Timbres et cartes postales sur DELCAMPE

Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
Les timbres et cartes postales de ce blog sont en vente sur DELCAMPE.net , ci-dessous :
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1959 10/11 Nosy-Lava , vie quotidienne.



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Joueuse de valiha.

Femme venant chercher de l'eau.


Collection Nicole SIMONET-PLANCHON






J'ai fait part de la réclamation de M. BARON à BOINAHERY qui m'a promis de verser 3000 francs par mois pour s'acquitter de sa dette . mais je ne me fais guère d'illusion car, si mes renseignements sont exacts , le passif de mon agent "modèle" dépasserait 500.000 francs . N'y aurait-il pas moyen de refuser à la sécurité générale la mutation à Nosy-Lava de tels individus. J'ai l'impression de diriger un dépotoir.
En dehors de toutes ces petites misères, tout va bien.
Les détenus sont doux comme des agneaux à tel point que les cellules ne reçoivent plus de clients.N'y séjourne plus que le "gréviste de la faim" lequel a repris un solide appétit depuis que vous lui avez fichu une sainte frousse en le menaçant de le nourrir par le "verso".
.....
J'ai donc pris toutes les mesures qui s'imposeront pour rétablir l'ordre dans le personnel de surveillance , notamment en procédant à quelques mutations. Quant qu'au "gréviste de la faim", lors de ma précédente inspection je l'avais convoqué dans mon bureau pour lui demander les raisons de son attitude.Il m'avait dit qu'il ne devait pas être en prison car il était innocent;Je lui avais alors précisé que je n'étais pas juge, mais que des magistrats l'avait condamné et qu'il m'avait été confié pour les loger, l'habiller le soigner et le nourrir. S'il ne voulait plus manger je serai contraint d'utiliser un clystère car je ne pouvais le laisser mourir de faim.
Le 25 octobre c'est M. MATHEI  qui s'inquiète du titre "inspecteur" et préférerait être chef de service.
Le 36 octobre M. DOYEN de Fort-dauphin insiste sur l'urgence de la nomination de M. STEFANI. Cette situation est d'ailleurs renouvelée dans une lettre du 3 novembre.

....
(M. MATHEI)


Analakely
à
Tananarive
Nier matin, samedi, au cours de notre conversation téléphonique, vous m'avez fait part de réunir, à Tananarive, les six inspecteurs de l'île.En toute franchise c'est le terme "inspecteur" qui m'inquiète. En voici la raison, ne m'en voulez pas de vous écrire sans détours :
tant que vous serez le chef du service tout est très bien mais si un jour vous êtes appelé à d'autres fonctions rien ne prouve que , par la volonté de votre successeur, l'inspecteur ne sera pas coiffé par un chef de service car, ipso facto, un inspecteur n'est pas chef de service et j'en sais quelque chose pour souffrir de cette situation depuis des mois. Si la décision n'est pas encore prise au sujet de la, ou des nominations envisagées, j'ai l'honneur de vous demander très respectueusement , de bien vouloir reconsidérer cette question.
Ne croyez pas , monsieur le Directeur, qu'il serait détestable que ceux qui auront été les premiers à la peine  soient ensuite les seconds à l'honneur lorsque les principaux obsatcles auront été franchis ?


....
(M. DOYEN)


Ferdinand de Lesseps
Mon fils devant être libéré du service militaire entre le 10 et le 20 septembre 1959, je me vois dans l'obligation de demander l'annulation de ma prolongation ; j'ai l'intention de quitter Fort-dauphin par avion  , le 17 novembre, et de quitte Madagascar par Tamatave le 23 novembre s/s Ferdinand de Lesseps.
Avant mon départ , j'aimerai qu'une solution urgente soit trouvée par vous-même sur l'actuel gardien-chef monsieur STEFANI Jean Pierre , marié , père de 4 enfants, capacitaire en droit, et ne percevant que 23.000 francs par mois.Je ne vous cache pas que c'est une excellente recrue pour vos services pénitentiaires et il est à craindre qu'il ne cherche une situation ailleurs   si une solution satisfaisante ne lui est pas proposée avant mon départ.




§§§§§§§§§§
Lettre de M. René DOYEN,
en congé en Corse,
parlant de son cousin STEFANI Jean Pierre
( Cliquez droit pour agrandir)
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(M. DOYEN)Je réponds immédiatement à votre lettre du 23 octobre 1959 au sujet de la situation de M. STEFANI Jean Pierre. J'ai lu, avec l’intérêt que vous devinez, le texte sur le fonctionnement des maisons d'arrêt. Je n'ai pas à épiloguer la dessus et je n'ai qu'à m'incliner.
Tamatave
Pour le moment, ce qui importe,  puisque je quitte Fort-dauphin le 17 novembre, c'est d'asseoir solidement la situation de M. STEFANI.


