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Ny teny marina hoatra ny fia-pary, ka na lava aza, tsy lany hamamiana :
Les paroles vraies sont comme la canne à sucre que l'on mâche: quoiqu'elle soit longue,elle est douce partout.
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Manoava soa ampiantany, fa misy hiankinana; ary manoava soa vato, fa misy hipetrahana :
Faites du bien à une muraille et vous pourrez vous y appuyer .

1960 19/28 Analalava; église dans la prison; école Nosy-Lava

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Inspection de la maison d'arrêt d'Analalava , le 16/9/60.




J'ai constaté que le nouveau gardien-chef  RAMPIRISON avait fait un gros effort dans tous les domaines. Si, comme je vous le disais dernièrement, il est terriblement exigeant en ce qui concerne les avantages auxquels il prétend avoir droit, je dois reconnaître qu'il vaut cent fois son prédécesseur. J'en arrive même à me demander comment ce pauvre RAKOTOMAHARO a pu obtenir un poste de gardien-chef.Comme je vous l'ai dit au dernier courrier, non seulement il n'a jamais versé le pécule des détenus travaillant chez M. FLAURAUD, ni présenté de factures à ce dernier, mais aucun des particuliers employant un prisonnier n'a payé la moindre somme depuis janvier 1960.
Bien entendu je lui en ai fait le reproche.Il m'a répondu qu'il s'était présenté à différentes reprises chez les employeurs mais que plusieurs d'entre eux l'avaient envoyé rebondir et que pour ne pas avoir d'histoires il avait préféré abandonner (sic).


j'ai donné immédiatement ordre à RAMPIRISON d'établir les factures en retard et de les présenter très poliment aux intéressés . Je lui ai dit également de prévenir  ceux qui persisteraient à ne pas vouloir payer que dès le lendemain  "leur" prisonnier leur serait retiré.
Je pense que c'est logique et vous serez d'accord sur ce point. La moindre infraction à cette règle risquerait de nous attirer de gros ennuis.Toutefois, si vous jugez que nous pouvons tolérer des exceptions, je vous demande de me les faire connaître.
Le nouveau gardien-chef a fait effectuer aux abords de la maison d'arrêt quelques travaux qui montrent sa bonne volonté. Le laisser-aller qui existait avant sa gestion a disparu. Il a suivi mes conseils en ce qui concerne l'activité des détenus. Depuis qu'ils travaillent tous, les histoires sont très rares.
Déportés politiques :
La plaisanterie est plutôt de mauvais goût; Je sais que vous n'y êtes pour rien mais je vous demande de me donner un coup de main en m'envoyant les fonds et le matériel nécessaire. Vous recevrez bientôt une facture concernant 52 assiettes métalliques et 52 cuillères destinées aux "amis" de M. Le Président TSIRANANA.S'il n'y avait que moi, je vous les ferai bien manger dans une auge mais il paraît que nous devons avoir certains égards avec ces oiseaux baladeurs.
Les formalités interminables pour obtenir les fonds de la Caisse d'avances font qu'en dehors des factures de poisson que je vous fait parvenir aux fins de paiement, j'ai 82.000 francs à rembourser à la caisse du greffe pour les achats de viande t de poisson du mois de juillet. J'aimerai régler cela avant la fin de l'année.
Si je continue à recevoir des exilés sans arrêt, je serai obligé de vous réclamer des fonds à chaque courrier.
Je vais donner de plus en plus de poisson sec aux détenus car si je veux me mettre à achter de la viande aussi souvent que le voudrait le règlement, ce serait ruineux.


(fin page 78)


Affaire CHRISTOPHE :


A la demande de son secrétaire-bedeau, j'avais accepté de transférer l'église  dans l'une des pièces inutilisées de l'école. Cela faisait plaisir aux catholiques et me coûtait absolument rien. Au contraire, le curé d'Analalava  avait même envoyé six sacs de ciment pour bétonner le sol. D'autre part cela me permettait de récupérer la grande bâtisse en bozaka qui leur servait et dans laquelle j'ai installé la menuiserie. 
Vous savez qu si je suis très tolérant, je ne suis pas pratiquant et que je ne rentre que très rarement à l'église.Au reçu de votre T.O. m'annonçant l'arrivée prochaine de 52 nouveaux exilés , j'ai visité tous les locaux susceptible de les recevoir. J'ai eu la surprise en rentrant dans l'église de voir que CHRISTOPHE , en accord avec le père François,, avait fait construire un autel ainsi que des marches pour y accéder, entièrement en béton . Inutile de vous dire que j'ai râlé, car si je tolère cela, il n'y a aucune raison pour que les Comoriens ne me demandent pas une mosquée et les protestants  un temple; Ce qui me fâche le plus, c'est que ce travail s'est fait pendant que je me trouvais à Majunga. Et maintenant que dois-je faire ?
Si j'accepte le fait accompli, j'aurai l'air d'un idiot, et si je fais sauter le barnum à grands coups de masse, comme j'en ai eu l'envie quand je l'ai découvert, je serai taxé de vandalisme par les biens pensants.
Contrairement à son prédécesseur qui était un homme charmant, le père François ( une vraie tête de boche)  est imbuvable; Il fourre son nez partout, engueule les détenus qui ne vont pas à la messe et mettrait le désordre si je ne le rappelais pas à l'ordre de temps en temps.Il y a quelques semaines, il voulait absolument faire la messe aux détenus pendant les heures de travail. Vous pensez comment je l'ai reçu. COURT à qui il reprochait  de bricoler un dimanche matin, l'a, envoyé "sur les roses", catégoriquement. 
Avant hier et malgré la défense faite à tous les ministres du culte, quels qu'ils soient de pénétrer dans l'enceinte de la M.F.  , il a trouvé le moyen d'aller se balader dans les bureaux avec l'infect CHRISTOPHE. Je ne tolérerai pas de tels procédés plus longtemps et cela va faire des étincelles avant peu.
Pour remédier à cela, je crois que le mieux serait de muter CHRISTOPHE dans un autre établissement. Il pourrait à la rigueur faire un chef de poste convenable.
Il y a trop longtemps qu'il est ici avec sa bande de St. Mariens qu'il domine. Il serait enchanté de se rapprocher de Majunga où il a un grand fils à l'école; Je vous rappelle que CHRISTOPHE   était à l'origine de la demande collective de mutation des St. Mariens le lendemain du départ de PERICHAUD.  Lui même n'a annulé sa demande que lorsque son fils a été renvoyé du collège de Tamatave pour mauvaise conduite.


Cordialement




(fin page 79)


Nosy-Lava le 19 septembre :


Ecole à Ambositra




Je vous remercie pour les livres du cours moyen que vous m'avez envoyés. M. VERGNOLE me dit qu'il n'y a plus que de l'ardoise verte.envoyez-là c'est très bien (c'est la mode). Avec toutes mes sections il me faut quatre tableaux (je vais en faire un car je n'en n'ai que trois)  .
Je pense que deux boites me suffiront; Je voudrai aussi une boite de craies de couleur. Il me faudra des cahiers à dessin, compas, double-décimètres mais j'espère que les parents les paieront. L'ennui c'est qu'on ne trouve plus rien à Analalava . Ce pauvre bled me laisse aller de plus en plus. Je vais voir ce que la Marseillaise peut me procurer.
si vous pouviez me donner trois autres livres de lecture de SOUCHE  cours moyen comme ceux que vous venez de m'envoyer, cela me rendrait le plus grand service car je m'en servirais, en commun, pour les cours élémentaires te moyens.
Notre mobilier est toujours au même point faute de bois.










bosaka :




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