Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
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1959 11/11 Meurtre à Anjanamasina,Nosy-Lava



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A cette époque un drame affreux vint endeuiller et ternir le service pénitentiaire.
les autorités judiciaires avaient décidé depuis quelque temps  que le centre de jeune délinquants
d' Anjanamasina devait être en centre de rééducation avec des éducateurs désignés par eux.
La discipline du centre n'était donc plus sous mon autorité et je n'avais plus que la responsabilité de l'intendance et mon ami JUPPEAU celle des jardins.
Il s'ensuivit une absence de gardiennage et M. THOMAS l'éducateur désigné laissait toute liberté aux pensionnaires qui s'absentaient; quelque fois pendant plusieurs jours, pour aller traîner dans les rues de Tananarive.
Une nuit l'un d'entre eux, mécontent d'une réprimande, s'introduisit dans le logement de M. THOMAS, tue celui-ci et poignarde sauvagement son épouse en la laissant pour morte.
Le spectacle découvert au petit matin présentait un spectacle effroyable.J'en fus immédiatement averti et me rendis sur le champ sur les lieux du crime.Je ne pouvais rien faire d'autre que d'en saisir la justice.
Le laxisme des magistrats qui avaient décidé cette nouvelle gestion était le grand responsable de ce carnage.

......

Le 10 décembre tout semblait s'arranger à Nosy-lava, malgré une lettre décousue sur un serveur du directeur et le 21 décembre je recevais une longue lettre sur l'aménagement général du camp :

.....

J'ai trouvé une solution élégante pour me débarrasser due l'ancienne boyerie qui en fait était composée des choux-choux de mes prédécesseurs. Je vais les expédier à Nossi-Bé.Dans le nombre il y aura mes deux boys et mon cuisinier qui commençaient à se croire indispensables. Deux boys de GESLIN seront également du voyage, ainsi que celui que s'était octroyé RAMBELOSON du temps de
tous ces détenus remplissent les conditions exigées puisqu'ils n'ont en cours aucune punition depuis longtemps.
Cette opération est considérée officiellement comme une mesure de faveur à leur égard, et , puisque de mon coté je les ai assez vus,  tout est pour le mieux.Je compléterai  l'équipe par quelques braves bougres.D'ailleurs la liste vous est adressée par le même courrier.
Avenue de l'indépendance
à
Antananarivo
(Auparavant : Avenue de la libération
Tananarive)
L'inspecteur-greffier RAMBELOSON m'a confirmé son intention de demander sa mutation pour Tananarive.Vous pensez bien que je n'ai pas essayé de l'en dissuader.




....
(fin page 23)


Pour vos archives : une lettre du célèbre RANDRIAMANJANA Paul auteur du coup de couteau ayant déclenché un début de révolte quelques jours après mon arrivée à Nosy-Lava.
Lettre saisie par l'ancien boy de mon prédécesseur. Je n'en comprends guère le texte mais la fin m'intrigue énormément.
Le "Ferdinand" est le boy qui nous a servi lors de votre passage ici et que j'expédie à Nossi-Bé :



  • Monsieur le directeur,
J'ai très respectueusement l'honneur de vous adresser la présente sollicitant de votre haute autorité pour vous demander de bien vouloir m'accorder une chance pour éviter la suite fâcheuse de l'agression dont j'ai été victime.
Je vous en supplie ,monsieur le directeur, Pitié ! Délivrez moi ! Ne me laissez pas périr. Songez au service dont j'ai rendu à l'administration pénitentiaire. Je suis à vous !.
Je vous jure ma parole de gentilhomme que j'ai pris ma ferme résolution de me conduire tel que j'étais autrefois car j'ai tellement envie d'être libre pour que je puisse courir à la recherche du bucéphale de mon rêve !


....


