Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
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vivre à Antananarivo





Jean LABORDE
Premier consul de France à
Madagascar
1861






En bas de page affichée, cliquez sur "messages plus anciens", pour lire la suite.

Dans les textes ,les liens vers le web sont en vert ou en rouge .


Présidence de la transition

Drapeau de Madagascar .

Hymne national Malgache :




Paroles :


Ry Tanindrazanay malala ô





Ry Madagasikara soa,
Ny fitiavanay anao tsy miala,
Fa ho anao, ho anao doria tokoa.
Tahionao, ry Zanahary
Ity Nosin-drazanay ity
Hiadana sy ho finaritra:
He sambatra tokoa izahay
Ry Tanindrazanay malala ô,
Irinay mba hanompoana anao
Ny tena sy fo, fanahy anananay
Zay sarobidy sy mendrika tokoa Ry Tanindrazanay malala ô,
Irinay mba hitahiana anao
Ka ilay Nahary izao tontolo izao
No fototra ijoroan'ny satanay.

Ô Notre patrie bien-aimée





Cher Madagascar
Notre amour pour toi reste
Et demeure à jamais
Protège et garde, O Créateur,
Cette Ile de nos ancêtres
Dans la sérénité et dans la joie
Et nous serons bienheureux
O notre patrie bien-aimée
Notre voeu est de te servir
Notre corps, notre coeur et notre âme -
Ce qui nous est cher et précieux –te sont dévoués
O notre patrie bien-aimée
Notre voeu est de te protéger
Le Créateur de l’univers
Est le pilier de notre engagement.

***************

Les articles qui suivent ont été dactylographiés , vers 1985-1989, par mon père,

Maurice PLANCHON

sur la base des lettres, nombreuses,au jour le jour,(10 500 lettres reçues en 1960)
 préoccupations des gardiens-chefs et inspecteurs provinciaux,des prisons malgaches,

 reçues de 1959 à 1962.

Au travers des anecdotes, faits divers, occupations quotidiennes,  
 se dessine le travail  de français expatriés,"coloniaux",
pour construire une administration pénitentiaire,
 mettre en place les bonnes compétences aux bonnes places,
 au moment ou Madagascar prenait son indépendance ....

*******

Ils retracent sa carrière comme fonctionnaire des colonies ,de la France d'Outre-Mer,

à

 Madagascar,

en tant que

  Chef du Service de l'Administration Pénitentiaire de Madagascar,

du
1 mars 1959
au
 12 septembre 1961

( 7421 détenus au 30 septembre 1960)

(Voir par exemple le rapport d'activité 1960).


Fin du troisième séjour,
 départ à 
l'aéroport d' Arivonimamo
En 1961
collection Nicole SIMONET-PLANCHON


*************

Carrière militaire dont Diégo-Suarez

Dossier FFL

1959

1960

Fin du troisième séjour 1961 .

Epilogue

************

Merci pour vos commentaires (compléments d'information ou corrections) dans ce blog ou par un courriel , vous pouvez également m'envoyer photos et documents concernant les personnes et lieux ,
 de cette époque,
 cités dans ce blog.
MERCI.:




Blog crée et ouvert au public , le samedi 10 mars 2012.
Joseph Simon Galliéni

Gouverneur général de Madagascar (1896-1905)

Général Galliéni
J'ai ajouté des liens vers les sites ou blogs précisant tel ou tel item,
J'ai enrichi le manuscrit par quelques photographies, vidéos, cartes postales, timbres ,
 et quelques livres qui m'ont été signalés.

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Source du résumé 1958 ci-dessus.

Lycée Gallieni à Tananarive, où fut proclamée la République Malgache le 14 octobre 1958.
André Soucadaux








Lycée Jules FERRY à Tananarive, en 2014

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Prologue 1958 4/5 Décret de nomination du chef du service de l'administration pénitentiaire de Madagascar

Page précédente : 1958 3/5


J'avais également entretenu des relations amicales avec mon ami René JUPPEAU,
fonctionnaire au service de l'agriculture et que j'avais connu avant mon départ de France lorsqu'il était dans l'entourage de M. FOCCART, conseiller technique du général de GAULLE.
Le 5 janvier 1959, il me faisait connaître son arrivée en métropole pour un congé de fin de séjour.
Mais les mois et les années s'étaient écoulés depuis mon arrivée à Madagascar et mon séjour réglementaire de trois ans était arrivé à son terme.
Le 2 février, par note 0277/C.M.REG le Haut-Commissaire me faisait connaître que mon retour en France était prévu par avion du 24 mars et le 7 février j'étais convoqué pour le 16 devant ma commission de rapatriement.
Philibert TSIRANANA

J'écrivais alors à mon ami maître Marcel FOURNIER, Ministre de la Justice du gouvernement de M. TSIRANANA pour l'informer que l'on voulait me nommer , " Conseiller technique du Directeur malgache des services pénitentiaires" et que je ne pouvais accepter ce poste subalterne étant donné qu'il m'avait proposé d'être : "Directeur des Services Pénitentiaires".
Mais cette nomination,  si elle intervenait, ne pourrait avoir son plein effet qu'après le congé que j'étais obligé de prendre.
Cependant, étant donné les pourparlers en cours,
le 25 février ,
par note 530/REG le Haut-Commissaire annulait sa note 277 qui prévoyait mon retour en France
et le 26 février 1959, par décision N° 019/SEP, il m'accordait un congé de six mois à passer à Marennes-Plage avec embarquement à compter du 16 mars,
puis par décision N° 305 bis du 2 mars, il me mettait à la disposition du Président du gouvernement provisoire de la République Malgache.

Le 3 mars,  M. le ministre de la Justice , Marcel FOURNIER demandait aux membres du Gouvernement de bien vouloir approuver le décret  N° 59-29 ci-après me nommant chef du service de l'administration pénitentiaire de Madagascar, ce qui fut fait et publié au Journal Officiel;

En voici les textes :



Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez là enfoncée,
faites tourner la molette de votre souris.










