucune reconnaissance et qui ne cesse de réclamer toujours plus d'argent .
Comme sa concubine a contracté en son nom auprès de plusieurs commerçants des dettes appréciables, X ... n'a non seulement pas un sou d'avance mais encore de lourdes charges.
En somme, c'est la fille qui est la lus grande coupable en l'affaire car c'est elle qui a provoqué le scandale et non M. X....  qui n'a fait que se défendre et bien mal encore.On ne peut que lui reprocher de n'avoir pas réglé cette affaire avec fermeté et discrétion.
Mr. Y ... fonctionnaire vaguement allié avec la  fille lui a enjoint de quitter la ville.
Peut-être suffirait-il de laisser passer le temps qui effacera cette sordide aventure ? 
Peut-être pourrait-on envoyer M. X... en mission.
d'ici son retour l'affaire serait oubliée.
Je vous serais reconnaissant des conseils que vous voudrez bien me donner concernant cette malheureuse affaire. Je vous demande aussi de bien vouloir l'examiner avec toute l'indulgence que vous jugerez compatible avec la gravité de ce qui n'est, somme toute, qu'une explication extra-conjugale, un peu vive et le dénouement brutal d'une impossible liaison.
Je vous prie de bien vouloir agréer etc ........

******************


Le famadihana, ou retournement des morts, est une coutume funéraire que l'on rencontre dans la plupart des tribus de Madagascar. Bien qu'apparu assez tardivement semble-t-il dans l'île (peut-être seulement après le XVIIe siècle), tout au moins sous sa forme actuelle, le famadihana se situe dans le prolongement de la vieille coutume des « doubles funérailles » très répandue avant l'époque moderne enAsie du Sud-Est mais aussi en egypte antique ainsi que dans le Proche-Orient ancien (dans l'ancien Israël, à Babylone ou par les zoroastriens en Perse)et dans la Grèce antique.
Selon la philosophie malgache, les mânes des défunts ne rejoignent définitivement le monde des ancêtres qu'après la corruption complète du corps, au bout d'une longue période pouvant durer des années, et après l'accomplissement de cérémonies appropriées. Le rituel consiste à déterrer les os des ancêtres, à les envelopper cérémonieusement dans des tissus blancs et frais (lamba) et à les promener en dansant autour de la tombe avant de les réenterrer. À Madagascar cependant, cette réinhumation (littéralement retournement) finit par devenir périodique, en général tous les sept ans, dans une grande festivité réunissant tous les membres du groupe. À cette occasion, les linceuls de soie recouvrant les restes mortuaires décomposés de plusieurs corps sont renouvelés.
De nos jours, la pratique du famadihana tend à se raréfier, en raison d'une part du coût souvent élevé de la cérémonie, et de l'autre de l'impact de l'influence occidentale, par l'intermédiaire notamment de l'influence chrétienne.





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1960 18/28 Travail des détenus

(Page 75)


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Suite d'un lettre de M. LUCAIN

Eugène, le greffier magasinier, comptable que M. VERGNOLE a eu la gentillesse de m'envoyer a commencé son travail ce matin.Il me fait excellente impression et j'envisage avec moins d’appréhension le départ éventuel de Camille. Décidément j'ai beaucoup plus de satisfaction  de la part des détenus que de celle des agents.dites à M. VERGNOLE que Eugène fait équipe avec COURT. Ils dorment dans la même chambre te font popote ensemble.Je crois qu'ils s'entendront parfaitement.
Je viens de recevoir les félicitations de M. le chef de district pour la façon dont j'ai mené les élections à Nosy-Lava. Le résultat est probant : 226 votants , 226 P.S.D..








.....;




80 ème anniversaire
de l'école de médecine
d'Antananarivo.
je rejoins ce mot pour vous dire que depuis huit jours le post de radio de la gendarmerie d'ANALALAVA  ne fonctionne plus et que le nouveau titulaire opérateur radio de la météo n'a pas été "fichu" de nous contacter. Ce qui fait que lorsque le vent est trop violent, et c'est actuellement le cas, nous sommes complètement isolés. Enfin heureusement qu'en cas de maladie ou d'accident nous avons un excellent infirmier, à propos de ce dernier le médecin inspecteur m'a demandé un rapport sur sa façon de servir depuis qu'il a reçu un avertissement du chef de service de santé de la province.
   ......