Le 21 décembre je recevais une lettre de Nosy-Lava commentant le drame d'Anjanamasina :

J'ai appris avec peine mais sans surprise ce qui est arrivé à mon collègue d'Anjanamasina.Avec l'évolution actuelle nous sommes tous exposés à subir le même sort. c'est tout juste si les rôles ne sont pas inversés et si les prisonniers ne nous commandent pas.J'éprouve toujours un serrement de coeur lorsque je vois certains membres des différentes commission s'enquérir auprès des assassins si ils sont bien soignés.
je vous ai signalé, il y a déjà un certain temps, mes appréhensions concernant la disproportion  entre l'effectif des détenus et celui des gardiens.En cas de soulèvement brutal des prisonniers nous serions submergés en quelques minutes. Lorsque les agents ont terminé leur service,ils sont tenus de remettre leurs armes au chef de poste qui les renferme dans une armoire. Ce qui revient à dire que les détenus, une fois maîtres du poste , ne trouveraient plus aucune résistance.
Je me demande au cas ou nous serons tous zigouillés , si vous ne risquez pas t'être tenu pour responsable . Je sais qu'un agent ne doit pas avoir à surveiller plus de 10 prisonniers alors qu'à Nosy-Lava , lorsque les détenus annoncés seront là, chaque agent en aura plus de 35 à sa charge.
Avec quelques gardiens de plus, je pourrai organiser une patrouille de nuit qui augmenterai la sécurité.
Enfin inch'allah !
Par ailleurs en ce qui concerne la construction du terrain d'aviation, il m'est impossible de vous envoyer un rapport sur cette affaire, vu que je l'ignore totalement. Un jour j'ai vu arriver un type  se disant envoyé par les T.P. m'annonçant qu'il allait faire un relevé du futur terrain d'aviation.
Depuis plus rien.
J'ai appris incidemment il y a quelques jours , par le chef de district,  que les habitants de Mahabo avaient adressé une pétition au député BEHAVANA protestant contre l'installation dudit terrain, car pour le faire il fallait détruire des cocotiers.Je ne suis pas du tout dans le circuit.
Vous m'annoncez une cinquantaine de nouveaux détenus. Comment pourrais-je les nourrir ?
Je vous ai fait savoir que notre stock de riz ne nous conduirait que vers la mi-janvier ( en comptant avec 400 détenus et non 450).Pouvez-vous me rassurer à ce sujet ?


(fin page 24)

Pendant que nous parlons de riz, je vous rappelle que je vous ai déjà fait part des difficultés rencontrées par le personnel pour se procurer cet aliment de base.
Je pense qu'il serait sage de passer un marché pour un contingent beaucoup plus élevé de façon à pouvoir revendre du riz aux agents.
La chambre froide doit être révisée entièrement, ayant été négligée pendant des années. La viste d'un spécialiste s'impose. Tout ce qui est : joints, presse étoupe etc.  est complètement pourri. L'installation électrique était faite en dépit du bon sens . Je l'ai faite refaire entièrement par COURT.
J'espère que nous serons dépannés sans tarder car la chaleur est terrible en ce moment, le poisson et la viande se gâtent en quelques heures d'ou l'impossibilité absolue de faire quelques réserves.
A part ces petits soucis, le moral est bon.
J'espère que vous m'enverrez bientôt des gardiens triés sur le volet et que vous me débarrasserez de mes caricatures.
Décidément vous m'aurez laissé souffrir jusqu'au bout avec l'affreux MANANJARY.


L'année 1959 s'achève et la mise en place de la nouvelle organisation est terminée.
Les difficultés furent nombreuses mais je reçus beaucoup de lettres personnelles qui m'encouragèrent et pour lesquelles je donnai toujours une suite.
Les autres responsables des diverses administrations m'informèrent par la voie officielle mais mon devoir de réserve m'interdit d'en parler.
Seules les archives de mon bureau en sont détentrices.

De toutes les maisons du territoire je reçus de bons voeux pour 1960.

Mon fidèle ami et dévoué collaborateur rené JUPPEAU me fit parvenir le rapport ci-annexé concernant son activité en 1959 concernant les fermes et les jardins pénaux :

(fin page 25)




La correspondance de 1960 va suivre
Après le rapport 1959 de M. JUPPEAU
26 juin 1960 sur cette lettre








1959
FIN




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1960 9/28 Inspecteur de Tamatave

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Le 12 mai l'inspecteur de Tuléar m'écrit pour me faire part de son étonnement, car il a entendu dire que les chefs de district allaient reprendre leurs anciens droits de directeurs de prison. Cette information est fausse et je remets les choses au point.
Je suis heureux de recevoir de M. CARTON inspecteur de la province de Tamatave  une longue lettre datée du 23 mai. C'est une province sans histoires mais le silence m'inquiétait un peu.La voici :
Prison de Tamatave
début du siècle
( Sur DELCAMPE)


.....