Décret de nomination de Maurice PLANCHON

Page suivante : 1958 5/5

1960 1/28 TULÉAR

Page précédente : 1959 11/11




1960
Début du premier trimestre.


Jeux sportifs de la Communauté Française
13 au 19 avril 1960
avec M. Maurice HERZOG
Cette nouvelle année sera une épreuve décisive pour monter mes capacités à tenir les fonctions qui m'ont été confiées.

Temple à Tananarive
La réorganisation commencée va se poursuivre avec acharnement.

M. RAKOTOMALALA vient d'être affecté à l'administration pénitentiaire pour être mon adjoint.

La création de fermes et de jardins va s'intensifier dans tous les établissements pénitentiaires.

A cet effet je suis aidé et soutenu par mon adjoint René JUPPEAU très qualifié dans l'agriculture  et par tous les inspecteurs provinciaux qui me sont très dévoués ainsi que par quelques chefs de districts.
mais les difficultés sont toujours grandes.

Cathédrale Fianarantsoa
C'est ainsi que le 7 janvier M. LUCAIN m'adressait la lettre suivante :

... Je reconnais qu'à deux reprises je vous ai dit de ne pas vous alarmer mais avouez que depuis ce temps là , la fièvre a monté et que les esprits ce sont échauffés.
La propagande politique pénètre jusque dans les camps des détenus, à propos, je vous remercie pour la note que vous m'avez envoyée concernant les offices religieux.
Elle m'aidera beaucoup pour freiner les abus. J'ai fait traduire l'article 54 au pasteur, mais votre note produira plus d'effets.
Au sujet de l'ivrogne ESAROTRO , la Sécurité Générale a pris l'affaire en mains.Je crois que je serai rapidement débarrassé de cet indésirable : je vous tiendrai au courant. 
Si cet agent ne figure pas sur la liste que je vous ai donnée c'est qu'il ne s'était encore jamais mis dans cet état devant moi.
 J'ai vu au J.O. du 19 décembre 1959 que je pouvais vendre de la nourriture au personnel.
Ils me réclament tous du riz car ils n'en trouvent plus à Analalava . 
Malheureusement il me sera impossible de leur en céder pendant longtemps encore, puisque j'arrive difficilement à honorer la ration des détenus. 
Les 10 tonnes de paddy que je viens de recevoir  n'iront pas loin.
La nomenclature des pièces à fournir subissent de grands changements  je présume que vous allez nous faire parvenir les imprimés nécessaires sans tarder.
Quand pensez-vous pouvoir commencer le recrutement des nouveaux gardiens et me débarrasser enfin des brebis galeuses. J'étais fermement convaincu qu'à partir du 1er janvier 1960 , vous seriez libre de remettre n'importe quel agent à la disposition de la Sécurité Générale et de le remplacer par un gardien. Un commencement d'exécution créerait immédiatement une meilleure ambiance à la maison de force. 
Nossi-Bé
et
Île Sainte-Marie
(cliquez droit)
L'inspecteur RAMBELOSON a deux enfants malades et hospitalisés.
Il demande 15 jours de permission qu'il m'est difficile de lui refuser.
je m'inquiète de ne pas voir venir son remplaçant car si RAMBELOSON part vraiment  le 1er février il n'aura pas le temps matériel de mettre son successeur au courant.
BATOU qui fait fonction d'aide-greffier est une nullité doublée d'un ivrogne.
Sainte Marie
RAMBELOSON est véreux jusqu'au trognon, mais si vous ne pouvez pas faire faire l'enquête que je vous ai demandée, je préfère laisser tomber,car, malgré toutes les preuves dont je dispose, je ne suis pas sur d'avoir raison si l'affaire est mise entre les mains de la Sécurité Générale.
Je donnerais cher pour en être définitivement débarrassé .
Comme je vous l'ai déjà dit, il a toujours trafiqué avec les détenus.
Déjà à Sainte Marie il a été le héros de quelques coups fumants .Il y a quelques jours, un prisonnier est venu se plaindre qu"ayant eu besoin de mille francs il à emprunté  cette somme à RAMBELOSON  et lui a remis en gage une bague d'une valeur de 12.000 francs. aucun papier n'ayant été signé, RAMBELOSON  ne veut rien entendre pour la lui rendre. Comme GESLIN il fournit de quoi boire et fumer aux détenus, moyennant finances bien entendu.
Mélia
Je sais qu'il vend le vin à 150 francs le litre ( il le paie 105) et les cigarettes Mélia 65 francs au lieu de 45.
A l'occasion du 1er janvier , il a vendu des canards à 4 ou 5 détenus, à raison de 200 francs pièce, alors que les mêmes sont vendus de 125 à 150 à Analalava .
C'est la femme d'un agent  à laquelle RAMBELOSON a refusé de céder un canard au cours normal qui a dévoilé le pot aux roses.Interrogés les prisonniers ont confirmé sa déclaration.
Comment pourrais-je punir ces derniers, alors qu'un inspecteur greffier-comptable ne respecte pas le règlement .


(Fin page 39)


Il y a quelque temps, un détenu surpris alors qu'il transportait un bidon de 5 litres d'huile prélevée sur la ration de ses camarades , m'a avoué que RAMBELOSON était son meilleur client. Quand je vous aurai dit que notre greffier mène une campagne acharnée contre le président TSIRANANA  qu'il ne trouve pas assez anti-français, qu'il a voté NON au référendum, vous comprendrez pourquoi je me méfie de lui
.Je crois qu'il ne serait pas inutile que vous le signaliez à certain commandant de nos amis.


........


Antandroy
M. CADY se prépare à quitter TULÉAR  et un nouvel inspecteur provincial sera nomme.
Voici quelques passages de sa lettre du 15 janvier :

.......

