Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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1959 4/11 Majunga,Ankijabé

Aéroport d' IVATO
a remplacé Arivonimamo en 1967
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Le 9 juillet mon ami René JUPPEAU l'écrivait pour me faire part de son arrivée de la veille et il était content que je lui aies fait remettre les clés de ma maison qu'il garderait ainsi en mon absence.
Il avait été accueilli comme prévu par M. WILLIAM et avait immédiatement rencontré le ministre M. FOURNIER ainsi que M. LUCAIN qui était en mission dans la capitale.

Le 11 juillet une lettre de mon ami FAURE m'indiquait qu'il était à nouveau à l’hôpital du val de Grâce.je ne l'ai jamais revu depuis.
Dr CATAT
Scan mis ici en souvenir des français qui ont oeuvré pour la grandeur de la France.

Antsirabé
Antsirabé
Le viaduc
Une lettre de Majunga du 14 juillet venant de M. MATHEI qui, après avoir relaté la visite du général de GAULLE, me faisait part des difficultés de discipline des gardiens-chefs en place à Ankijabé , M. GLINZ et à Antsirabé M. DALLEAU , qu'il avait été obligé de licencier.
Il était par contre très satisfait du sergent RAZAFINDRAKOTO qu'il nommait à Ankijabé et de MIRA Pascal du camp d'Ampomotro .
Voici les principaux passages de sa lettre :

........


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1959 5/11 Ampomotro, Nosy-lava,Antsahabé


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J'ai licencié M. GLINZ, gardien chef du camp d' Ankijabé, sur un rapport de monsieur l'administrateur en chef, chef du district d'Ambato-Boéni, d'une part, et, d'autre part celui du gendarme COURTAUD.
Voici un passage édifiant de ce dernier :
"
... Le 22 juin 1959, dans la soirée les époux GLINZ ont reçu des détenus du camp dans leur habitation  et ont consommé du vin .... Au cours de cette beuverie madame GLINZ a dansé avec les prisonniers ainsi que son fils âgé de quinze ans . M. BERATA chef du district écrit notamment : sa femme ( madame GLINZ) serait la cousine de l'ex député communiste de la réunion M. VERGES .
J'ai nommé à sa place un malgache le sergent RAZAFINDRAKOTO Jérôme , qui n'est pas parfait mais dont j'avais apprécié les qualités de commandement lors de son passage à Majunga  pour participer aux honneurs rendus au général de GAULLE .
Evidemment il est lettré en français.
Le camp d'Ampomotro ( district d'Antsohihy) me donne satisfaction grâce au jeune et énergique gardien-chef MIHA Pascal ( MIRA ?) .
 En accord avec le chef de province M. ALEXANDRE , dont maintenant le titre officiel est : directeur des services provinciaux , je vais licencier le nommé DALLEAU, gardien-chef du camp d'Antsahabé ( district d'Antsohihy)  qui, a peur des prisonniers.
 Il refuse de les punir, et, parait-il, boit lui aussi, mais c'est moins flagrant que pour GLINZ.
Maison de force de
Hell ville
Nossi-Bé.
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Un premier transfert de seize détenus de Nossi-bé sur Nosy-lava se fera sur le Djema le 19 juillet.
Une dizaine de jours après trente prisonniers de Nosy-lava seront transférés à Nossi-bé.
Chaque semaine j'adresse un rapport à M. LALLEMAND mais depuis votre départ je n'ai pas eu de lui  soit une lettre, soit une communication téléphonique.
J'ai l'impression de parler devant un mur et c'est très désagréable.
......




Le 16 Juillet un mot de M. JUPPEAU me confirmait certaines difficultés et une lettre de M. WILLMANN m'informait de toutes les démarches qui avaient été entreprises pour mon retour qui semblait impatiemment attendu.
Le 22 juillet M. JUPPEAU m'écrivait de Nosy-Lava où il était en mission pour me faire part des difficultés rencontrées et du projet d'installation d'un ferme, là encore pour l'amélioration de la nourriture des détenus et du personnel de surveillance.
Le lendemain une lettre  de madame LUCAIN apportait quelques potins de l'île :
Voici ces lettres :
......