Le centre de rééducation  des jeunes d'Anjanamamina fonctionne bien , je dois le dire, grâce à M. JUPPEAU  qui a su intéresser ces adolescents désœuvrés à la culture agricole du grand jardin aux abords de l'établissement. Il en est de même pour la prison de Tananarive que je peux suivre de plus près avec le concours de mon inspecteur M. VERGNOLE.
Le conseiller technique du ministre me fait connaître  qu'il envisage l'organisation d'un camp de jeunes.
Je nomme gardien-chef de ce camp M. Charles LAHIBE que j'estime beaucoup.


Voici ma lettre :

... En définitive et après avoir débattu avec Jules RAHARISON de toutes questions relatives à la sécurité et à l'ordre, j'envisage favorablement l'organisation d'un camp de jeunes d'Anjanamasina et en ait parlé au directeur.
L'association de sauvegarde accorde pour camp une subvention de 100.000 francs.
Jules RAHARISON doit cette semaine présenter au département  une demande officielle dans laquelle il précise les conditions  d'organisation de ce camp. Il lui a été précisé que l'organisation ne pourrait être accordée qu'à condition :
Scoutisme
1° d'emmener les encadreurs.
2° de s'adjoindre des moniteurs issus des mouvements scouts.




......


Le 13 septembre un décès suspect m'est signale dans la prison de Sambava.

La situation à Nosy-Lava m'est à nouveau exposée dans un long rapport et le 19 Madame LUCAIN fait le point au sujet de son école.




(Fin page 75)




Nosy-Lava, le 15 septembre 1960



Objet : détenus ne rentrant pas le soir à la prison d'Analalava.


Cher Monsieur Planchon,
Veuillez trouver ci-jointes deux copies de T.L.O. qui m'ont été adressées par M. le Juge de Section d'Analalava.
Au reçu du premier de ces messages, j'ai immédiatement donné ordre au gardien-chef de la maison d'arrêt de ne plus faire de dérogation et de veiller à ce que tous les détenus rentrent en prison chaque soir pour y passer la nuit.
Lorsque M. PRATI e eu connaissance de cette mesure, il est allé trouver M. le juge en lui disant que c'était vous même qui lui aviez accordé l'autorisation de conserver la nuit le détenu qui lui sert de boy. C'est exact et j'étais présent; Voyant cela, M. GERMAIN m'a envoyé un second T.L.O. (*)disant qu'il ne voulait pas vous contredire.


Je pense sincèrement que la première réaction a été la bonne . Lorsque vous avez accordé cette faveur à M. PRATI, cela ne tirait guère à conséquence puisqu'il s'agissait d'un cas isolé, mais il n'en n'est plus de même aujourd'hui.  Vous avez pu constater en effet que les demandes de main d'oeuvre pénale  par des particuliers se multiplient et que bientôt chaque habitant d'Analalava aura "son" prisonnier.  Si donc nous continuons à faire un cas d'exception  nous nous trouverons devant un dilemme car il est certain que beaucoup d'employeurs demanderont la même faveur. Si nous la refusons ils auront vite fait d'en conclure que nous avantageons le vazaha.Si nous acceptons, nous risquons d'avoir bientôt une cinquantaine de détenus qui ne coucheront pas à la prison; Comme certains serviront de veilleurs de nuit en l'absence de leurs patrons, vous voyez où cela peut mener.
A mon avis, il vaudrait mieux dire à M. PRATI que de nombreux abus ayant eu lieu, il ne nous est lus possible de laisser les prisonniers en dehors de la prison la nuit.
Je crains également que si l'on ne fait pas cesser cet état de choses, les détenus n'ayant pas la chance d'être chez des particuliers en prennent ombrage et que leur travail s'en ressente.




(fin page 76)





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GERMAIN
TSARA
PRATI



T.L.O. : Télegramme-Lettre Officielle




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