Ça marche, ça marche  même presque trop bien, en ce sens que je suis pris dans un engrenage que j'ai déclenché et que je suis "noyé" dans la paperasse qui arrive de toutes les prisons.
réellement ce n'est pas possible de continuer ainsi .
la maison centrale suffit à occuper un homme , faire aussi l'inspecteur provincial  quand on travaille pratiquement seul devient un tour de force.
A part un détenu je n'ai personne capable de m'aider et il y a 23 prisons dans le province.
Pas d'adjoint, pas de greffier-comptable .... C'est dur .
MARIGNY viendra-t-il bientôt ?
Je souhaite lui passer une partie de mon fardeau.
Je rentre de Fort-dauphin où la situation n'est pas mauvaise.
STEFANI m'a dit qu'on avait promis de le nommer à Tuléar ?
Il m'a fait bonne impression, il est plein de bonne volonté et il vaudrait peut-être mieux un "vazana" à Tuléar plutôt qu'un "gache" comme gardien-chef.
Mais la situation de cet homme est lamentable. Il est père de 4 enfants. Il gagne 23.000 francs par mois et ne perçois rien pour ses gosses. Il aimerait rester gardien-chef mais on lui offre 45.000 et logé à la voirie de Fort-Dauphin. Si vous ne lui donnez pas l'équivalent il va nous lâcher et ce serait peu^-être dommage car c'est un homme intelligent et instruit dont le juge et le chef de "circauto" m'ont dit beaucoup de bien.


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1960 8/28 Deuxième trimestre

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1960
Deuxième trimestre


Le deuxième trimestre commençait par une lettre de M. MATHEI sur l'utilisation de la main d'oeuvre pénale et les difficultés de relations avec l'administrateur COMBE.
.......


Ambositra
La résidence le 14 juillet
Delcampe
Faisant suite à notre récente conversation téléphonique,j'ai l'honneur de vous rendre compte de ma surprise en apprenant que monsieur l'administrateur COMBE  n'était en aucune façon d'accord avec les propositions faites au sujet de la cession de la main d'oeuvre pénale gratuite au district d'Ambositra.
Ne vous avait-il pas dit qu'il assurait le transport des détenus et du matériel nécessaire à la prison ?
En ce qui concerne la construction des cabinets d'aisance il galège lorsqu'il déclare que ce travail lui reviendrait à 500.000 francs ... puisque :
1° La main d'oeuvre serait fournie gratuitement et que
2°  les briques pourraient provenir, et gratuitement de la briqueterie , s'il avait voulu se donner la peine, comme il me l'avait assuré, de la mettre en route; En résumé beaucoup de paroles en l'air.Je dois avouer que je n'avais pas eu une bonne impression en le voyant car il en mettait trop.
La permission qu'il vient d'accorder au gardien-chef de la maison d'arrêt est une preuve formelle des entraves qu'il désire apporte à l'exercice du service pénitentiaire. et c'est pourquoi je vous adresse, ci-joint, l'avertissement destiné au gardien-chef de la maison d'arrêt d'Ambositra en vous demandant de bien vouloir le signer et me le renvoyer pour envoi, ensuite, à l' intéressé.
J'ajoute que je soupçonne monsieur l'administrateur COMBE d'être l'instigateur de la circulaire concernant les télé grammes que je vous expédie par ce même courrier.Très dangereux, ce monsieur, mais ce n'est pas parce qu'il est marié à une métisse malgache ( charmante au demeurant)  ce qu'il chante à tous les échos, et au point d'oublier qu'il est français  ( parfaitement, j'ai un témoin), qu'il peut espérer saboter impunément le décret de réorganisation du service pénitentiaire signé du Président de la république. Je me permets d'insister pour que vous vouliez bien signer l'avertissement au gardien-chef d4ambositra, dont il aura, sans nul doute connaissance.
.......
J'ai signé et renvoyé l'avertissement en cause et je n'en n'ai jamais eu aucune suite.

....
Le 18 avril  une brise d'air frais me semblait venir de Nosy-Lava avec la lettre ci-après :

Depuis votre départ, le grand évènement a été  l'ouverture du magasin au milieu de l'enthousiasme général.Les agents vous bénissent car nous leur avons dit que  c'est vous qui avez décidé l'ouverture. Le succès a dépassé nos prévisions car, bien que nous soyons à une semaine de la paie, les recettes ont été satisfaisantes, malgré le manque d'une grande partie de marchandises.
Nos discussions sur l'avenir nous ont bien convaincus : nous allons suivre vos conseils.Dès que nous aurons vendu notre maison nous vous demanderons des tuyaux pour placer notre argent.


...


Vous serez bien gentil de nous envoyer au plus tôt 500 gr de levure. Inutile d'en envoyer d'avantage elle ne se conserve pas.

.....


Mais les 5 et mai, nouvelle alerte de Nosy-Lava.
Tout d'abord une lettre de M. LUCAIN à M. DANIEL, le gardien de phare, est assez virulente. Elle m'a été communiquée pour information par l'expéditeur.
Phare Diégo-suarez
J'interviens alors et la mise au point qui suit m'est rapportée par M. LUCAIN :


(début page 55)


"


De M. LUCAIN à M. DANIEL, gardien de phare,






J'appends par mon directeur, M. PLANCHON, que le cdt LIONNET lui a téléphoné  pour lui exprimer sa surprise d'avoir reçu  de vous 2 factures de 450 francs chacune pour location de pirogue pour effectuer votre ravitaillement à Analalava. 
Je vous met au défit de  prouver  que je vous ai une seule fois refusé de vous transporter des marchandise.
La preuve en est que le jour même où je recevais le riz pour approvisionner le magasin de détail de la Marseillaise  ( que j'ai réussi, après de nombreux efforts ,à installer à Analalava) la vedette de la maison de force vous en transportait un sac que aviez fait acheter à Analalava.
Hier encore , deux maries-jeannes de vin vous arrivaient, toujours par notre vedette : M. BARON , directeur de la marseillaise pourrait en témoigner.


