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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1960 10/28 Port Bergé

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Une grande innovation à Majunga.

Avec M. JUPPEAU nous avions projeté la création d'un grande ferme pour occuper les détenus et avoir des récoltes pour améliorer la nourriture.

Sur la route de Port Bergé.
Majunga.
Cliquez droit.
J'étais en pourparlers depuis quelque temps avec le service de l'agriculture afin qu'il me cède un terrain lui appartenant à Port-Bergé et qui était inculte.
La cession étant effective on pouvait commencer et ce fut l'objet de la lettre de l'inspecteur provincial en date du 17 juin :


...

J'ai très bien reçu votre lettre du 16 juin 1960 concernant le camp pénal de Port Bergé et plus particulièrement son chef M. PIGNEGUY.
Je vous annonce que dans le courant de la semaine M. GALABRU m'a demandé de venir le voir à mon bureau où nous avons parlé de ce camp et de son chef. 
Le chef des Services Provinciaux m'a prié de faire acheminer à bref délai sur Port-Bergé le plus de détenus possible, ce qui est déjà fait. 


Un détachement de 27 détenus avec quatre agents en provenance  d'Antsalova y ont été acheminés ce matin par camion.
Monsieur GALABRU m'a d'autre part conseillé d'aller faire un tour le plus tôt possible à Port-Bergé où, m'a-t-il dit que ça n'allait pas du tout avec le chef de district et M. PIGNEGUY et que ce dernier s'adonnerait à la boisson.
Je lui ai promis de m'y rendre mardi 21 juin afin d'être de retour à Majunga le même jour et vous tiendrait au courant de la situation.
En ce qui concerne le remplacement éventuel de M. PIGNEGUY, M. ALEXANDRE m'a recommandé M. GRAVIER
Il s'agit d'un ex-sous-officier retraité après 19 ans de service et qui habite Port-Bergé ( marié , père de famille et parlant malgache).
Pour la ferme de Berloy, comme vous me le proposez, c'est délicat, car avec M. LABOUYRIE ( gros travailleur, sobre et honnête)   il n'y aura pas d'entente et cette affaire rique d'échouer.
Je vous propose à l'essai de l'affecter à Maevatanana, et de muter le gardien-chef de cet établissement à Maintirano.


Maintirano


....


Les mutations demandées furent effectuées et le camp pénal de Port-Bergé fonctionna dans d'excellentes conditions.


Le 30 juin il s'agit de l'agent RIVIERE que je me trouve dans l'obligation de muter .
Sa situation est exposée ci-après dans un compte-rendu du directeur de la maison de force de Nosy-Lava :



........



Comme vous le verrez par ailleurs, l'agent RIVIERE demande sa mutation pour Béalanana.Ce lieu est celui des exploits de son beau-père HAMATRA Pierre, communiste notoire.RIVIERE vient de passer un congé de 18 jours à Béatanana et est très certainement tombé sous l'emprise de son beau-papa. Son caractère aigri en fait une proie facile pour les communistes.
Aussi je crois qu'il serait préférable de le muter à un endroit  où il sera hors d'état de nuire t surtout de bien recommander à son nouveau chef de l'avoir à l'oeil. 
C'est un pauvre fou capable des pires folies par conséquent.
 Vous savez que j'ai fait tout mon possible pour améliorer son sort car c'est malgré tout un ancien combattant et blessé de guerre.
Peut-être pourriez vous le  rappeler à Tananarive ?.
.......


Par contre, madame LUCAIN écrit quelques satisfactions :

.....

Nous avons eu la visite de la mission CHARBONNIER.


 Le chef vétérinaire  s'est montré emballé par tout ce que mon mari a fait au point de vue élevage et agriculture.
 Il a dit qu'il fera venir deux missions d'agriculture pour montrer ce qu'on peut tirer du pays dans ces conditions.
...


Mais hélas ! maître Marcel FOURNIER Ministre de la justice nous quitte et il sera remplacé par un ministre malgache.


