Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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J'ai l'honneur de vous communiquer quelques renseignements complémentaires relatifs au comportement social du planteur au sujet duquel je vous ai écrit ce matin.
Après vous avoir écrit j'ai fouillé dans les archives.
J'y découvert des lettres et rapports mettant en relief quelques unes des actions qu'il a commises alors qu'il assurait les fonctions de gardien-chef à Nossi-Bé.
 Si vous désirez compulser ces pièces vous constaterez que certaines lettres anonymes sont d'une écriture ressemblant à la sienne.
Rien de surprenant quand on connait tant soit peu cet individu sans moralité.
Ce n'est pas beau.
Il ne mérite aucun intérêt;


.... Nossi-Bé le 17 janvier 


...
Du gardien RA_DAVIDSON .....


 Comme ma demande a été refusée par le Directeur de la maison de Force car les pièces dont il est question n'ont pas passé par son intermédiaire, je me vois dans l'obligation de m'adresser directement à vous ....








Nossi-Bé le 24 janvier 1961


J'ai l'honneur de vous rendre compte de ce qui suit :
Ce matin vers 10 heures un planton est venu à mon bureau et m'a dit : 
" Faites attention car Henri de LASTELLE a parlé contre vous hier matin au Ministre ..."  ....
c'est vraisemblable car hier lundi 23 janvier j'ai été appelé au bureau du Chef de District à 15 heures.
J'ai été prié d'attendre monsieur ARIDY.
Quand il est arrivé j'ai vu tout de suite à son regard qu'il était prévenu contre moi.
Lui, habituellement souriant, m'a dit d'un ton sec qu'il était anormal de voir à Nossi-Bé, région touristique, des détenus (pouvant être un danger pour la population) travaillant à peu près librement.
C'est évidemment vrai.
Cette situation dure depuis de nombreuses années et la population en général ne s'en plaint pas.
Il m'a demandé si il y avait des agents de police partout où il y avait des détenus puis est venu brusquement sur le sujet qui devais le préoccuper car je me rendais compte qu'il pensait à autre chose.
-Connaissez vous M. Henri de LASTELLE ?
-Oui Monsieur le Ministre.
-Q'est-ce que vous en pensez ?
-C'est un personnage peu recommandable dont tous mes prédécesseurs ont eu à se plaindre.
-Pourquoi ?
-C'est un éternel mécontent qui réclame toujours des détenus  alors que les autres planteurs ne se plaignent pas car si tous lui ressemblaient la vie ici serait intenable.
-Pourquoi réclame-t-il ainsi ?
-Il croit probablement qu'il a des droits supérieurs.Si je lui ai retiré quatre détenus , c'est parce que je me suis aperçu qu'il m'avait menti en me déclarant posséder 140 ou 150 hectares alors qu'il n'en possède que 96.D'ailleurs il a encore 7 détenus au lieu de 5; Avant mon arrivée il en avait seulement 2.
-Bon, bon, alors ça va comme ça, mais depuis quand êtes vous là ?
'depuis plus de 18 mois Monsieur le Ministre.
Il s'est levé en me tenant le langage suivant : 
" Vous dépendez du Ministre de la justice mais j'ai tout de même mon mot à dire;
-Que voulez vous dire Monsieur le Ministre ?
-Travaillez bien ,travaillez bien !"
Et voilà.
il m'est impossible de continuer à travailler dans de telles conditions. Qu'on s'intéresse aux honnêtes gens me paraît juste mais si on s'intéresse à des demi-fous, où va-t-on ?
Mon successeur serait paraît-il , un nomme PHILIFAFRI ?
parmi vos nombreuses relations, peut-être vous sera-t-il possible de m'apprendre bientôt que vous avez un emploi de suite pour moi, de préférence sur les hauts plateaux ( ma femme est à plat 31,32 degrés dans notre logement) .




..




Monsieur AUDRAIN fut maintenu à Nossi-Bé.


