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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
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Manoava soa ampiantany, fa misy hiankinana; ary manoava soa vato, fa misy hipetrahana :
Faites du bien à une muraille et vous pourrez vous y appuyer .

1960 2/28 Fort-Dauphin





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Je vous rendrai compte dans mon rapport que je vous adresserai sur mon passage à Fort-Dauphin de l'intention  du chef de la "circauto" de partir en guerre  contre notre décret lors du passage proche du président TSIRANANA.
Ce monsieur qui qualifie cette réforme de grotesque épouse à fond les revendications des chefs de district de Bétroka et d'Ambovombé et se fait fort d'obtenir des réformes qui leur remettront en main la disposition des prisonniers qu'ils prétendent ne pas pouvoir payer.
Je crois qu'ils tentent une épreuve de force et j'espère que vous allez tenir bon, M. FOURNIER et vous pour ne rien changer à une réforme qui s'annonce bien, les demandes  de cessions arrivent de partout.
Fort-Dauphin
J'ai encore des ennuis avec le co-divise qui voudrait me passer la liquidation des crédits  ( provinciaux) de l'exercice 1959 dont la situation est fort embrouillée et en gros dépassement.
Fort de la lettre du ministre qui précise  que je ne serai liquidateur que pour l'exercice 1960 , j'ai refusé tout net. Ce monsieur fait pression sur moi en fonction de son grade supérieur au mien dans la police. Je ne me laisserai pas faire et je vous demande de me soutenir à ce sujet. C'est à lui qu'il appartient, à mon sens, de clore un exercice budgétaire dont il est liquidateur et atout à fait à une certaine époque pour que je ne sois pas.
...




Puis le 3 février, M. MATHEI, dont je n'avais eu qu'à me louer,mais dont le comportement entraînait une levée de boucliers venant de tous les horizons fut nommé  inspecteur pour la province de Fianarantsoa et un intérim le remplaça à Majunga.
 A Tuléar il y avait également quelques difficultés. Ces situations font l'objet des deux lettres ci-après :

...

(fin page 40)


.... (M. MATHEI)

Faisant suite à notre conversation téléphonique du 2 février, j'ai l'honneur de vous demander de bien vouloir reporter d'une semaine mon départ de Majunga pour Fianarantsoa, via Tananarive, c'est à dire du dimanche 14 au dimanche 21 février.
Je désire en effet, tout d'abord pendant ce court laps de temps ( mais peut-être suffisant) exécuter les licenciements indispensables  pour ramener l'effectif total des agents  du service pénitentiaire ( y compris les agents de police qui servent  à la maison centrale de Majunga et les agents du service pénitentiaire qui jusqu'au 31 janvier émargeaient au budget des T.P.) à 240, comme je m'y suis engagé.
D'autre part il me faut non seulement passer les consignes ( déjà compliquées dans une province presque inorganisée) à mon intérimaire, mais encore le mettre au courant de la marche à suivre pendant mon absence , enfin de lui donner toutes directives utiles pour lui éviter les heurts avec les autorités et, plus simplement, pour la régularité du service.
Il y a aussi cette question de local que j'espère pouvoir résoudre sous peu grâce à la bienveillance et l'amitié de monsieur le docteur RAKATOVOARIVOANJANAHARY , contrôleur général et maire de Majunga,qu'il me témoigne que je lui rends bien ( mon dévouement est toujours fonction de l'affection et de la confiance que l'on veut bien m'accorder).
Je ne lui ai pas parlé de ma mutation car je ne suis pas du tout certain que ce qu'il ferait pour moi il le ferait pour Paul, Jacques ou Jean  et je suis même persuadé du contraire.
Lorsque je lui parlerai de cette mutation, car je serai bien obligé de le faire, je lui dirai la vérité c'est à dire  que ce n'est pas un remplaçant qui vient à Majunga mais un intérimaire et que je ferai la navette  entre Fianarantsoa et Majunga tous les deux mois environ ........
Il y a un grand nombre d'agents du service pénitentiaire à renvoyer  mais aussi il y en a qu'il  faut impérativement garder   car nous devons tous penser à la France.
Or je me flatte (je suis bien le seul à le faire hum ! hum !)  d'avoir engagé une majorité d'agents qui pensent français.
Dans cet ordre d'idées j'ai constitué à Marovoay , un petit groupe sur lequel il est possible de compter en toutes circonstances.......
Prendre la province de Fianarantsoa dans les conditions que je connais ne me complaît guère, je dois bien l'avouer et vous vous en doutez mais, bah !, le père MATHEI est bien seul à pouvoir débrouiller la situation ce qui, entres parenthèses, lui fait tout de même plaisir car il pense, il espère, que l'on voudra bien lui laisser  dans la légalité les mains libres comme monsieur ALEXANDRE l'avait fait lorsqu'il était chef de province à Majunga .




