Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 5/11 Ampomotro, Nosy-lava,Antsahabé


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J'ai licencié M. GLINZ, gardien chef du camp d' Ankijabé, sur un rapport de monsieur l'administrateur en chef, chef du district d'Ambato-Boéni, d'une part, et, d'autre part celui du gendarme COURTAUD.
Voici un passage édifiant de ce dernier :
"
... Le 22 juin 1959, dans la soirée les époux GLINZ ont reçu des détenus du camp dans leur habitation  et ont consommé du vin .... Au cours de cette beuverie madame GLINZ a dansé avec les prisonniers ainsi que son fils âgé de quinze ans . M. BERATA chef du district écrit notamment : sa femme ( madame GLINZ) serait la cousine de l'ex député communiste de la réunion M. VERGES .
J'ai nommé à sa place un malgache le sergent RAZAFINDRAKOTO Jérôme , qui n'est pas parfait mais dont j'avais apprécié les qualités de commandement lors de son passage à Majunga  pour participer aux honneurs rendus au général de GAULLE .
Evidemment il est lettré en français.
Le camp d'Ampomotro ( district d'Antsohihy) me donne satisfaction grâce au jeune et énergique gardien-chef MIHA Pascal ( MIRA ?) .
 En accord avec le chef de province M. ALEXANDRE , dont maintenant le titre officiel est : directeur des services provinciaux , je vais licencier le nommé DALLEAU, gardien-chef du camp d'Antsahabé ( district d'Antsohihy)  qui, a peur des prisonniers.
 Il refuse de les punir, et, parait-il, boit lui aussi, mais c'est moins flagrant que pour GLINZ.
Maison de force de
Hell ville
Nossi-Bé.
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Un premier transfert de seize détenus de Nossi-bé sur Nosy-lava se fera sur le Djema le 19 juillet.
Une dizaine de jours après trente prisonniers de Nosy-lava seront transférés à Nossi-bé.
Chaque semaine j'adresse un rapport à M. LALLEMAND mais depuis votre départ je n'ai pas eu de lui  soit une lettre, soit une communication téléphonique.
J'ai l'impression de parler devant un mur et c'est très désagréable.
......




Le 16 Juillet un mot de M. JUPPEAU me confirmait certaines difficultés et une lettre de M. WILLMANN m'informait de toutes les démarches qui avaient été entreprises pour mon retour qui semblait impatiemment attendu.
Le 22 juillet M. JUPPEAU m'écrivait de Nosy-Lava où il était en mission pour me faire part des difficultés rencontrées et du projet d'installation d'un ferme, là encore pour l'amélioration de la nourriture des détenus et du personnel de surveillance.
Le lendemain une lettre  de madame LUCAIN apportait quelques potins de l'île :
Voici ces lettres :
......

Me voici à Nosy-Lava cette petite île merveilleuse depuis hier.
Déjà ce matin , avec M. LUCAIN ,nous avons inspecté les lieux de l'emplacement futur de la ferme; Je pense au premier abord que nous pouvons faire quelque chose de bien.
Évidemment l'exécution du programme demandera une certaine attention qui semble difficile à l'heure présente.
En effet l'entente ne semble pas régner avec le mécanicien  et surtout en votre absence, la sûreté continue à donner des ordres de départ pour les meilleurs agents  et M. LUCAIN est très ennuyé car ses effectifs sont faibles ( un pour vingt)  et ce sont les plus mauvais qui restent.
Toutefois il semble décidé à résister maintenant à tout ordre ne provenant pas du ministère de la justice et il faut que de coté il soit appuyé fortement.


(fin de la page 13)


.........


Chère madame PLANCHON,
Nous avons en ce moment chez nous M. JUPPEAU qui nous a donné de vos nouvelles.
Il parcourt toute l'île avec mon mari pour ses projets de culture.
 Ils ont hâte que M. PLANCHON revienne car depuis son départ rien n'avance.
Si notre voisin le mécanicien est un ours mal léché, sa femme et ses filles se montrent assez sociables.
......
Notre père ARSENE s'en va à Nossi-Bé. 
C'est dommage nous l'aimions bien.
Espérons que le suivant sera aussi gentil que lui.


.......


Le 27 juillet M. AUDRAIN  gardien chef de la prison de force de Nossi-Bé , m’écrivait en ces termes :

......