(fin page 22)


Prison de Tuléar
En ce qui concerne son dossier complet, il est entre les mains du Secrétaire d'Etat  délégué à la province de Tuléar  qui avait le pouvoir de recruter. c'est donc à lui que vous devez vous adresser pour obtenir le dit dossier.
J'ai contacté M. STEFANI en ce qui concerne son affectation  dans un chef lieu de province. M. STEFANI m'a fait la réponse suivante : " Je servirai là où l'on me placera".
C'est donc à vous qu'il appartient de prendre une décision pour son affectation. Je vous le confie, car c'est un élément de grande valeur,  et je vous demande de prendre une décision d'urgence; d'ailleurs je viendrai vous saluer à Tananarive.
Je désire néanmoins  vous préciser que l'article 75 du décret sur les services pénitentiaires sera pratiquement inapplicable , car moi-même, je préférerais recruter de la main d'oeuvre civile    que je paierais suivant les tarifs du code du travail  plutôt que de demander de la main d'oeuvre pénale  au même tarif, alors que le rendement de cette dernière sera toujours inférieur à la main d'oeuvre civile. a mon avis cet article provoquera certainement des réactions, et,  dans les districts ou les crédits route sont modestes, les voies de communication auront donc un entretien qui laissera plus qu'à désirer et c'est dommage.


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1960 8/28 Deuxième trimestre

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1960
Deuxième trimestre


Le deuxième trimestre commençait par une lettre de M. MATHEI sur l'utilisation de la main d'oeuvre pénale et les difficultés de relations avec l'administrateur COMBE.
.......


Ambositra
La résidence le 14 juillet
Delcampe
Faisant suite à notre récente conversation téléphonique,j'ai l'honneur de vous rendre compte de ma surprise en apprenant que monsieur l'administrateur COMBE  n'était en aucune façon d'accord avec les propositions faites au sujet de la cession de la main d'oeuvre pénale gratuite au district d'Ambositra.
Ne vous avait-il pas dit qu'il assurait le transport des détenus et du matériel nécessaire à la prison ?
En ce qui concerne la construction des cabinets d'aisance il galège lorsqu'il déclare que ce travail lui reviendrait à 500.000 francs ... puisque :
1° La main d'oeuvre serait fournie gratuitement et que
2°  les briques pourraient provenir, et gratuitement de la briqueterie , s'il avait voulu se donner la peine, comme il me l'avait assuré, de la mettre en route; En résumé beaucoup de paroles en l'air.Je dois avouer que je n'avais pas eu une bonne impression en le voyant car il en mettait trop.
La permission qu'il vient d'accorder au gardien-chef de la maison d'arrêt est une preuve formelle des entraves qu'il désire apporte à l'exercice du service pénitentiaire. et c'est pourquoi je vous adresse, ci-joint, l'avertissement destiné au gardien-chef de la maison d'arrêt d'Ambositra en vous demandant de bien vouloir le signer et me le renvoyer pour envoi, ensuite, à l' intéressé.
J'ajoute que je soupçonne monsieur l'administrateur COMBE d'être l'instigateur de la circulaire concernant les télé grammes que je vous expédie par ce même courrier.Très dangereux, ce monsieur, mais ce n'est pas parce qu'il est marié à une métisse malgache ( charmante au demeurant)  ce qu'il chante à tous les échos, et au point d'oublier qu'il est français  ( parfaitement, j'ai un témoin), qu'il peut espérer saboter impunément le décret de réorganisation du service pénitentiaire signé du Président de la république. Je me permets d'insister pour que vous vouliez bien signer l'avertissement au gardien-chef d4ambositra, dont il aura, sans nul doute connaissance.
.......
J'ai signé et renvoyé l'avertissement en cause et je n'en n'ai jamais eu aucune suite.

....
Le 18 avril  une brise d'air frais me semblait venir de Nosy-Lava avec la lettre ci-après :

Depuis votre départ, le grand évènement a été  l'ouverture du magasin au milieu de l'enthousiasme général.Les agents vous bénissent car nous leur avons dit que  c'est vous qui avez décidé l'ouverture. Le succès a dépassé nos prévisions car, bien que nous soyons à une semaine de la paie, les recettes ont été satisfaisantes, malgré le manque d'une grande partie de marchandises.
Nos discussions sur l'avenir nous ont bien convaincus : nous allons suivre vos conseils.Dès que nous aurons vendu notre maison nous vous demanderons des tuyaux pour placer notre argent.


...


Vous serez bien gentil de nous envoyer au plus tôt 500 gr de levure. Inutile d'en envoyer d'avantage elle ne se conserve pas.

.....


Mais les 5 et mai, nouvelle alerte de Nosy-Lava.
Tout d'abord une lettre de M. LUCAIN à M. DANIEL, le gardien de phare, est assez virulente. Elle m'a été communiquée pour information par l'expéditeur.
Phare Diégo-suarez
J'interviens alors et la mise au point qui suit m'est rapportée par M. LUCAIN :


(début page 55)


"


De M. LUCAIN à M. DANIEL, gardien de phare,






J'appends par mon directeur, M. PLANCHON, que le cdt LIONNET lui a téléphoné  pour lui exprimer sa surprise d'avoir reçu  de vous 2 factures de 450 francs chacune pour location de pirogue pour effectuer votre ravitaillement à Analalava. 
Je vous met au défit de  prouver  que je vous ai une seule fois refusé de vous transporter des marchandise.
La preuve en est que le jour même où je recevais le riz pour approvisionner le magasin de détail de la Marseillaise  ( que j'ai réussi, après de nombreux efforts ,à installer à Analalava) la vedette de la maison de force vous en transportait un sac que aviez fait acheter à Analalava.
Hier encore , deux maries-jeannes de vin vous arrivaient, toujours par notre vedette : M. BARON , directeur de la marseillaise pourrait en témoigner.