(fin page 122)




Monsieur CADY a remplacé  monsieur MATHEI en qualité d'inspecteur de la région.


Ce dernier est maintenant mon représentant à Morondava .


Le 1er février il me fait part de son installation et attend la visite du président TSIRANANA.


Le 7 février il m'adresse copie d'une lettre très dure qu'il envoie au gardien-chef et le 10 il m'expose ses démêlés avec son remplaçant :






... Morondava le 1er février 1961 :


Monsieur RAKOTOMALALA est arrivé hier, 31 janvier, mais par avion.
Morondava
 Monsieur AMBERT, directeur des finances, s'était opposé à la location de la jeep, cependant promise par le chef du garage provincial.
Femme Merina et route de Morondava


Coïncidence M. AMBERT est un ami du ménage CADY et du dernier bien (qui est si près du  premier mal) de madame CADY parait-il.
Quoiqu'il en soit j'attendais trois employés et je n'en n'ai qu'un.
Je me pers en conjecture sur la manière  dont les autres vont pouvoir rejoindre Morondava d'autant qu'il n'y aura certainement pas un empressement particulier de la part de Tuléar à faire exécuter vos décisions.
MOHAMED SOILILAY , agent au service pénitentiaire, doit arriver le 4 au matin, avec les bagages, à bord du Norvégien III.




































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Le Norvégien III ne prend pas de passagers et c'est uniquement parce que j'ai fait charger sur ce navire 18 tonnes de ciment plus les bagages ( MAHAMOUDOU DAÏMA, MOHAMED SOILILAY et les miens) que par faveur spéciale cet agent a pu s'embarquer.
Je vais me mettre en rapport par un intermédiaire avec monsieur LE BIHAN afin qu'il puisse s'occuper de ces mutations.
.....




Monsieur le Président de la république, accompagné du ministre de l'intérieur , sera à Morondava samedi 4, pour introniser le préfet et un ou deux sous-préfets ( je ne sais au juste) dont l'ancien chef de district Monsieur LAÏLAVA ROBINSON.








.... Morondava le 7 février 1961 :


A monsieur le gardien-chef de la maison d'arrêt de Morondava :


Le vendredi 3 février vous avez assisté avec moi à la séance de mise au point de la réception de Monsieur le Président de la république, tenue par monsieur MIROUZE , au commissariat de la ville.
au cours de cette réunion il a été entendu que les détenus seraient consignés à la prison toute la journée du samedi 4 février et le lundi 6 février jusqu'à 10 heures.
Ma note N° 45-IPMORA , en date du 3 février 1961, dont vous étiez le premier destinataire , vous a confirmé cette mesure de sécurité.
Or, le 4 février 1961, à 21h45, j'ai trouvé dans la rue principale de la ville le détenu SOLO Alfred.
Je l'ai ramené personnellement à la prison et je vous ai fait chercher chez vous pour que vous me donniez toutes explications utiles.
vous m'avez alors montré une lettre manuscrite de monsieur RAKOTOMALALA Gabriel, greffier-comptable à l'inspection comptable de Morondava, par laquelle celui-ci vous demandait de lui envoyer le dit détenu qui lui servait de boy dans ses premiers jours d'installation.
Comme je vous exprimais mon vif mécontentement de cette inobservation de votre part des ordres donnés vous me répondîtes que "comme je voyais monsieur RAKOTOMALALA continuellement avec vous j'ai pensé que je pouvais lui donner satisfaction".
Je vous ai demandé si vous aviez un ordre signé de moi et vous fûtes obligé de me répondre NON.




Tournant votre colère contre le détenu qui n'était pour rien dans cette affaire, puisqu'il était sorti avec votre autorisation, vous avez voulu le faire coucher en cellule ce à quoi je me suis opposé.
Ensuite vous me dîtes : " demain je demanderai une punition pour monsieur RAKOTOMALALA" ce que bien sur, vous vous êtes bien gardé d'exécuter et de répéter à monsieur RAKOTOMALALA par la suite.