Me voici à Nosy-Lava cette petite île merveilleuse depuis hier.
Déjà ce matin , avec M. LUCAIN ,nous avons inspecté les lieux de l'emplacement futur de la ferme; Je pense au premier abord que nous pouvons faire quelque chose de bien.
Évidemment l'exécution du programme demandera une certaine attention qui semble difficile à l'heure présente.
En effet l'entente ne semble pas régner avec le mécanicien  et surtout en votre absence, la sûreté continue à donner des ordres de départ pour les meilleurs agents  et M. LUCAIN est très ennuyé car ses effectifs sont faibles ( un pour vingt)  et ce sont les plus mauvais qui restent.
Toutefois il semble décidé à résister maintenant à tout ordre ne provenant pas du ministère de la justice et il faut que de coté il soit appuyé fortement.


(fin de la page 13)


.........


Chère madame PLANCHON,
Nous avons en ce moment chez nous M. JUPPEAU qui nous a donné de vos nouvelles.
Il parcourt toute l'île avec mon mari pour ses projets de culture.
 Ils ont hâte que M. PLANCHON revienne car depuis son départ rien n'avance.
Si notre voisin le mécanicien est un ours mal léché, sa femme et ses filles se montrent assez sociables.
......
Notre père ARSENE s'en va à Nossi-Bé. 
C'est dommage nous l'aimions bien.
Espérons que le suivant sera aussi gentil que lui.


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Le 27 juillet M. AUDRAIN  gardien chef de la prison de force de Nossi-Bé , m’écrivait en ces termes :

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Riz à Madagascar
Afin d'essayer de réaliser des économies j'ai demandé et obtenu de la Direction l'autorisation de faire confectionner un grand filet et deux pirogues . Dans un mois environ ce sera chose faite.
 J'espère qu'ainsi je n'aurai plus à acheter de poissons. Je voudrai m'occuper ensuite de la culture du riz .
 Qu'en pensez-vous ?
J'ai repris le jardin potager qui avait été abandonné.
La fourniture des jardins me permet de vendre de temps à autre des légumes aux commerçants .
Bien entendu j'irai préalablement en parler à Monsieur l'administrateur en chef qui a déjà approuvé ma décision.
J'ai fait placarder une note dont j'ai envoyé une copie à Tananarive  à titre de compte-rendu.
Les particuliers qui emploient les détenus les payant désormais à compter du 16 juillet.
 Ce nouvel état de choses a été accueilli, sinon avec le sourire, du moins sans heurt, c'est l'essentiel, n'est-ce pas ?
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Le 27 août M. WILLMANN m'adresse une lettre assez pessimiste sur mon retour et sur la situation de mon administration ( voir ci-après), mais les craintes d'un bâton dans les roues sont assez vite aplanies ainsi que me le confirme le 10 août un ami du cabinet du ministre en France, M. Jacques BREVILLE et la lettre du même jour de M. WILLIAM et une autre du 11 août.









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1959 6/11 Retour à Madagascar, après un congé en métropole.

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Votre lettre de ce jour m'inquiète au sujet de votre retour . s'il faut deux mois avant de  passer à la visite , j'ai peur que vous ne puissiez embarquer à la date prévue.Cette nouvelle nous a jetés tous dans la consternation. M. FOURNIER demeure invisible. J'ai vu M. LALLEMAND qui m'a déclaré de ne pas m'en faire : qu'on s’occupe de vous.Tout ça c'est très bien mais je n'ai aucune preuve. M. JUPPEAU
aura une audience ce soir avec le ministre, il va tirer l'affaire au clair
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TSIRANANA