........ ( M. CADY)

Je viens de recevoir de MARCURIGNY , une lettre qui m'a profondément déçu et c'est un peu un S.O.S. que je viens lancer aujourd'hui.
Votre dernière lettre m'annonçait son arrivée  et la votre, pour les premiers jours de février.
C'était très bien ainsi et je m'en réjouissait .J'aurais eu le temps de mettre mon remplaçant au courant et de lui passer le service ......
Je mène depuis deux mois une vie de chien au bureau jusqu'à 20 heures et plus de sieste par 35° à l'ombre ce n'est pas idéal.Je ne sais pas si vous vous en rendez bien compte  mais je vous dis franchement qu'il n'est pas possible à un homme seul de cumuler plus longtemps les fonctions de gardien-chef et d'inspecteur : un inspecteur qui n'inspecte rien parce que trop pris par le bureau ;  ce n'est que grâce à une pratique du métier que j'ai pu "étaler" jusqu'à présent mais je suis  débordé.
Au bureau de la maison centrale je n'ai comme secrétaire  valable qu'un agent-greffier qui ne connaît rien d'autre que ses registres d'écrou ....
Je fais le greffier comptable et je dois avoir l'oeil à tout, le niveau intellectuel des fonctionnaires  du sud est bien inférieur à celui des autres régions. Je sais pertinemment que mes collègues gardiens-chefs  ou directeurs des maisons de force sont beaucoup mieux partagés. 
Coté inspection, il y a l'inspecteur et  .... pas grand'chose ! une vieille machine prêtée par la province et deux ou trois détenus vaguement lettrés qui entassent au petit bonheur les pièces venues des 23 prisons de la province .


.....


(début page 42)


Et il y a certainement la liquidation des crédits, sans comptable.
J'ai déjà passé quelques agréables soirées à essayer d'établir la répartition  entre les différentes prisons, je n'ai pas terminé et cependant  les pièces comptables commencent à affluer.
Dans ces conditions je me demande comment je vais en sortir !




La situation était don très délicate, tant à Majunga qu'à Tuléar . Je réussis cependant à calmer les esprits en procédant à quelques mutations et le 9 février je recevais  une nouvelle lettre de M. CADY , alors en inspection à Morombé et il me rendait compte de sa visite dans les termes suivants :

Je vous ai adressé par le courrier d'hier une demande d'emploi en tant que secrétaire-comptable formulée par M. CAPDESSUS ; l'avis très favorable que je lui ai donné n'est pas un avis de complaisance ( genre avis RAKOTOMALALA   pour qui j'ai eu la main un peu forcée par le secrétaire de ....
CAPDESSUS TIENT TOUTE LA COMPTABILITE , et la paperasserie de la brigade, dans ce domaine c'est un as qui serait précieux pour l'inspecteur qui , avec cet homme au bureau, pourrait alors vraiment inspecter.
Si son recrutement est possible aux conditions qu'il demande  je vous conseille vivement de mettre le grappin dessus , ce sera une bonne affaire.
Par contre je sais maintenant que le nommé RAKOTOMALALA est criblé de dettes  ( plus de 100.000 francs) et a trafiqué avec les fournisseurs de la commune dont il gardait les factures en instance de liquidation si les intéressés ne lui graissaient pas la patte pour en activer la liquidation.


....


Une histoire quelque peu comique me fut également adressée par lettre venant de Morondava.
Je ne peux résister au plaisir de la reproduire in-extenso :

....

(fin page 42)


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