Compagnie Marseillaise de Madagascar


Vous semblez prétende que nous ne vous rendons  aucun service. 

Je vous rappelle qu'à votre arrivée, vous avez été reçu avec votre famille à la case de passage de la maison de force.
Marius MOUTET
sur timbre des T.A.A.F.
Tous vos bagages ont été transportés par les prisonniers de la jetée au phare. Par la suite vous avez reçu beaucoup de marchandises qui ont toujours été acheminées jusqu'au phare de la même façon.La totalité de votre mobilier n'a-t-elle pas été conduite par nos soins jusqu'à chez vous ?
Messieurs GEOFFROY et HARDY, du service des phares et balises, venant de France, pourraient dire que sans mon aide il n'auraient jamais pu mener à bien le travail qui leur était assigné ( un des éléments du phare pesait à lui seul 650 kilos).
Ils l'ont du reste déclaré en ces termes a l'équipage du Marius MOUTET, dont plusieurs membres me l'ont répété.
Le baliseur va repasser à Nosy-Lava incessamment et je vous invite à venir répéter devant ces messieurs qui, je le crois, ont su apprécier, que je n'ai jamais rendu service aux phares et balises.
par contre, j'attends encore un premier service de vous.
Lors de l'incendie de brousse de juin dernier, j'ai passé une journée et une nuit avec tous mes agents et les détenus, à protéger le phare. 
 A ce sujet, vous feriez mieux de vous creuser les méninges à imaginer des petites mesquineries, de faire faire un pare-feu autour du phare. la saison sèche est dangereuse ici et peut-être aurez encore avant peu, besoin de la maison de force.
Je vous ai demandé une fois un service :
de me prévenir si vous aperceviez un détenu évade.
Lorsque vous avez déclaré l'avoir vu dans votre cour je vous ai demandé pourquoi vous ne m'aviez pas fait prévenir ; vous m'avez répondu que "ce n'était pas dans votre budget mais dans le mien".






.;..




Cette lettre de M. LUCAIN faisait suite à une correspondance que m'avait fait parvenir M. DANIEL et j'en avais demandé des précisions et des détails.
Après avoir écrit à M. DANIEL, M. LUCAIN me faisait parvenir la lettre suivante :




.....
J'ai bien reçu votre lettre du 2 mai. Le "coup de pied en vache" du gardien de phare ne m'a pas surpris, car il était au mieux avec GESLIN.
Je vous avis déjà dit que GESLIN avait proclamé à Analalava que je me prenais pour Napoléon ( parce que j'ai fait cesser son trafic) . DANIEL m'a resservi le même boniment, ce à quoi j'ai répondu que si j'étais l'empereur de l'île, il était, lui,  le roi des c....
D'autre part vous avez reçu un exemplaire de la mise au point  écrite.
comme vous me l'avez demandé , il pourra utiliser la vedette quand il en aura besoin.
D'ailleurs je demande instamment , lorsque le commandant LIONNET viendra , qu'il interroge les trois gardiens  de phare indigènes. Il verra que je n'ai jamais refusé de leur rendre service. DANIEL seul, a cherché des histoires.Il a prétendu que j'avais envoyé promener un des gardiens nommé BRAHIM. Ce dernier est venu lui même me dire qu'il était mécontent d'avoir été ainsi mis en cause, que cela était faux.
Un fait va vous prouver que je ne suis pas une terreur comme le prétend DANIEL : c'est que les trois employés du phare m'ont adressé des demandes pour avoir un poste à la maison de force.
Cette question là est donc liquidée.


(Fin page 55)

Je vais incessamment écrire à mon ami JUPPEAU pour lui apporter quelques précisions.
J'ai semé des graines de salade qu'il vient de m'envoyer, il y a plus d'une semaine , et je suis ennuyé car elles ne sortent pas, sortent à peine. Si toutes les graines sont de m^me qualité ce sera la catastrophe.
En outre, il m'a envoyé, sans que je lui demande, des graines de brèdes mafana alors que je pourrai lui en vendre de quoi ensemencer plusieurs hectares.par contre, il ne m'a pas expédié les graines de cerfeuil et de persil que j'attendais avec impatience.
Compagnie Marseillaise de Madagascar
Paddy
ris non décortiqué
sur timbre de Malaisie.
Le paddy est arrivé à Analalava dans un état déplorable. Les sacs étaient complètement pourris et je voudrais que vous rappeliez l'expéditeur  à l'ordre.M. BARON de la CMM ,qui a assisté au déchargement, m'adit qu'ils avaient du paddy  jusqu'au genou dans le bateau, et qu'une partie avait été mouillée.Cette combine de débarquer  à Analalava les marchandises et les détenus à destination de Nosy-Lava me semble être une histoire de fous . Je pensais que l'expérience du ciment aurait servi de leçon et je m'attends d'ailleurs  à une catastrophe un de ces jours si une solution raisonnable n'intervient pas. Encore une fois , l'utilité d'un boutre affecté à la M.F.  est démontrée ........
J'attends vos instructions concernant la vente du poisson sec.J'en ai déjà un beau stock et je pourrais en commencer l'expédition dès que vous m'en donnerez l'ordre.Pour ma part je crois sincèrement que si l'on trouve du bois léger, l'expédition par caisses serait plus rationnelle.
Pendant que nous sommes "dans le poisson" avez vous des nouvelles de mon fameux filet ,
Le magasin marche de mieux en mieux. Il manque malheureusement beaucoup d'articles, mais M. BARON  nous a donné l'assurance que cette lacune serait bientôt comblée.