Voici en quelques lignes la situation à Tamatave , ce que j'ai trouvé,le peu que j'ai fait et ce que je compte faire.
J'ai pris une succession difficile,vous le savez, pas de bureau,j'en ai trouvé un le premier jour,pas de logement, je suis logé  provisoirement, j'ai occupé une maison louée par la province jusqu'au 30 juin, le bail déjà dénoncé,les clefs déjà rendues au propriétaire, je les ai récupérées, j'ai acheté un frigidaire et un réchaud avec votre accord, je dispose d'un délai d'un mois pour trouver autre chose.
J'ai fait les visites indispensables d'arrivée : directeur des services provinciaux, directeur et chef de cabinet,  collègues des bureaux financiers et provinciaux, procureur,substitut et juges, et ..... partout accueil chaleureux et grande compréhension du procureur.
Je n'ai pu me présenter à M. JARISON, Secrétaire d'Etat  délégué, absent de Tamatave, que dans la semaine.
Il m'a très bien reçu et m'a rappelé que nous travaillé ensemble à Mahanoro en 1944 et qu'il était heureux de retrouver un ami.

(Fin page 56)

Je me suis fait remettre par M. COMARD les dossiers et j'ai essayé de voir clair :
la situation est assez trouble et je continuerai de l'éclaircir.
par exemple j'ai mis au point le contrôle du personnel, la liste fournie par COMARD est entièrement fausse, mais ce n'est pas entièrement de sa faute; il a pris les noms que les districts lui ont communiqués et les a recopiés. Les chefs de district confondent sciemment peut-être , les agents de district et les gardiens de prison
J'ai supprimé les agents de districts qui seraient payés par le budget de l'intérieur pour un gardien.
pour le moment les gardiens de prison sont payés sur le 33.3I.0I mais il faudra encore du temps pour que tout rentre dans l'ordre.Il faudra recruter et licencier. Il y a encore des agents de district qui remplissent des fonctions à la prison, je les éliminerai en douceur et j'essaierai de mettre des gardiens -chefs valables dans chaque prison.
dans certains districts il y a encore, un gendarme, un chef de gouvernement etc ...; qui remplissent les fonctions de gardien-chef faute de gardiens capables.
Les chefs de district gèrent encore les crédits entretien des détenus et me réclament de l'argent.
J'ai fait un relevé des dépenses par prison ( avec le cahier de liquidation) . Certaines prisons n'ont pas encore fait parvenir une seule facture qui ont été payées et sont parties avec la comptabilité du district , d'autres ont engagé beaucoup plus que ce que COMARD avait mis à leur disposition car il avait fait une répartition des crédits.
exemple Tamatave le seul sur lequel j'aurais pu jouer a déjà engagé 200.000 de plus qu'il n'avait et il reste encore un mois et demi et des dépenses obligatoires. J'ai immédiatement interdit aux gardiens-chefs de toutes les prisons d'effectuer des achats autres que viande et brèdes, en même temps que je leur demande leur stock et le relevé des dépenses depuis le 1er janvier 1960.
J'attends d'avoir tous les éléments pour vous demander un complément de crédits; Quelle pagaille !
j'ai aussi commencé à m'occuper de l'emploi des détenus : j'ai écrit à tous les chefs de districts en m^me temps que je donnais des instructions aux gardiens-chefs ( mais lesquels ?)  .
pour Tamatave j'ai tenu à en parler à M. JARISON  puisqu'il avait pris position lorsque COMARD a voulu supprimer ceux mis à la disposition de service ou de particulier et il y en a encore une trentaine.
Je crois l'avoir convaincu; mais il a fait appeler M. PEREZ son directeur provin et conseiller qui, s'il est entièrement d'accord pour la suppression pure et simple des détenus utilisés par des particuliers, demande que ceux employés à la province  , hôpital enseignement soient maintenus.
Pour faciliter ma tâche, je vous demande de répondre à la lettre signée de M. JARISON  adressée au ministre de la Justice et demandant le statu quo. Son argument c'est que le Ministre de la Justice n'a pas répondu : donc accepte !