Compagnie Marseillaise de Madagascar


Vous semblez prétende que nous ne vous rendons  aucun service. 

Je vous rappelle qu'à votre arrivée, vous avez été reçu avec votre famille à la case de passage de la maison de force.
Marius MOUTET
sur timbre des T.A.A.F.
Tous vos bagages ont été transportés par les prisonniers de la jetée au phare. Par la suite vous avez reçu beaucoup de marchandises qui ont toujours été acheminées jusqu'au phare de la même façon.La totalité de votre mobilier n'a-t-elle pas été conduite par nos soins jusqu'à chez vous ?
Messieurs GEOFFROY et HARDY, du service des phares et balises, venant de France, pourraient dire que sans mon aide il n'auraient jamais pu mener à bien le travail qui leur était assigné ( un des éléments du phare pesait à lui seul 650 kilos).
Ils l'ont du reste déclaré en ces termes a l'équipage du Marius MOUTET, dont plusieurs membres me l'ont répété.
Le baliseur va repasser à Nosy-Lava incessamment et je vous invite à venir répéter devant ces messieurs qui, je le crois, ont su apprécier, que je n'ai jamais rendu service aux phares et balises.
par contre, j'attends encore un premier service de vous.
Lors de l'incendie de brousse de juin dernier, j'ai passé une journée et une nuit avec tous mes agents et les détenus, à protéger le phare. 
 A ce sujet, vous feriez mieux de vous creuser les méninges à imaginer des petites mesquineries, de faire faire un pare-feu autour du phare. la saison sèche est dangereuse ici et peut-être aurez encore avant peu, besoin de la maison de force.
Je vous ai demandé une fois un service :
de me prévenir si vous aperceviez un détenu évade.
Lorsque vous avez déclaré l'avoir vu dans votre cour je vous ai demandé pourquoi vous ne m'aviez pas fait prévenir ; vous m'avez répondu que "ce n'était pas dans votre budget mais dans le mien".






.;..




Cette lettre de M. LUCAIN faisait suite à une correspondance que m'avait fait parvenir M. DANIEL et j'en avais demandé des précisions et des détails.
Après avoir écrit à M. DANIEL, M. LUCAIN me faisait parvenir la lettre suivante :




.....
J'ai bien reçu votre lettre du 2 mai. Le "coup de pied en vache" du gardien de phare ne m'a pas surpris, car il était au mieux avec GESLIN.
Je vous avis déjà dit que GESLIN avait proclamé à Analalava que je me prenais pour Napoléon ( parce que j'ai fait cesser son trafic) . DANIEL m'a resservi le même boniment, ce à quoi j'ai répondu que si j'étais l'empereur de l'île, il était, lui,  le roi des c....
D'autre part vous avez reçu un exemplaire de la mise au point  écrite.
comme vous me l'avez demandé , il pourra utiliser la vedette quand il en aura besoin.
D'ailleurs je demande instamment , lorsque le commandant LIONNET viendra , qu'il interroge les trois gardiens  de phare indigènes. Il verra que je n'ai jamais refusé de leur rendre service. DANIEL seul, a cherché des histoires.Il a prétendu que j'avais envoyé promener un des gardiens nommé BRAHIM. Ce dernier est venu lui même me dire qu'il était mécontent d'avoir été ainsi mis en cause, que cela était faux.
Un fait va vous prouver que je ne suis pas une terreur comme le prétend DANIEL : c'est que les trois employés du phare m'ont adressé des demandes pour avoir un poste à la maison de force.
Cette question là est donc liquidée.


(Fin page 55)

Je vais incessamment écrire à mon ami JUPPEAU pour lui apporter quelques précisions.
J'ai semé des graines de salade qu'il vient de m'envoyer, il y a plus d'une semaine , et je suis ennuyé car elles ne sortent pas, sortent à peine. Si toutes les graines sont de m^me qualité ce sera la catastrophe.
En outre, il m'a envoyé, sans que je lui demande, des graines de brèdes mafana alors que je pourrai lui en vendre de quoi ensemencer plusieurs hectares.par contre, il ne m'a pas expédié les graines de cerfeuil et de persil que j'attendais avec impatience.
Compagnie Marseillaise de Madagascar
Paddy
ris non décortiqué
sur timbre de Malaisie.
Le paddy est arrivé à Analalava dans un état déplorable. Les sacs étaient complètement pourris et je voudrais que vous rappeliez l'expéditeur  à l'ordre.M. BARON de la CMM ,qui a assisté au déchargement, m'adit qu'ils avaient du paddy  jusqu'au genou dans le bateau, et qu'une partie avait été mouillée.Cette combine de débarquer  à Analalava les marchandises et les détenus à destination de Nosy-Lava me semble être une histoire de fous . Je pensais que l'expérience du ciment aurait servi de leçon et je m'attends d'ailleurs  à une catastrophe un de ces jours si une solution raisonnable n'intervient pas. Encore une fois , l'utilité d'un boutre affecté à la M.F.  est démontrée ........
J'attends vos instructions concernant la vente du poisson sec.J'en ai déjà un beau stock et je pourrais en commencer l'expédition dès que vous m'en donnerez l'ordre.Pour ma part je crois sincèrement que si l'on trouve du bois léger, l'expédition par caisses serait plus rationnelle.
Pendant que nous sommes "dans le poisson" avez vous des nouvelles de mon fameux filet ,
Le magasin marche de mieux en mieux. Il manque malheureusement beaucoup d'articles, mais M. BARON  nous a donné l'assurance que cette lacune serait bientôt comblée.






.......