.......


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1960 11/28 Nouveau ministre de la Justice :

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(page 60)


Au début de ce mois de juillet M. Le Ministre RAKOTOBE a pris ese fonctins de ministre de la Justice en remplacement de M. Marcel FOURNIER.


A Nossi-Bé 28 détenus avaient "fait la belle", mais le 12 juillet le gardien-chef AUDRAIN m'informait qu'il les avait retrouvé.
Voici sa lettre :


....




Pendant  un séjour à Tananarive un décret présidentiel a accordé des remises de peine à tous les détenus.


TSIRANANA
Le télégramme y relatif est parvenu à la maison de force le 29 juin.


Vu l'urgence, l'agent RAFILIFO, préposé à la tenue des divers registres d'écrou s'est évidemment mis au travail immédiatement avec l'aide de l'agent ANDRIANTSOA Pascal . Malheureusement , RAFILIFO a mal interprété la teneur du télégramme et a libéré prématurément 28 détenus, en plus de 36 autres régulièrement libérés.


Dès mon retour le samedi 2 juillet  et jusqu'au 6 inclus je me suis mis à la recherche des 28 détenus qui, fort heureusement étaient encore à Nossi-Bé et je les ai réintégrés à la maison de force. 
La remise à jour des registres d'écrou a demandé du temps. Ce travail inopiné a retardé inévitablement l'établissement de l'état général  demandé par le Président, bien que les agents RAFILIFO et PASCAL aient travaillé pendant  deux nuits consécutives.La menace faite par le Président est plutôt décourageant . J'aimerais connaître votre opinion personnelle qui, seule, compte pour moi.
.......




Tout revint en ordre à Nossi-Bé et je reçois toujours régulièrement des nouvelles de la maison de force de Nosy-Lava.
M. VERGNOLE, mon inspecteur de la région de Tananarive, et aussi mon bras droit, y est allé en inspection en juillet et M. LUCAIN m'en rend compte dans sa lettre du 18 juillet.
Il me parle également de l'achat d'une nouvelle vedette pour la liaison avec la Grande terre que j'ai été obligé d'effectuer à Majunga  en remplacement de ccell existant qui devenait d'un usage dangereux.




...... Nosy-Lava le 18 juillet 1960 :


J'ai présenté M. VERGNOLE au personnel et aux détenus comme votre bras droit , ce qui lui a permis de trancher quelques questions de détail avec l'autorité que vous lui connaissez. Il serait souhaitable que de telles visites se répètent périodiquement, tant pour le personnel que pour les détenus. Ils ont ainsi l'impression d'être suivis de près.
M. VERGNOLE a du vous dire que son séjour a été fertile en évènements . Le clou a été le naufrage et le sauvetage mouvementé . A ce propos j'aurais aimé que l'équipe de sauvetage reçoivent quelques mots de félicitations .......
J'ai été surpris par l’insuffisance de crédits  que vous m'avez alloué pour le troisième trimestre alors que jamais le nombre des détenus  n'a été aussi élevé à Nosy-Lava et qu'en plus je viens de prendre en compte la prison d'Analalava . sur ces crédits je dois payer la viande, les haricots les saonja (*)et autres compléments, et , surtout, le poisson et le sel pour faire du poisson sec.
J'en envoie de tous les cotés ( Je viens d'en expédier 250 kg à Majunga et j'ai reçu une commande de Diégo et une autre de Nossi-Bé).
Ce poisson je dois le payer cash aux pêcheurs et je ne reçois rien en compensation; En outre n'ayant plus de savon, je dois l'acheter en petites quantités.
Paddy
riz non décortiqué
sur timbre du Cambodge.
 Le paddy que j'ai reçu sera bien vite épuisé d'autant plus que j'en ai laissé trois tonnes pour la prison d'Analalava . quand pensez-vous m'en faire parvenir de nouveau ?
Coprah sur timbre des Nouvelles Hébrides.
En ce qui concerne la Marseillaise, je n'ai qu'à me louer de l'attitude du gérant actuel M. BARON . Le personnel est vraiment satisfait de trouver à la boutique toutes les marchandises courantes. Cela leur évite d'aller traîner à Analalava  et de faire des traversées épouvantables en cette mauvaise saison.
Le commandant GRIVEAUD m'a avisé par télégramme que la vedette Tsitaitra  passerait devant la commission de recettes aujourd'hui  te que les travaux de transformation prendraient quatre ou cinq jours. j'espère que rien ne viendra empêcher l'achat et que nous la recevrons sans tarder, car la nôtre est de plus en plus fatiguée.
j'ai entendu à la radio qu'une campagne serait menée en faveur du coprah. Est-ce que vous m'encouragez à livrer ce produit ou dois-je continuer à en distribuer aux détenus  pour économiser les matières grasses, comme vous m'en avez donné instructions ?