(Fin page 123)


En résume vous avez commis une faute grave en n'observant pas l'ordre catégorique qui vous a été donné par ma note N° 45APMONA et, au lieu de reconnaître les faits, qui sont probants, vous épanchez, sur mon compte, votre rancune aux 4 vents de la ville, ce que je ne peux tolérer plus longtemps.
Je vous invite donc à modérer votre colère, et vos propos d'une part,et, d'autre part de me rendre compte, si mes renseignements sont exacts, pour que ce même jour 4 février, autorisé le boy de monsieur le Juge à se rendre à son travail, chez son utilisateur.
Je ne désire en aucune façon monter cet incident ( dont les répercussions auraient pu être graves) en "épingle" mais je désire que vous sachiez que lorsque je donne un ordre, dont je prends la responsabilité, il doit être exécuté.
Je vous ai donné ma confiance et je la garde en espérant qu'à l'avenir je n'aurai qu'à m'en féliciter.




....




Morondava le 10 février 1961


...;
Je vous remercie aussi pour l'autorisation  que vous avez bien voulu me donner de faire fabriquer le mobilier nécessaire à mon logement.
comme vous me l'indiquez la facture sera présentée ...
Avant de répondre à la seconde partie de votre T.L.O. , je désire faire le point de la situation ici, et ce n'est pas brillant.
Ayant débuté à zéro, en dix-huit jours, je ne suis pas encore arrivé à 1 sur 20.
J'ai loué deux cases où beaucoup de travaux sont à faire.
J'ai commandé les meubles indispensables pour le bureau mais la livraison se fait avec une rare parcimonie.
Je possède à l'heure présente une table bureau et j'espère en avoir  une seconde dans le courant de la journée.
MAHAMOUDOU a mis à ma disposition quatre chaises (branlantes) en attendant l'arrivée, je suppose, par le même navire que la jeep, des six achetées.
Évidemment il n'y a pas de classeurs ( ils sont commandés) et les dossiers sont dans les coins des deux pièces occupées.
Le travail s'en ressent et ne peut être sérieux.
Tout  ça était à prévoir, car je le répète et c'est nécessaire, ici,il n'y avait rien tout est dons à organiser et la ville à 5.000 habitants.
En ce qui concerne la seconde partie de votre T.L.O.  vous m'écrivez :
 " monsieur CADY découvre et m'envoie des tas d'affaires que vous aviez laissé dormir à Tuléar".
Par discrétion, pour ne pas me peiner ( je vous remercie de votre délicatesse) vous me citez aucun exemple et me voici bien en peine pour reconnaître mes torts, comme j'ai l'habitude le faire lorsque les faits présentés sont exacts ou pour remettre les choses au point.
Quoi qu'il en soit, je me permets de vous rappeler que depuis la mi-novembre j'étais sur la sellette par les intrigues de M. CADY et qu'il est possible ( sans que cela soit certain  , n'ayant pas d'exemple) que certaines affaires m'aient échappées.
En ce qui concerne les 700.000 francs de factures "en instance" j'ai demandé à M. RAKOTOMALALA de me fournir toutes explications utiles.
Les voici :
" Toutes les factures arrivées après le 20 décembre 1960 devaient être liquidées sur le budget 1961.
Les gardiens-chefs ont été prévenus en temps utile.
Je suis formel, et les employés qui ont travaillé avec moi à Tuléar peuvent l'attester : le 20 décembre à 17 heures il n'y avait aucune facture en instance.
Toutes factures parvenues après cette date ont été classées dans une chemise à part avec l'étiquette " CRÉDIT 1961".
Monsieur CADY sera encore plus éberlué quand je lui enverrai d'autres factures emmenées pour le compte "zone nord" mais dont quelques unes sont antérieures à la date du 29 janvier 1961.


(fin page 124)