(Fin page 59)


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Nosy-lava le 5 octobre 1960
MAISON DE FORCE
DE NOSY-LAVA


Le directeur de la maison de force de NOSY-LAVA


à Monsieur Le Chef du district d'ANALALAVA

Je suis désagréablement surpris que vous ayez envoyé l'agent du service pénitentiaire LAIPANGA à Ankomajary pour y assurer l'ordre à l'occasion du scrutin du 4 septembre 1960, sans même m'avoir demandé mon avis.
Anjango
Analalava

vous n’êtes pas sans savoir que par décision N° _JU/SPRE du 3 mai 1960 la maison d'arrêt d'Analalava et le camp pénal d'Anjango sont lacés sous ma gestion ( voir extrait de cette décision jointe à ma lettre). Il y est dit entre autre que le personnel de Surveillance de cette prison ne dépendra que de moi à compter du 10 mai 1960.
par ailleurs en aucun cas le gardien-chef RAMPIRISON n'est habilité à signer un ordre de route sans mon autorisation;
J'espère qu'il ne s'agit là que d'un malentendu et que de tels faits, qui ne feraient que nuire à nos rapports qui jusqu'ici ont été excellents, ne se reproduiront plus.
Veuillez agréer Monsieur Le chef de District de mes meilleurs sentiments.




**





MAISON DE FORCE
DE NOSY-LAVA


Nosy-lava le 5 octobre 1960


Le directeur de la M.F.
à Monsieur le directeur de la C.M.M.


Analalava


Les mesures d'austérité que l'on m'impose m'interdisent de mettre la vedette spécialement à la disposition de la C.M.M. .
En conséquence vous voudrez bien profiter des voyages réguliers ou vous entendre avec les T.P. dont la vedette fait tous les jours le navette entre Nosy-Lava et Analalava.


G. LUCAIN


(fin page 82)






Nosy-lava le 7 octobre 1960


Cher Monsieur Planchon,


Je n'ai pas pu vous écrire la semaine dernière comme j'en avais l'intention. J'entends par semaine le temps qui s'écoule entre deux courriers.
J'ai eu des visites ininterrompues et j'aurais bien été incapable de réunir deux idées.
En effet, j'ai eu le plaisir de recevoir M. Labouyerie  qui escortait des détenus, et l'em...t de recevoir la Commission de Surveillance, le médecin colonel DESTRIBAT accompagné du docteur PEYTRAL, ainsi qu'un gendarme venu ici pour y effectuer une enquête concernant l'agent RAZAFINDRAMAMBA, accusé d'exercice illégal de la médecine.
De plus, j'ai vu arriver avec joie M. PROVENSAL, le vétérinaire d'Analalava.
Il revient de France où il a passé son congé et il rejoint son poste malgré toutes sortes d'intrigues qui ont été menées à son encontre.
Il s'est passé pour lui ce qui s'est passé pour vous et quelques individus qui lui font de beaux sourires l'ont torpillé à qui mieux mieux, son chef de district CHARBONNIER en tête.
Heureusement qu'il est coriace et qu'il ne s'est pas laissé faire.
Je crois que son retour est dû au plébiscite des paysans du coin qui ont agi par l'intermédiaire du groupement de collectivités. Pour ma part, je suis enchanté de son retour car c'est un bon copain et ses conseils me sont très précieux.
la remise de peine de 5 ans et la suppression de la relégation dont le nommé RADIANIELSON vient d'être le bénéficiaire , a fait un grand boum parmi les détenus et je crains que cette décision ne me cause de gros ennuis : RADIANIELSON est extrêmement mal vu par ses camarades.
Il est sournois, mochard, et profondément égoïste, très fort pour pousser las autres à faire des bêtises mais se retirant dès que cela commence à chauffer.
C'est lui qui a envoyé une lettre à un journal communiste pour lui dire que j'avais donné un boeuf crevé à manger  aux détenus et que j'avais envoyé des "esclaves" chez M; FLAURAUD.Il ne devait être libéré qu'au mois de nov. 1964 et passer ensuite à la relégation, ayant subi 6 condamnations. Il a donc fait un an de rabiot puisqu'il aune remise de peine de 5 ans . Évidemment "quelqu'un" s'est occupé de lui  et cela est profondément injuste car d'autres prisonniers qui n'ont  été condamnés qu'une seule fois  et ont eu depuis une conduite exemplaire, crèveront ici; C'est le cas d'un vieux jardinier, RALAIZAZA qui, condamné le 28 mars  1945 aux travaux forcés à perpétuité a vu sa peine commuée en 20 ans de T.F. par décret du 29 mars 1955.Ce bonhomme n'a jamais encouru le moindre reproche de la part de mes prédécesseurs et moi-même je n'ai qu'à me louer de ses services.
Il mérite mille fois plus sa mise en liberté que l'autre salopard.Enfin ! mes récriminations ne servent à rien et je crains que de tels cas se reproduisent de plus en plus souvent;



fin page 83


Lettre à suivre



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