(Fin page 60)


(*) saonjo : tubercules comestibles, taro


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1960 15/28 Nosy-lava

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Suite Nosy-Lava

J'ai mois de vous dire dans mon rapport que, si toutefois mon contrat ici était renouvelé, j'aimerais faire des plantations d'arbres fruitiers et autres.
A ce moment là, je vous demanderais des plans ce citronniers , orangers, limoniers, mandariniers, pamplemousse ainsi que des pêchers  qui je le crois, pousseraient ici.
Sur les tenety, je suis persuadé que certaines variétés d'eucalyptus puisque l'essai en a été fait à Analalava.
dans votre T.O. N° 4662 JU/Spre, vous me demandez de me faire connaître les possibilités en logement et mes besoins par fonction. Je dispose actuellement de trois logements de deux pièces, réservés aux familles nombreuses, et de cinq logements d'une pièce.
En ce qui concerne le personnel, ce n'est pas tellement de la quantité que je me plains, mais surtout de la qualité.Les dernières recrues qui me sont arrivées sont de véritables déchets. Je ne peux rien en tirer.Le greffier, le menuisier (!), l'infirmier, l'aide-infirmier ( Fidélie), l'ex-cuisinier de Monsieur le Ministre ( dont le commandant STROHM qui est ici en vacances - pourra vous en parler : il n'est même pas capable de faire cuire un bifteck), ainsi que quelques gardiens sont de véritables "cloches".
Celui qui bat les records c'est votre dernière trouvaille, l'aide-infirmier Fidélie. Ma femme et moi persuadés de l'avoir vu à Tananarive  sans pouvoir nous rappeler où; Impossible de lui faire dire où il a travaillé bien que nous lui ayons fait poser la question en malgache;Je ne sais que faire de lui et de l'ancien cuisinier ministériel.Il s'occupent des locaux, sont extrêmement exigeants et sont véritablement des poids morts  en villégiature à Nosy-Lava.Je ne puis portant pas envoyer des zèbres pareils garder une cinquantaine de détenus en pleine brousse.Madame STROHM me demande comment madame FOURNIER a pu tirer quelque chose de ce prétendu cuisinier aussi malpropre que fainéant.Bien que mon personnel soit de plus en plus restreint par rapport à la quantité de prisonniers que vous m'envoyez, je préfère ne rien recevoir plutôt que de traîner de tels boulets.Ce qu'il me faudrait, c'est un secrétaire digne de ce nom; bon dactylo, au lieu de ce pauvre Amélie CHRISTOPHE qui s'entend mieux à faire la messe qu'à faire une copie.
Je serais assez souvent appelé à aller à Majunga et j'aimerais, lorsque je suis absent, pouvoir compter sur quelqu’un qui puisse expédier la paperasserie courante comme cela était du temps de Rambaloson;c'était une crapule que je ne peux regretter, mais il connaissait son métier. Si j'avais su, lors de mon dernier voyage à Tananarive, que je n'obtiendrais pas un greffier,j'aurais recherché un ancien secrétaire qui était sous mes ordres au bureau Minier.Je connais ses qualités d’honnêteté et se capacités. Il me faudrait en outre quelques bons gardiens ayant fait leurs preuves.Le genre Isotry RAKOTONAMANANA J.B.  et Fidélie ne va pas du tout.
si je peux me permettre un suggestion, pour diminuer les frais, vous pourriez m'envoyer de bons gardiens de la région de Tana, en service depuis un certain temps. Les nouvelles recrues subiraient leurs essais à Tana ou dans la région, s'ils  ne vous donnaient pas satisfaction,cela coûterait moins cher de les renvoyer chez eux.
Je viens d'apprendre que l'ancien greffier Ravelonarivo est poursuivi pour dettes par un commerçant d'Ananalava  qui veut lui casser la figure.
D'autre part l'agent Boinahery N'Ze est poursuivi pour avoir émis un chèque de 10.000 francs sans provision au nom de l’hôtelier d'Ananalava qui est en outre greffier au tribunal : belle publicité pour nous ! Boinahery doit déjà une certaine somme à Baron qui ne m'a toujours pas payé la machine à coudre. Je vous serais reconnaissant de me rappeler à son bon souvenir.


(fin page 67)




(à suivre)

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1960 17/28 M. LUCAIN

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...... Nosy-Lava le 6 septembre de M. RALAIKOTO :

J'ai l'honneur de solliciter de votre haute bienveillance de bien vouloir envisager l'amélioration de ma solde, en tenant compte de ma valeur professionnelle qui est celle d'un aide-comptable ou secrétaire-dactylo, place qui conviendrait bien à mon humble capacité; mais qui jusqu'à ce ce jour ne m'a jamais été accordée.
Vu que je me trouve sur le m^me pied d'égalité au point de vue solde que mes compagnons de promotion de service et que d'aucune façon rien ne me permet de sortir de cette position à moins que je ne fasse une démarche.


......




Réponse de M. LUCAIN :


Les démêles que vous avez eu avec un détenu auquel vous aviez acheté une montre retirée frauduleusement du greffe me font douter de vos aptitudes à tenir un poste de confiance. D'autre part, le 31 juillet1960, vous étiez ivre-mort et les agents BOINAHERY et MAHATSANGA ont été obligés de vous reconduire chez vous. Je vous ai vu de mes propres yeux.