Foulpointe
Pour les jardins pénaux  j'ai donné des instructions aux gardiens-chefs. A Tamatave le chef de district doit mettre un vaste terrain de culture à ma disposition. Je dois aller reconnaître ce terrain avec lui;
A Foulpointe je vais faire pêcher.
Voici ce qui a été fait. Je préfère aller doucement et ne blesser personne.
J'arriverai à faire admettre toutes les réformes mais dans bien des districts on ne dispose pas encore des gardiens-chefs valables et j'ai encore besoin des chefs de district que j'éliminerai petit à petit quand j'aurai mis en place  de bons gardiens-chefs. Qu'en pensez-vous ?



....


Le 9 juin c'est à nouveau Nosy-Lava qui me rend compte d'une situation apparemment sans graves problèmes.
Voici quelques extraits de ce compte-rendu :

(fin page 57)


J'aimerais vous dire que tout va bien mais malheureusement, je me trouve en face de nombreuses difficultés.
La plus importante est la question des moteurs, vedette comprise. Depuis de longues semaines la chambre froide ne fonctionne plus , à cause de l'insuffisance de courant, ce qui rend impossible la constitution de réserves de viande et de poisson frais. J'espère que les pièces nécessaires pour remettre en route les deux moteurs en panne nous parviendront assez rapidement car nous risquons d'être sans courant d'un moment à l'autre, ce qui impliquerait pour nous l'isolement complet, étant sans radio.
La vedette donne aussi des signes alarmants de fatigue. Je suis tombé deux fois en panne à mon retour et il en est de même à tous les voyages.
Avez vous des nouvelles du cdt GRIVEAUD que j'ai vu à Majunga ? 
Nous nous étions mis d'accord au sujet de la vedette qu'il vous avait proposée.
alors que je n'étais pas très "chaud" quand vous m'en avez parlé, j'ai changé d'avis quand j'ai appris que ce bateau pouvait transporter douze tonnes de marchandises ou 50 passagers ( ce qui entre nous me semble énorme) et que nous pourrions nous rendre de Majunga à Nosy-lava en 9 heures.
Il était convenu entre le commandant GRIVEAUD et moi qu'il enverrait un télégramme à la compagnie Verdaveine  demandant de venir me présenter la vedette ici,  et que si je la trouvais en bon état je vous demanderai votre accord. Ensuite, la vedette aurait été conduite à Majunga  où le commandant GRIVEAUD devait y apporter les modifications  qu'il jugeait indispensables. Il m'avait dit qu'à la suite de son télégramme , la vedette me serait présentée dans les quatre jours suivants .Or, je ne vois encore rien venir.
Ceci s'ajoute à mes inquiétudes de rester sans radio et sans lumière.
J'ai acquis la certitude, après enquête, que les pannes de moteur étaient dues à la négligence du dénommé RAKOTONAMANA Jean-baptiste  qui passait  son temps à prendre des cuites monumentales en compagnie de l'infirmier (dont nous reparlerons ) et des détenus travaillant sous se ordres. Il ne surveillait rien et les bielles ont coulé par absence complète de graissage.Du reste le moteur de la pompe qui était soumise au même régime  et COURT a eu un mal fou à la remettre en état. COURT n'étant pas diéséliste , c'est le détenu STANISLAS  qui était affecté comme mécanicien à bord de la vedette  qui assume actuellement les fonctions de chef-mécanicien, ce qui, bien entendu, dépasse de beaucoup ses compétences. 


...