P.S. 
ATTENTION : M. JUPPEAU vient de me dire qu'il a vu M. FOURNIER  à votre sujet. Votre dossier est bloqué chez M. TSIRANANA : un salopard vous a tiré dans les jambes au G.G..
M. FOURNIER  doit voir M. TSIRANANA aujourd'hui 8 août  et essayer de faire le nécessaire. De mon coté  je contacterai le ministre de l'intérieur M. RESAMPA qui se chargera  j'en suis certain de la question; Vous voyez que mon intuition était bonne . J'avais bien compris qu'on allait manœuvrer contre vous. Ne perdez pas de temps à paris faites le maximum si vous avez des atouts : vous risqueriez de ne plus revenir;
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Du courage chef nous ne vous laisserons pas tomber
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(fin page 14)
Comme je vous ai annoncé hier soir j'ai eu une entrevue avec M. HOAREAU chef du personnel du ministre de l'intérieur. C'est un ami et un compatriote.Il n'y a rien de très grave dans votre cas.Il s'est chargé de tout arranger avec MM. RIDEL et RESAMPA. Vous aurez sans doute un retard mais vous reviendrez.
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je vous tiendrai au courant des suites de mes démarches.
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Mes lettres se suivent peut-être de trop mais je tiens tellement à vous rassurer.Ce matin j'ai revu avec M. HOAREAU qui s’occupe sérieusement de vous aussi.Il a vu M. GUILLON à la S.A.F.E. . Votre dossier a quitté son service le 26 juin dernier avec avis favorable. Il se trouve à la Résidence.
Le retard vient de là.De retour au bureau, j'ai vu M. FOURNIER qui m'a déclaré qu'il avait retrouvé votre dossier, qu'il se charge d'en parler à M. TSIRANANA et que le nécessaire sera fait aussitôt après.Je vous tiendrai au courant des suites.Remontez votre moral, nous sommes là à toutes échéance.
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Mon retour se précise donc et il semble qu'une grande partie du personnel est heureuse de cette perspective, notamment l'inspecteur MATHEI de Majunga dans sa lettre du 15 août. mais le 17 août il y a de nouveaux orages à l'horizon.Des lettres alarmistes me parviennent de M. WILLIAM, AUDRAIN et LUCAIN.


......
 (M. MATHEI)


Il doit repartir ( M. FOURNIER) lundi de Majunga et m'a fixé rendez-vous au bureau. J'ai quelques pièces à lui monter  et je vais lui faire part de mes doléances.Je suis de plus en plus pris en effet entre le marteau et l'enclume et je n'aime pas ça du tout .N'ayant pas la signature, je ne peux prendre , réellement, mes responsabilités ( étant continuellement censuré par l'inspecteur MARIANI) et cependant il semble que Tananarive me tienne pour responsable.Alors ! cette situation est d'autant plus paradoxale que monsieur le ministre FOURNIER , auquel je m'étais ouvert succinctement de mes difficultés, m'a dit, en substance " non, non le service pénitentiaire est rattaché à la Justice". Je le savais bien mais c'est sur le papier.En fait, à Majunga, c'est un service hybride et j'en reçois la secousse étant tiré à "hue et à dia".


.....
(M. WILLIAM)


Je me demande sincèrement quel crime vous avez pu commettre contre ces gens qui vous ont couché sur la liste noire des fonctionnaires indésirables à Madagascar.Enfin pour ma part je ne me considère pas battu et ferait tout mon possible pour intervenir là où il faut.Du courage, patron, devrais-je essuyer des représailles que je ne vous abandonnerai point.




......

 (M. MATHEI)
J'ai vu il y a environ une heure, M. le ministre FOURNIER et c'est ce qui m'incite à vous écrire à nouveau . en parlant de choses et autres il m'a dit en substance " ... c'est comme pour la nomination officielle de M. PLANCHON, il y a d'autres candidats. Évidemment j'appuie  monsieur PLANCHON auprès de Monsieur le Président TSIRANANA, mais ....".
vous devez comprendre combien je suis tourmenté par cette phrase. Peut-être penserez vous que je me mêle de choses qui ne sont pas de mon ressort et, d'une façon absolue vous aurez raison, mais je suis certain que vous admettez ma réaction, qui me fait vous envoyer cette lettre.