Page suivante : 1960 9/28

1961 6

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Nosy-Lava le 13 février 1961

Cher Monsieur Planchon ;

Je vous envoie par le même courrier le rapport concernant les deux lettres anonymes accusant RAMPIRISON ET MOUTARI des commettre des atrocités sur les personnes des détenus.
Bien que je ne puisse l'avouer officiellement , je crains fort qu'il y ait une certaine part de vérité dans les accusations portées dans ces lettres.
Je vien d'interroger le détenu INITRIKY Wiliam qui pendant quelque temps, travailla comme bureaucrate sous les ordres de RAMPIRISON.
Il affirme avoir assisté à la raclée infligée au dénommé RAMAHOLARY Edouard , l'instituteur dont je vous parle dans mon rapport.
MOUTARI lui aurait vraiment distribué plusieurs coups de cravache, et ces faits se reproduiraient assez souvent.
Le même détenu confirme également ce que j'ai entendu dire plusieurs fois : RAMPIRISON et MOUTARI s'entendent comme larrons en foire et trafiquent constamment.
Le ciment que réclame RAMPIRISON ne servirait pas toujours à la construction de sa case.Je vais faire une enquête à ce sujet.
Il arrive très souvent, paraît-il, que des amis des deux acolytes reçoivent de la main d'oeuvre pénale gratuite.
Ceci m'amène à vous parler d'un fait dont, pour une fois, je suis absolument certain :
Analalava
Type de femme Sakalave
Le détenu TSIAFINDRA qui s'est évadé il y a quelque temps ( et qui a d'ailleurs été repris) ne couchait pas à la prison ,mais chez son employeur, l'adjoint au chef de district, malgré les ordres formels qu'avait reçu RAMPIRISON à ce sujet.
Celui-ci a pourtant suivi de près l'action que j'ai menée pour que M. PRATI ne bénéficie pas d'u régime de faveur et que son détenu rentre coucher en prison chaque soir.Il ne peut donc prétendre ne pas avoir été averti et a agi en toute connaissance de cause. 
TSIAFINDRA dit qu'il n'était pas le seul détenu à coucher chez son employeur ; le boy du Dr PEYTRAL en faisait autant ainsi que plusieurs autres. Je vais essayer d'avoir confirmation de ces dires.
Je vous serais reconnaissant de donner l'entière responsabilité de la Maison d'Arrêt à RAMPIRISON car il m'est matériellement impossible de le surveiller d'ici.
Dès que j'arrive à Analalava en vedette je suis signalé et lorsque j'interroge les détenus , ils sont trop lâches pur me dire la vérité.Je suis absolument convaincu que RAMPIRISON et MOUTARI vont au devant d'un coup dur et je ne voudrais y être mêlé à aucun prix.Laissons donc ces crabes se débrouiller entre eux, le résultat ne  se fera pas attendre.
comme je vous l'ai déjà dit, je préférerais  avoir 15 ou 200 détenus de plus à Nosy-Lava et ne plus avoir à m'occuper d'Analalava.


Signé LUCAIN

(Fin page 126)


***********************
lettre :
 CONFIDENTIEL de RAINAIVO Joseph
Chef de Poste des Services Pénitentiaires
(Dactylographiée par l' émetteur, reproduite in extenso)


************************






Tsaratanana , le 13 février 1961

à Monsieur Le Directeur de l'Administration Pénitentiaire

= TANANARIVE =




Monsieur le Directeur,
Avec un grand regret je vous adresse la présente afin de vous permettre d'étudier et régulariser les effets suivants.
Vu l'article 18 du décret 59-I2I  sur l'emploi du personnel des Etablissements pénitentiaires . Il est utile que je vous expose mes cas si délicats ci-dessous.
1° Je vous demanderai que les agents des Services Pénitentiaires n'assureront plus la garde du Bureau Caisse ( Agent spécial).
( Participation à des différentes tournées) recouvrement des impôts, remettre des plis officiels dans les différents chefs lieux de canton.
Pour la bonne marche de service, je vous demanderai d'adresser à tous les Directeurs des prisons des notes pour notification relative à ces sujets.
Car nous trouvons des grandes difficultés pour disposer nos personnels sur le bon fonctionnement de notre service.
En vous signalant que nous avons : Le Poste de la prison et l’hôpital à garder ( Prison : deux agents et à l’hôpital :  un agent).
3° Aucun article du décret 59-I2I prévoit que les directeurs des prisons bénéficient des cessions pénales à titre gratuit? .
Je vous demande combien de détenus ils en ont droit exactement ? " à leur titre fonctionnel" Directeurs des prisons.
A mon intérêt tous Directeurs devront adresser des demandes à la direction SERVPENIT  pour utiliser des détenus  soient pour les entretiens des bâtiments administratifs.
Ils n'ont droit qu'une équipe des corvées tous les dimanches matins.
Soyez surs Monsieur le Directeur, car c'est pour la première que j'interviens à ceux-ci, pour le bon fonctionnement de l'Etablissement dont j'ai une grande part de responsabilité.
Je vous communique ma présente sans respecter la vie hiérarchique administrative, car je risque d'être rancuné.Par contre je suis dans l'obligation de vous signaler toutes ces ordres contraires et abusives, aussi enfin de me permettre conserver un bon rodage dispositif des agents sous mes ordres.
Peur d'être heurté d'une faute grave envers les disciplines de l'Administration pénitentiaire, je suis permis de vous adresser confidentiellement ma présente.
Ainsi, probablement je souhaiterai un jour votre visite ou inspection inopinée en notre établissement; En cas si ma requête ne sera prise en considération je vous demanderai d'être muté dans un poste plus important dans la province de Fianarantsoa.
dans l'attente de vous lire , je resterai toujours à vos ordres, mes salutations distinguées. 