pour en revenir à l'infirmier, le double du rapport de l'inspecteur GOZIE a été envoyé à monsieur l'inspecteur médecin d'Analalava  . aucune suite n'y a  été donnée; Aussi je vous demande d'intervenir directement auprès du service de Santé de Majunga. En toute sincérité, je me croirais coupable de ne pas dénoncer la carence de ce service qui ne veut pas s’intéresser au millier de personnes que représente la population de Nosy-lava.
L'infirmier RAMAROSON  est ivre tous les jours sans exception.L'enquête que j'ai faite m'a confirmé que non content de se saouler avec l'alcool à 95° de l'infirmerie, il en faisait boire à des détenus. J'ai du reste la déposition de deux détenus. Les agents et leurs familles sont furieux et il est urgent de régler cette question.
Zébu
pourriez vous me dire si le projet d'enquête par M. SALIM  prend corps ?. Cela me semble de plus en plus indispensable , sinon je perdrais complètement la face devant les gens de Mahabo qui deviennent de plus en plus arrogants depuis que m. le Juge m'a envoyé le T.O. ci-joint. Je dois vous rappeler que la plainte dont il est question avait été portée  à la suite de la dévastation de 27 planches de haricots en plein rapport par les boeufs du dénommé  MAHABINAZAKA .
Je précise que les gardiens étaient venus faire une enquête sur place et que leur rapport nous était des
plus favorables.


..... JUGE SECTION à DIRECTION MAISON FORCE NOSY-LAVA

suite votre plainte du 2 mars 1960 contre nommé MAHABINAZAKA pour dévastation de culture par ses boeufs. Honneur vous informer que je ne donne aucune suite à votre plainte citée en référence pour le motif suivant : CONTRAVENTION NON CARACTÉRISÉE.

Signé  GERMAIN

(Fin page 58)

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1960 17/28 M. LUCAIN

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...... Nosy-Lava le 6 septembre de M. RALAIKOTO :

J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance de bien vouloir envisager l'amélioration de ma solde, en tenant compte de ma valeur professionnelle qui est celle d'un aide-comptable ou secrétaire-dactylo, place qui conviendrait bien à mon humble capacité; mais qui jusqu'à ce ce jour ne m'a jamais été accordée.
Vu que je me trouve sur le m^me pied d'égalité au point de vue solde que mes compagnons de promotion de service et que d'aucune façon rien ne me permet de sortir de cette position à moins que je ne fasse une démarche.


......




Réponse de M. LUCAIN :


Les démêles que vous avez eu avec un détenu auquel vous aviez acheté une montre retirée frauduleusement du greffe me font douter de vos aptitudes à tenir un poste de confiance. D'autre part, le 31 juillet1960, vous étiez ivre-mort et les agents BOINAHERY et MAHATSANGA ont été obligés de vous reconduire chez vous. Je vous ai vu de mes propres yeux.




.....




Le 10 septembre c'est à nouveau le gardien-chef d'Analalava qui demande l'affectation d'un condamné en qualité de secrétaire et la construction d'un nouveau bâtiment.


....... Réponse de M. LUCAIN :


Jusqu'à maintenant, votre prédécesseur, assurait seul les responsabilités afférentes à la maison d'arrêt d'Analalava. 
Depuis le 1er juillet 1960 je suis personnellement responsable de la direction et vous n'avez plus en conséquence à vous occuper ni des achats, ni de l'équipement des détenus dont vous avez la garde.
De plus , un secrétaire, M. RAZANAKOLONA, vous a été adjoint, ainsi qu'un second,M. MOUTARI.
 Votre rôle se borne donc à assumer la surveillance générale de votre établissement.
Si dans ces conditions vous estimez ne pas pouvoir venir à bout du travail qui vous a été confié je vous serais reconnaissant de me le dire  franchement afin que je pourvois à votre remplacement le plus rapidement possible, auquel cas vous seriez affecté à Nosy-Lava en qualité de gardien.
.......
Les crédits actuels ne nous permettent pas d'envisager l'agrandissement de la maison d'arrêt d' Analalava.




......








Quelques difficultés avec le Secrétaire d'Etat  à la province de DIEGO me sont signalées par l'inspecteur de l'administration pénitentiaire de la région ( M. MONJOL) concernant l'emploi de M. RASAINARIVO considéré comme opposant politique.
Je reçois également un long rapport de cinq pages qui m'est adressé de Nosy-Lava  ou M.LUCAIN semble mécontent et m'en donne confirmation dans une autre lettre du 12 septembre.