Riz à Madagascar
Afin d'essayer de réaliser des économies j'ai demandé et obtenu de la Direction l'autorisation de faire confectionner un grand filet et deux pirogues . Dans un mois environ ce sera chose faite.
 J'espère qu'ainsi je n'aurai plus à acheter de poissons. Je voudrai m'occuper ensuite de la culture du riz .
 Qu'en pensez-vous ?
J'ai repris le jardin potager qui avait été abandonné.
La fourniture des jardins me permet de vendre de temps à autre des légumes aux commerçants .
Bien entendu j'irai préalablement en parler à Monsieur l'administrateur en chef qui a déjà approuvé ma décision.
J'ai fait placarder une note dont j'ai envoyé une copie à Tananarive  à titre de compte-rendu.
Les particuliers qui emploient les détenus les payant désormais à compter du 16 juillet.
 Ce nouvel état de choses a été accueilli, sinon avec le sourire, du moins sans heurt, c'est l'essentiel, n'est-ce pas ?
.......


Le 27 août M. WILLMANN m'adresse une lettre assez pessimiste sur mon retour et sur la situation de mon administration ( voir ci-après), mais les craintes d'un bâton dans les roues sont assez vite aplanies ainsi que me le confirme le 10 août un ami du cabinet du ministre en France, M. Jacques BREVILLE et la lettre du même jour de M. WILLIAM et une autre du 11 août.









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1960 2/28 Fort-Dauphin





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Je vous rendrai compte dans mon rapport que je vous adresserai sur mon passage à Fort-Dauphin de l'intention  du chef de la "circauto" de partir en guerre  contre notre décret lors du passage proche du président TSIRANANA.
Ce monsieur qui qualifie cette réforme de grotesque épouse à fond les revendications des chefs de district de Bétroka et d'Ambovombé et se fait fort d'obtenir des réformes qui leur remettront en main la disposition des prisonniers qu'ils prétendent ne pas pouvoir payer.
Je crois qu'ils tentent une épreuve de force et j'espère que vous allez tenir bon, M. FOURNIER et vous pour ne rien changer à une réforme qui s'annonce bien, les demandes  de cessions arrivent de partout.
Fort-Dauphin
J'ai encore des ennuis avec le co-divise qui voudrait me passer la liquidation des crédits  ( provinciaux) de l'exercice 1959 dont la situation est fort embrouillée et en gros dépassement.
Fort de la lettre du ministre qui précise  que je ne serai liquidateur que pour l'exercice 1960 , j'ai refusé tout net. Ce monsieur fait pression sur moi en fonction de son grade supérieur au mien dans la police. Je ne me laisserai pas faire et je vous demande de me soutenir à ce sujet. C'est à lui qu'il appartient, à mon sens, de clore un exercice budgétaire dont il est liquidateur et atout à fait à une certaine époque pour que je ne sois pas.
...




Puis le 3 février, M. MATHEI, dont je n'avais eu qu'à me louer,mais dont le comportement entraînait une levée de boucliers venant de tous les horizons fut nommé  inspecteur pour la province de Fianarantsoa et un intérim le remplaça à Majunga.
 A Tuléar il y avait également quelques difficultés. Ces situations font l'objet des deux lettres ci-après :

...

(fin page 40)


.... (M. MATHEI)