Votre dévoué


*************
Autre lettre de RANAIVO


Monsieur Le Directeur,

RANAIVOARISON Emile commis-greffier destiné pour notre établissement installé le 9 février 1961 à son poste.
Je vous remercie infiniment d'avoir disposé ce personnel sous mes ordres.
Je vous demanderai selon votre haute générosité de faire sortir s'il vous sera possible ces notes demandées à tous directeurs des prisons, aussitô après la réception de la présente.
En vous signalant que notre directeur possède quatre détenus à sa disposition. C'est pour cette raison que je vous adresse ma présente personnellement et confidentiellement, aussi j'aurais soif de votre inspection inopinée à Tsaratanana pour mettre au point le mécanisme du fonctionnement de notre établissement, surtout pour examiner notre pauvre situation du point de vue bâtiments ( bureaux, logement des agents).
Le gardien-chef est logé dans une seule pièce de 4 m2.
Pour l'amélioration de cette situation, votre visite sera indispensable M. le Directeur ou bien vous enverrez M; M'inspecteur Provincial de Majunga.
j'ai l'honneur de vous rappeler ma demande concernant la bicyclette de notre établissement , laquelle vous aviez déjà notifié à l'occasion de mon passage à Tananarive. Je ne sais pas s'il s'agit d'établir une demande de projet à ce sujet.
En vous remerciant de la confiance que avez bien voulu me témoigner jusqu'ici, je vous prie d'agréer M. le Directeur mes respectueuses salutations et ma très haute considération.
Votre dévoué
Signé par tampon RANAIVO Joseph


Le pauvre Gardien-chef
Subordonné des ordres contraires




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(fin page 128)
































1961 7/ Tenue des gardiens

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.... Nosy-lava le 1er mars.


Monsieur LUCAIN ne me signale que peu de soucis à la maison de force et m'adresse une lettre du gardien-chef d'Analalava relative aux tenues vestimentaires du personnel qui laissent à désirer et devraient être améliorées.
Cette question sera réglée par une lettre du  mars de monsieur LUCAIN au gardien chef et me demande le même jour des mutations du personnel d'Analalava.


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Nosy-lava le 1er mars 1961


...J'ai été très étonné de recevoir l'avis de mutation du gardien REMOSA l'affectant dans la province de Tuléar .
Ma lettre N° 10MF/CF  a donc été inutile.
Je ne crois pas que vous vous rendiez compte des répercussions que de tels faits peuvent avoir sur l'esprit du personnel en général.
Enfin, sans doute avez vous des motifs supérieurs qui m'échappent et je m'efforcerai à l'avenir de ne pas être plus royaliste que le roi.
Il n'y a plus aucune raison  pour qu'ISMAËL KASSIM n'obtienne pas satisfaction.
sa veulerie et son incapacité totale le mettent sur le même niveau que son collègue REMOSA.
Je m'attends donc à ce que sa demande soit prise en considération et suivra à la lettre. J'avoue que je ne comprends pas.


... Je vous rappelle que lors de mon passage à Tananarive vous m'avez laissé espérer l'héritage de la voiture que le juge a mise au rencart depuis de nombreux mois et qui ne doit pas s'arranger sous les intempéries;
JACQUI se fait fort de la remettre en état  à peu de frais et je vous assure qu'elle nous rendrait service. Revoyez la question S.V.P.
Bientôt je vous annoncerais officiellement l'achèvement d'un barrage sur la rivière de Nosy-Lava.
Alors que jusqu'à maintenant toute l'eau  douce qui tombait à la saison des pluies partait à lamer, notre rivière atteint actuellement deux mètres cinquante de profondeur. Cela nous aidera à la saison sèche.






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Le gardien-chef d'Analalava à Monsieur le Directeur de la maison de Force de Nosy-Lava.

Afin de nous permettre de suivre rigoureusement la réglementation en vigueur citée dans la récente circulaire, j'ai l'honneur de vous adresser la présente à l'effet de vous exposer ce qui suit :
1° 
Les agents de police placés sous mes ordres se plaignent souvent de ce qu'ils ne sont pas en possession d'une tenue correcte et réglementaire, l'ancien effet d'habillement reçu depuis étant désormais en état tout à fait non présentable.
2° 
Quant aux agents relevant directement du service pénitentiaire, ils en sont bénéficiaires, mais n'ont rçu chacun qu'une culotte kaki, une chemise, une paire de chaussures te un bas sport.
En tout état de cause chaque agent devrait avoir au moins deux complets  , ceci pour le mettre en disposition d'avoir toujours un équipement convenable, en cas de nécessité de service, quand l'autre tenue se trouve en l'état d'être lavée.
de plus, pour la raison sus-citée, Analalava étant considérée comme ville de mouvements, ou bien des fois des autorités supérieures passent et peuvent mener une visite à la prison il arrive avec regret que tout agent de service  ne soit pas en mesure de porter la tenue tant désirée.


Je tiens à vous signaler qu'un parfait état n'aura pas lieu tant que les démarches effectuées n'aboutissent pas à de bons résultats.
En conséquence, pour tous ces faits précités, je vous sollicite de bien vouloir étudier et prendre toutes dispositions nécessaires afin que tout le personnel puisse être doté d'un effet d'habillement , tout complet.


( Fin page 129)


Nosy-lava , le 7 mars 1961
Maison de Force
de
Nosy-Lava


Le directeur de la Maison de Force
à Monsieur le gardien-chef
d'Analalava

J'ai bien reçu les trois lettres des agents SAADI M'SILIE,MOUTARI Ferdinand, et ESOLOPO, adressées sous mon couvert à monsieur le Directeur de la Sécurité nationale, afin de lui réclamer des effets d'habillement prétendant que je leur ai affirmé qu'ils ne toucheraient rien du service pénitentiaire.
Je m'inscris en faux contre une telle assertion car la réponse qu'on me prête est erronée et les auteurs des trois lettres précitées le savent pertinemment.
La réponse que j'ai faite aux agents SAADI M'SILIE et ESOLOPO est la suivante :
"Je n'ai aucune instruction  concernant votre cas et n'ai pas pour l'instant de tenue à vous donner, mais je vais demander à Monsieur le Directeur de l'administration pénitentiaire comment solutionner cette question"
Ma lettre datée du 8.2.1961 portait le ° I6I/MF et indiquait les effets qui m'étaient nécessaires.
Le 14 février, c'est à dire 6 jours après l'expédition de ma lettre,  je recevais de M. PLANCHON le T.L.O. N° 1224-JU/SAF dont voici la teneur :
"Ref votre lettre I6I/Mf du 8.2.1961


Vous fait expédier par prochain camion via Majunga la commande contenue dans la précitée :
8 paires de chaussures
8 tenues kaki
8 chemise manches longues kaki
8 chemisettes kaki
8 shorts kaki
8 casquettes gabardine kaki


Ces effets sont destinés à l'habillement des agents de la sécurité mis à votre disposition;
Veillez m'en accuser réception.