Voici ce rapport :

(fin page 69)

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Amélie CHRISTOPHE
Président TSIRANANA


RAKOTONDRASOA
FIDELIS
RAVELONARIVO
FOURNIER


CADY
c
FOURNIER
Antsohihy
Razafindramamba
BARON

COURT
LUDOWSKI
GONDIVIN
DALIA
MARIVIER Philippe
Ambatobé







bozaka
beriberi




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1960 18/28 Travail des détenus

(Page 75)


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Suite d'un lettre de M. LUCAIN

Eugène, le greffier magasinier, comptable que M. VERGNOLE a eu la gentillesse de m'envoyer a commencé son travail ce matin.Il me fait excellente impression et j'envisage avec moins d’appréhension le départ éventuel de Camille. Décidément j'ai beaucoup plus de satisfaction  de la part des détenus que de celle des agents.dites à M. VERGNOLE que Eugène fait équipe avec COURT. Ils dorment dans la même chambre te font popote ensemble.Je crois qu'ils s'entendront parfaitement.
Je viens de recevoir les félicitations de M. le chef de district pour la façon dont j'ai mené les élections à Nosy-Lava. Le résultat est probant : 226 votants , 226 P.S.D..








.....;




80 ème anniversaire
de l'école de médecine
d'Antananarivo.
je rejoins ce mot pour vous dire que depuis huit jours le post de radio de la gendarmerie d'ANALALAVA  ne fonctionne plus et que le nouveau titulaire opérateur radio de la météo n'a pas été "fichu" de nous contacter. Ce qui fait que lorsque le vent est trop violent, et c'est actuellement le cas, nous sommes complètement isolés. Enfin heureusement qu'en cas de maladie ou d'accident nous avons un excellent infirmier, à propos de ce dernier le médecin inspecteur m'a demandé un rapport sur sa façon de servir depuis qu'il a reçu un avertissement du chef de service de santé de la province.
   ......






Le centre de rééducation  des jeunes d'Anjanamamina fonctionne bien , je dois le dire, grâce à M. JUPPEAU  qui a su intéresser ces adolescents désœuvrés à la culture agricole du grand jardin aux abords de l'établissement. Il en est de même pour la prison de Tananarive que je peux suivre de plus près avec le concours de mon inspecteur M. VERGNOLE.
Le conseiller technique du ministre me fait connaître  qu'il envisage l'organisation d'un camp de jeunes.
Je nomme gardien-chef de ce camp M. Charles LAHIBE que j'estime beaucoup.


Voici ma lettre :

... En définitive et après avoir débattu avec Jules RAHARISON de toutes questions relatives à la sécurité et à l'ordre, j'envisage favorablement l'organisation d'un camp de jeunes d'Anjanamasina et en ait parlé au directeur.
L'association de sauvegarde accorde pour camp une subvention de 100.000 francs.
Jules RAHARISON doit cette semaine présenter au département  une demande officielle dans laquelle il précise les conditions  d'organisation de ce camp. Il lui a été précisé que l'organisation ne pourrait être accordée qu'à condition :
Scoutisme
1° d'emmener les encadreurs.
2° de s'adjoindre des moniteurs issus des mouvements scouts.




......


Le 13 septembre un décès suspect m'est signale dans la prison de Sambava.

La situation à Nosy-Lava m'est à nouveau exposée dans un long rapport et le 19 Madame LUCAIN fait le point au sujet de son école.




(Fin page 75)




Nosy-Lava, le 15 septembre 1960



Objet : détenus ne rentrant pas le soir à la prison d'Analalava.


Cher Monsieur Planchon,
Veuillez trouver ci-jointes deux copies de T.L.O. qui m'ont été adressées par M. le Juge de Section d'Analalava.
Au reçu du premier de ces messages, j'ai immédiatement donné ordre au gardien-chef de la maison d'arrêt de ne plus faire de dérogation et de veiller à ce que tous les détenus rentrent en prison chaque soir pour y passer la nuit.
Lorsque M. PRATI e eu connaissance de cette mesure, il est allé trouver M. le juge en lui disant que c'était vous même qui lui aviez accordé l'autorisation de conserver la nuit le détenu qui lui sert de boy. C'est exact et j'étais présent; Voyant cela, M. GERMAIN m'a envoyé un second T.L.O. (*)disant qu'il ne voulait pas vous contredire.