Faisant suite à notre conversation téléphonique du 2 février, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir reporter d'une semaine mon départ de Majunga pour Fianarantsoa, via Tananarive, c'est à dire du dimanche 14 au dimanche 21 février.
Je désire en effet, tout d'abord pendant ce court laps de temps ( mais peut-être suffisant) exécuter les licenciements indispensables  pour ramener l'effectif total des agents  du service pénitentiaire ( y compris les agents de police qui servent  à la maison centrale de Majunga et les agents du service pénitentiaire qui jusqu'au 31 janvier émargeaient au budget des T.P.) à 240, comme je m'y suis engagé.
D'autre part il me faut non seulement passer les consignes ( déjà compliquées dans une province presque inorganisée) à mon intérimaire, mais encore le mettre au courant de la marche à suivre pendant mon absence , enfin de lui donner toutes directives utiles pour lui éviter les heurts avec les autorités et, plus simplement, pour la régularité du service.
Il y a aussi cette question de local que j'espère pouvoir résoudre sous peu grâce à la bienveillance et l'amitié de monsieur le docteur RAKATOVOARIVOANJANAHARY , contrôleur général et maire de Majunga,qu'il me témoigne que je lui rends bien ( mon dévouement est toujours fonction de l'affection et de la confiance que l'on veut bien m'accorder).
Je ne lui ai pas parlé de ma mutation car je ne suis pas du tout certain que ce qu'il ferait pour moi il le ferait pour Paul, Jacques ou Jean  et je suis même persuadé du contraire.
Lorsque je lui parlerai de cette mutation, car je serai bien obligé de le faire, je lui dirai la vérité c'est à dire  que ce n'est pas un remplaçant qui vient à Majunga mais un intérimaire et que je ferai la navette  entre Fianarantsoa et Majunga tous les deux mois environ ........
Il y a un grand nombre d'agents du service pénitentiaire à renvoyer  mais aussi il y en a qu'il  faut impérativement garder   car nous devons tous penser à la France.
Or je me flatte (je suis bien le seul à le faire hum ! hum !)  d'avoir engagé une majorité d'agents qui pensent français.
Dans cet ordre d'idées j'ai constitué à Marovoay , un petit groupe sur lequel il est possible de compter en toutes circonstances.......
Prendre la province de Fianarantsoa dans les conditions que je connais ne me complaît guère, je dois bien l'avouer et vous vous en doutez mais, bah !, le père MATHEI est bien seul à pouvoir débrouiller la situation ce qui, entres parenthèses, lui fait tout de même plaisir car il pense, il espère, que l'on voudra bien lui laisser  dans la légalité les mains libres comme monsieur ALEXANDRE l'avait fait lorsqu'il était chef de province à Majunga .




........ ( M. CADY)

Je viens de recevoir de MARCURIGNY , une lettre qui m'a profondément déçu et c'est un peu un S.O.S. que je viens lancer aujourd'hui.
Votre dernière lettre m'annonçait son arrivée  et la votre, pour les premiers jours de février.
C'était très bien ainsi et je m'en réjouissait .J'aurais eu le temps de mettre mon remplaçant au courant et de lui passer le service ......
Je mène depuis deux mois une vie de chien au bureau jusqu'à 20 heures et plus de sieste par 35° à l'ombre ce n'est pas idéal.Je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte  mais je vous dis franchement qu'il n'est pas possible à un homme seul de cumuler plus longtemps les fonctions de gardien-chef et d'inspecteur : un inspecteur qui n'inspecte rien parce que trop pris par le bureau ;  ce n'est que grâce à une pratique du métier que j'ai pu "étaler" jusqu'à présent mais je suis  débordé.
Au bureau de la maison centrale je n'ai comme secrétaire  valable qu'un agent-greffier qui ne connaît rien d'autre que ses registres d'écrou ....
Je fais le greffier comptable et je dois avoir l'oeil à tout, le niveau intellectuel des fonctionnaires  du sud est bien inférieur à celui des autres régions. Je sais pertinemment que mes collègues gardiens-chefs  ou directeurs des maisons de force sont beaucoup mieux partagés. 
Coté inspection, il y a l'inspecteur et  .... pas grand'chose ! une vieille machine prêtée par la province et deux ou trois détenus vaguement lettrés qui entassent au petit bonheur les pièces venues des 23 prisons de la province .


.....


(début page 42)


Et il y a certainement la liquidation des crédits, sans comptable.
J'ai déjà passé quelques agréables soirées à essayer d'établir la répartition  entre les différentes prisons, je n'ai pas terminé et cependant  les pièces comptables commencent à affluer.
Dans ces conditions je me demande comment je vais en sortir !




La situation était don très délicate, tant à Majunga qu'à Tuléar . Je réussis cependant à calmer les esprits en procédant à quelques mutations et le 9 février je recevais  une nouvelle lettre de M. CADY , alors en inspection à Morombé et il me rendait compte de sa visite dans les termes suivants :

Je vous ai adressé par le courrier d'hier une demande d'emploi en tant que secrétaire-comptable formulée par M. CAPDESSUS ; l'avis très favorable que je lui ai donné n'est pas un avis de complaisance ( genre avis RAKOTOMALALA   pour qui j'ai eu la main un peu forcée par le secrétaire de ....
CAPDESSUS TIENT TOUTE LA COMPTABILITE , et la paperasserie de la brigade, dans ce domaine c'est un as qui serait précieux pour l'inspecteur qui , avec cet homme au bureau, pourrait alors vraiment inspecter.
Si son recrutement est possible aux conditions qu'il demande  je vous conseille vivement de mettre le grappin dessus , ce sera une bonne affaire.
Par contre je sais maintenant que le nommé RAKOTOMALALA est criblé de dettes  ( plus de 100.000 francs) et a trafiqué avec les fournisseurs de la commune dont il gardait les factures en instance de liquidation si les intéressés ne lui graissaient pas la patte pour en activer la liquidation.