Pour le Garde des Sceaux Ministre de la Justice
Le Chef du Service de l'Administration Pénitentiaire

signé M PLANCHON
"

(fin page 130)


Comme vous le voyez, nous sommes loin de ce qu'assurent vos agents dont la mauvaise foi est évidente.
Je vous demande de faire preuve à l'avenir de plus de circonspection avant de me transmettre de telles inepties.
M. RAKOTOMANGA , greffier-comptable  m'assure avoir fait à l'agent MOUTARI la même réponse que celle  que j'ai faite aux deux autres quémandeurs.
Vous m'affirmez par ailleurs que les gardiens du service pénitentiaire affectés à Analalava n'ont reçu chacun qu'une culotte kaki , une chemise kaki, une paire de chaussures et une paire de bas sports.
Je me demande quel intérêt vous avez à écrire de tels mensonges car vous n'êtes pas sans savoir que ce que vous affirmez est absolument faux.
Vos agents ont touché les mêmes articles que leurs camarades de Nosy-Lava  et votre façon de les poser en victime est ridicule.
Afin de vous rafraîchir la mémoire,  je vous ai fait établir un relevé que je certifie exact et que vous pourrez vérifier si le coeur vous en dit, de tous les effets d'habillement perçus par votre personnel ainsi que la date de chaque distribution.
......




Vous trouverez ci-jointes trois lettres émanant de trois agents de la sûreté actuellement affectés à Analalava et qui m'ont été transmises par RAMPIRISON.
Ceci   est évidemment un coup monté entre tout ce beau monde et c'est ce qui explique la sécheresse de ma lettre à RAMPIRISON.
Je vous serais infiniment reconnaissant de me débarrasser de ces trois indésirables dans les plus brefs délais, soit en les remettant à la disposition de la Sécurité, soit en les affectant le plus loin possible d'ici.
Le départ de MOUTARI romprait son association avec RAMPIRISON dont les habitants d'Analalava parlent de plus en plus.
Comme je l'ai spécifié sur le bulletin individuel de SAADI M'SILIE, cet individu a un caractère impossible  et a la folie de la persécution; Je suis persuadé que c'est lui qui a poussé les deux autres à rouspéter, encouragés par RAMPIRISON qui lui a promis son appui. ESOLOPO est un salopard né , doublé d'un ivrogne. A dégager également.
Puisque nous parlons de mutations , je m'étonne que vous preniez à coeur ce que je vous ai dit concernant l'ignoble REMOSA
Lorsque je vous écris ainsi, c'est à Monsieur PLANCHON que je me confie et non à Monsieur le Directeur de l'Administration Pénitentiaire.
je suis convaincu que vous êtes de mon avis et j'éprouve une certaine satisfaction à vous exprimer mon dégoût car je sais que vous me comprenez.
mais en toute franchise je suis certain que si vous m'aviez écouté et que si REMOSA s'était retrouvé à Diégo au lieu de Tuléar, personne ne serait intervenu en sa faveur.
Et si un tel exemple se produisait une bonne fois,  les éternels mécontents y regarderaient de près  avant de demander leur mutation.
L'avenir vous prouvera que ce que j'avance aujourd'hui est pesé et raisonné.
Il faut vivre avec ces salauds la pendant des mois et des mois comme je viens de le faire, pour les connaître à fond.
La mutation de REMOSA pour Tuléar était à peine accordée que déjà ses semblables criaient victoire.
Venant immédiatement après celle de LENDA , tous les espoirs des amateurs de mutations pour le sud se réveillent.
Il y a très peu de temps , MONTSA Vincent obtenait gain de cause lui aussi.
Pourquoi  les quelques "sudistes" restant à Nosy-Lava  ne demanderaient-ils pas à rejoindre la terre de leurs ancêtres ( car ne vous en déplaise c'est ainsi qu'ils s'expriment).






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1961 Quelques photos du séjour




Vendredi 9 juin 1961.
Maurice PLANCHON et .....


J'ignore tout de ces photos.
Maurice PLANCHON et M. VERGNOLE et Mr.......


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Épilogue 1961

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Au moment de notre départ,
aéroport d'Arivonimamo .
Maurice, Simone, Alain, Nicole
X......
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Le 12 septembre 1961

par avion T.A.I.(*) j'ai quitté Madagascar avec regret et larme à l' oeil pour rentrer en métropole avec ma famille qui avait eu de graves ennuis de santé.
J'avais passé deux années exaltantes me donnant corps et âme à ma fonction.
J'avais eu de grandes satisfactions tant du point de vue du personnel qui dans l'ensemble m'estimait beaucoup, que  de la part des détenus, qui, quelques têtes brûlées mises à part, la plupart du temps manœuvrées par la politique, ne me causèrent jamais de gros ennuis.
Le souvenir de cette période est pour moi mon soleil d'Austerlitz.
Tout ce qui précède est authentique et m'est  personnel.
Volontairement je n'ai pas divulgué les correspondances administratives auxquelles j'étais tenu : mais dans l'ensemble elles furent bonnes..
J'ai eu quelques difficultés de relations avec certains membres du cabinet du ministre ainsi qu'avec des ambitieux et des jaloux de mon poste qu'ils désiraient tenir;
Il y eut une période plus calme au début , lorsque Madagascar était sous le régime de la Communauté avec la France, mais après l'indépendance totale les ambitions se firent plus pressantes pour remplacer le "français" de ce poste par un malgache.
Je n'ai pas voulu évoquer un bien triste fait divers qui s'est déroulé à la maison de redressement des jeunes à Anjanamasina où, après une décision de plus grande liberté prise par le service judiciaire en faveur des délinquants et qui avait entraîné  le retrait de mes pouvoirs sur cette maison pour les remettre entre les mains de magistrats, pour le moins "mous" et partisans de la formule " Il faut laisser les jeunes délinquants en liberté surveillée pour qu'ils puissent s'épanouir".
Résultat : une nuit plusieurs morts et une femme, épouse d'un éducateur, très grièvement blessée à coups de couteaux.......