....
(madame LUCAIN)

Nous venons d'apprendre par M. JUPPEAU que ça ne va pas tout seul pour vous.Je ne comprends d'ailleurs pas très bien, car j'ai vu votre décision quand vous êtes passé à la Justice. Je suppose que les absents ont toujours tort mais nous espérons que monsieur FOURNIER va réussir à arranger les choses.
Il n'est pas encore venu nous voir. Il a passé le 15 août à Majunga. Je commence à me demander si il viendra nous voir.Nous aurions pourtant besoin d'une aide efficace.On ne nous donne guère les moyens d'agir.


(Fin page 15)


Seul, M. JUPPEAU se démène pour nous dans sa sphère. Il a du vous tenir au courant lui-même......
pouvez vous nous dire ce qui se passe car notre ami JUPPEAU nous amis la puce à l'oreille. Si je puis vous aider en quoique ce soit n'hésitez pas à faire appel à moi.


*********
Enfin tout s'arrange !
Le 36 août je reçois un télégramme de M. WILMANN me disant :
" Plus de difficultés voyez d'urgence délégation Madagascar paris 16ème. Demandez retour anticipé"
Puis je reçois une lettre de mon ami JUPPEAU datée du 25 me confirmant que tout était réglé et une deuxième lettre datée du 26 confirmant le télégramme de M. WILMANN. Ce dernier m'envoie également le même jour une lettre détaillant les péripéties de la solution.
La réorganisation continue sa progression.
Fort - Dauphin
Le 26 août M. André DOYEN, du même cadre que moi,  m'informe qu'il a été nommé chef du district de FORT-DAUPHIN et qu'il a recruté en qualité de gardien-chef de la maison d'arrêt de cette ville M. STEFANI, ancien prisonnier de guerre et possédant de nombreux diplômes.
Voici sa lettre :

Je vous apprends que j'étais adjoint au chef du district de Fort-Dauphin et directeur de la prison.
Depuis le 18 août j'ai été nommé  chef de district de Fort-dauphin et, comme je n'ai pas d'adjoint, je suis tenu de garder la direction de la prison.
J'ai recruté le 15 février, comme gardien-chef,  monsieur STEFANI Jean-Pierre, marié, père de 4 enfants, âgé de 43 ans, ayant effectué 6 ans de service militaire, ancien prisonnier, évadé d'Allemagne, titulaire de la carte du combattant; il perçoit royalement 23.052 francs.
cet agent a effectué des études secondaires dans les lycées de France et est capacitaire en droit de l'université de Paris.
Tuléar
 Je viens de le proposer pour la titularisation à la province de Tuléar pour dater du 16 août 1959 puisqu'il vient de terminer son stage de six mois. C'est un élément très brillant et je ne pense pas qu'il puisse exister à Madagascar un gardien-chef capacitaire en droit.
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Le 7 septembre c'est M. MATHEI qui m'écrit de Majunga pour me faire part de ses difficultés. Je reçois également une lettre de Nosy-lava m'indiquant la ration des détenus reportée à la page suivante.


Voici un extrait de la lettre de M. MATHEI :

Le service de sécurité et de police de Majunga vient de faire la répartition des effets d'habillement et des couvertures sans me prévenir ni me consulter.Le l'ai appris par hasard. Or j'ai l'état des stocks des maisons d'arrêt et camps pénaux de la province  qu'ils n'ont pas.
Résultat : Befandriana- Nord n'a bénéficié d'aucun envoi et a besoin de 150 couvertures, 60 complet en toile, 120 complet en drap et 100 bonnets.




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