Je pense sincèrement que la première réaction a été la bonne . Lorsque vous avez accordé cette faveur à M. PRATI, cela ne tirait guère à conséquence puisqu'il s'agissait d'un cas isolé, mais il n'en n'est plus de même aujourd'hui.  Vous avez pu constater en effet que les demandes de main d'oeuvre pénale  par des particuliers se multiplient et que bientôt chaque habitant d'Analalava aura "son" prisonnier.  Si donc nous continuons à faire un cas d'exception  nous nous trouverons devant un dilemme car il est certain que beaucoup d'employeurs demanderont la même faveur. Si nous la refusons ils auront vite fait d'en conclure que nous avantageons le vazaha.Si nous acceptons, nous risquons d'avoir bientôt une cinquantaine de détenus qui ne coucheront pas à la prison; Comme certains serviront de veilleurs de nuit en l'absence de leurs patrons, vous voyez où cela peut mener.
A mon avis, il vaudrait mieux dire à M. PRATI que de nombreux abus ayant eu lieu, il ne nous est lus possible de laisser les prisonniers en dehors de la prison la nuit.
Je crains également que si l'on ne fait pas cesser cet état de choses, les détenus n'ayant pas la chance d'être chez des particuliers en prennent ombrage et que leur travail s'en ressente.




(fin page 76)





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GERMAIN
TSARA
PRATI



T.L.O. : Télegramme-Lettre Officielle




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1960 19/28 Analalava; église dans la prison; école Nosy-Lava

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Inspection de la maison d'arrêt d'Analalava , le 16/9/60.




J'ai constaté que le nouveau gardien-chef  RAMPIRISON avait fait un gros effort dans tous les domaines. Si, comme je vous le disais dernièrement, il est terriblement exigeant en ce qui concerne les avantages auxquels il prétend avoir droit, je dois reconnaître qu'il vaut cent fois son prédécesseur. J'en arrive même à me demander comment ce pauvre RAKOTOMAHARO a pu obtenir un poste de gardien-chef.Comme je vous l'ai dit au dernier courrier, non seulement il n'a jamais versé le pécule des détenus travaillant chez M. FLAURAUD, ni présenté de factures à ce dernier, mais aucun des particuliers employant un prisonnier n'a payé la moindre somme depuis janvier 1960.
Bien entendu je lui en ai fait le reproche.Il m'a répondu qu'il s'était présenté à différentes reprises chez les employeurs mais que plusieurs d'entre eux l'avaient envoyé rebondir et que pour ne pas avoir d'histoires il avait préféré abandonner (sic).


j'ai donné immédiatement ordre à RAMPIRISON d'établir les factures en retard et de les présenter très poliment aux intéressés . Je lui ai dit également de prévenir  ceux qui persisteraient à ne pas vouloir payer que dès le lendemain  "leur" prisonnier leur serait retiré.
Je pense que c'est logique et vous serez d'accord sur ce point. La moindre infraction à cette règle risquerait de nous attirer de gros ennuis.Toutefois, si vous jugez que nous pouvons tolérer des exceptions, je vous demande de me les faire connaître.
Le nouveau gardien-chef a fait effectuer aux abords de la maison d'arrêt quelques travaux qui montrent sa bonne volonté. Le laisser-aller qui existait avant sa gestion a disparu. Il a suivi mes conseils en ce qui concerne l'activité des détenus. Depuis qu'ils travaillent tous, les histoires sont très rares.
Déportés politiques :
La plaisanterie est plutôt de mauvais goût; Je sais que vous n'y êtes pour rien mais je vous demande de me donner un coup de main en m'envoyant les fonds et le matériel nécessaire. Vous recevrez bientôt une facture concernant 52 assiettes métalliques et 52 cuillères destinées aux "amis" de M. Le Président TSIRANANA.S'il n'y avait que moi, je vous les ferai bien manger dans une auge mais il paraît que nous devons avoir certains égards avec ces oiseaux baladeurs.
Les formalités interminables pour obtenir les fonds de la Caisse d'avances font qu'en dehors des factures de poisson que je vous fait parvenir aux fins de paiement, j'ai 82.000 francs à rembourser à la caisse du greffe pour les achats de viande t de poisson du mois de juillet. J'aimerai régler cela avant la fin de l'année.
Si je continue à recevoir des exilés sans arrêt, je serai obligé de vous réclamer des fonds à chaque courrier.
Je vais donner de plus en plus de poisson sec aux détenus car si je veux me mettre à achter de la viande aussi souvent que le voudrait le règlement, ce serait ruineux.