.....




Le 10 septembre c'est à nouveau le gardien-chef d'Analalava qui demande l'affectation d'un condamné en qualité de secrétaire et la construction d'un nouveau bâtiment.


....... Réponse de M. LUCAIN :


Jusqu'à maintenant, votre prédécesseur, assurait seul les responsabilités afférentes à la maison d'arrêt d'Analalava. 
Depuis le 1er juillet 1960 je suis personnellement responsable de la direction et vous n'avez plus en conséquence à vous occuper ni des achats, ni de l'équipement des détenus dont vous avez la garde.
De plus , un secrétaire, M. RAZANAKOLONA, vous a été adjoint, ainsi qu'un second,M. MOUTARI.
 Votre rôle se borne donc à assumer la surveillance générale de votre établissement.
Si dans ces conditions vous estimez ne pas pouvoir venir à bout du travail qui vous a été confié je vous serais reconnaissant de me le dire  franchement afin que je pourvois à votre remplacement le plus rapidement possible, auquel cas vous seriez affecté à Nosy-Lava en qualité de gardien.
.......
Les crédits actuels ne nous permettent pas d'envisager l'agrandissement de la maison d'arrêt d' Analalava.




......








Quelques difficultés avec le Secrétaire d'Etat  à la province de DIEGO me sont signalées par l'inspecteur de l'administration pénitentiaire de la région ( M. MONJOL) concernant l'emploi de M. RASAINARIVO considéré comme opposant politique.
Je reçois également un long rapport de cinq pages qui m'est adressé de Nosy-Lava  ou M.LUCAIN semble mécontent et m'en donne confirmation dans une autre lettre du 12 septembre.

Voici ce rapport :

(fin page 69)

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maintenez là enfoncée
faites tourner la molette de votre souris.



Amélie CHRISTOPHE
Président TSIRANANA


RAKOTONDRASOA
FIDELIS
RAVELONARIVO
FOURNIER


CADY
c
FOURNIER
Antsohihy
Razafindramamba
BARON

COURT
LUDOWSKI
GONDIVIN
DALIA
MARIVIER Philippe
Ambatobé







bozaka
beriberi




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1960 22/28 NOSY-BE

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Suite de la lettre de M. LUCAIN






Page 84

J'ai été surpris en recevant votre lettre N° 456 JU/SAF  concernant les agissements de MEYER , d'autant plus que je lui rends pas mal de services.
Actuellement, sa machine à écrire est en réparation ici.
Un moment avant les élections, comme il recevait la visite de M. NATAI et sa suite, il a fait appel à moi pour que je lui fournisse du poisson, des fruits de mer et des légumes. 
Bien entendu, je lui ai procuré ce qu'il demandait et sa dame m'a adressé ses plus chaleureux remerciements.
J'ai demandé des précisions à RAMPIRISON ua sujet de l'affaire LAIPANGA.Il m'a répondu que le chef de district l'avait convoqué dans son bureau et lui avait intimé l'ordre d'envoyer LAIPANGA à Ankomajary. Comme RAMPIRISON faisait remarquer à M. MEYER qu'il était sous mes ordres, qu'il devait me demander mon avis et qu'en plus il manquait de personnel, le chef de district lui a répondu d'exécuter ce qui lui était commandé ; il serait temps, parla suite, de me tenir au courant. Évidemment, je n'ai pu avaler cette pilule et j'ai envoyé à M. MEYER la lettre dont vous trouverez ci-joint copie .
Je lui ai également envoyé copie conforme de votre lettre N° 456 JU/SAF . J'attends sa réponse qui sera quelque peu différée du fait qu'il est actuellement en tournée. je vous la ferai parvenir.

Je vous remercie beaucoup des 100.000 francs que vous mettez à ma disposition pour l'achat de mobilier; La scie circulaire est maintenant installée; elle est actionnée par un moteur Vandoeuvre 8ch que JACQUIE a remis en route.Cela me décide à acheter le bois et la quincaillerie nécessaires à la confection des meubles dont nous avons besoin; Je suis persuadé qu'ainsi nous tirerons le maximum des crédits providentiels.
La mesure m'allouant 50.000 francs de mieux pour la C.A. m'enchante également car je me demandais comment j'allais m'en tirer.
Lorsque je vous parle des lenteurs apportée au règlement de la caisse d'avances je ne vous mets nullement en cause. N'empêche qu'avec le processus actuel , il se passe au moins quinze jours entre ma demande de fonds et la réception de ceux-ci; En effet, lorsque je vous adresse ma demande accompagnée des factures justificatives par l'avion du mercredi, je ne puis recevoir l'avis de votre versement que le mardi suivant et souvent très tard. Si je ne veux pas perdre une semaine de plus, je dois faire repartir la vedette le lendemain matin , mercredi, pour expédier mon chèque postal à Tananarive, et si tout va bien en recevoir le montant le mardi suivant. voyez comme cela est simple. Et encore je suis optimiste car je ne tiens pas compte des intempéries toujours possibles pouvant empêcher la vedette de faire la traversée.