Mais passons ....
Je n'avais plus de responsabilités .....

Après mon départ je reçus de nombreuses lettres exprimant des regrets sur mon abandon.


Mon fidèle WILLMANN, monsieur DAVID gardien chef de Tananarive qui m'assurait de sa "gratitude éternelle", monsieur RANAIVOSON de Fianarantsoa, mon précieux collaborateur RAKOTO Raphaël qui, pendant plus de deux ans m'avait secondé efficacement et tout le personnel de sa direction et bien d'autres encore m'adressèrent des lettres touchantes et émouvantes sur mon lieu de congé.

Ces correspondances se poursuivirent très longtemps et notamment pour les voeux de la nouvelle année 1962 :
Le sénateur de Madagascar monsieur RAKOTONDRAINITSIMBA m'adressa une longue lettrele 11  janvier pour me dire notamment que le personnel du service pénitentiaire était mécontent de mon départ, mon remplaçant étant "arbitraire".

PUIS LE TEMPS S’ÉCOULA ....
"
Ainsi tout change, tout passe,
Ainsi nous même nous passons ....
"

Petit à petit je perdis le contact.
Qu'êtes vous devenus vous, tous mes précieux collaborateurs et amis, qui m'ont permis une grande réussite dans un moment suprême de ma vie ???? .....
Où êtes vous les MATHEI, LUCAIN, AUDRAIN, WILLMANN, RAKOTO, et combien d'autres ??? ....
J'ai su quelques années plus tard que mon fidèle inspecteur et ami VERGNOLE était décédé.

26 années se sont écoulées et je n'ai plus de contact qu'avec mon ancien Ministre Marcel FOURNIER et mon fidèle René JUPPEAU auquel je dois une grande reconnaissance.
Je leur ai demandé de bien vouloir lire tout ce qui précède.

Merci monsieur FOURNIER, merci monsieur JUPPEAU, merci à tous.

Ma reconnaissance sera présente jusque dans ma tombe.

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Maurice PLANCHON :

Simone DUCLOUX
à 89 ans.
Alain
en 2011.
Collection Alain Planchon 

  • 3.10.1948 -26.3.1956 : Fonctionnaire du cadre général de l'administration générale d'Outre-Mer, s'occupant du déplacement depuis et vers la France, des fonctionnaires affectés aux colonies françaises ( contrats transporteurs) .
Collection Alain Planchon

  • 1956-1959 Premier séjour à Madagascar.
  • Congés à Marennes.
  • 1959-1961 Deuxième séjour à Madagascar.
  • 1962 Congés à Aix en Provence.
  • 1963-1969 Affecté à Versailles, CATI  (centres administratifs et techniques interdépartementaux) ,résidence à Fontenay le Fleury.
  • 1969-1971 Affecté en Nouvelle Calédonie,Koné. (8 septembre 1969).
  • 1972 Installation  à Menetou-Salon,  Cher,France.
  • Agent général d'assurances . 
  • Correspondant local du journal "Berry Républicain " .
  • Décédé le 22.12.2000 à Bourges, hôpital ,  Cher,France.
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Pour agrandir :
Appuyez sur la touche "ctrl" , de votre clavier,
maintenez là enfoncée,
faites tourner la molette de votre souris.
Certificat d'études primaires élémentaire
Certificat d’Étude.
Seul diplôme scolaire de mon père.

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CHEVALIER DE L'ORDRE NATIONAL DU MERITE
Le 7 décembre 1971
Scellé du sceau de l'ordre sous le n° 4669 C71

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Galliéni


Avec M. Pierre MESSMER
( Cérémonie de remise du Mérite National, à Paris)




(*) T.A.I. : Transports Aériens Intercontinentaux.


Le premier engagement politique :



Le Rassemblement du peuple français (RPF) était un mouvement politique fondé par le général de Gaulle le 14 avril 1947 pour mettre en œuvre son programme politique exposé dans le discours de Bayeux.
 Durant sa courte existence (
1947-1955), le RPF fut le principal mouvement d'opposition à la IVe République (avec le PCF), voulant se situer au-delà du clivage droite/gauche.
Le RPF fut le seul mouvement de l'histoire du 
gaullismefondé et présidé par Charles de Gaulle et le seul mouvement à réunir tous les gaullistes.


Cérémonies :


Berry Républicain
24.8.88



10 avril 1994
Médaille PÉLICAN D'OR

La Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement et du bénévolat a presque un siècle d'existence.
 La première déclaration au J.O. date du 4 août 1910, créée sous le nom de Société Républicaine d'Encouragement du Dévouement.
A partir de 1935, le mot "Républicaine" fut enlevé.
De 1935 à 1937, elle fut simplement "Société d'Encouragement au Dévouement", sauf pendant 3 ans de 1972 à 1975, il fut rajouté l'adjectif de "Nationale".
 Puis, en 1980, elle devint "Fédération Française Européenne et Internationale Encouragement du Dévouement".
En 2002 et jusqu'en 2004 plus modestement elle est devenue "Fédération Française de l'Encouragement du Dévouement par le bénévolat". 


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