(fin page 78)


Affaire CHRISTOPHE :


A la demande de son secrétaire-bedeau, j'avais accepté de transférer l'église  dans l'une des pièces inutilisées de l'école. Cela faisait plaisir aux catholiques et me coûtait absolument rien. Au contraire, le curé d'Analalava  avait même envoyé six sacs de ciment pour bétonner le sol. D'autre part cela me permettait de récupérer la grande bâtisse en bozaka qui leur servait et dans laquelle j'ai installé la menuiserie. 
Vous savez qu si je suis très tolérant, je ne suis pas pratiquant et que je ne rentre que très rarement à l'église.Au reçu de votre T.O. m'annonçant l'arrivée prochaine de 52 nouveaux exilés , j'ai visité tous les locaux susceptible de les recevoir. J'ai eu la surprise en rentrant dans l'église de voir que CHRISTOPHE , en accord avec le père François,, avait fait construire un autel ainsi que des marches pour y accéder, entièrement en béton . Inutile de vous dire que j'ai râlé, car si je tolère cela, il n'y a aucune raison pour que les Comoriens ne me demandent pas une mosquée et les protestants  un temple; Ce qui me fâche le plus, c'est que ce travail s'est fait pendant que je me trouvais à Majunga. Et maintenant que dois-je faire ?
Si j'accepte le fait accompli, j'aurai l'air d'un idiot, et si je fais sauter le barnum à grands coups de masse, comme j'en ai eu l'envie quand je l'ai découvert, je serai taxé de vandalisme par les biens pensants.
Contrairement à son prédécesseur qui était un homme charmant, le père François ( une vraie tête de boche)  est imbuvable; Il fourre son nez partout, engueule les détenus qui ne vont pas à la messe et mettrait le désordre si je ne le rappelais pas à l'ordre de temps en temps.Il y a quelques semaines, il voulait absolument faire la messe aux détenus pendant les heures de travail. Vous pensez comment je l'ai reçu. COURT à qui il reprochait  de bricoler un dimanche matin, l'a, envoyé "sur les roses", catégoriquement. 
Avant hier et malgré la défense faite à tous les ministres du culte, quels qu'ils soient de pénétrer dans l'enceinte de la M.F.  , il a trouvé le moyen d'aller se balader dans les bureaux avec l'infect CHRISTOPHE. Je ne tolérerai pas de tels procédés plus longtemps et cela va faire des étincelles avant peu.
Pour remédier à cela, je crois que le mieux serait de muter CHRISTOPHE dans un autre établissement. Il pourrait à la rigueur faire un chef de poste convenable.
Il y a trop longtemps qu'il est ici avec sa bande de St. Mariens qu'il domine. Il serait enchanté de se rapprocher de Majunga où il a un grand fils à l'école; Je vous rappelle que CHRISTOPHE   était à l'origine de la demande collective de mutation des St. Mariens le lendemain du départ de PERICHAUD.  Lui même n'a annulé sa demande que lorsque son fils a été renvoyé du collège de Tamatave pour mauvaise conduite.


Cordialement




(fin page 79)


Nosy-Lava le 19 septembre :


Ecole à Ambositra




Je vous remercie pour les livres du cours moyen que vous m'avez envoyés. M. VERGNOLE me dit qu'il n'y a plus que de l'ardoise verte.envoyez-là c'est très bien (c'est la mode). Avec toutes mes sections il me faut quatre tableaux (je vais en faire un car je n'en n'ai que trois)  .
Je pense que deux boites me suffiront; Je voudrai aussi une boite de craies de couleur. Il me faudra des cahiers à dessin, compas, double-décimètres mais j'espère que les parents les paieront. L'ennui c'est qu'on ne trouve plus rien à Analalava . Ce pauvre bled me laisse aller de plus en plus. Je vais voir ce que la Marseillaise peut me procurer.
si vous pouviez me donner trois autres livres de lecture de SOUCHE  cours moyen comme ceux que vous venez de m'envoyer, cela me rendrait le plus grand service car je m'en servirais, en commun, pour les cours élémentaires te moyens.
Notre mobilier est toujours au même point faute de bois.










bosaka :




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