La situation de nos comptes est en accord avec le relevé que vous nous avez fait parvenir. Je vous joins par ailleurs le montant de la somme à payer sur la caisse d'avances.(prélèvement au greffe et factures en retard).
L'histoire du paddy provoquée par BARON ne me surprend nullement. plus je le connais et plus je me rends compte que c'est un petit salopard.Nous aurions peut-être mieux fait de nous orienter vers la Lyonnaise. BARON est d'une avarice sordide, à tel point qu'il fait vendre (très cher) par la boutique des crayons et des casquettes portant la publicité d'Orangeboom. Il m'a réclamé pendant des mois une somme de 300. francs correspondant à des frais de dédouanement; Comme il me demandait toujours cela lorsque j'étais de passage à Analalava, j'oubliais systématiquement de faire établir la facture en arrivant ici. Mais il y a quelques semaines il est venu faire l'inventaire  de la boutique et après avoir bien mangé et bien bu à ma table comme il le faisait  tous les 15 jours, il a remis ça avec ses 300. francs . J'ai préféré les lui donner de ma poche  et avoir la paix; seulement la prochaine fois qu'il reviendra il apportera son casse-graine.
d'autre part , je viens de refuser de l'envoyer chercher par la vedette à Analalava et de le reconduire dans la même journée de samedi, comme il le demandait; Lui qui est si avare trouverait normal que nous dépensions 80 l. d'essence pour sa petite gueugueule ( voyez ma réponse ci-jointe).S'il est dit dans notre accord qu'il peut user de notre vedette lors de ses voyages réguliers, il n'est pas question de la mettre à son entière disposition.
Je n'ai pas encore revu le curé d'Analalava mais CHRISTOPHE est venu s'excuser de leur sans-gêne.
Je voudrais bien que vous donniez suite à votre projet de m'envoyer un secrétaire digne de ce nom. J'ai été trompé très longtemps sur les qualités professionnelles  de CHRISTOPHE car  j'apprends seulement maintenant que c'était RAMBELOSON qui lui mâchait son travail, leurs femmes étant parentes. Celle de CHRISTOPHE vient de révolutionner le camp en racontant à qui voulait l'entendre que la femme du vaguemestre couchait avec certains agents dès que son mari partait à Analalava.Cela a pris la tournure d'un véritable drame et le vaguemestre m'a demandé de le muter; J'ai réussi à le calmer en lui disant que si il partait , il donnerait encore plus de poids aux médisances lancées contre sa femme. Et tout cela,  parce que le vaguemestre t son épouse ne vont pas matin et soir à l'église. Mais le plus croustillant de l'histoire, c'est que j'ai eu la certitude que la mère Christophe s'est envoyé deux détenus qui n'en font d'ailleurs pas mystère ( Il ne faut pas qu'ils soient dégoûtés car si vous voyiez la pépé !) .
Vous me demandez ce que j'ai pu faire  avec les 50.000 francs de planches et le ciment.En ce qui concerne les premières, je n'ai pas encore pu faire grand'chose puisque je n'en n'ai pas ramené beaucoup sur la Tsy Taitra, l'énorme caisse du moteur diesel prenant trop de place.toutefois j'ai fait faire des portes et quelques meubles pour l'école. J'attends avec impatience que les autres planches arrivent; Je voudrais faire un mobilier standard pour tous les agents.
pour ce qui est du ciment, je l'économise le plus possible car je voudrais faire une case pour le gardien-chef d'Analalava, ainsi qu'une case de passage;Évidemment j'y ajouterais de la chaux "maison" dans la mesure du possible.La pierre et la main d'oeuvre ne me manquent pas, il ne me resterait guère à vous "taper" pour les tôles et la peinture.
Mais puisque nous parlons cases, j'ai bien peur que la Gendarmerie ne nous retire bientôt celles ou habitent nos gardiens.
M. CLARAC m'en a touché deux mots et je crois que vous feriez bien de prendre les devants.Si cette
 hypothèse se confirmait, je me fais fort de construire sur le terrain de la prison des logements beaucoup plus confortables que ceux qui nous sont prêtés par la Gendarmerie et à très peu de frais.


Pour ne pas quitter les gendarmes, nous n'aurons pas besoin d'eux pour entraîner notre personnel au maniement des armes : GOZIE, l'adjudant chef et moi nous en chargerons.D'ailleurs il n'y a que les toutes dernières recrues qui ne soient pas au courant.Mais je me fais guère d'illusions, même sur ceux auxquels nous avons montré la manière de  démonter et remonter leur arme, et de s'en servir : à de rares exceptions près, leur bravoure n'en n'a pas augmenté pour autant.
vous me dites que les agents titulaires seront repris petit à petit par la Sûreté . est-ce obligatoire ?
plusieurs d'entre eux m'ont déjà exprimé le désir d'opter pour le Service Pénitentiaire. Je vous serais reconnaissant de me répondre à ce sujet par prochain courrier car cette question est très importante pour moi. 
déjà trois Comoriens, agents titulaires , m'ont demandé à être mis à la disposition de l'administration de leur pays : ce sont Alihamidi Adallah , Saadi m'SILIE, BACO MOINGARIE. Je regretterai seulement le dernier nommé.
par ailleurs, alors qu'il était en fonction à la maison d'arrêt d'Analalava, le gardien de prison Ismail Kassim a adressé une demande dans le même sens à Monsieur le Président du conseil de Gouvernement, et vous avez donné suite; pourtant j'étais convaincu que seuls les agents titulaires pouvaient bénéficier du droit d'option. Veuillez m'éclairer à ce sujet.