....


Une histoire quelque peu comique me fut également adressée par lettre venant de Morondava.
Je ne peux résister au plaisir de la reproduire in-extenso :

....

(fin page 42)


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1960 10/28 Port Bergé

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Une grande innovation à Majunga.

Avec M. JUPPEAU nous avions projeté la création d'un grande ferme pour occuper les détenus et avoir des récoltes pour améliorer la nourriture.

Sur la route de Port Bergé.
Majunga.
Cliquez droit.
J'étais en pourparlers depuis quelque temps avec le service de l'agriculture afin qu'il me cède un terrain lui appartenant à Port-Bergé et qui était inculte.
La cession étant effective on pouvait commencer et ce fut l'objet de la lettre de l'inspecteur provincial en date du 17 juin :


...

J'ai très bien reçu votre lettre du 16 juin 1960 concernant le camp pénal de Port Bergé et plus particulièrement son chef M. PIGNEGUY.
Je vous annonce que dans le courant de la semaine M. GALABRU m'a demandé de venir le voir à mon bureau où nous avons parlé de ce camp et de son chef. 
Le chef des Services Provinciaux m'a prié de faire acheminer à bref délai sur Port-Bergé le plus de détenus possible, ce qui est déjà fait. 


Un détachement de 27 détenus avec quatre agents en provenance  d'Antsalova y ont été acheminés ce matin par camion.
Monsieur GALABRU m'a d'autre part conseillé d'aller faire un tour le plus tôt possible à Port-Bergé où, m'a-t-il dit que ça n'allait pas du tout avec le chef de district et M. PIGNEGUY et que ce dernier s'adonnerait à la boisson.
Je lui ai promis de m'y rendre mardi 21 juin afin d'être de retour à Majunga le même jour et vous tiendrait au courant de la situation.
En ce qui concerne le remplacement éventuel de M. PIGNEGUY, M. ALEXANDRE m'a recommandé M. GRAVIER
Il s'agit d'un ex-sous-officier retraité après 19 ans de service et qui habite Port-Bergé ( marié , père de famille et parlant malgache).
Pour la ferme de Berloy, comme vous me le proposez, c'est délicat, car avec M. LABOUYRIE ( gros travailleur, sobre et honnête)   il n'y aura pas d'entente et cette affaire rique d'échouer.
Je vous propose à l'essai de l'affecter à Maevatanana, et de muter le gardien-chef de cet établissement à Maintirano.


Maintirano


....


Les mutations demandées furent effectuées et le camp pénal de Port-Bergé fonctionna dans d'excellentes conditions.


Le 30 juin il s'agit de l'agent RIVIERE que je me trouve dans l'obligation de muter .
Sa situation est exposée ci-après dans un compte-rendu du directeur de la maison de force de Nosy-Lava :



........



Comme vous le verrez par ailleurs, l'agent RIVIERE demande sa mutation pour Béalanana.Ce lieu est celui des exploits de son beau-père HAMATRA Pierre, communiste notoire.RIVIERE vient de passer un congé de 18 jours à Béatanana et est très certainement tombé sous l'emprise de son beau-papa. Son caractère aigri en fait une proie facile pour les communistes.
Aussi je crois qu'il serait préférable de le muter à un endroit  où il sera hors d'état de nuire t surtout de bien recommander à son nouveau chef de l'avoir à l'oeil. 
C'est un pauvre fou capable des pires folies par conséquent.
 Vous savez que j'ai fait tout mon possible pour améliorer son sort car c'est malgré tout un ancien combattant et blessé de guerre.
Peut-être pourriez vous le  rappeler à Tananarive ?.
.......


Par contre, madame LUCAIN écrit quelques satisfactions :

.....

Nous avons eu la visite de la mission CHARBONNIER.


 Le chef vétérinaire  s'est montré emballé par tout ce que mon mari a fait au point de vue élevage et agriculture.
 Il a dit qu'il fera venir deux missions d'agriculture pour montrer ce qu'on peut tirer du pays dans ces conditions.
...


Mais hélas ! maître Marcel FOURNIER Ministre de la justice nous quitte et il sera remplacé par un ministre malgache.


(Fin page 59)


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