A suivre





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Maison de Force
Nosy-lava le 21 octobre 1960 

Cher Monsieur Planchon,

J'ai bien reçu votre lettre du 19.10.1960. Je pense votre isolement ne vous déplaît pas, à moins que vous regrettiez le voisinage de M. BILBAO,puisque, paraît-il, vous étiez devenus d'excellents amis.
J'ai effectivement connu notre nouveau ministre.
Je ne sais pas si mon nom lui rappellera quelque chose.
Ma femme me dit que vous étiez en très bons termes avec lui.Si c'est exact, vous avouerez que vous avez eu de la chance, d'autant plus que vous connaissiez bien M. RAYMOND , son Directeur de Cabinet.
c'est avec plaisir que je verrai les "éloignés" s'éloigner de Nosy-lava car c'est une source d'emme......
Lettre sur Delcampe
Deux d'entre eux ont reçu une lettre recommandée qui ne portait aucune indication de l'expéditeur.
Comme il est d'usage, ces lettres ont été ouvertes par les intéressés en présence de CHRISTOPHE chargé de la censure, ceci afin d'éviter toute contestation quand au contenu. 
Ne sachant pas qu'elles émanaient d'un avocat,  il en a pris connaissance et s'est aperçu que ledit avocat  posait à des détenus des questions dont il aurait pu obtenir les réponses auprès de la Justice.
Ignorant si cet avocat était véritablement désigné pour assurer la défense des individus assignés à la résidence surveillée, j'ai cru bon de vous alerter par télégramme.
Si de tels cas se reproduisaient et pour éviter tout trucage, je crois qu'il serait bon de me faire parvenir le ou les noms des avocats désigné pour la défense des individus non condamnés qui se trouveraient à Nosy-lava; Sinon, je peux me faire rouler comme un enfant.
Le tour que vous avez joué à BARON me laisse béant d'admiration.Il va faire une drôle de bobine, lui qui se croit si malin.! .....
FELIX ne vas pas augmenter mes troupes de choc, mais il n'a pas l'air d'avoir mauvaise tête et je lui trouverai un emploi.
zébu
Vous me débarrasserez d'un comorien par la même occasion.
Le premier à éliminer est sans conteste ALI HAMIDI . Pour bien vous situer le personnage, voici son dernier exploit : il y a quelques jours, un habitant de Mahabo est venu proposer un boeuf.
Bien entendu, j'ai accepté, mais ne voyant rien venir, j'ai fait faire une petite enquête; J'ai appris que le fameux ALI HAMIDI avait intercepté le boeuf et l'avait revendu aux agents avec un certain profit naturellement; Et ce n'est pas la première fois qu'il agit ainsi.Alors, à dégager .....


(fin page 97)


J'espère que "Télescope" RAKOTOMANGA acceptera de venir ici.
Je lui ai d'ailleurs écrit à ce sujet, en lui faisant miroiter des avantages ...à peine exagérés;
en vérité, je ferai tout ce que je pourrai pour l'avantager, car c'est vraiment un champion au point de vue boulot, et pro-français, ce qui ne gate rien.
Je n'ai pas changé d'avis en ce qui concerne CHRISTOPHE,bien au contraire,.
Attendons encore un peu avant de le virer,  afin qu'il mette au courant son successeur de son classement un peu spécial. C'est vraiment un secrétaire, car il a des secrets bien à lui. A tel point que la plupart du temps il ne s'y retrouve plus.
Le petit mot de notre ami le Cdt CHABOT m'a fait énormément plaisir, mais je suis déçu qu'il ne se décide pas à faire un saut jusqu'ici. En dehors du plaisir que j'aurais à le recevoir, j'aurais beaucoup de choses à lui communiquer.
Vous lirez par ailleurs mes démêlés avec l'illustre CADENES . qu'il prétende n'avoir aucun compte à me rendre lorsqu'il débarque son personnel ici me choque profondément. car le dit personnel est recruté au hasard et très souvent renouvelé ; c'est un mélange hétéroclite.
Je vous serais infiniment reconnaissant de pondre un règlement intérieur - concernant l'accès au pénitencier- qui jusqu'ici n'existe pas;
Il faudrait surtout spécifier que toute personne débarquant sur le territoire du bagne doit obligatoirement se présenter au poste de police. sinon tout contrôle m'échappera; En possession de ce règlement je serais armé contre ceux qui prétendent enter ici comme dans un moulin.
vous me dites que l'ami VERGNOLE est souffrant.J'espère que cela n'est pas grave et qu'il pourra nous écrire la longue lettre qu'il nous a promise il y a déjà un moment.
Comment va Madame Planchon ? Est-ce que les enfants se sentent courageux en ce début d'année scolaire ?




Bien cordialement
Signé LUCAIN

P.S. Le grillage du valakira, complètement pourri, s'est effondré d'un seul coup. Est-ce que vous pourriez le remplacer, car l'époque où le poisson abonde approche. Cette fois nous le passerons au goudron pour le protéger.




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